Justice

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IUSTICIA, Chapelle Scrovegni à Padoue, GiottoIl convient de distinguer l'idée de justice d'une part et l'institution judiciaire d'autre part. Le mot justice revêt ainsi plusieurs sens selon le contexte dans lequel il est employé :
- la justice au sens de l'idée de justice :
- D'un point de vue moral, la justice est parfois définie comme le fait de donner à chacun ce qui lui revient.
- Dans la perspective des sagesses antiq
Justice

IUSTICIA, Chapelle Scrovegni à Padoue, GiottoIl convient de distinguer l'idée de justice d'une part et l'institution judiciaire d'autre part. Le mot justice revêt ainsi plusieurs sens selon le contexte dans lequel il est employé :
- la justice au sens de l'idée de justice :
- D'un point de vue moral, la justice est parfois définie comme le fait de donner à chacun ce qui lui revient.
- Dans la perspective des sagesses antiques, la justice est aussi une disposition ou un trait de caractère, i.e. une vertu (l'une des quatre vertus cardinales)
- la justice au sens de l'institution judiciaire :
- L'histoire et les textes anciens regorgent de descriptions sur la manière de rendre la justice de nos ainés

Étymologie

Le nom justice est hérité du latin justitia (même sens), dérivé de justus, « conforme au droit », lui-même de jus / juris, « (le) droit ». Le sens premier de jus est religieux : c'est la « formule religieuse qui a force de loi » Ernout latine, ce qui explique la parenté avec un terme comme jurare, « jurer » (c'est-à-dire « s'engager au moyen d'une formule sacrée » ). En effet, dans l'Antiquité le serment était sacré : on s'engageait personnellement à subir des peines infligées par les dieux en cas de manquement. Main de justice, l'une des regalia en France ; elle symbolisait au Moyen Âge le pouvoir de juger du roi Le terme semble indo-européen : on trouve en sanskrit yós, « salut ! », qui pourrait lui être lié. Lui répond en avestique le radical yaoš- dans le verbe yaoš-dā-, « purifier » (yaož-daδāiti, « il donne le yaoš »). Tous ces termes permettent de poser un radical commun
-yew-
(qui expliquerait qu'on ait en latin jū-s, avec /u/ long). Ils semblent aussi tous trois liés à la religion, mais le détail reste flou. Un autre radical est souvent utilisé pour représenter la justice, celui pour « montrer », « désigner »,
-diḱ-
, que l'on a dans le grec δίκη díkê, « justice » ou en latin dans judex (c'est-à-dire ju-dek-s), proprement : « celui qui montre (le droit) ». Ce terme donne en français le mot « juge ». La justice, étymologiquement, est donc d'ordre divin : les hommes se doivent de respecter, mutatis mutandis, les lois éternelles édictées par les dieux. Du reste, jurare signifie aussi « prononcer un juron » (ce dernier nom étant lui aussi dérivé du même radical). Le glissement de sens s'explique si l'on sait que les jurons antiques s'approchaient souvent de formules sacrées détournées. Par exemple, Hercle, « par Hercule ! », ou ecastor, « par Castor ! » appartiennent bien au registre familier, de même que morbleu (« mort de Dieu ») ou « palsambleu » (« par le sang de Dieu »), qui montrent clairement leur origine blasphématoire (on pourrait aussi citer nombre de jurons québécois de ce type, qui, au contraire des deux exemples français cités, restent très vivants, comme tabernac(le) ou crisse, c'est-à-dire « Christ »). La justitia latine, cependant, ainsi que le jus se sont de bonne heure séparés de la religion, même si les premiers textes, ceux des douze tables, par exemple, vouent les contrevenants à la malédiction : patronus si clienti fraudem fecerit, sacer esto, « si un client trompe son patron, qu'il soit maudit » En conclusion, la justice est là pour faire le bien et non le mal.

Théorie de la justice

- La justice commutative
- La justice distributive
- La justice internationale

La justice en tant que vertu

gisant de François II de Bretagne La justice est la vertu par laquelle on rend à chacun son dû, elle se charge du respect des droits d’autrui. L’institution judiciaire a le pouvoir de dire le droit, de le faire respecter au nom de la loi et de la vérité. Le pouvoir judiciaire est l’ensemble des tribunaux et magistrats qui jugent les infractions. D'un point de vue moral et philosophique, la justice est un terme ambigu, parce qu'il peut désigner la justice telle qu'elle existe dans une société (l'institution judiciaire), ou la justice en tant que trait de caractère d'un individu (la vertu). La différence entre ces deux sens apparaît bien si l'on remarque que la justice sociale peut se passer de la justice comme disposition vertueuse sans devenir injuste, alors que la justice en tant que vertu est ce qu'elle est en tant que disposition interne. Cette distinction fait en outre apparaître une tension fondamentale de la philosophie politique et morale : la justice sociale doit-elle se fonder sur la vertu des citoyens, et sinon, cela n'entraîne-t-il pas nécessairement des conflits entre l'homme juste et le même homme en tant que citoyen ? Par exemple, un bon citoyen (i.e. qui respecte les lois) peut-il être en même temps injuste (i.e. du point de vue de la vertu) ? Et, inversement, un homme juste est-il nécessairement un bon citoyen ? Il convient de remarquer que le concept de justice en tant que vertu appartient essentiellement à la philosophie morale antique et qu'il s'oppose à la conception libérale de la justice moderne. Pour comprendre la portée de cette problématique, il faut commencer par déterminer le concept de justice en tant que disposition ou vertu individuelle.

Platon

La justice est définie par Platon comme un certain état de l'âme :
- une âme juste est guidée par sa connaissance du Bien ;
- cette disposition consiste à se gouverner suivant la raison ;
- par suite, une âme juste maîtrise ses passions ;
- enfin, une telle âme peut être dite harmonieuse, belle, forte et en bonne santé, parce qu'elle se tient à l'écart de l'injuste, i.e. du dérèglement des passions. Ainsi, en tant que vertu, la justice rapporte l'action droite à un état interne de l'individu, et non à des normes sociales externes ou à d'autres normes telles que les conséquences de nos actes.

Aristote

Plus que tout autre, Aristote est considéré comme le philosophe de la vertu. Mais, au contraire de Platon, il fait dépendre la vertu d'une situation, et en conséquence, d'éléments extérieurs à l'action de l'homme vertueux.

Référence

Anecdote

Dans la Chine de la dynastie Tang, il y avait une règle : toute erreur judiciaire reconnue conduisait le juge qui l'avait commise à subir le même châtiment que celui qui avait été infligé à la victime de son erreur.

Bibliographie

- La République, Platon
- Éthique à Nicomaque, Aristote
- Les Politiques, Aristote
- Généalogie de la morale, Nietzsche
- Théorie de la justice, John Rawls
- Surveiller et punir , Michel Foucault

Voir aussi

- Droit
- Avocat | Juge | Procureur de la République
- Éthique | Morale | Bien | Vertu | Mal | sociologie juridique
- Organisation juridictionnelle (France) | parquet | Justice judiciaire
- Archives judiciaires

Lien externe

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