Pise

Infos
Panorama sur le centre-ville de Pise Pise est une ville italienne d'environ habitants, chef-lieu de la province de même nom en Toscane. Elle est célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. Elle est traversée par le fleuve Arno.
Pise

Panorama sur le centre-ville de Pise Pise est une ville italienne d'environ habitants, chef-lieu de la province de même nom en Toscane. Elle est célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. Elle est traversée par le fleuve Arno.

Histoire

Antiquité

Les origines de Pise sont mal connues. La cité était située à la confluence de l'Arno et de l'Auser (maintenant disparu). On a proposé que la ville ait été fondée par les Pélasges, les Grecs, les Etrusques ou les Ligures. Néanmoins, des vestiges archéologiques, datant du attestent la présence d'une ville le long de la mer ligurienne, qui faisait du commerce avec les Gaulois et les Grecs. Une nécropole étrusque a été découverte durant les fouilles de l'Arena Garibaldi en 1991. Les auteurs de la Rome antique parlent aussi de Pise comme étant une ancienne cité. Servius a écrit que la ville aurait été fondée au , par Pelops, le roi des Pisans. Strabon attribuait la fondation de Pise au héros Nestor, roi de Pylos, à la suite de la chute de Troie. Quant à Virgile, dans son Énéide, il écrit que Pise était déjà, à l'époque, un centre important. Le rôle maritime de Pise doit avoir été considérable, puisque les autorités de l'antiquité attribuaient à Pise l'invention des rostres. La ville devait bénéficier de l'absence de port sur la côte ligure, entre Gênes, alors une bourgade, et Ostie, le port de Rome. Pise servait de base navale, d'où partaient les flottes qui devaient combattre les Ligures, les Gaulois ou les Carthaginois. En -180, Pise se voit attribuer le statut de colonie de droit romain, sous le nom de Portus Pisanus. En -89, on lui attribue le statut de municipe. L'empereur Auguste fortifia la colonie et en fit un port important, sous le nom de Colonia Iulia obsequens. Apartir de 313, la présence d'un évêque à Pise est attestée.

Haut Moyen-Âge

Durant les derniers siècles de l'Empire romain, Pise ne connait certainement pas le déclin des autres villes d'Italie, grâce à sa position le long de cours d'eau et à ses possibilités défensives. Au , Pise aide le pape Grégoire I en lui fournissant de nombreux vaisseaux dans sa lutte contre les Byzantins de Ravenne. Pise est le seul centre Byzantin de Ravenne à rentrer sans combats dans le giron lombard, par une assimilation avec la région environnante où les Pisans sont portés par leurs intérêts commerciaux. Pise commence alors son ascension vers la place de premier port du Nord de la mer Tyrrhénienne, en concentrant le commerce entre la Toscane et la Corse, la Sardaigne et les côtes de l'Espagne et du sud de la France. A la suite de la victoire de Charlemagne sur les Lombards, sous le commandement de Didier en 774, Pise entre dans une courte crise. Elle devient, sur le plan politique, une partie du Duché de Lucques. En 930, Pise devient le centre du comté (ce qu'elle reste jusqu'à l'arrivée d'Othon I, au sein de la marche de Tuscia. Si Lucques en est la capitale, Pise en est la plus importante ville, comme en témoigne, au milieu du Xe siècle, Liutprand de Crémone, évêque de Crémone, qui appelle Pise Tusciae provinciae caput ("capitale de la province de Tuscia"). D'ailleurs, un siècle plus tard, on appelle le marquis de Tuscia, "marquis de Pise". D'un point de vue naval, la pression exercée par les pirates sarrasins à partir du force la ville à se doter d'une importante flotte, qui va servir l'expansion de la cité. En 808, les Pisans attaquent la côte d'Afrique du Nord. En 871, ils participent à la défense de Salerne contre les Sarrasins. En 970, ils apportent leur appui à Othon I pour vaincre la flotte byzantine en face des côtes de Calabre.

XI siècle

Les murs de la ville

Expansion maritime

La puissance maritime de Pise s'accroît et atteint son apogée au , période dont date la réputation d'être l'une des quatre républiques maritimes d'Italie. A la même époque, Pise devient un centre commercial primordial et contrôle une grande partie de la marine marchande et de guerre de la Méditerranée. Ceci lui permet de s'étendre et de piller en 1005 Reggio de Calabre. Elle lutte aussi continuellement contre les pirates sarrasins, qui ont leurs bases en Corse et en Sardaigne. En 1017, avec l'aide de Gênes, la cité capture la Sardaigne, ce qui lui donne le contrôle de la mer Tyrrhénienne, d'autant plus que les Pisans chassent rapidement les Génois de Sardaigne (ce qui devait faire naitre la rivalité des deux républiques). Entre 1030 et 1035, Pise défait successivement de nombreuses villes siciliennes et conquiert Carthage (puis Mahdia en 1088). En 1051-1052, l'amiral Jacopo Ciurini envahit la Corse, accentuant la rivalité avec Gênes. En 1063 a lieu le sac de Palerme, sous la direction de l'amiral Giovanni Orlando et du roi normand de Sicile, Roger I. C'est ce pillage de la ville sarrasine qui permet le début de la construction de la cathédrale et les autres monuments du fameux champ des miracles (Campo dei Miracoli) qui deviendra ensuite la Piazza del Duomo. En 1060, Pise bat Gênes et consolide ainsi sa suprématie en Méditerranée.

Autonomie politique

Cette expansion en Méditerranée permet à Pise de rayonner diplomatiquement et de se voir reconnaitre l'autonomie politique. En effet, en 1077, le pape Grégoire VII reconnait les "Lois et coutumes de la mer" créées par les Pisans. Plus important encore, l'empereur Henri IV avalise l'indépendance politique de la ville en l'autorisant à nommer ses propres consuls et un conseil des anciens, puisque, de toute façon, le marquis avait perdu toute prérogative politique. En 1092, le pape Urbain II reconnait à Pise la suprémacie sur la Corse et la Sardaigne et promeut la ville au rang d'archeveché. La puissance maritime de Pise est alors telle que les souverains d'Europe font appel à elle. Il s'agit, en 1092 du roi de Castille Alphonse VI, qui voulait chasser le Cid du royaume de Valence. De même, Pise participe à la première croisade en fournissant plus de 120 navires, chiffre gigantesque pour l'époque. Avant d'arriver à Jérusalem, les Pisans ne manque d'ailleurs pas l'occasion, sous la conduite de leur archevêque Daimbert de piller des îles byzantines.

Empire commercial

Pise et les autres républiques maritimes tirent partie de la croisade en se constituant un réseau de postes commerciaux le long des côtes syriennes, libanaises, et palestiniennes. Les Pisans fondent en particulier des colonies de marchands à Antioche, Acre, Jaffa, Tripoli, Tyr, ou Lattaquié. Ils détiennent aussi des terrains à Jérusalem et à Césarée et de petites colonies (moins autonomes) au Caire et à Alexandrie. À Constantinople, Alexis Comnène leur accorde des droits commerciaux. Les affaires y sont tellement prospères que le quartier pisan, situé dans la partie Est de Constantinople comporte plus de 1000 individus au . Dans toutes ces villes, les Pisans sont exemptées de taxes mais doivent fournir de l'aide en cas d'attaque ennemie. A cette époque, Pise est l'allié le plus précieux des Byzantins, et leur partenaire commercial principal, devant Venise.

XII siècle

Le Baptistère de la cathédrale

Conquêtes, pillages, apogée

Du fait de sa puissance économique et navale, Pise est sollicitée en 1113 quand le pape Pascal III décide de mener une expédition contre les Maures des îles Baléares. D'autres troupes, comme celles du comte de Barcelone ou celles venant de Provence et d'Italie (à l'exception de Gênes). Cette attaque aboutit à la capture du roi et de la reine de Majorque, qui sont capturés et emmenés en Toscane. Même si les Almoravides reconquièrent l'île peu après, le butin réalisé par les Pisans à cette occasion leur facilite la réalisation de leur programme monumental, à savoir, le Campo dei Miracoli. Pise s'affirme comme une force majeure de la Méditerranée occidentale. Dans les années qui suivent, la puissante flotte pisane parvient à chasser les Sarrasins après des combats acharnés. Malgré la dureté des combats, ce succès de Pise en Espagne accentue la rivalité de la cité avec Gênes. Ceci se double d'une rivalité commerciale, puisque le grand commerce de Pise, avec le Languedoc, la Provence, Savone, Fréjus et Montpellier gène les intérêts commerciaux de sa rivale dans des villes comme Hyères, Fos, Antibes et Marseille. La guerre éclate en 1119 quand les Génois attaquent des gallères de retour à Pise et dure jusqu'à 1133. Le combat est à la fois naval et terrestre mais prend plus la forme de raids et de piraterie que d'une bataille rangée. Innocent II résout la crise en délimitant les sphères d'influence respectives de Gênes et de Pise, ce qui permet à Pise d'aider Innocent II dans son conflit contre le roi de Sicile Roger II. Ceci se concrétise par la prise d'Amalfi, l'une des républiques maritimes, le 6 aout 1136. Les Pisans détruisent les navires d'Amalfi, attaquent les châteaux des environs et repoussent une armée envoyée par Roger II. Pise est alors à l'apogée de son pouvoir. Deux ans plus tard, ses soldats mettent Salerne à sac.

Dans l'orbite gibeline

Dans les années qui suivent, Pise est l'un des pilliers du parti gibelin, pour la plus grande joie de Frédéric I, qui accorde ainsi deux actes importants, l'un en 1162 et l'autre en 1165. Ceux-ci garantissent qu'en dehors du contrôle du contado pisan, la cité a le privilège de commercer librement avec l'empire entier et qu'elle acquiert la côte de Civitavecchia à Portovenere, la moitié de Palerme, Messine, Salerne et Naples, Gaète, Mazzarri et Trapani ansi qu'une rue dans toutes les villes du royaume de Sicile. Certains de ces privilèges sont plus tard confirmés par Henri VI, Otton IV et Frédéric II. Ceci marque l'apogée de Pise mais entraine aussi des ressentiments de la part des cités voisines, qui se voient interdire toute velléité à une expansion maritime (notamment Lucques, Massa, Volterra et Florence) mais aussi de la part de Gênes. La rivalité avec Lucques concernait aussi le château de Montignoso et le contrôle de la via Francigena, principale route commerciale entre la France et Rome. Gênes avait acquis une position dominante sur les marchés du sud de la France. La guerre entre Pise et Gênes commença certainement en 1165 sur le Rhône quand l'attaque d'un convoi pisan (peut-être destiné à la Provence, alliée de Pise) par les Génois et le comte de Toulouse leur allié, échoua. La guerre se prolongea jusqu'en 1175 sans victoire décisive. Le conflit portait aussi sur la Sicile où les deux cités avaient des privilèges garantis par Henri VI. En 1192, Pise conquiert Messine, mais Gênes s'empare de Syracuse en 1204. Les comptoirs de Pise en Sicile seront d'ailleurs retirés à Pise par Innocent III (bien que ce soit lui qui retire l'excommunication de la ville prononcée par son prédécesseur Célestin III. En effet, le pape était entré dans la ligue guelfe de Toscane, dirigée par Florence. Il signa aussi un pacte avec Gênes, qui devait mettre à mal la présence de Pise en Italie du Sud.

Rivalité avec Gênes et Venise

Pour contrer la prééminence génoise dans le sud de la mer Tyrrhénienne, Pise renforce ses relations commerciales avec ses alliés traditionnels en Espagne et en France (Marseille, Narbonne, Barcelone, ...) et s'immisce dans les affaires dans la mer Adriatique, chasse gardée de Venise. En 1180, les deux cités avaient conclu un pacte de non-agression, mais la mort de Manuel I Comnène à Constantinople changea la donne. Pise mena alors des attaques contre les convois vénitiens et signa des pactes d'alliance avec Ancone, Pula, Zadar, Split et Brindisi. En 1195, une flotte pisane défend Pola contre Venise mais la sérénissime reconquit rapidement la ville rebelle. Un an après, les deux cités signent un traité de paix avec des conditions favorables pour Pise. Mais en 1199, celui-ci est rompu à l'initiative des Pisans, qui instaurèrent un blocus devant le port de Brindisi en Pouilles. Venise remporta la victoire et imposa à Pise un traité où elle renonçait à toutes ses ambition expansionnistes dans l'Adriatique, malgré les comptoirs qu'elle avait établi dans la zone. À partir de ce moment, les deux cités furent alliées contre la montée en puissance de Gênes et collaborèrent parfois pour augmenter les bénéfices commerciaux réalisés à Constantinople.

XIII siècle

Flux et reflux militaire

En 1209 et 1217 se tiennent deux conseils à Lerici pour mettre fin à la rivalité avec Gênes, qui débouchent sur la signature d'un traité de paix pour vingt ans. Mais l'hostilité de Gênes envers Pise est ravivée en 1220 quand l'empereur Frédéric II confirme la suprématie de Pise sur la côte tyrrhénienne (depuis Civitavecchia jusqu'à Portovenere). Cette initiative impériale renforce aussi la méfiance des Toscans envers Pise. Dans les années suivantes, Pise combat Lucques à Garfagnana et est battue par les Florentins à Castel del Bosco de Montopoli in Val d'Arno. De même, la position gibeline de la ville, dans un contexte d'affrontement entre le pape et l'empereur, ammène le pape à tenter de priver Pise de ses possessions du Nord de la Sardaigne. Plus généralement, Pise se trouve prise dans ce conflit. C'est le cas lorsqu'en 1238 Grégoire IX organise une alliance entre Gênes et Venise contre l'empire, et donc contre Pise. Une étape importante du combat a lieu en 1241, lorsqu'une flotte pisane et sicilienne, dirigée par le fils de l'empereur, Enzo attaque un convoi génois transportant des prélats de France et du nord de l'Italie en direction de Rome où le pape devait tenir un concile anti-Empire. Le coup de main se passe en face de l'ile de Giglio, en face de la Toscane et permet de prendre 25 navires génois, des milliers de marins, deux cardinaux et un évêque. Ceci empêche la réunion du concile mais entraine l'excommunication de Pise (mesure levée en 1257). Pise en profite pour tenter de prendre Aléria en Corse et pour mettre le siège devant Gênes elle-même en 1243, sans succès. La République de Gênes s'en remet vite et reprend Lerici, perdue quelques années plus tôt, en 1256.

Situation démographique et économique

L'apogée de Pise se marque par l'évolution démographique de la ville. Pise compte en 1228 (date pour laquelle l'on dispose d'une liste de Pisans jurant un traité de paix) environ 15 000 habitants. Mais la Meloria, la population est passée selon les estimations, à environ 40 000 habitants (chiffre estimé grâce au nombre de 9000 prisoniers à la Meloria). Cette bataille marque un coup d'arrêt drastique pour l'expansion démographique pisane. Pise tire au Moyen-Âge l'essentiel de ses ressources du commerce maritime. La ville contrôle également les mines de fer et d'argent de l'île d'Elbe et de Sardaigne. De ce fait, Pise parvient à se constituer très tôt une importante flotte de guerre. Mais le consitue un changement majeur dans les sources de financement de la commune. Le commerce maritime décroît au profit de Venise et de Gênes. Se développe néanmoins une industrie textile, mais elle ne parviendra jamais à concurrencer celle de Florence. Cette phase de déclin économique marque également un déclin politique et culturel. Les grands édifices de Pise date des et .

La prise du pouvoir par le Popolo

La naissance du Popolo à Pise est tardive. En effet, les secteurs que l'on pourrait qualifier d'industriels, comme le textile, n'y apparaissent que tardivement. D'autre part, le commerce maritime favorise le maintien au pouvoir de l'aristocratie (il faut des fonds importants pour armer un navire). C'est donc seulement en 1222 que le Popolo apparait pour la première fois dans les sources pisanes. En 1237 sont mentionnés les statuts du Popolo et des Anciens. Enfin, c'est pour l'année 1248 qu'est attesté la présence d'un capitaine du peuple à la tête de la commune, à côté du podestat. Il dirige la ville aussi bien sur le plan civil que sur le plan militaire. Le Popolo est organisé de façon classique, à la fois sur une base territoriale et sur une base professionnelle (les Arts). Ceux-ci apparaissent en effet en 1235-7 et sont au nombre de sept. Les plus importants en termes numériques sont ceux du fer (lié à l'île d'Elbe), du cuir (importé de Mer Noire, transformé et revendu) et de la laine (la transformation de la laine). Mais les plus riches citoyens de Pise font partie des Arts majeurs qui sont appelés ordres. Il s'agit de l'ordre des marchands, de l'ordre des consuls de la mer (les armateurs) et de l'ordre des entrepreneurs dans le secteur de la laine. Ce sont ces trois ordres qui dirigent la cité jusqu'au milieu du XIII siècle. Puis se forme un régime de Popolo, avec des membres des sept Arts. En effet, en 1254, le Popolo se révolte et impose la mise en place de douze Anciens du Peuple (Anziani del Popolo) pour le représenter dans les institutions communales. De même, est mis en place un nouveau conseil, le conseil du Popolo, formé par des membres des différents Arts qui forment le Popolo, pour supplanter les conseils aristocratiques. Il avait le pouvoir de ratifier les lois de Conseil Majeur et du Sénat. Mais ceci ne met pas un terme à la rivalité entre les deux familles dominantes, les Della Gherardesca et les Visconti. En 1237, l'archêveque et l'empereur Frédéric II tentent de les réconcilier sans succès.

Déclin

La Méloria, fin de la puissance pisane

Le déclin de Pise est brusque et retentissant puisque l'apogée de la ville se clôt le 6 août 1284 lors de la bataille de la Meloria. La flotte pisane, sous le commandement d'Albertino Morosini, pourtant en supériorité numérique, est battue grâce aux manœuvres ingénieuses de Benedetto Zaccaria, à la tête de la flotte génoise. Cette défaite met une fin définitive à la puissance maritime pisane car la flotte est détruite, plus de dix mille marins pisans sont prisonniers et la Sardaigne est perdue. La perte humaine empêchera Pise de retrouver son rang en Méditerranée. Le commerce continua, mais dans des proportions moindres. Le coup de grâce fut porté par le changement de course de l'Arno, qui empecha les navires d'atteindre le port de la ville en remontant le fleuve. Il semble aussi que la zone environnante ait été infestée par la malaria.

Une ville du contado florentin

Toujours gibeline, Pise tente de se redresser au XIV siècle et parvient même à battre Florence en 1315 à la bataille de Montecatini. Mais les luttes internes et la perte de sa puissance commerciale font que Pise ne peut pas résister à Florence en 1406. La ville tombe définitivement sous sa domination. Ele devient seulement une ville du contado florentin. En 1409, Pise accueille un concile pour régler la question du Grand schisme. Au cours du XV siècle, son accès à la mer se restreint encore à mesure que le port s'envase et est coupé de la mer. Quand en 1494 Charles VIII envahit l'Italie pour prendre Naples, Pise en profite pour réclamer son indépendance en tant que seconde république de Pise. Mais cette nouvelle indépendance ne dure pas longtemps puisqu'après quinze années de guerre et de sièges, Pise est reconquise en 1509 par Florence. Elle perd son rôle de port principal de la Toscane au profit de Livourne mais devient un centre culturel secondaire grâce à la présence de l'Université de Pise, créée en 1343. Une preuve flagrante de ce déclin peut être donnée par la démographie, puisque la population de Pise est restée pratiquement constante depuis le Moyen-Âge. Pise est le lieu de naissance de Galilée. Elle abrite toujours un évêché. Elle est devenue un centre industriel et un nœud ferroviaire important. Elle a souffert de destructions pendant la Seconde Guerre mondiale.

Chronologie

- Début du , la ville dépend du duché lombard de Lucques.
-1004, la ville de Pise est pillée par des pirates arabes.
-1011, mise à sac de Pise par les Arabes
-1052, une flotte pisane commandée par l'amiral Jacopo Ciurini et dirigée contre la menace sarrasine pesant sur la Sardaigne aborde la côte corse à Saint-Florent. Prenant acte de la soumission de l'île et après avoir planté leurs étendards, les Pisans reprennent la mer vers la Sardaigne, en emportant les reliques de sainte Réparate.
-1015, les Pisans chassent les Arabes de Sardaigne.
-1063, début de la construction de la cathédrale de Pise grâce au butin tiré du sac de Palerme la même année, d'où l'inscription sur la façade de la cathédrale qui indique la source de financement.
-1077, le pape confie l'administration de la Corse à Pise.
-1087, Pise et Gênes battent les Arabes à Mahdia en Tunisie qui libèrent leurs esclaves européens et s'emparent du commerce avec l'émirat Ziride d'Afrique du Nord.
-1121, l'empereur byzantin Jean II Comnène accorde des privilèges commerciaux à Pise.
-1173, début la construction du campanile (la Tour de Pise) Au XII et encore au , Pise est dominée par les grands lignages, et voit leur affrontement. Les Arts (corporations) y sont inexistants. De ce fait, le peuple (Popolo) ne parvient pas s'organiser avant le milieu du .
-1284, la flotte génoise défait Pise, à la bataille de la Meloria, et devient dominante dans la Méditerranée. C'est la fin de l'âge d'or pisan. À cet égard, Pise est en avance par rapport aux autres villes d'Italie centrale : elle connait un apogée plus précoce.
-1406, la cité-État de Pise est vaincue par Florence.
-1408, concile de Pise.
-1511, concile profrançais de Pise, dont l'objectif est de déposer le pape Jules II.

Économie

Culture

Au vu de ses remarquables édifices médiévaux, une partie de la ville de Pise a été classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1982. Il s'agit de la place du Duomo (ancienne Place des Miracles) qui comprend l'église, le baptistère, le cimetière et le campanile (la tour penchée). C'est au sommet de la tour de Pise que Galilée (Galileo Galilei) aurait testé sa loi de la chute des corps et c'est en regardant les chandeliers de la cathédrale qu'il aurait eu ses premières intuitions sur la dynamique, à l'âge de 19 ans.

Personnalités nées à Pise

- Andrea Bocelli, chanteur pop, né en 1958 à Pise
- Antonio Pacinotti, physicien italien (Pise 1841 - Pise 1912)
- Antonio Tabucchi, écrivain, traducteur et passeur de l'œuvre de Fernando Pessoa, du portugais à l'italien, né à Pise en 1943
- Aurelio Lomi, peintre (Pise, 1556 - 1622)
- Galileo Galilei, physicien et astronome (Pise 1564 - Florence 1642)
- Giovanni Pisano, sculpteur et architecte (Pise 1248 - 1317)
- Leonardo Fibonacci, Leonardo Pisano (Léonard de Pise), Leonardo Bigollo ou Leonardo Guilielmi, mathématicien de la célèbre suite (Pise ~ 1170 - ~ 1250)
- Nicola Pisano, architecte et sculpteur (Pise 1220 -1278)
- Paolo Savi, géologue, ornithologue et entomologiste (Pise 1798 - Pise 1871)
- Pisanello, peintre, médailliste et miniaturiste (Pise 1380 - Rome 1455)
- Fabio Lione, chanteur du groupe Rhapsody of Fire, né en 1973 à Pise

Monuments

Vue sur le Campo dei Miracoli ou Piazza dei Miracoli devenue la Piazza del Duomo cathédrale et la Torre pendente
- La Tour de Pise ou Torre pendente
- La cathédrale ou le Duomo
- Le Baptistère
- Le Camposanto
- La Piazza dei Cavalieri (La Place des Cavaliers) regroupe des monuments notables tels que la Tour de l'Horloge ou le Palazzo dei Cavalieri.

Administration

Hameaux

Marina di Pisa, Tirrenia, Calambrone, Barbaricina, Riglione, Oratoio, Putignano , San Piero a Grado, Coltano, Sant'Ermete, Ospedaletto

Communes limitrophes

Cascina, Collesalvetti (Livourne), Livourne (Livourne), San Giuliano Terme.

Jumelages

- 1982
- 1988
- 1991
- 1996

Galerie de photos

Image:CathedraleEtCampagnilePiseItalie021028.JPG|Campanile dit Tour Penchée et Cathédrale de la Piazza Del Duomo Image:Campo dei Miracoli overview2.jpg| Il Campo dei Miracoli Image:Pise-Baptistere.jpg|Baptistère de la Piazza Del Duomo Image:CimetierePiseItalie021028.JPG|Cimetière de la Piazza Del Duomo Image:Pisa Torre.jpg|La Tour Image:CampoDeiMiracoli.jpg|la cathédrale Image:CampoDeiMiracoli2.jpg|la tour et la cathédrale

Voir aussi

- Université de Pise (fondée en 1339)
- Liste des villes italiennes de plus de 25 000 habitants

Personnalités

- Galileo Galilei dit Galilée, astronome et physicien de renom
- Nicola Pisano, sculpteur
- Giovanni Pisano, sculpteur et architecte né en 1248 à Pise
- Leonardo Pisano dit Fibonacci, mathématicien italien
- Gillo Pontecorvo, réalisateur (°1919 - † 2006)
- Petra Magoni, chanteuse (°1972)

Résidents

- Enrico Fermi, physicien et lauréat au prix Nobel de physique 1938
- Carlo Rubbia, physicien et lauréat au prix Nobel de physique 1984
- Giosuè Carducci, poète et lauréat au prix Nobel de littérature 1906
- Giovanni Gronchi, politicien, ancien président de la République Italienne
- Giovanni Gentile, philosophe et politicien ==
Sujets connexes
Acre (Israël)   Afrique du Nord   Alexandrie   Almoravides   Amalfi   Andrea Bocelli   Antibes   Antioche   Antonio Pacinotti   Antonio Tabucchi   Arno (fleuve)   Arti   Auguste   Aurelio Lomi   Baptistère de Pise   Barcelone   Bataille de la Meloria (1284)   Benedetto Zaccaria   Brindisi   Calabre   Campanile   Capitaine du peuple   Carlo Rubbia   Carthage   Cascina   Cathédrale de Pise   Charlemagne   Charles VIII de France   Cité-État   Civitavecchia   Collesalvetti   Colonie (Rome)   Concile de Pise   Constantinople   Corse   Crémone   Célestin III   Césarée   Daimbert de Pise   Della Gherardesca   Didier   Enrico Fermi   Enzo   Espagne   Fernando Pessoa   Florence   Fos   France   Frédéric Barberousse   Frédéric II   Frédéric II du Saint-Empire   Fréjus   Galileo Galilei   Garfagnana   Gaète   Gillo Pontecorvo   Giosuè Carducci   Giovanni Gentile   Giovanni Gronchi   Giovanni Pisano   Grégoire IX   Grégoire Ier   Grégoire VII   Gênes   Hameau italien   Henri IV du Saint-Empire   Henri VI du Saint-Empire   Hyères   Innocent II   Innocent III   Italie   Jaffa   Jean II Comnène   Jules II   Jérusalem   Languedoc   Lattaquié   Leonardo Pisano   Lerici   Ligures   Liste des villes italiennes de plus de 25 000 habitants   Liutprand de Crémone   Livourne   Lombards   Lucques   Mahdia   Majorque   Manuel Ier Comnène   Marseille   Mer Adriatique   Mer Noire   Mer Tyrrhénienne   Messine   Montopoli in Val d'Arno   Montpellier   Municipe   Naples   Narbonne   Nestor   Nicola Pisano   Ostie   Palerme   Paolo Savi   Pascal III   Petra Magoni   Pisanello   Podestat   Popolo   Portovenere   Pouilles   Provence   Province de Livourne   Province de Pise   Pélasges   Ravenne   Reggio de Calabre   Rhapsody of Fire   Rhône   Roger Ier de Sicile   Rome   Rostres   Royaume de Sicile   République de Gênes   Saint-Florent   Sainte Réparate   Salerne   San Giuliano Terme   Sardaigne   Savone   Seconde Guerre mondiale   Servius Tullius   Sicile   Strabon   Syracuse   Toscane   Toulouse   Tour de Pise   Tripoli (Liban)   Troie   Tunisie   Tyr   Université de Pise   Urbain II   Venise   Via Francigena   Virgile   Volterra  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^