Kaddish

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Le Kaddish, Kaddich ou Qaddish(hébreu קדיש, « sanctification » du Nom divin) est l'une des prières juives les plus importantes et les plus souvent prononcées dans la liturgie. Il a également influencé les prières chrétiennes, dont le Notre Père. Le Kaddish a pour origine la vision d'Ezéchiel , où Dieu, reconnu à la fin des temps par les nations, devient grand parmi celles-ci. À l'évocation de cette vision, la congrégation, traditionnell
Kaddish

Le Kaddish, Kaddich ou Qaddish(hébreu קדיש, « sanctification » du Nom divin) est l'une des prières juives les plus importantes et les plus souvent prononcées dans la liturgie. Il a également influencé les prières chrétiennes, dont le Notre Père. Le Kaddish a pour origine la vision d'Ezéchiel , où Dieu, reconnu à la fin des temps par les nations, devient grand parmi celles-ci. À l'évocation de cette vision, la congrégation, traditionnellement constituée de dix hommes au moins, répond à l'unisson « soit Son grand Nom béni pour toujours et pour toute l'éternitéTalmud de Babylone, Berakhot 3a. » Il s'agit donc d'une déclaration de la grandeur et l'éternalité de Dieu. L'affirmation de la grandeur divine revêtant une importance particulière lors de la perte d'un être cher, la récitation du kaddish a traditionnellemnt été réservée en priorité aux endeuillés, et lorsqu'on demande si « quelqu'un doit dire (ou faire) kaddish,  » c'est à cet aspect qu'il est fait référence. Cependant, le Kaddish n'est en rien une prière pour les trépassés, et ne mentionne même pas la mort.Il a, dans ses diverses versions, d'autres fonctions, dont la plus importante est de marquer la fin d'une section d'un office de prière, ou d'une étude de la Torah.

Aux origines du Kaddish

Le Kaddish dans la Bible hébraïque

Il n'y pas dans la lecture du Texte selon le sens simple (peshat) de trace explicite d'une prescription de réciter le kaddish dans la Bible hébraïque. Cependant, les rabbins y voient une allusion dans le verset (« Je serai sanctifié au milieu des enfants d'Israël »).

Le Kaddish dans le Talmud

Le Kaddish est mentionné à plusieurs reprises dans des récits talmudiques:
- T.B Berakhot 3a Il a été enseigné : Rabbi Yossi a dit :un jour, je me promenais sur le chemin, et je suis entré dans une ruine parmi les ruines de Jérusalem afin de prier. Vint Eliyahou le prophète de souvenir béni, qui se posta à la porte (et m'attendit) jusqu'à ce que j'aie fini ma prière. Après que j'ai fini ma prière, il me dit :'Paix sur toi, Rabbi' et je lui dis :'Paix sur toi, Rabbi et mon maître'.Il me dit:'mon fils, à cause de quoi as-tu pénétré dans cette ruine?'; je lui dis:'pour prier'Il me dit :'mon fils, quelle voix as-tu entendu dans cette ruine ?' et je lui dis :'j'ai entendu un écho roucoulant comme une colombe, disant: Malheur aux fils par les péchés desquels J'ai détruit Ma maison, brûlé Mon autel et les ai éloignés au sein des nations.Il me dit :'Sur ta vie et la vie de ta tête, ce n'est pas en cette seule heure qu dit cela, mais chaque jour, trois fois par jour; non seulement cela, mais à l'heure où Israël entre dans les synagogues et les maisons d'étude, et répondent Yèhè shèmè hagadol mevorakh, le Saint, béni soit-Il hoche la tête et dit :'Heureux le Roi qu'on acclame ainsi dans Sa maison, qu'a-t-Il, le Père qui a éloigné Ses enfants parmi les étrangers ?'
- T.B Sotah 49a Rabbi Shimon ben Gamliel dit au nom de Rabbi Yehoshoua : Depuis le jour où le Saint Temple a été détruit, etc. (cf. Isaïe 2).Rava a dit :
Chaque jour, la malédiction augmente, , et par quel mérite le monde peut-il survivre ? Par la Kedousha et par le Yèhè shèmè rabba de la aggada . Ces récits suggèrent l'ancienneté de la récitation du Kaddish, Rabbi Yossi le Galiléen, étant un contemporain de la destruction du second Temple de Jérusalem. Cette prière se dit à l'époque en hébreu, et se fait dans les maisons de prière et d'étude.Dans la seconde aggada, postérieure à la destruction du Temple, le kaddish se dit en araméen, et est crédité d'une importance capitale pour la survie (spirituelle) du monde depuis la destruction du Second Temple. Non seulement console-t-il Dieu, « endeuillé » de la chute de Jérusalem et la Judée, mais c'est sur lui que repose l'espoir et la croyance en Dieu, prononcé collectivement et dans un esprit de sainteté, afin d'amener la réalisation de la prophétie d'Ezéchiel. Selon la Jewish Virtual Library, , "Le Kaddish était originellement récité non par les endeuillés, mais les rabbins lorsqu'ils finissaient leur sermon, les après-midi de Shabbat, et plus tard, lorsqu'ils finissaient l'étude d'une section de midrash ou d'aggada. Cette pratique se développa en Babylonie, où la plupart des gens ne comprenaient que l'Araméen, et où les sermons se donnaient en Araméen, de sorte que le Kaddish se disait dans la langue vernaculaire, et qu'il est toujours dit en Araméen de nos jours.Ce Kaddish DeRabbanan est encore dit après avoir étudié un midrash, une aggada, ou après les avoir lu comme part intégrante de l'office. Il diffère du Kaddish habituel, car incluant une prière pour les rabbins, savants, érudits, et leurs disciples.Bien que tout le monde puisse réciter ce Kaddish, il est devenu coutume pour les endeuillés de réciter le Kaddish DeRabbanan en plus du Kaddish des endeuillés." Le Kaddish des endeuillés, du rabbin et le Kaddish complet terminent tous avec une supplique pour la paix, rédigée en Hébreu et tirée de la Bible.

Versions du Kaddish

Les diverses versions du Kaddish sont:
- Hatzi Kaddish
(חצי קדיש) – Littéralement "Demi-Kaddish", parfois désigné comme Kaddish abrégé
- Kaddish Yatom (
קדיש יתום) – Littéralement "Kaddish de l'orphelin", mais plus souvent référé sous le nom de Kaddish avelim (קדיש אבלים), le "Kaddish des endeuillés"
- Kaddish Shalem (
קדיש שלם) – Littéralement, "Kaddish complet", dit aussi "Kaddish de l'officiant" ou Kaddish Titqabbal (קדיש תתקבל)
- Kaddish deRabbanan (
קדיש דרבנן) – Littéralement "Kaddish des Rabbins"
- Kaddish a'har Haqevoura (
קדיש אחר הקבורה) – Littéralement "Kaddish après l'enterrement", aussi nommé Kaddish deIt'hadata (קדיש דאתחדתא), car אתחדתא est l'un des premiers mots distinctifs de cette variante. En présence d'un minyan, cette version est également prononcée lors du siyoum (cérémonie de complétion de l'étude d'une parasha, d'un traité mishnaïque, talmudique ou halakhique), et est donc imprimée à la fin de la plupart des traités.
- La Jewish Encyclopedia mentionne encore un Kaddish Ya'hid, "Kaddish individuel". Ce serait donc le seul Kaddish ne nécessitant pas de minyan . Le 'Hatzi Kaddish constitue la version la plus simple du Kaddish(avec quelques passages supplémentaires dans le Kaddish a'har Haqevoura). Les premiers mots des formules qui suivent cette déclaration de base ont conduit à leur attribuer les noms sous lesquels ils sont connus aujourd'hui.Les Kaddish, tels qu'apparaissant dans les services, sont récités selon une cantillation, qui varie en fonction de la version ainsi que de l'office lui-même. Alors que le 'Hatzi Kaddish peut être dit rapidement, le Kaddish des Endeuillés est récité lentement et contemplativement.

Texte des Kaddish

Cette section inclut le demi-Kaddish, le Kaddish complet, le Kaddish des endeuillés et deRabbanan. Les variantes du Kaddish après l'enterrement font l'objet d'une section séparée.

Texte du Kaddish d'enterrement

Dans le Kaddish deIt'haddata, les lignes 2 et 3 sont remplacées par ce qui suit:

Notes:

- Le texte entre crochets varie selon la tradition personnelle ou communautaire.
- (a) La congrégation répond "amen" (אָמֵן) après les lignes 1, 4, 12, 15, 18, 27, 33, 36. Dans la tradition ashkénaze, la réponse à la ligne 12 est "Béni soit-Il" (בְרִיךְ הוּא berikh hu).
- (b) Cerains prononceront la ligne 1 Yitgaddel veyitqaddesh plutôt que Yitgaddal veyitqaddash : cette tournure est hébraïque, et non araméenne.
- (c) Le texte entre parenthèses à la ligne 13 est substitué durant les jours redoutables.
- (d) Les lignes 4 et 30-32 sont absentes dans la version utilisée par la tradition ashkénaze.
- (e) Lors du "kaddish complet", certains incluent:
- Avant la ligne 16, "accepte notre prière avec merci (miséricorde) et faveur"
- Avant la ligne 28, "Puisse le Nom de Dieu être béni, maintenant et à jamais"
- Avant la ligne 34, "Mon aide vient de Dieu, créateur des cieux et de la terre"
- (f) La ligne 33 est selon ceux qui ajoutent les lignes 30-32 (voir note d). La tradition européenne utilise "sur nous et sur tout Israël" (
alenou ve'al kol Israël עָלֵינוּ וְעַל כָל יִשְרָאֵל)

Kaddish Yatom (ou Avelim)

Le Kaddish le plus connu est le "Kaddish des Endeuillés", récité lors de tous les offices de prière, ainsi que lors des funérailles et des cérémonies de commémoration. Si la tradition (Midrash Tan'houma sur la Parashat Noa'h) en fait remonter l'usage à Rabbi Akiva, qui aurait sauvé un collecteur d'impôts décédé des tourments de la Géhenne en enseignant le Kaddish au fils de celui-ci, selon la Jewish Virtual Library , "la première mention d'endeuillés récitant le Kaddish à la fin des offices, est un ouvrage de Halakha du XIIIe siècle, le Or Zaroua. Le Kaddish à la fin de l'office en est venu à être automatiquement désigné Kaddish Yatom ou Avelim ("Kaddish de l'orphelin" ou "des endeuillés")." Le Kaddish Yatom n'est donc pas une prière pour les morts, mais une prière pour Dieu. Sa thématique de consolation, déjà abordée, se rapporte ici tant à Dieu qu'à l'endeuillé. D'autre part, comment réagit celui-ci, après avoir pu perdre non seulement un père ou une mère de 95 ans, mais un nourrisson de 4 mois ? En priant que Son Nom soit exalté, grandi, magnifié. Une telle abnégation ne peut que favorablement influencer le tribunal céleste devant lequel se tient l'âme du disparu. Le Kaddish Yatom est donc non seulement une façon, pour les orphelins, d'honorer les parents disparus, mais aussi de réaliser le cinquième commandement (Honore ton père et ta mère) même après la mort du père, car elle permet d'élever leur âme et de "plaider leur cause devant le tribunal céleste", ce que ne peut plus faire le disparu lui-même (cf. Psaume 115). Les enfants du disparu ont leurs âmes partiellement contenues dans la sienne, ce qui explique l'influence de leurs actions sur la "destinée" de leur proche. En revanche, les parents ne devant pas honorer de la même façon leurs enfants, le Kaddish Avelim de parents pour un enfant a une toute autre portée(d'après Ma'avar yabok). Les coutumes de récitation varient fortement selon les communautés. Dans la plupart des synagogues ashkénazes, particulièrement les synagogues orthodoxes, tout le monde se lève. Dans les synagogues sépharades, seuls les endeuillés se lèvent et chantent, tandis que la congrégation répond assise.

Kaddish public

En Israël, le 10 Tevet a été désigné par le Grand Rabbinat comme jour du Kaddish public, en souvenir des victimes de la Shoah, dont le lieu et la date du décès sont pour la plupart inconnus. On allume en ce jour des Nerot neshama (également connues comme chandelles de Yahrzeit), et on prie pour la montée de ces âmes disparues.

Bibliographie

- Cyrus Adler, et al. . Jewish Encyclopedia, 1906. pp. 401-403.
- Grand Rabbin Jacques Ouaknin, "L'âme immortelle. Précis des lois et coutumes du deuil dans le judaïsme", éditions Bibliophane-Daniel Radford 2002, publié avec le concours du Consistoire de Paris ISBN 2-86970-059-8
- Pour la traduction du texte des Kaddish:
- Rituel Pata'h Eliyahou édition 1997 . ISBN 2-85332-186-X
- Rituel Tephilat Yossef édition 1994, association Sefer, diffusé par BIBLIEUROPE, Pais.
- Léon Wieseltier, "
Kaddish", éditions Calmann-Lévy, Paris 2000 ISBN 2-25315-548-9
- Imre Kertész, "
Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas (Kaddis a meg nem született gyermekért)''", 1990 - Actes Sud, 1995

Voir aussi

- Relations entre judaïsme et christianisme ==
Sujets connexes
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