Campagne de France (1814)

Infos
La campagne de France est la fin de la guerre liée à la Sixième coalition, qui se déroule de janvier à avril 1814, pendant laquelle Napoléon I tente d'éviter ou d'arrêter l'invasion de la France et de conserver son trône. Après l'entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, il abdique le 6 avril 1814 et part en exil à l'île d'Elbe.
Campagne de France (1814)

La campagne de France est la fin de la guerre liée à la Sixième coalition, qui se déroule de janvier à avril 1814, pendant laquelle Napoléon I tente d'éviter ou d'arrêter l'invasion de la France et de conserver son trône. Après l'entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, il abdique le 6 avril 1814 et part en exil à l'île d'Elbe.

Résumé

Napoléon I affronte dans l'Est de la France les troupes coalisées de la Russie, de la Prusse, du Royaume-Uni, de la Suède, de l'Autriche et de plusieurs états allemands, anciens alliés de Napoléon, notamment les royaumes de Bavière et de Wutemberg pour ne citer que les plus puissants. Les forces qui envahissent la France sont divisées en trois armées : Bohême (Karl Philipp de Schwarzenberg), Silésie (Gebhard Leberecht von Blücher) et Nord (Bernadotte). Dans le camp de l'empire français, les pertes précédentes en hommes, en Russie et en Allemagne, sont trop importantes pour être compensées, d'autant que de nombreuses troupes sont restées en garnison dans les places fortes d'Allemagne, comme à Hambourg (gouvernée par le maréchal Davout). Avec une armée diminuée, inexpérimentée (les jeunes conscrits de 1814, les «Marie-Louise», ne sont pas à la hauteur de leurs aînés), et largement dépassée en nombre, Napoléon, s'il parvient à infliger plusieurs revers à ses ennemis, ne peut réellement reprendre l'initiative et exploiter ses quelques succès. Il tente d'arrêter, puis de contourner l'offensive ennemie et de la prendre à revers, alors que les Alliés se dirigent sur Paris et que les défections se multiplient. Les Alliés entrent dans Paris le 31 mars 1814. La reddition de Paris, et le refus de combattre des généraux qui l'accompagnent, décident Napoléon à abdiquer à Fontainebleau le 6 avril.

Préparatifs de l'affrontement

Napoléon, qui a franchi le Rhin à Mayence le 7 novembre 1813, arrive à Saint-Cloud le 9 ; par un décret impérial daté du 11 novembre, le prix du sel est augmenté de 20 centimes par kilogramme, et 30 centimes sont ajoutés aux contributions des portes et fenêtres, afin de tenter de renflouer les caisses de l'État. Le 14 il se rend au Sénat et s'adresse aux sénateurs « Toute l'Europe marchait avec nous il y a un an ; toute l'Europe marche contre nous aujourd'hui. » Il répond au discours de Lacépède : « … La postérité dira que si de grandes et critiques circonstances se sont présentées, elles n'étaient pas au-dessus de la France et de moi. ». Le même jour, Saint-Aignan, qui était prisonnier à Francfort, arrive à Paris où il révèle que Metternich lui a dit qu'il était ouvert à des négociations de paix. Cette proposition officieuse qui, sans être rendue publique officiellement, est très rapidement connue de tous à Paris, est sans doute une manœuvre destinée à faire apparaître Napoléon comme refusant toute négociation. Le 15 novembre, un sénatus-consulte lève des troupes supplémentaires, portant l'armée à environ 300 000 conscrits des années 1803 et suivantes, jusqu'à 1815 inclusivement. Le même jour, un autre sénatus-consulte arrête que le Sénat et le conseil d'État assisteront à l'ouverture du Corps législatif, laquelle eut lieu le 19 décembre. Le 4 décembre, à Francfort, les Alliés déclarent que Napoléon veut la guerre. A partir du 15 décembre, les armées de la coalition se mettent en mouvement vers la France :
-Schwarzenberg à travers la Suisse, qui se déclare neutre, par le nord et le sud du Jura ;
-Blücher depuis Francfort vers la Lorraine et l'Alsace ;
-Bernadotte par la Hollande. Le 19 décembre, l'Empereur prend la parole lors de l'ouverture de la session du Corps législatif pour demander "de nouveaux sacrifices" « Sénateurs, Conseillers d'État, Députés des départements au Corps législatif ; « D'éclatantes victoires ont illustré les armes françaises dans cette campagne. Des défections sans exemple ont rendu les victoires inutiles ; tout a tourné contre nous. La France même serait en danger sans l'énergie et l'union des Français. Je vous ai appelés près de moi : mon cœur a besoin de la présence et de l'affection de mes sujets. Je n'ai jamais été séduit par la prospérité : l'adversité me trouvera au-dessus de ses atteintes. J'ai plusieurs fois donné la paix aux nations, lorsqu'elles avaient tout perdu. J'ai élevé des trônes pour des rois qui m'ont abandonné. Monarque et père, je sens que la paix ajoute à la sécurité des trônes et à celle des familles. « Des négociations ont été entamées avec les puissances coalisées. J'ai adhéré aux bases qu'elles ont présentées ; j'ai ordonné qu'on vous communiquât toutes les pièces originales qui se trouvent au portefeuille de mon département des affaires étrangères. Rien ne s'oppose de ma part au rétablissement de la paix. C'est à regret que je demande à ce peuple généreux de nouveaux sacrifices ; les nations ne traitent qu'en déployant toutes leurs forces. Sénateurs, Conseillers d'État, Députés des départements, vous êtes les organes naturels de ce trône. C'est à vous de donner l'exemple d'une énergie qui recommande cette génération aux générations futures. Qu'elles ne disent pas de nous : « Ils ont sacrifié les premiers intérêts du pays ; ils ont reconnu les lois que l'Angleterre a cherché en vain pendant quatre siècles à imposer à la France. » J'ai la confiance que les Français seront dignes d'eux et de moi. » Mullié indique que ce discours fut écouté avec le plus vif intérêt, mais les esprits ne se montrèrent pas en ce jour aussi obséquieux qu'on les avait vus dans de semblables solennités les années précédentes. . Les communications qu'on avait promises sont faites à la commission du Sénat par le duc de Vicence, et à la commission du Corps législatif par le conseiller d'État d'Hauterive. Cette dernière commission est présidée par le duc de Massa. L'Empereur refuse que le rapport que lui a fait M. de Saint-Aignan de ses conversations avec Metternich soit mis sous les yeux des deux commissions, il ne permet que les communications des bases de la proposition autrichienne de Francfort : on a parlé à Saint-Aignan de limiter la France à ses "frontières naturelles", terme ambigu qui permet toutes les spéculations. Le Corps législatif critique directement la volonté de Napoléon de continuer les combats dans son rapport (fait par Lainé le 29 décembre), et en vote l'impression à la majorité de 223 voix contre 31 Dans sa séance du 28, l'orateur de la commission, M. Renouard, fit le rapport suivant : « S'il s'agissait ici de discuter des conditions flétrissantes, Sa Majesté n'eût daigné répondre qu'en faisant connaître à ses peuples les projets de l'étranger ; mais on ne veut pas nous humilier, mais nous renfermer dans nos limites, et réprimer l'élan d'une activité ambitieuse ; si fatale depuis vingt ans à tous les peuples de l'Europe. Ce n'est pas lui (l'étranger) qui assigne des bornes à notre puissance, c'est le monde effrayé qui invoque le droit commun des nations. Les Pyrénées, le Rhin, les Alpes renferment un vaste territoire, dont plusieurs provinces ne relevaient pas de l'empire des lys, et cependant la royale couronne de France était brillante de gloire et de majesté entre tous les diadèmes. » — « Orateur, » s'écrie le duc de Massa, « ce que vous dites est inconstitutionnel. — « Il n'y a d'inconstitutionnel ici que votre présence, » répliqua Renouard, et il continua ainsi : « Ne dissimulons rien, nos maux sont à leur comble ; il n'est point de Français qui n'ait dans sa famille une plaie à guérir. La conscription est devenue pour toute la France un odieux fléau ; depuis deux ans on moissonne trois fois l'année ; les larmes des mères et les sueurs du peuple sont-elles donc le patrimoine des rois ?… ». Le 30 décembre, la commission du Sénat fait son rapport à l'Empereur en se rangeant à l'avis de poursuivre la guerre Cette assemblée approuvait tous les sacrifices que l'on pourrait demander, mais dans le seul but de la paix : « C'est le vœu de la France, Sire, disait la députation, c'est le besoin de l'humanité. Si l'ennemi persiste dans ses refus ; eh bien ! nous combattrons pour la patrie entre les tombeaux de nos pères et les berceaux de nos enfants. » L'Empereur répondit : « Ma vie n'a qu'un but, le bonheur des Français. Paix et délivrance de notre territoire doit être notre cri de ralliement. À l'aspect de tout ce peuple en armes, l'étranger fuira ou signera la paix sur les bases qu'il a lui-même proposées. Il n'est plus question de recouvrer les conquêtes que nous avions faites. ». Le 31 décembre, Napoléon interdit l'impression du rapport Lainé, et fait fermer les portes de la salle des séances. L'Empereur témoigne à son conseil d'État la douloureuse impression qu'il a ressentie à la lecture du rapport de la commission du Corps législatif, qu'il regarde comme injurieuse à sa personne et attentatoire à son autorité « Voudrait-on rétablir la souveraineté du peuple ? Eh bien ! en ce cas, je me fais peuple, car je prétends être toujours là où se trouve sa souveraineté. » Et tout de suite il décrète l'ajournement du Corps législatif. Ce corps voulait, dans son adresse, que la guerre devînt nationale, et il demandait « des garanties politiques à Napoléon pour engager la nation. » Des garanties quand l'ennemi dépassait la frontière ! des garanties au moment d'une invasion étrangère et après dix ans du mutisme le plus incroyable ! Napoléon avait dit aux députés : « Il faut suivre l'exemple de l'Alsace, de la Franche-Comté, des Vosges, dont les habitants s'adressent à moi pour avoir des armes. Je vous ai rassemblés pour avoir des consolations : ce n'est pas que je manque de courage, mais j'espérais que le Corps législatif m'en donnerait. Au lieu de cela, il m'a trompé, au lieu du bien que j'attendais, il a fait du mal. Vous cherchez à séparer le souverain de la nation. ». Le 1er janvier 1814, les divers corps constitués se rendent aux Tuileries pour offrir, suivant la coutume, leurs hommages de l'an au chef de l'État. Napoléon apostrophe violemment le Corps législatif venu pour son audience de congé. « Députés du corps législatif, vous n'êtes pas les représentants du peuple ; je le suis plus que vous. Quatre fois j'ai été appelé par l'armée, et quatre fois j'ai eu les votes de cinq millions de citoyens pour moi. J'ai supprimé l'impression de votre adresse : elle était incendiaire. Les onze-douzièmes du Corps législatif sont composés de bons citoyens : je les connais et j'aurai des égards pour eux ; mais un nommé Laîné est un méchant homme qui correspond avec le prince-régent d'Angleterre par l'intermédiaire de l'avocat Desèze : je le sais, j'en ai la preuve. Le rapport de votre commission m'a fait bien du mal. J'aimerais mieux avoir perdu deux batailles. À quoi tendait-il ? à augmenter les prétentions de l'ennemi. Si je voulais vous croire, je donnerais à l'ennemi plus qu'il ne demande. Si l'on me demandait la Champagne, il faudrait donc encore céder la Brie ? Est-ce en présence de l'ennemi qu'on doit faire des remontrances ? Le but était de m'humilier. On peut me tuer mais on ne me déshonorera point. Je ne suis pas né parmi les rois, je ne tiens pas au trône. Qu'est-ce qu'un trône ? quatre morceaux de bois dorés couverts de velours. — Dans quatre mois, je publierai l'affreux rapport de votre commission. Que prétendiez-vous faire ? Nous reporter à la Constitution de 91 ? Qui êtes-vous pour réformer l'État ? Vous êtes les députés des départements ; moi seul je suis le représentant du peuple. Et qui de vous pourrait se charger d'un pareil fardeau ? Je ne suis à la tête de cette nation que parce que sa Constitution me convient. Si la France en voulait une autre et qu'elle ne me convînt pas, je dirais à la France de choisir un autre souverain. C'est contre moi que les ennemis s'acharnent encore plus que contre les Français. Mais pour cela faut-il qu'il me soit permis de démembrer l'État ? Est-ce que je ne sacrifie pas mon orgueil, ma fierté, pour obtenir la paix ? Oui, je suis fier, parce que je suis courageux ; je suis fier, parce que j'ai fait de grandes choses pour la France. Si j'éprouve encore des revers, j'attendrai les ennemis dans les plaines de la Champagne. Dans trois mois nous aurons la paix ou je serai mort. Retournez dans vos foyers. En supposant même que j'eusse des torts, vous ne deviez pas me faire des reproches publics. Je vous avais indiqué un comité secret. C'est en famille qu'il faut laver son linge sale. M. Renouard dit que le maréchal Masséna a pillé la maison d'un citoyen. M. Renouard a menti. La nature m'a doué d'un caractère fort ; il peut résister à tout. Je suis au-dessus de vos misérables déclamations. Mes victoires écraseront vos criailleries. Nous avons des ressources plus que vous ne pensez. Les ennemis ne nous ont jamais vaincus, ne nous vaincront point, et ils seront chassés plus promptement qu'ils ne sont venus. Au reste, la France a plus besoin de moi que je n'ai besoin de la France. »

Les combats de la campagne de France

Les forces en présence :
- État approximatif des forces des coalisés en 1813-1814 : environ un million d'hommes.
- Grande armée alliée (Schwartzenberg). . . . . 190 000
- Armée de Silésie (Blücher). . . . . . . . . . . . . 160 000
- Armée du Nord (Bernadotte). . . . . . . . . . . . 130 000
- Réserves allemandes en formation. . . . . . . . 80 000
- Corps hollandais. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 000
- Corps anglais en Belgique . . . . . . . . . . . . . . . 8000
- Réserves autrichiennes se réunissant sur l'Inn 50 000
- Réserves russes se formant en Pologne . . . . 60 000
- Troupes employées aux blocus et aux sièges en Allemagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 000
- Armée autrichienne en Italie . . . . . . . . . . . . . 70 000
- Armée des Pyrénées, composée d'Anglais, Espagnols, Portugais, Siciliens, commandée par Wellington. . . . . . 140 000
- Total . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 000 000 Dans cette énumération ne sont pas compris les Landwehr, les Landsturm en Allemagne, les guérillas en Espagne, ni les troupes de Murat, ni un corps d'Anglo-Siciliens.
- État des troupes françaises à la fin de 1813 : environ 360 000 hommes.
- Garnisons des places au-delà du Rhin, en Italie, en Dalmatie, etc. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 000
- Armée des Pyrénées d'Aragon . . . . . . . . . . . 90 000
- Armée franco-italienne sur l'Adige . . . . . . . . . 50 000
- Grande armée, sous les ordres directs de l'Empereur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220 000
- Total . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360 000 Dans ce nombre ne sont point compris les 160 000 gardes nationaux rendus mobiles par le sénatus-consulte du 3 avril 1813. En comparant entre eux les deux tableaux ci-dessus, il est facile de présenter quel sera le résultat de la campagne qui va s'ouvrir, si l'on considère surtout que les corps français n'ont encore reçu qu'une organisation incomplète, et que leurs rangs sont remplis aux deux tiers par des conscrits à peine adolescents, et peu ou point exercés au maniement des armes. Les Autrichiens, au nombre de 120 000 hommes, pénètrent en France le 23 décembre ; les Russes et les Prussiens passent le Rhin ; une armée formidable, commandée par Bernadotte et composée de Suédois, Russes, Prussiens, Anglais, est destinée à envahir l'Empire par la Belgique. Le 6 janvier 1814, une convention provisoire a été conclue entre Murat, roi de Naples et l'Angleterre : elle établit un armistice dont l'expiration sera ratifiée trois mois à l'avance. Le 11, Murat conclut un traité d'alliance avec l'Autriche, par lequel il s'engage à fournir 30 000 hommes à la coalition, moyennant quoi ses États en Italie lui sont garantis ainsi qu'à ses héritiers. La défection de Murat paralyse l'action de l'armée d'Italie aux ordres du prince Eugène de Beauharnais, qui par là se trouve placé entre deux feux. Le premier mois de la campagne de France est marqué par l'avancée lente mais constante des troupes alliées. Les troupes françaises commandées par Victor (défendant les Vosges) et Marmont (défendant la Sarre) reculent devant l'armée de Blücher ; de même Ney évacue Nancy. Schwarzenberg avance depuis Belfort en direction de Paris, par Vesoul et Langres. Le 25 janvier 1814, la part de la France située à l'est d'une ligne passant par Charleville-Mézières, Saint-Dizier et Dijon est conquise par les coalisés. Blücher est à environ 150 km à l'est de Paris. Napoléon décide de commander effectivement et, après avoir conféré solennellement la régence à l'Impératrice, et confié son fils, le roi de Rome, à la garde nationale, il part de Paris et installe, le 26, son quartier général à Châlons-sur-Marne. L'aile droite de son armée, commandée par le maréchal Mortier, est dans les environs de Troyes ; le centre, avec les maréchaux Marmont et Victor, autour de Vitry ; l'aile gauche, dirigée par le maréchal Macdonald, près de Mézières. La réserve, formée de la Garde, sous le commandement de Ney et Oudinot, se poste à Châlons et Vitry. L'effectif de ces divers corps est évalué à 50 000 hommes. 27 janvier : l'avant-garde de Blücher est repoussée à Saint-Dizier. Napoléon veut encore empêcher la jonction de Blücher avec Schwartzenberg qui arrive par le sud-est en lui coupant la route de Troyes, et se dirige, par des chemins réputés impraticables, sur Brienne qu'il attaque le 29. La ville et le château de Brienne sont occupés par les corps russes de Sacken et d'Alsufiew, avec lesquels se trouve Blücher, qui manque d'être pris avec son état-major. Napoléon abandonne l'attaque à dix heures du soir. Les pertes sont égales des deux côtés (3 000 tués ou blessés). Pendant la nuit Blücher se retire paisiblement sur Bar-sur-Aube, et le 30, Napoléon entre à Brienne. Là il apprend que Blücher et Schwartzenberg ont opéré leur jonction, et qu'ils l'attendent avec 100 000 hommes dans les plaines de l'Aube. Quoique plus faible de moitié, il accepte le combat. Napoléon est au centre, au village de La Rothière. L'engagement (1er février) commence à une heure de l'après-midi et ne cesse qu'à minuit. Napoléon ordonne la retraite sur Troyes pour éviter d'être écrasé par Blücher le lendemain. Les Français perdent à La Rothière 54 bouches à feu, et environ 6 000 hommes dont 2 500 prisonniers. La bataille de La Rothière, première défaite personnelle de Napoléon en France, affecte le moral de l'armée française, et déclenche des désertions. Le 3 février, un nouveau congrès s'ouvre à Châtillon (Côte-d'Or) entre les quatre grandes puissances alliées et la France. Il est composé du comte Stadion, baron Humboldt, comte Rasumwsky, respectivement pour l'Autriche, la Prusse et la Russie. L'Angleterre y est représentée par les lords Aberdeen, Callicart, et le général Charles Stewart ; le ministre Castlereagh est présent. Le duc de Vicence, ministre des relations étrangères (et beau-frère de Saint-Aignan), représente la France et a obtenu de Napoléon carte blanche pour signer un traité de paix. Mais les Alliés précisent leurs conditions, exigeant que la France retrouve ses frontières de 1791, et refusent qu'elle prenne part à la future réorganisation de l'Europe (Napoléon a mis sur le trône de pays conquis de nombreux membres de sa famille, dont le sort est donc incertain). Quand Napoléon apprend ces conditions, le prince de Neufchâtel et le duc de Bassano, qui se trouvent auprès de l'Empereur, lui conseillent de les accepter, mais il s'y refuse Moi ! s'écria-t-il, je laisserais la France plus petite que je ne l'ai reçue ? Jamais… Vous redoutez la guerre ; je vois d'autres dangers… La France a besoin de la paix ; mais celle-ci est pire que la guerre la plus acharnée. Que serai-je pour les Français quand j'aurai signé leur humiliation ?… Je préfère courir les chances les plus rigoureuses de la guerre. . Les négociations sont interrompues le 8 février. Statue équestre de Napoléon I Pendant ce temps, les combats continuent : les armées de Blücher et Schwarzenberg prennent le contrôle de Châlons-sur-Marne et de Troyes, et se dirigent vers Paris en suivant les vallées de la Marne (Blücher) et de la Seine (Schwarzenberg). Napoléon tente de manœuvrer et de se glisser entre ces deux groupes afin d'attaquer Blücher sur son flanc. Près de Sézanne, à Champaubert, le 10, puis le lendemain plus au nord à Montmirail, Napoléon remporte deux victoires qui lui ouvrent le chemin vers l'armée de Blücher. Le 14, à Vauchamps, Napoléon remporte une victoire nette contre l'armée de Blücher, qui recule jusqu'à Châlons. Pendant ces cinq jours de combat, on estime que Napoléon cause aux alliés la perte d'au moins 25 000 hommes, tant tués que blessés, ou faits prisonniers. Il retrouve dans ces circonstances toute l'activité et la chance de ses premiers faits d'armes en Italie. Mais cela n'amène aucun résultat avantageux et définitif. Les pertes des alliés sont insignifiantes, eu égard à l'immensité des ressources dont ils peuvent disposer, et aux nombreux renforts qui leur arrivent sans cesse pour grossir leurs rangs ou en remplir les vides, tandis qu'il est presque impossible aux armées françaises de recruter, l'ennemi occupant une bonne partie du pays et la défaite paraissant certaine. Napoléon n'exploite pas sa victoire, mais dirige son armée vers le sud-ouest, à marche forcée, pour barrer la route à l'armée de Schwarzenberg qu'il parvient à arrêter et à repousser le 18 février à la bataille de Montereau. C'est pendant cette bataille que Napoléon dit à ses soldats étonnés de le voir s'exposer au feu de l'ennemi : Ne craignez rien, mes amis, le boulet qui me tuera n'est pas encore fondu. Le succès qu'il vient d'obtenir ranime les espérances de Napoléon ; il écrit directement à son beau-père qu'il veut une paix rapide basée sur des conditions moins humiliantes que celles qu'on lui a faites à Châtillon ; en même temps, il écrit à son plénipotentiaire Caulincourt « La providence a béni nos armes ; j'ai fait 30 à 40 000 prisonniers, j'ai pris 200 pièces de canon, j'ai détruit plusieurs armées presque sans coup férir, j'ai entamé hier l'armée de Schwartzenberg, que j'espère détruire avant qu'elle ait repassé nos frontières. Vous devez tout faire pour la paix ; mais mon intention est que vous ne signiez rien sans mon ordre, parce que seul je connais ma position. En général, je ne désire qu'une paix solide et honorable ; elle ne peut être telle que sur les bases de Francfort. » Le lendemain, il écrit au prince Eugène : « J'ai détruit l'armée de Silésie, composée de Russes et de Prussiens : j'ai commencé hier à battre Schwartzenberg, il est donc possible que nous puissions conserver l'Italie. » Il était si bien persuadé qu'il parviendrait lui seul à rejeter les étrangers au delà des frontières de l'Empire, qu'il disait après la victoire de Nangis : Je suis plus près de Vienne que mon beau-père ne l'est de Paris. Les Alliés se concertent, car le coup d'arrêt porté par les dernières initiatives de Napoléon les rend circonspects, et aussi parce que la question de l'avenir de la France après leur victoire n'est toujours pas l'objet d'un consensus, entre ceux qui veulent restaurer les Bourbons (Anglais, Russes...) et les Autrichiens qui cherchent à imposer une régence autrichienne au nom du fils de Napoléon, petit-fils de l'archiduc d'Autriche. Le 8 mars, un traité d'alliance (antidaté du 1 mars est conclu à Chaumont entre la Russie, l'Autriche et la Prusse, et l'Angleterre par lequel chacune des puissances continentales s'engage de tenir en campagne une armée active de 150 000 hommes et à ne tenir aucune négociation séparée avec l'ennemi commun. L'Angleterre, elle, fournira annuellement un subside de 120 millions de francs. Des combats nombreux ont lieu dans les semaines suivantes, Blücher et Napoléon tentant de se déborder mutuellement sur la Marne, puis entre Soissons et Reims (le 13 mars). Le projet de Napoléon est de faire une jonction avec des troupes restées en Alsace et en Lorraine et de revenir ensuite attaquer par l'arrière les troupes alliées. Cependant les négociations de Châtillon continuent : le 19 mars, le duc de Vicence, remet aux Alliés un contre-projet dans lequel Napoléon accepte le retour aux limites de l'ancienne France avec en plus la Savoie, Nice et l'île d'Elbe, et à condition que la couronne du royaume d'Italie, dont l'Adige formera la frontière du côté de l'Autriche, sera donnée au prince Eugène, et aussi avec la réserve que les principautés de Lucques, de Neuchâtel, le grand duché de Berg retourneront aux titulaires qui en étaient précédemment investis. Ce contre-projet est rejeté, les Alliés considérant que la France demeurerait trop puissante « L'expérience a démontré que les États intermédiaires, sous la domination de la famille régnante actuellement en France, ne sont indépendants que de nom. L'Europe ne ferait pas la paix, mais elle désarmerait. Les cours alliées, considérant que le contre-projet proposé est essentiellement opposé aux bases de paix proposées par elles, ne peuvent reconnaître dans la marche suivie par le gouvernement français que le désir de traîner en longueur des négociations aussi inutiles que, compromettantes. Elles déclarent qu'elles ne font point la guerre à la France, dont les justes dimensions sont une des premières conditions d'un état d'équilibre politique ; mais qu'elles ne poseront les armes qu'autant que leurs principes seront reconnus et admis par le gouvernement français. » . Le congrès de Châtillon, dont les négociations évoluèrent constamment en fonction des succès fluctuants des uns et des autres, prend fin le 19 mars. Le 20, Napoléon est à Arcis, qu'il veut traverser pour se diriger sur Bar-sur-Aube avec environ 30 000 hommes, mais il est bloqué par l'armée de Schwartzenberg, forte de 100 000 combattants. Une longue bataille s'engage qui dure jusqu'au lendemain et force Napoléon à faire retraite vers Vitry-le-François, puis le 23, vers Saint-Dizier ; le même jour s'opère dans les plaines de Châlons la réunion des armées de Blücher et de Schwartzenberg. Le 24, les Alliés décident d'attaquer directement Paris, car ils ont intercepté le plan de Napoléon (passer vers l'est pour revenir ensuite) et surtout une lettre de Savary qui, resté à Paris, écrit à Napoléon que Paris ne lui est plus totalement acquise. Le 25, les maréchaux Mortier et Marmont sont battus à Fère-Champenoise. La route de Paris est ouverte pour Schwarzenberg.

Bataille de Paris

L'armée de Silésie et la grande armée des alliés se mettent, sur trois colonnes, en pleine marche sur Paris, par la rive droite de la Marne, qu'elles passent à Trilport, Meaux et Lagny. L'Empereur de Russie et le roi de Prusse portent leur quartier général à Bondy. Le 28 mars, Napoléon abandonne son plan et décide de retourner vers Paris après avoir reçu une lettre de Lavalette (directeur des Postes) déclarant "La présence de l'empereur est nécessaire s'il veut empêcher que sa capitale soit livrée à l'ennemi". La Barrière de Clichy par Horace Vernet représente la bataille du 30 mars 1814 Le 30 mars, Paris est attaquée par Pantin et Romainville (Schwarzenberg) et par Clichy et Montmartre (Blücher). À la barrière de Clichy, défendue par Moncey qui commande la Garde nationale, a lieu la bataille la plus importante. Dans la soirée, les négociations sont ouvertes et dans la nuit, Marmont, avec l'entremise de Talleyrand, signe un armistice : les troupes françaises évacuent Paris en direction du Sud. Napoléon est à Juvizy lorsqu'il apprend la nouvelleIl fait appeler le maréchal Berthier et le duc de Vicence, et leur dit : « Paris vient de capituler ; marchons sur Paris. » Belliard lui représenta qu'il n'y avait plus de troupes dans cette ville. « N'importe, répliqua-t-il, j'y trouverai la garde nationale ; l'armée m'y rejoindra demain ou après, et je rétablirai les affaires. — « Mais, Sire, répond le général Belliard, Votre Majesté s'expose à se faire prendre et à faire saccager Paris : il y a 130 000 hommes autour de la ville. » Douloureusement frappé par ces nouvelles, il entra dans l'auberge de la Poste, où il resta pendant deux heures la tête appuyée dans ses deux mains. Enfin, poussé par les instances des généraux qui l'entouraient, il se détermina à retourner en arrière et à faire partir le duc de Vicence pour Paris, en qualité de négociateur. Le duc arriva dans cette ville le 31 mars, à sept heures du matin ; les autorités locales étaient absentes, il se rend au quartier général de l'empereur Alexandre, à Bondy. Ce prince, instruit de l'objet de sa mission, lui répondit qu'il remettait après son entrée à Paris, qui allait avoir lieu incessamment, la réponse qu'il jugerait à propos de lui faire.. L'entrée des troupes russes à Paris Le 31 mars, Caulincourt retourne à Paris, les Alliés y entrent à 11 heures et Napoléon va attendre à Fontainebleau la suite des événements. Les Alliés décident de rétablir les Bourbons et de ne pas négocier avec Napoléon ; le lendemain, une proclamation correspondante est affichée dans Paris. Le Sénat organise (1 avril) un gouvernement provisoire présidé par Talleyrand, et déclare (le 2 avril) Napoléon déchu du trône, le droit d'hérédité aboli dans sa famille, le peuple français et l'armée déliés envers lui du serment de fidélité. Le 4 avril, par arrêt du gouvernement provisoire, il est permis aux conscrits rassemblés de retourner chez eux ; ceux qui sont encore dans leurs foyers sont autorisés à y rester. La même autorisation est accordée aux bataillons de nouvelle levée, ainsi qu'à toutes les levées en masse. Le même jour, à Fontainebleau, Ney, Lefebvre, Berthier, Oudinot, Moncey et Macdonald refusent directement à Napoléon de continuer les combats. Ce dernier signe une abdication conditionnelle, sous réserve des droits de son fils et de sa femme. « Les puissances alliées ayant proclamé que l'empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l'empereur Napoléon, fidèle à son serment, déclare qu'il est prêt à descendre du trône, à quitter la France et même la vie pour le bien de sa patrie, inséparable des droits de son fils, de la régence de l'Impératrice, et du maintien des lois de l'Empire.» « Fait en notre palais de Fontainebleau, le 4 avril 1814. ::::::« NAPOLÉON. » Cependant, Napoléon tente encore de renverser la situation « C'est là, » disait il, « que s'adresseront toutes les intrigues, toutes les trahisons de Paris : il faut que j'aie à ce poste un homme comme Marmont, mon enfant, élevé dans ma tente. » Car Marmont était de ceux qui composaient ce qu'il appelait sa famille militaire. — Toujours confiant dans sa fortune et les ressources de son génie, il ne suit les négociations qu'afin de faire prendre le change à ses ennemis sur les projets qu'il médite. Il espère toujours qu'une grande et belle victoire lui redonnera la prépondérance dont il jouissait autrefois. Ainsi donc, en congédiant le duc de Vicence, il lui dit : « Pendant que vous négocierez à Paris, je leur tomberai dessus avec mes braves. Je pars demain. » Le 3 avril, jour de la déclaration du Sénat, Napoléon avait passé la revue de sa garde. Il lui avait dit : « L'ennemi nous a dérobé trois marches et s'est rendu maître de Paris : il faut l'en chasser. D'indignes Français, des émigrés, auxquels nous avions pardonné, ont arboré la cocarde blanche, les lâches ! ils recevront le prix de ce nouvel attentat. Jurons de vaincre ou de mourir pour cette cocarde tricolore qui, depuis vingt ans, nous trouve dans le chemin de la gloire et de l'honneur. » Ce serment fut prêté avec enthousiasme. Pendant toute la soirée, les soldats se livrèrent à des danses bruyantes et joyeuses, en criant : « Vive l'Empereur ! marchons à Paris ! » . Il fait marcher une partie des troupes dont il dispose vers Paris, mais ces troupes, commandées par Marmont, se rendent aux Autrichiens Ils étaient réunis à onze heures et demie chez le maréchal Ney, attendant le moment de revoir Alexandre, lorsqu'on vint avertir Marmont que son premier aide-de-camp, le colonel Fabvier, demandait à lui parler. Il sortit et rentra presque aussitôt, pâle comme la mort s'écriant : « Souham et Bordesoulle ont enlevé mon corps d'armée, Fabvier est venu en toute hâte. » On fit entrer Fabvier afin d'entendre de lui le récit de l'événement. Cette défection qui, suivant le maréchal Marmont, se fit malgré ses ordres, servit de prétexte à l'empereur Alexandre pour tenir ce discours aux plénipotentiaires : « Messieurs, vous faites sonner bien haut la volonté de l'armée, et vous n'ignorez pas que le corps du due de Raguse a passé de notre côté ; d'autres sont encore dans les mêmes dispositions. On est las de la guerre. L'empereur Napoléon n'a point voulu la paix. Chacun sait qu'il n'y a point de repos à espérer de lui. Les Souverains ont déclaré qu'ils ne voulaient pas traiter avec lui. Nous ne voulons aujourd'hui que ce que le vœu national a déjà proclamé. Il repousse la régence, comme il a repoussé l'empereur Napoléon. Je vous déclare donc que nous ne pouvons admettre que son abdication absolue. . Les plénipotentiaires indignés de cette détermination, repoussent avec énergie la conséquence que tirait l'empereur Alexandre de la défection du corps de Marmont, en disant qu'elle serait suivie de celle d'autres divisions. Tout fut inutile, il fallut reprendre le chemin de Fontainebleau. Voici ce que disait Napoléon à ceux qui l'entouraient après le départ de ses plénipotentiaires pour Paris : « On a voulu me faire abdiquer en faveur du roi de Rome, je l'ai fait. Cependant ce n'est pas l'intérêt de la France : mon fils est un enfant, ma femme n'entend rien aux affaires. Vous auriez donc une régence autrichienne pendant douze ou treize ans, et vous verriez M. Schwartzenberg vice-empereur des Français ; cela ne peut vous convenir. D'ailleurs, il faut raisonner. Quand même cela entrerait dans les vues de l'Autriche, croit-on que les autres puissances consentent jamais à ce que mon fils règne tant que je vivrai ? Non, certainement, car elles auraient trop peur que j'arrachasse le timon des affaires des mains de ma femme ; aussi je n'attends rien de bon de la démarche des plénipotentiaires. » .

Adieux de Fontainebleau

Le 6 avril 1814, Napoléon signe son abdication sans condition. La journée commence par une revue de troupesToujours plein de sa pensée dominante, et confiant dans la fidélité et la bravoure de ses soldats, il dit pendant la revue au maréchal Oudinot : « Puis-je compter sur votre corps d'armée ? — Non, Sire », répondit le maréchal ; « Votre Majesté a abdiqué. — Oui, mais sous condition. — Il est vrai, Sire, mais le soldat ne connaît point de restrictions. — Eh bien ! maréchal, attendons les nouvelles de Paris. ». Après la revue se tient un conseil de guerre, dans lequel Napoléon, énumérant les ressources dont il peut disposer, prône la reprise les hostilités, car, outre les 50 000 hommes qui sont sous sa main, il peut compter sur l'armée de Soult, qui est à Toulouse, sur celle de Suchet, qui est en Catalogne, sur celle d'Augereau, dans les Cévennes, du prince Eugène, en Italie, sur celle du général Maison, dans la Flandre, ainsi que sur les nombreuses garnisons de frontière « Pourquoi n'irait-il pas chercher les armées du Midi… quand il lui reste une belle position de l'autre côté de la Loire ? ». Napoléon est d'avis de se mettre en marche tout de suite vers les provinces méridionales. La plupart des assistants gardent le silence, ceux qui osent prendre la parole lui font observer combien sont formidables les armées de ses ennemis ; l'éloignement de l'armée du Nord, et les distances qui séparent d'elles-mêmes les armées du Midi. Il réfute toutes ces objections et persiste dans son projet. On lui fait entendre alors que dans ce cas il pourrait bien se faire qu'il devînt lui-même l'auteur et l'objet d'une guerre civile ; à ces mots de guerre civile il change subitement de résolution. « Eh bien ! dit-il ; puisqu'il me faut renoncer à défendre plus longtemps la France, l'Italie n'est-elle pas une retraite digne de moi ? Veut-on m'y suivre encore une fois ? Marchons vers les Alpes.. Il constate que personne ne souhaite continuer « Vous voulez du repos, s'écria vivement l'Empereur, ayez-en donc. Hélas ! vous ne savez pas combien de chagrins et de douleurs vous attendent sur vos lits de duvet. Quelques années de cette paix que vous allez payer si cher en moissonneront entre vous un plus grand nombre que n'aurait fait la guerre. » L'événement justifia cette prédiction ; en peu d'années la mort enleva douze des maréchaux qui avaient été présents à cette réunion.. Il signe alors l'acte d'abdication : "Les puissances alliées ayant proclamé que l'empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l'empereur Napoléon, fidèle à son serment, déclare qu'il renonce, pour lui et ses héritiers, aux couronnes de France et d'Italie, et qu'il n'est aucun sacrifice personnel, même celui de la vie, qu'il ne soit prêt à faire à l'intérêt de la France."Il déclare ensuite : « Maintenant que tout est termine, puisque je ne puis rester, ce qui vous convient le mieux, c'est la famille des Bourbons. Moi, je ne pouvais garder la France autre qu'elle était quand je l'ai prise. Louis ne voudra pas attacher son nom à un mauvais règne ; s'il fait bien il se mettra dans mon lit, car il est bon. Le roi aura beaucoup à faire avec le faubourg Saint-Germain. S'il veut régner longtemps, il faut qu'il le tienne en état de blocus. Si j'étais de Louis XVIII je ne conserverais pas ma garde, il n'y a que moi qui puisse la manier. À présent, Messieurs, que vous avez un autre gouvernement, il faut vous y attacher franchement, je vous y engage, je vous l'ordonne même. » Il refuse par contre de souscrire au traité de Paris, par lequel ses plénipotentiaires viennent de conclure un armistice avec les alliés « À quoi bon ce traité, dit-il, puisqu'on ne veut pas régler avec moi ce qui concerne la France ? Du moment qu'il ne s'agit plus que de ma personne, il n'y a plus de traité à faire. Je suis vaincu, je cède au sort des armes. Seulement je demande à n'être pas prisonnier de guerre, et pour me l'accorder un simple cartel doit suffire : d'ailleurs il ne faut pas une grande place pour enterrer un soldat. Le 11 avril, Caulaincourt et Macdonald signent à Paris une convention donnant à Napoléon la souveraineté de l'île d'Elbe et lui garantissant une rente de deux millions de francs par an, ainsi que le duché de Parme pour son épouse Marie-Louise avec une garantie de succession pour son fils. Le 12 avril, Monsieur, comte d'Artois, frère du roi, fait son entrée solennelle dans Paris. Dans la nuit du 12 au 13, Napoléon tente de s'empoisonner Voici le récit de M. de Norvins : « Ayant fait appeler le duc de Vicence à une heure du matin, Napoléon lui dit de prendre dans son cabinet le portefeuille qui contenait le portrait et les lettres de l'Impératrice : « Gardez-les, lui dit-il ; vous les remettrez un jour à mon fils. Ne le quittez pas ; soyez-lui fidèle comme à moi. Remettez à l'impératrice la lettre que voici ; dites-lui que je ne déplore mes malheurs qu'à cause d'elle et du roi de Rome. N'ayant pu faire triompher la France de ses ennemis, je ne regrette point la vie. » L'Empereur lui dicta ses autres volontés et lui fit présent de son portrait sur un camée. Napoléon lui parlait encore quand il fut interrompu par une crise subite qui effraya le duc de Vicence : ses yeux se voilèrent, parfois il paraissait s'assoupir pour ne plus se réveiller, quand une sueur de glace le couvrit, et soudain une sueur violente, qui raidit ses membres, amena des vomissements. Napoléon tenait fortement le duc de Vicence afin qu'il ne lui échappât point, lui répétant que s'il était son ami, il ne devait pas s'opposer à ce qu'il terminât son existence. Ce combat de la vie contre la mort dura près de trois quarts d'heure. Enfin, les vomissements ayant débarrassé l'Empereur : « C'en est fait, dit-il, la mort ne veut pas de moi. » Et tout de suite il fit appeler son chirurgien Yvan et lui demanda une potion. Celui-ci, atterré par cette demande, prit la fuite et quitta Fontainebleau. La crise avait été si violente que le 13 l'Empereur ne put se lever avant onze heures. » Napoléon avait déjà voulu, a-t-on dit, s'asphyxier dans son cabinet de bain par le charbon ; mais ses gens, soupçonnant l'usage qu'il se proposait d'en faire, avaient refusé de lui en donner. Alors, il eut recours à ses pistolets, qu'il chargea ; mais son mameluck et ses valets de chambre s'en étant aperçus, en ôtèrent l'amorce et la poudre en son absence. On prétend que le poison par lequel Napoléon aurait voulu se détruire avait été inventé par Cabanis, à l'époque de la terreur, pour son usage et celui de ses amis. C'est de ce poison que Condorcet prit et dont il mourut en prison. Napoléon en portait constamment sur lui depuis le désastre de Moscou. Mullié indique qu'il repousse ces différents projets de suicide comme n'ayant pu exister, parce que la vie tout entière de l'Empereur ne semble pas permettre d'y croire constamment résigné devant l'impossibilité d'événements meilleurs, on l'a toujours vu déterminé, ferme, grand, plein de courage ; et puis il avait dans le cœur cette foi religieuse qui soumet l'homme aux volontés de Dieu.. Le 13, Napoléon signe le traité de Fontainebleau, c'est-à-dire la convention faite le 11 à Paris Art. 1er. Sa Majesté l'empereur Napoléon renonce, pour lui et les siens, à tout droit de souveraineté et de domination tant sur l'Empire français et sur le royaume d'Italie que sur tout autre pays. 2. Leurs Majestés l'empereur Napoléon et Marie-Louise conserveront leurs titres et rang pour en jouir pendant leur vie. La mère, les frères, sœurs, neveux et nièces de l'Empereur conserveront aussi, en quelque lieu qu'ils résident, les titres de princes de sa famille. 3. L'île d'Elbe, que l'Empereur a choisie pour le lieu de sa résidence, formera pendant sa vie une principauté séparée qu'il possédera en toute souveraineté et propriété. Il lui sera en outre accordé, en toute propriété, un revenu annuel de 2 millions de francs, qui sera porté comme rente sur le grand-livre, de laquelle un million sera réversible à l'Impératrice. 4. Les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla seront donnés en toute propriété et souveraineté à l'impératrice Marie-Louise. Ils passeront à son fils et à ses descendants en ligne directe. 6. Il sera réservé, dans les territoires auxquels il est par le présent renoncé, à Sa Majesté l'empereur Napoléon, pour lui et sa famille, des domaines ou rentes sur le grand-livre de France produisant un revenu, libre de toute charge ou déduction, de 2 millions 500 mille francs. Ces domaines ou rentes appartiendront en toute propriété aux princes et princesses de sa famille, qui pourront en disposer comme ils le jugeront à propos. Ils seront partagés entre eux de la manière suivante… 8. Il sera formé un établissement convenable au prince Eugène, vice-roi d'Italie. 9. Les propriétés que l'empereur Napoléon possède en France, soit comme domaine extraordinaire, soit comme domaine privé, resteront à la couronne. Sur les fonds placés par l'empereur Napoléon, soit sur le grand-livre, soit sur la banque de France, soit sur les actions des forêts, soit de toute autre manière, et dont Sa Majesté fait abandon à la couronne, il sera réservé comme un capital qui n'excédera pas deux millions, pour être employé en gratifications en faveur des personnes qui seront portées sur l'état que signera l'empereur Napoléon et qui sera remis au gouvernement français. (L'auteur du manuscrit de 1814 dit fort à propos : « Il faut tenir note ici, à la honte de la diplomatie européenne, que cette générosité resta sans effet. Les legs que Napoléon a distribués autour de lui, sur la foi du traité, n'ont pas été acquittés, et les légataires n'ont pu trouver dans la signature des plus grands princes cette garantie irrévocable que la simple signature de deux notaires donne entre particuliers aux moindres dispositions de cette nature.) 12. Les dettes de Sa Majesté l'empereur Napoléon, telles qu'elles existaient le jour de la signature du présent traité, seront payées sur l'arriéré dû par le trésor public à la liste civile, d'après l'état. Il sera fourni une corvette et les bâtiments nécessaires pour transporter Sa Majesté l'empereur Napoléon et sa maison, et la corvette appartiendra en toute propriété à Sa Majesté l'Empereur. 17. L'empereur Napoléon pourra prendre avec lui, et retenir comme sa garde 400 hommes, officiers, sous-officiers et soldats volontaires. 18. Aucun des Français qui auraient suivi l'empereur Napoléon ou sa famille ne pourront être considérés comme ayant perdu leurs droits de Français, en ne retournant pas dans le cours de trois ans… 20. Les hautes puissances alliées garantissent l'exécution du présent traité en s'engageant à obtenir qu'il soit garanti par la France. L'armée de Soult, qui poursuit les combats dans le Sud-Ouest de la France, est battue à Toulouse le 10 avril par Wellington. Le 20 avril, les plénipotentiaires alliés chargés de l'escorter vers l'exil étant arrivés la veille, Napoléon quitte Fontainebleau, pour partir à l'île d'Elbe. Napoléon fait un dernier discours à sa garde personnelle « Officiers, sous-officiers et soldats de la vieille garde je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans que je vous commande, je suis content de vous. Je vous ai toujours trouvé sur le chemin de la gloire. Les puissances alliées ont armé toute l'Europe contre moi, une partie de l'armée a trahi ses devoirs, et la France a cédé à des intérêts particuliers. « Avec vous et les braves qui me sont restés fidèles j'aurais pu entretenir la guerre civile pendant trois ans ; mais la France eût été malheureuse, ce qui aurait été contraire au but que je me suis sans cesse proposé. Je devais donc sacrifier mon intérêt personnel à son bonheur ; je l'ai fait. « Mes amis, soyez fidèles à votre nouveau roi, soyez soumis à vos chefs et n'abandonnez pas notre chère patrie. Ne plaignez pas mon sort, je serai toujours heureux lorsque je saurai que vous l'êtes. J'aurais pu mourir, rien ne m'était plus facile ; mais je veux suivre encore le chemin de l'honneur. J'écrirai les grandes choses que nous avons faites. « Je ne puis vous embrasser tous, mais j'embrasse votre général ; venez, général Petit, que je vous presse sur mon cœur ! Qu'on m'apporte l'aigle, que je l'embrasse aussi ! Ah ! chère aigle, puisse le baiser que je te donne retentir dans la postérité ! Adieu, mes enfants, mes braves, mes vœux vous accompagneront toujours : gardez mon souvenir. Entourez-moi encore une fois ! » Cet adieu, devenu si célèbre, fut déchirant pour le héros non moins que pour les braves compagnons de ses victoires..

L'exil de l'île d'Elbe

Napoléon part vers le sud en voiture, escorté par le général Bertrand, Drouot, Cambronne et une troupe de 600 hommes. Les commissaires délégués par les coalisés accompagnent le convoi. Napoléon est menacé de mort par la foule près d'Orange. Le 28 avril, il s'embarque à Saint-Raphaël sur The Undaunted, une frégate anglaise qui, le 3 mai, le dépose à six heures du soir dans le port de Porto-Ferrajo Il reçoit à bord de l'Undaunted (l'Intrépide) le général Dalesme, commandant françaisAux compliments qu'il reçoit de Dalesme, l'Empereur répondit : « Général, j'ai sacrifié mes droits aux intérêts de ma patrie, et je me suis réservé la propriété de la souveraineté de l'île d'Elbe. Faites connaître aux habitants le choix que j'ai fait de leur île pour mon séjour. Dites-leur qu'ils seront pour moi l'objet de mon intérêt le plus vif. ». Le 4 mai dans l'après-midi, il débarque et le maire de Porto-Ferrajo lui remet les clefs de la ville ; la mairie devient momentanément palais impérial avant les Mulini. Un Te Deum auquel Napoléon assiste est chanté dans la cathédrale sur la place d'Armes. Napoléon avait fait arborer sur la frégate anglaise le drapeau elbois, il le conserve pendant son séjour dans l'île. Le drapeau est fond blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge semée de trois abeilles fond d'or. Pendant les dix mois qu'il passe dans cette île, Napoléon s'intéresse à l'exploitation de ses mines de fer, fait tracer des routes, planter des arbres ; il se comporte en administrateur. Il est rejoint par sa mère (2 août 1814) et sa sœur Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, auxquelles il céde l'étage qu'il a fait construire entre les deux pavillons de son habitation de Porto-Ferrajo. A Porto Longone, il passe une partie de ses journées dans un kiosque vitré réservé à lui seul qu'il a fait élever au Forte San Giacomo, sur le sommet d'un rocher. Les Elbois donnèrent à ce kiosque le nom de casa di Socrate (la maison de Socrate). « L'Empereur menait à l'île d'Elbe une vie très active ; toujours levé avant le jour, il consacrait au travail les premières heures de la matinée ; venait ensuite la revue ; elle ne se bornait pas, comme au Carrousel, à un coup d'œil numératif jeté en courant sur des corps nombreux : c'était une inspection minutieuse, dont l'âme toute militaire de Napoléon savourait, pour ainsi, dire, les détails. Chaque grenadier était interrogé sur ses occupations, ses habitudes, sa santé et même ses sentiments. Les braves de l'île d'Elbe se plaignaient quelquefois : l'Empereur leur donnait ou leur permettait ce qu'ils demandaient, si l'objet réclamé était en son pouvoir ; autrement, il les appelait grognards, leur tirait la moustache et s'éloignait en souriant. « Dans la soirée, Napoléon faisait une promenade à cheval, accompagné de ses principaux officiers. Quelquefois il recevait les visites des étrangers de distinction qui affluaient dans l'île, rien que pour l'apercevoir ; mais le plus souvent, il s'égayait, avec son état-major, des injures que lui prodiguaient ceux des journaux français qui l'avaient le plus servilement flatté avant sa chute. « Ainsi s'écoulaient les jours de l'Empereur, tantôt à Porto-Ferrajo, tantôt à Porto-Longone ou à Rio. Sa garde, à l'exemple des guerriers romains, participait à la plupart des travaux qu'il avait entrepris dans l'île ; elle s'augmentait journellement des militaires que le dévouement amenait auprès de sa personne. À peine Napoléon pouvait-il soutenir ce bataillon fidèle ; n'importe il se grossissait… Quelques officiers supérieurs y prirent du service comme de simples soldats. » Le gouvernement français ne payant pas à Napoléon les deux millions de francs de rente qui faisaient partie de la convention entre Napoléon et les Alliés signée en avril, la situation financière devient critique. Un débat entre historiens existe pour savoir si, par son choix de l'île d'Elbe comme lieu de son exil, Napoléon avait fait le calcul d'un retour par l'Italie, où il compte des partisans de son retour comme empereur de Rome. Si des contacts entre les irrédendistes italiens et Napoléon ont bien eu lieu lors de son exil, vers la fin de 1814, il est difficile de savoir dans quelle mesure ce dernier a pris au sérieux de tels projets Au mois de mai 1814, les amis de l'indépendance italienne, se réunirent tantôt à Turin, tantôt à Gênes, en congrès constitutif. Après avoir mûri leur projet et rédigé leur constitution, ils chargèrent l'un d'eux de se rendre à Porto-Ferrajo et de communiquer le tout à l'Empereur. Cet envoyé était en même temps porteur d'une dépêche particulière, rédigée par quatre commissaires, nommés pour cet objet par le congrès. Les articles 1, 3 et 5 de la constitution étaient ainsi conçus : ART. ler. Le territoire de l'Empire romain sera formé de tout le confinent de l'Italie, et ne pourra pas être agrandi. 3. La nation italienne appelle au trône Napoléon Bonaparte, actuellement souverain de l'île d'Elbe, et, après lui, sa descendance masculine, en ligne directe, légitime, aux conditions expresses contenues dans le présent acte constitutif. 5. Le souverain prendra et portera le titre d'Empereur des Romains et Roi d'Italie, par la volonté du peuple et la grâce de Dieu. Napoléon adopta sans restriction les bases constitutionnelles, promit le secret absolu qu'on avait exigé de lui, et fit plusieurs modifications au projet d'exécution. Ces communications parvinrent au congrès par un envoyé de Napoléon, et de son côté, le congrès dépêcha un de ses membres à l'île d'Elbe. Les conférences se suivirent. Ce fut pendant l'une d'elles que Napoléon témoigna, à plusieurs reprises, ses regrets de n'avoir pas marché de Fontainebleau sur Milan, à la tête de sa belle et brave armée, comme il en avait eu la pensée ; et il attribuait surtout aux conseils pusillanimes de Berthier et de Ney, de lui avoir fait préférer le parti de l'abdication. Le dessein des conjurés de Turin reposait sur les mêmes bases que celui des Carbonari. Que demandaient ces derniers ? L'union en un seul peuple de tous les peuples de l'Italie, depuis les bouches du Cattaro jusqu'aux Alpes. Il n'y avait de différence entre les Carbonari et les associés du Congrès constitutif que dans les moyens d'action. Au mois d'octobre suivant, Napoléon disait, entre autres choses, à deux membres du Congrès italien : « Sous mon règne, l'antique majesté du peuple-roi s'alliera à la civilisation moderne de mon premier empire ; et Rome égalera Paris, sans cesser d'être à la hauteur de ses immenses souvenirs, qu'elle associera à la force d'institution de Lacédémone et à l'atticisme d'Athènes. J'ai été en France le colosse de la guerre, je deviendrai en Italie, le colosse de la paix. » À la fin de 1814 et encore au mois de janvier 1815, Napoléon était dans cet ordre d'idées ; on n'attendait plus, pour éclater, que la rupture entre les cabinets de Naples et de Paris fut officiellement déclarée, et le moment semblait en être prochain. Car si d'un côté, Louis XVIII faisait marcher des régiments français vers la frontière du Piémont, de l'autre côté, Murat faisait répandre le bruit dans son armée qu'il ne tarderait pas à diriger ses troupes sur Paris.. Le 12 ou le 13 février 1815, Napoléon reçoit la visite de Fleury de Chaboulon, qui lui fait un tableau de la situation en France en insistant sur l'attachement qu'une partie de la population éprouve pour lui, et sur l'impopularité de Louis XVIII. Il décide de rentrer en France, et, le 16 février, ordonne à Drouot de réarmer le brick L'Inconstant. Par ses ordres, on achète des munitions de guerre à Naples, des armes à Alger, des vaisseaux de transport à Gênes, et le 26 février 1815, à huit heures du soir, il s'embarque avec 1100 hommes, dont 600 de sa garde, 200 chasseurs corses, 200 hommes d'infanterie et 100 chevaux-légers polonais. L'épisode elbois est surtout connu par le récit de Pons de l'Hérault, opposant à Napoléon qui administrait les mines de fer de l'île. Lorsque Napoléon débarque, leurs rapports sont plus que tendus. Mais une relation privilégiée se nouera vite entre les deux hommes, au point que Pons de l'Hérault, farouche républicain, suit l'Empereur pendant les Cent-Jours et tentera après Waterloo de le rejoindre à Sainte-Hélène. Les Souvenirs et anecdotes de Pons de l'Hérault sont une source précieuse sur le règne elbois. À propos des préparatifs du débarquement, Napoléon confiera à Sainte-Hélène : "Il n'y a que Pons qui sache bien ces choses-là ; ni Bertrand, ni Drouot n'étaient dans le secret de mon retour" ce qui est douteux.

Notes et références

Toutes ces notes sont tirées de l'ouvrage de Mullié cité parmi les sources et édité en 1852, l'année où Louis-Napoléon Bonaparte se proclame empereur.

Voir aussi

Source

===
Sujets connexes
Adige   Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier   Alexandre Maurice Blanc de Lanautte, Comte d'Hauterive   Alger   Angleterre   Antoine Drouot   Arcis-sur-Aube   Armand Augustin Louis de Caulaincourt   Armée d'Italie   Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont   Auguste de Saint-Aignan   Autriche   Avril   Bar-sur-Aube   Bataille de Champaubert   Bataille de La Rothière   Bataille de Montmirail   Bataille de Paris   Bataille de Vauchamps   Bohême   Bondy   Brienne   Campagne de Russie (1812)   Catalogne   Charles Nicolas Fabvier   Charles Pierre François Augereau   Charles Stewart   Charles XIV Jean de Suède   Charles X de France   Charleville-Mézières   Châtillon-sur-Seine   Claude-Victor Perrin   Conseil d'État (France)   Corps législatif   Cévennes   Côte-d'Or   Duché de Savoie   Eugène de Beauharnais   Flandre   Fontainebleau   France   Fère-Champenoise   Garde nationale (1789)   Gebhard Leberecht von Blücher   George Hamilton-Gordon   Gênes   Hambourg   Horace Vernet   Hugues-Bernard Maret   Italie   Janvier   Jean-Baptiste Dalesme   Joachim Murat   Karl Philipp de Schwarzenberg   La Rothière   Lacépède   Lagny   Louis-Alexandre Berthier   Louis Gabriel Suchet   Louis Nicolas Davout   Lucques   Marie-Louise   Mayence   Meaux   Michel Ney   Moscou   Napoléon Ier   Neuchâtel   Nice   Nicolas Charles Oudinot   Nicolas Jean-de-Dieu Soult   Nicolas Joseph Maison   Nicolas de Condorcet   Paris   Pauline Bonaparte   Pierre Cambronne   Pierre Jean Georges Cabanis   Pons de l'Hérault   Prusse   Roi de Rome   Royaume-Uni   Royaume d'Italie   Russie   Saint-Cloud   Saint-Dizier   Saint-Raphaël (Var)   Suède   Sénatus-consulte   Toulouse   Traité de Fontainebleau (1814)   Trilport   Troyes   Turin   Vitry-le-François   Wilhelm von Humboldt  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^