Immanentisme

Infos
Rappelons la définition de l'immanence : « qui réside dans le sujet agissant », contenu dans la nature d'un être. L'immanentisme est, à partir de là, la doctrine qui affirme l'immanence de Dieu à la nature. L'antithèse de l'immanence est l'idée que la nature est bénévolement soumise à Dieu. Mais plus finement, c'est un type de rapport. C'est un terme qui désigne la relation de l'attribut « pensée » et de l'attribut « étendue » dans Eth
Immanentisme

Rappelons la définition de l'immanence : « qui réside dans le sujet agissant », contenu dans la nature d'un être. L'immanentisme est, à partir de là, la doctrine qui affirme l'immanence de Dieu à la nature. L'antithèse de l'immanence est l'idée que la nature est bénévolement soumise à Dieu. Mais plus finement, c'est un type de rapport. C'est un terme qui désigne la relation de l'attribut « pensée » et de l'attribut « étendue » dans Ethique de Spinoza. L'immanentisme de Spinoza s'oppose au dualisme de Descartes. Par extension, le terme désigne la relation de deux attributs, le corps et l'esprit, et plus généralement le matériel et le spirituel. Descartes affirme en effet que la matière et l'esprit sont deux substances différentes (Méditations métaphysiques). Il affirme cependant dans le Traité des passions que l'esprit a un pouvoir sur le corps. Descartes ne parvient pas à expliquer clairement les rapports de ces deux substances. Spinoza affirme au livre III de Ethique que « l'esprit est l'idée du corps ». Spinoza ne pose pas deux substances, mais une seule (deus sive natura). Cette substance possède une infinité d'attributs. On retrouve, dans les positions du neurologue Antonio Damasio (Spinoza avait raison : le cerveau de la tristesse, de la joie et des émotions, 2003), notamment dans sa définition du sentiment comme « cartographie psychique d'un état du corps », une position immanentiste, mais pas seulement philosophique : on peut parler d'un immanentisme neurologique, que certains ont tenté de nommer émergence ou encore neurophilosophie. Gilles Deleuze, dans Qu'est-ce que la philosophie ?, écrit un chapitre sur le plan d'immanence, qu'il définit ainsi : « Le plan d'immanence n'est pas un concept, ni le concept de tous les concepts. Les concepts sont comme les vagues multiples qui montent et qui s'abaissent, mais le plan d'immanence est la vague unique qui les enroule et les déroule ». G. Deleuze pense l'immanence comme un plan : ce plan est à l'opposé du transcendantalisme kantien. Dans ce dernier, la philosophie est analyse des conditions de possibilité des choses. Ainsi, lorsque Kant se demande « qu'est-ce qu'un génie ? » (CFJ, §46), il répond « c'est ce qui rend possible un chef-d'œuvre. » « Qu'est-ce que le temps ? » : « l'intuition pure qui rend possible la succession dans les représentations », etc. Pour penser le plan d'immanence, Deleuze ajoute : « Le concept est le commencement de la philosophie, mais le plan en est l'instauration. » L'immanentisme, c'est le mouvement « transdescendant » (Wahl cité par Deleuze) de la philosophie, mouvement qui fait redescendre tout la transcendance (émanative, créative, religieuse) : « La part de l'immanence, ou la part du feu, c'est à cela qu'on reconnaît le philosophe ». L'immanentisme serait à l'origine d'une part importante de la science moderne. Or, l'immanentisme entre souvent en conflit avec la religion, d'où les conflits entre raison et foi. Ce système a été condamné dans l'encyclique Pascendi.

Voir aussi

-Transcendance
-Immanence
-Gilles Deleuze
-Spinoza Catégorie:Métaphysique
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^