Léon Trotsky

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Léon Trotsky (ou Trotski ; en ), de son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein (en ), né le à Ianovka (Ukraine actuelle) et mort assassiné le à Mexico (Mexique), était un homme politique russo-soviétique. Il est le fondateur de l'Armée rouge et un des principaux dirigeants de la Révolution russe. S'étant opposé à Staline, ce dernier le fait assassiner.
Léon Trotsky

Léon Trotsky (ou Trotski ; en ), de son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein (en ), né le à Ianovka (Ukraine actuelle) et mort assassiné le à Mexico (Mexique), était un homme politique russo-soviétique. Il est le fondateur de l'Armée rouge et un des principaux dirigeants de la Révolution russe. S'étant opposé à Staline, ce dernier le fait assassiner.

Biographie

Trotsky naît dans une famille de paysans juifs d'Ukraine, laquelle fait alors partie de l'empire tsariste. Il entame des études universitaires en mathématiques à Odessa puis à Nikolaïev et finit par les abandonner sous l'influence d'un groupe populisteLéon Trotsky, Ma vie, 1929, .

L'engagement politique

Un temps tenté par les idées populistes, qui voient dans la paysannerie russe et ses fréquentes jacqueries le ferment de la révolution future, il adhère aux positions politiques sociales-démocrates (1896). Sous le pseudonyme de Lvov, Trotsky participe à la création d'une organisation révolutionnaire, en particulier par la rédaction d'articles reproduits au moyen d'un hectographe et distribués à la sortie des usines. En 1898, la police procède à des arrestations de masse durant lesquelles Trotsky est arrêté. Il est transféré de prison en prison, d'abord à Nikolaïev puis à Kherson, Odessa où il commence à étudier, dans les conditions que la prison lui permet. Trotsky étudie les nombreux textes religieux à sa disposition à la bibliothèque de la prison, dont un certain nombre porte sur la franc-maçonnerie. Il s'initie également à la théorie marxiste à travers les écrits d'Antonio Labriola. Selon Max Eastman Leon Trotsky: The Portrait of a Youth, Faber and Gwyer, Londres, 1926. Disponible en anglais sur , le rapprochement de Trotsky du marxisme est également en partie liée à sa relation avec la jeune marxiste Alexandra Lvovna. Envoyé en déportation en Sibérie à Oust-Kout en 1900, Trotsky se marie avec cette dernière dans la prison de Moscou pour éviter d'en être séparé. Ils ont deux filles. Ne supportant plus l'enfermement devant sa tâche accomplir, il réussit à s'évader en 1902, en laissant sa femme et ses filles, et émigre alors vers l'Angleterre.

Les exils

C'est à Londres qu'il rencontre Lénine dont il entendu pour la première fois parler en 1900 et dont il commencé à lire le traité politique Que faire ? peu avant son évasion de Sibérie. Lénine le fait entrer dans le comité de rédaction du journal Iskra (L'Étincelle), par cooptation. Au congrès de Londres du POSDR qui voit la scission entre bolcheviks et mencheviks, sa position conciliatrice le pousse à se rallier brièvement aux mencheviks, puis à conserver une position intermédiaire, pour l'unité du parti. Il garde ses distances vis-à-vis de Lénine, lui reprochant ses méthodes de dictateur et son attitude, qu'il qualifie de . Ce n'est qu'après la révolution russe de 1917 qu'il adhéra au parti bolchevik et affirma que sa position conciliatrice d'alors était erronée. En 1905, lors de la première révolution russe, il devient, à l'âge de 26 ans, vice-président puis président du Soviet de Saint-Pétersbourg, soviet composé en majorité de mencheviks. Au cours de la répression de la révolution de 1905, environ un an après celle-ci, il est condamné avec quinze autres personnes à la déportation. Cependant, il s'évade durant le voyage vers la Sibérie et entame alors son second exil. C'est à ce moment qu'avec Alexander Helphand (aussi connu sous le pseudonyme de Parvus) il formule la théorie de la révolution permanente : analysant la situation dans les pays « arriérés » comme la Russie, il pronostique l'impossibilité d'une révolution « bourgeoise » apportant un régime démocratique et liquidant le féodalisme. Pour lui, la faiblesse de la bourgeoisie russe ne lui permettrait pas d'effectuer ces tâches et d'instaurer le capitalisme, et c'est la classe ouvrière qui devrait prendre en main la destinée du pays. Fondateur du journal Pravda en 1912 à Vienne, où il fait par ailleurs connaissance avec Adolf Joffe, il se pose en défenseur de l'unité de l'ensemble des sociaux-démocrates, toutes tendances confondues, y compris les plus radicales. Cela lui vaut de vives tensions avec Lénine. Il organise, en août de la même année, une conférence pour l'unification, en réponse à la conférence de Prague ; mais les bolcheviks refusent d'y participer. Trotsky quitte le « bloc d'août » peu de temps après.

La Première Guerre mondiale

Au début de la Première Guerre mondiale, alors que l'ensemble des partis sociaux-démocrates de la II Internationale succombent au nationalisme et soutiennent leurs gouvernements respectifs dans la guerre (vote des crédits de guerre, participation gouvernementale), Trotsky fait partie des rares dirigeants de l'Internationale qui continuent à dénoncer le caractère impérialiste de la guerre, avec entre autres Lénine et le parti bolchevik, la tendance de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg dans le SPD en Allemagne, Pierre Monatte et Alfred Rosmer issus de la CGT en France, et le parti socialiste de Serbie. Il travaille un temps pour Nache Slovo, dont il est un collaborateur à Paris, tout en étant en relation avec l'organisation interrayons de Saint-Pétersbourg. Le 5 septembre 1915, à l'initiative du socialiste suisse Grimm, se tient à Zimmerwald une conférence socialiste internationale contre la guerre, à laquelle participe Trotsky et dont il est chargé de rédiger le manifeste. Avec celle de Kienthal qui se tient en 1916, Trotsky contribue au rassemblement de ceux qu'on appelle alors les Internationalistes ou Zimmerwaldiens et qui formeront pour la plupart en 1919 la III Internationale, dite aussi Internationale communiste. Arrêté, puis expulsé de France en septembre 1916, il est conduit à Irun, en Espagne. Là, il est arrêté par la police espagnole et embarqué de force avec sa famille pour les États-Unis. Installé à New York, il contribue au journal Novy Mir. Trotsky avec Lénine et des soldats à Petrograd en 1921

Révolution russe de 1917

Léon Trotsky arrivant en train à Petrograd en mai 1917 Après l'éclatement de la révolution russe de 1917, Trotsky retourne en Russie, étant d'accord avec les Thèses d'avril de Lénine : il les considère comme un signal de ralliement à ses propres idées de révolution permanente. Il a alors abandonné l'espoir de parvenir à une union générale de tous les courants, mais continue cependant à travailler sur la fusion de l'organisation interrayons et des bolcheviks. Lorsque le congrès d'unification a lieu, en août 1917, il est arrêté et emprisonné par le gouvernement provisoire. Malgré sa détention, il est élu au Comité central par le congrès. Libéré suite au putsch avorté du Général Kornilov, il devient président du soviet de Saint-Pétersbourg, rebaptisée Petrograd depuis 1914, et du Comité militaire révolutionnaire en octobre, devenant l'un des principaux dirigeants bolcheviks de la révolution d'Octobre. Il occupe ensuite le poste de Commissaire aux affaires étrangères jusqu'en 1918, duquel il démissionne après avoir signé les accords de Brest-Litovsk. Il devient ensuite Commissaire à la guerre de 1918 à 1925, mettant sur pied l'Armée rouge durant la guerre civile. En parallèle, il fait partie du Bureau politique de 1919 à 1927. En 1920 (notamment lors du congrès du parti), afin de pallier la situation économique catastrophique de l'URSS, Trotsky propose la militarisation provisoire du travail : selon lui, cette mesure était rendue nécessaire par le contexte de la guerre civile et de la révolution mondiale. Il posait déjà cette alternative en 1917 : « Ou bien la Révolution russe soulèvera le tourbillon de la lutte en Occident, ou bien les capitalistes de tous les pays étoufferont notre révolution. » Dans cette vision, toute grève est considérée comme une désertion, et toute revendication est considérée comme une insubordination.

La lutte contre la bureaucratie

Poster de propagande antibolchevique de l'armée blanche : Trotsky en diable rouge En 1923, Lénine et Trotsky, constatant la bureaucratisation du régime issu de la révolution, entrent en conflit avec la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline. Dans son livre Cours nouveau, dans lequel il analyse l'évolution du parti bolchevik et propose des mesures pour limiter la tendance à la bureaucratisation qui se fait jour, en assurant une plus grande démocratie au sein du parti. La mort de Lénine permet à la bureaucratie de s'imposer malgré la formation de l'opposition de gauche internationale. Il se rapproche tactiquement, à partir de 1926, de Zinoviev et de Kamenev dans l'opposition unifiée et dirige avec eux un courant qui s'oppose à Staline. Cette opposition lui vaut d'être exclu du parti en 1927, et d'être déporté à Alma-Ata. Selon Trotsky, la bureaucratisation du régime est due à la situation particulière de la Russie : la révolution y a vaincu, mais dans un pays arriéré, isolé après l'échec des révolutions, épuisé par la guerre, manquant de tout, une couche bureaucratique s'est constituée sur la base de la ruine du pays. Staline finit par le faire expulser d'URSS en 1929, pendant que la répression s'abat sur ses partisans, qui sont envoyés dans les goulag. Durant cet exil, il écrivit de nombreux ouvrages et continua à militer pour le communisme et la révolution internationale.

Expulsé d'URSS

En 1929, Trotsky est conduit à Istanbul où il remet aux autorités turques une lettre déclarant qu'il est venu contre son gré, après quelque temps passés dans l'ambassade soviétique il effectue plusieurs déménagements et finit par être placé en liberté surveillée sur l’île de Büyükada (Prinkipo) au large d'Istanbul. Il publie un bulletin mensuel d'opposition en langue russe dès juillet 1929. En avril 1930, il organise une conférence qui déboucha sur la mise en place d'un secrétariat international provisoire de l'Opposition communiste. Après quatre années passées en Turquie, il séjourne en France, de juillet 1933 à juin 1935, puis expulsé à nouveau, il trouve refuge en Norvège. Toute sa vie, il continua à défendre les acquis de la révolution russe et l'État Ouvrier qui en est issu, tout en en dénonçant ce qu'il appelle une monstrueuse dégénérescence bureaucratique. Selon lui, la bureaucratie russe est une couche sociale parasitaire, qui étouffe le pays en prélevant une part des richesses, et dont Staline est le représentant politique et le défenseur. Trotski en compagnie de camarades américains à Mexico, peu avant son assassinat, 1940. Devant la montée du fascisme en Italie, puis du nazisme en Allemagne, il préconise la constitution de fronts uniques de la part de toutes les organisations ouvrières, malgré leurs divergences. Il n'est pas écouté et la politique de Staline aboutit à l'écrasement du prolétariat allemand, le plus puissant et le plus organisé du monde. Après 1934, Staline finira par imposer la création de Fronts populaires. Avec la révolution espagnole, les partisans de l'opposition sont massacrés par milliers. Les procès de Moscou se tiennent en août 1936 et aboutissent à l'exécution des principaux accusés : il en fut l'un des rares absents. Il quitte la Norvège en septembre 1936, pour aller s'installer au Mexique grâce au président Lazaro Cardenas, où il est accueilli dans la "Maison Bleue" des peintres Diego Rivera et Frida Kahlo. Il a une liaison passionnée avec cette dernière, qui lui dédie même un tableau : "Autoportrait dédié à Léon Trotski". Les travaux de Trotsky quant à l'organisation de l'opposition de gauche débouchent sur la création de la IV Internationale le 3 septembre 1938 avec 25 délégués, représentant 11 pays. À son activité militante peut être associée celle de son fils Léon Sedov. Stèle funéraire à Mexico Trotsky est assassiné le 20 août 1940 à Mexico, dans le quartier de Coyoacán, d'un coup de piolet par un agent de Staline (Jacques Mornard ou Franck Jackson, de son vrai nom Ramón Mercader). Son assassin est arrêté par deux camarades américains, lui servant volontairement de gardes du corps et de secrétaires, Joseph Hansen et Charles Cornell. Ce dernier est présent au moment du meurtre mais ne réussit pas à l'empêcher. Ramón Mercader sera par la suite remis à la police mexicaine et condamné à vingt ans de réclusion, peine maximale alors en vigueur au Mexique. Il sera décoré de l'ordre de Lénine en URSS.

Anecdote

De son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein, "Léon Trotsky" est un pseudonyme qu'il adopta après un séjour en prison. Trotsky était le nom d'un de ses geôliers. photo d'identité judiciaire prise par la police secrète tsariste (circa 1900)

Œuvres

Parmi les nombreux écrits de Léon Trotsky, on peut retenir entre autres :
- Bilan et perspectives (1905) - D'après l'édition russe de 1919 : « Le caractère de la révolution russe, telle fut la question fondamentale par rapport à laquelle, selon la réponse qu'elles y apportaient, se regroupèrent les diverses tendances idéologiques et les organisations politiques du mouvement révolutionnaire russe. »
- L'Internationale communiste après Lénine (ou le grand organisateur des défaites) (1928) - Trotsky explique comment et pourquoi le développement de la bureaucratie en URSS a provoqué l'échec du prolétariat dans toutes les parties du monde à partir de 1923, et en même temps pourquoi elle s'est nourrie de ces échecs.
- La Révolution permanente (1928-1931).
- Histoire de la révolution russe (1930) - « L'histoire de la révolution est, avant tout, le récit d'une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées ».
- Ma vie (1930) - Autobiographie.
- La Jeunesse de Lénine (1936) - Biographie.
- La Révolution trahie (1936) - Critique de la nature du pouvoir en URSS.
- Le Programme de transition (1938).

Voir aussi

Bibliographie

- Pierre Broué, Le parti Bolchévique - Histoire du PC de l'URSS, Éditions de Minuit, 1971
- Pierre Broué, Trotsky, Paris, Fayard, 1988, 1105 pages.
- Isaac Deutscher, Trotsky t.1 Le prophète armé, 1879-1921, Éd. Omnibus, 1996 (1 éd. : 1954),
- Isaac Deutscher, Trotsky t.2 Le prophète désarmé, 1921-1929, Éd. Omnibus, 1996 (1 éd. : 1959),
- Isaac Deutscher, Trotsky t.3 Le prophète hors-la-loi, 1929-1940, Éd. 10-18, 1998 (1 éd. : 1963),
- Jean-Jacques Marie, Trotsky : Révolutionnaire sans frontières, Paris, Payot, 2006, 621 pages.
- Victor Serge, Vie et mort de Léon Trotsky, 1951 (écrit en collaboration avec Natalia Sedova, la veuve de Trotsky) ===
Sujets connexes
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