Grand Orient de France

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Le Grand Orient de France (GODF) est une obédience maçonnique dite libérale, ou adogmatique, car elle a pour principe la liberté absolue de conscience et n'impose donc pas de croyance à ses membres. Elle s'oppose en cela à la franc-maçonnerie de la branche anglaise qui impose la croyance en un dieu et les préceptes dits de régularité créés par la Grande Loge Unie d'Angleterre en 1929.
Grand Orient de France

Le Grand Orient de France (GODF) est une obédience maçonnique dite libérale, ou adogmatique, car elle a pour principe la liberté absolue de conscience et n'impose donc pas de croyance à ses membres. Elle s'oppose en cela à la franc-maçonnerie de la branche anglaise qui impose la croyance en un dieu et les préceptes dits de régularité créés par la Grande Loge Unie d'Angleterre en 1929.

Histoire

Philippe d'Orléans en grand maître du Grand Orient de France Il est né en 1773 de la transformation de la Grande Loge de France de l'époque. Il est fréquent de lire que les francs-maçons ont activement préparé la révolution de 1789, ce qui accrédite déjà l'idée du complot. La vérité est qu'il y en eut dans tous les camps. Cependant les loges ont par leur fonctionnement dans les années antérieures, pris une certaine indépendance vis-à vis de l'État et de l'Église, ce qui a vraisemblablement facilité l'éclosion d'aspirations nouvelles. Le Grand-orient de France contrairement à feu la Grande Loge de France, élit démocratiquement ses Officiers, ce qui provoquera le départ de nombre de Francs-maçons et la création d'une éphémère Grande Loge de Clermont. Parmi les francs-maçons actifs de l'époque révolutionnaire citons Mirabeau, Choderlos de Laclos. L'hymne national "La Marseillaise" a d'ailleurs été composé par un franc-maçon : Rouget de l'Isle. En 1785, Fleury Mesplet s'établit à Montréal et fonde des loges au service du Grand Orient. Le 5 janvier 1792 le Grand-Orient de France approuve publiquement la Révolution en cours, ce qui ne signifie pas pour autant une adhésion de la totalité de ses membres à ce bouleversement politique, institutionnel et social majeur de l'histoire de la France. En effet, durant la Terreur le GODF s'est mis en sommeil de 1793 à 1796. Rares sont les ateliers qui ont maintenu une activité durant cette période. À partir du coup d'État de Bonaparte le 18 Brumaire, la franc-maçonnerie va vivre 15 années extraordinaires, en multipliant les loges. Bonaparte comprend tout le bénéfice qu'il pourra tirer d'une maçonnerie docile. Il investit celle-ci avec des hommes de confiance, et cette expansion maçonnique se traduira par une servilité sans faille. Roettiers de Montaleau et Cambacérès furent les artisans talentueux de cette mise au pas. Cependant la maçonnerie même contrôlée continue à porter (dans toute l'Europe) les valeurs philosophiques issues du siècle des Lumières. Le Grand-Orient est investi par tout ce qui compte en politique, famille de Bonaparte, maréchaux, généraux, ministres et fonctionnaires. Le nombre des Loges passe de 300 à 1220 en 10 ans (1814) La chute de Napoléon entraina celle de la franc-maçonnerie. Les franc-maçons firent preuve dans les années qui suivirent, d'opportunisme politique. Diplôme de maître franc-maçon du GODF, 1787 Depuis 1877, date à laquelle - sur un rapport du pasteur Frédéric Desmons (1832-1909) relatif à un vœu émanant d'une loge de Villefranche-sur-Saône - a été supprimée de sa constitution la phrase La Franc-Maçonnerie a pour principe l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, le Grand Orient de France se place en leader de la Franc-Maçonnerie "libérale" ou "adogmatique". La Grande Loge Unie d'Angleterre qui ne reconnait toujours pas ce principe de "Liberté absolue de conscience" rejette cette maçonnerie libérale naissante. La discussion sur la Régularité ne fait que commencer. En 1913, quelques loges voulant revenir à une pratique maçonnique obligatoirement théiste quittent le Grand Orient et créent la Grande Loge nationale française (GLNF) sous le nom de Grande Loge Nationale Indépendante de France et des Colonies. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des Francs-maçons du Grand Orient de France se sont engagés dans la résistance, en particulier dans le réseau Patriam Recuperare et dans divers mouvements. Dans le même temps, le régime de Vichy persécutait sévèrement les francs-maçons. Le GO y perdit la majorité de ses membres. Parmi eux Jean Zay, Pierre Brossolette. À la Libération le GODF comptait moins de 7000 Membres. Ils étaient 30 000 en 1939. Depuis quelques années, les effectifs du Grand Orient de France ont beaucoup progressé : ses membres sont passés de 30 000 (1990) à approximativement 45 000 (2005) pour environ 1080 loges. Depuis 2004, des membres de la direction du GODF s'entre-déchirent sur des questions d'identité, de liturgie, de rapports de force et de distributions supposées de bénéfices publics . La structure démocratique et autonome du GODF protège et épargne la plupart des loges "de base", qui continuent de travailler sereinement.

Principes

Ainsi, le Grand Orient de France occupe une position originale dans la Franc-Maçonnerie mondiale sur trois points particuliers :
- son refus d'exiger une croyance quelconque, en particulier en un dieu révélé (ce qui ne signifie absolument pas l'obligation d'athéisme)
- son attachement à la laïcité
- ses valeurs républicaines et sociales En tant qu'obédience maçonnique, le Grand Orient de France est une fédération de loges qui constituent les structures de base de l'association. Elle est une association qui se donne pour principe le respect d'une Tradition héritée des fondateurs de la Franc-Maçonnerie ainsi que la recherche du progrès et déclare travailler pour l'amélioration de l'Homme et de la Société. Comme pour la Franc-Maçonnerie en général, le GODF pratique le passage du monde "profane " au monde maçonnique par "l'Initiation". Ainsi initié, le profane devient "apprenti", premier degré d'un parcours vers les 2 autres grades suivants : Compagnon, et Maître. La méthode de travail proposée aux maçons est originale et facilite le travail individuel et collectif. Le respect de la tradition va de pair avec la prospective, et le symbolisme des rituels est censé apporter d'autres manières de percevoir le monde. Les plus connus de ces symboles sont : l'équerre, le compas et la règle qui renvoient les maçons à des valeurs symboliques élémentaires facilitant la recherche philosophique autant que la recherche d'une humanité meilleure. Cette méthode symbolique prend des chemins strictement personnels, ce qui peut faire croire - à tort - qu'elle cultive un secret douteux. Les adeptes du grand Orient de France déclarent que la recherche du progrès est un moteur dans leurs réflexions et leurs actions, au point que ce principe figure dans leur constitution. Le Grand Orient de France s'érige ainsi en un défenseur des principes contenus dans sa devise qui est aussi celle de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Les maçons du Grand Orient de France déclarent être attachés à la liberté absolue de conscience, qu'ils considèrent comme garanties par la laïcité des institutions. Quiconque professe des opinions racistes, xénophobes ou bien se déclare partisan de régimes totalitaires ne peut être reçu au Grand-Orient de France. Le siège du GODF est 16, rue Cadet dans le 9 arrondissement de Paris.

Constitution

Article Premier La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

Grands-Maîtres

- Jean-Jacques-Régis de Cambacérès : 1804-1814
- Arthur Groussier : 1925-1940
- Jacques Mitterrand : 1961-1964 et 1969-1971
- Paul Anxionnaz : 1964 et 1966-1969
- Alexandre Chevalier: 1965
- Fred Zeller : 1971-1973
- Jean-Pierre Prouteau: 1973
- Serge Behar: 1975-1977
- Michel Baroin : 1977-1978
- Roger Leray : 1979-1980 et 1986
- Paul Gourdot : 1981-1985
- Jean-Robert Ragache : 1987 et 1989-1991
- Christian Pozzo di Borgo: 1988
- Gilbert Abergel: 1992-1994
- Patrick Kessel: 1994-1995
- Jacques Lafouge: 1996
- Philippe Guglielmi : 1997-1999
- Simon Giovanaï : 1999 (démissionnaire)
- Alain Bauer : septembre 2000-2003
- Bernard Brandmayer : 2003-2005
- Jean-Michel Quillardet : 2005- (consulté 14/03/2007)

Pratique des « hauts grades maçonniques »

Au sein du Grand Orient de France, la gestion des hauts grades maçonniques est confiée à une structure particulière nommée « Grand Collège des Rites ». Au Rite écossais ancien et accepté, dans la juridiction du Suprême Conseil du Grand Orient de France, on initie aux 4ème et 14ème grades en Loge de Perfection, puis directement au 18ème, puis 30ème (qui constitue l'initiation la plus haute, les 31, 32 et 33 èmes grades étant dits "administratifs").

Annexes

Bibliographie

- Alain Bauer et Edouard Boeglin, Le Grand-Orient de France, Que sais-je?
-
- Pierre Chevalier, Histoire de la Franc-Maçonnerie française, Fayard
- André Combes, Les trois siècles de la Franc-maçonnerie française, Editions maçonniques de France
- André Combes, Le grand-Orient de France 1865-1914, Editions maçonniques de France
- André Combes, Le Grand-Orient de France au (1814-1865), Editions maçonniques de France
- Roger Dachez, Histoire de la Franc-maçonnerie française , Que sais-je?
- Henry-Félix Marcy, L'origine de la Franc-maçonnerie et l'histoire du Grand-Orient de France, Editions maçonniques de France
- Ludovic MARCOS, Histoire du rite Français au , Editions maçonniques de France
- PORSET Charles , "Le Secret", Les premiers pas de la Franc-Maçonnerie en France au , Editions maçonniques de France
- NEHR Jean-Charles, symbolisme et Franc-maçonnerie EDIMAF
- PORSET Charles , Voltaire Humaniste, Edimaf
- PORSET Charles, Franc-Maçonnerie, Lumières et Révolution, Edimaf
- PORSET Charles, la devise maçonnique "Liberté, Egalité, Fraternité" Edimaf

Voir aussi:

- Antimaçonnisme
- Franc-maçonnerie en France
- Grande Loge Féminine de France
- Grand Occident de France
- Le Droit Humain Maçonnerie mixte

Lien externe

-
- France Catégorie:Franc-maçonnerie française da:Grand Orient de France de:Grand Orient de France en:Grand Orient de France es:Gran Oriente de Francia nl:Grand Orient de France pl:Wielki Wschód Francji ru:Великий Восток Франции
Sujets connexes
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