Sentiment d'infériorité

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Le sentiment d’infériorité est une perception de soi en termes diminutifs ou péjoratifs. Alfred Adler en a fait son cheval de bataille dans sa psychologie individuelle, au moment de sa rupture avec Sigmund Freud. Pour Alfred Adler, ce sentiment d’infériorité est le principe explicatif, à la place de la libido des pulsions sexuelles chez Freud. En conséquence, Adler propose la compensation comme mesure corrective et pense que la théorie du refoulement soit remplacée
Sentiment d'infériorité

Le sentiment d’infériorité est une perception de soi en termes diminutifs ou péjoratifs. Alfred Adler en a fait son cheval de bataille dans sa psychologie individuelle, au moment de sa rupture avec Sigmund Freud. Pour Alfred Adler, ce sentiment d’infériorité est le principe explicatif, à la place de la libido des pulsions sexuelles chez Freud. En conséquence, Adler propose la compensation comme mesure corrective et pense que la théorie du refoulement soit remplacée par le concept des "tendances défensives du moi" d’un état névrotique dérivé des sentiments d’infériorité et de surcompensation en oscillations entre auto-glorification et auto-misérabilisme des fabulations de la mythomanie. Alors, faute de refoulement, l’inconscient sort de la scène. Dans ses premiers écrits, Adler a prix en exemple Napoléon Bonaparte, corse et chétif, devenu empereur dans une compensation réussie du sentiment d'infériorité. Dans les personnages célèbres, nous pourrions ajouter Alexandre le grand qui a créé un empire à partir d'un petit royaume. Plutarque a rapporté: "Mon enfant, cherche un royaume à ta mesure. La Macédoine n’est pas assez grande pour toi". Il y a aussi Guillaume le conquérant qui a transformé son surnom "le bâtard" en "le conquérant" en une compensation réussie du sentiment d'infériorité.

Genèse

Ce sentiment d’infériorité est une réalité imaginaire de significations et valeurs de soi attribuées par soi à la réalité physique de ses propres caractéristiques intellectuelles, de sa stature organique et de son statut social à travers la réalité symbolique des croyances, des normes et des règles, comme les canons de beauté, qui orientent et délimitent les significations et valeurs possibles. Ce sentiment d’infériorité peut être aussi une impuissance apprise dans la famille et le groupe social durant la socialisation. C’est le phénomène des prédictions qui se réalisent d’elles-mêmes dont l’exemple illustratif biomédical est l’effet placebo où un agent neutre peut produire le même résultat qu’un agent actif. Ce sentiment d'infériorité est un construit social organisé, comme le petit canard de Hans Christian Andersen qui est vilain parmi les canards, mais une beauté chez ses congénères, les cygnes. L'impuissance apprise est une dévalorisation de soi systématique, accidentelle ou volontaire, de quelque façon, en allant d'échecs en échecs, où chaque échec appelle le suivant par le phénomène humain des prédictions qui se réalisent d'elles mêmes aussi valables pour les réussites qui appellent des réussites suivantes. Les contes et légendes japonaises contiennent cette histoire d'un homme à qui il a été prédit une mort par noyade à une certaine date. Ce jour venu, l'homme s'enferme chez lui sans rien faire pour tenter de déjouer le destin. Prenant le thé pour étancher sa soif et, à ce moment, il s'est souvenu de la prédiction, a mal avalé sa gorgée et s'est noyé dans son thé. Ce phénomène des prédictions qui se réalisent d'elles mêmes sont de l'ordre de la fabrication de la réalité, cheval de bataille de Paul Watzlawick qui aime à exposer l'histoire d'un malade, en phase terminale, à qui son médecin dit que si un Professeur Untel peut venir l'examiner il serait sauvé. Le Professeur Untel, l'examina et donna son diagnostic en latin académique: "moribondus". Des mois après, le malade demande à son médecin ce qu'est la maladie nommée par le professeur Untel "moribondus". L'impuissance apprise est une fabrication d'une réalité imaginaire de soi qui tente de la réaliser à travers une croyance intense et profonde. Dans la colonisation, élargie à toute relation de domination-soumission et autorité-obéissance, cette impuissance apprise devient une règle coloniale pour pouvoir installer, développer et reproduire cette relation. La décolonisation consisterait à attaquer cette règle coloniale qui fabrique le sentiment d'infériorité par l'impuissance apprise.

Les niveaux de réalité

Paul Watzlawick a fait des niveaux de réalité son cheval de bataille où chacun fait de sa réalité la "Réalité".
- " De la réalité chacun se fait une idée. Dans les discours scientifiques et politiques, dans les conversations de tous les jours, nous renvoyons en dernière instance au référent suprême : le réel.
- Mais où est donc ce réel ? Et surtout, existe-t-il réellement ? De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu’il n’existe qu’une seule réalité. En fait, ce qui existe, ce sont différentes versions de la réalité, dont certaines peuvent être contradictoires, et qui sont toutes l’effet de la communication et non le reflet de vérités objectives et éternelles" (Paul Warzlawick, " La réalité de la réalité", Seuil, Paris, 1976). Au premier niveau physique est la réalité objectale nécessaire et insuffisante des êtres, faits et objets repérables, observables, quantifiables et mesurables directement par tous. Au deuxième niveau social est la réalité psychique des significations et valeurs conférées aux éléments et systèmes de la réalité objectale précédente. Ainsi, un "fait" ne devient "événement" que par ses effets et répercussions dans l'esprit des personnes. Lorsque tout est oublié il n'y a plus d'événement, seulement un fait enregistré dans quelque archive. Au troisième niveau culturel est la réalité symbolique des croyances et règles qui orientent et délimitent les significations et valeurs possibles des parties de la réalité objectale. À ces réalités, il y a aussi la "réalité bureaucratique" où est "réel " tout ce qui est inscrit sur des documents officiels. Dans le ciel calme et serein du début des années 1970, un rapport d’expérimentation publié dans la vénérable revue "Science" a éclaté comme une bombe. Des étudiants "normaux" et parfaitement sains se sont portés volontaires pour cette expérimentation. Ils ont été présentés à un hôpital psychiatrique avec leur "dossier médical" mentionnant leur "maladie". Pendant leur séjour, tout le monde les prenait vraiment pour "fous" avec des symptômes appropriés à leur "maladie officielle", sauf les "fous", bien entendu. Ainsi se révèle la Relativité du normal et du pathologique illustrée par ces deux historiettes. Commençons avec cette historiette inventée à partir des travaux de l'anthropologue américaine Margaret Mead sur le comportement de cour (courting behavior) entre garçons et filles dans le cadre du contact transculturel entre les Américains et les Anglais, où, selon l'humoriste irlandais George Bernard Shaw, "l'Américain et l'Anglais sont deux peuples séparés par une même langue ". Le terrain de cette étude a été l'Angleterre, durant la Seconde Guerre mondiale, qui fut, de toute l'Histoire, la plus grande "ville de garnison" américaine où stationnèrent les militaires en vue de la prochaine "invasion" de l'Europe continentale occupée par les armées nazies.
- Un jeune Américain et une jeune anglaise se rencontrèrent du regard complice et se contèrent fleurette. Là dessus, le jeune Américain donna à la jeune Anglaise un baiser à "bouche-en-veux-tu". Illico, celle-ci s'est enfuie, effrayée et très en colère. Du point de vue du jeune Américain, le comportement de la jeune Anglaise pourrait être qualifié d'hystérie si elle s'enfuit ou de nymphomanie si elle l'amène directement au lit. Du point de vue de la jeune Anglaise, le comportement du jeune Américain pourrait être qualifié de délinquant ou de "obsession sexuelle". En effet, dans le processus de cour, du premier contact visuel jusqu'à la copulation, chaque culture définit la séquence des étapes à franchir et à respecter par les jeunes gens. Aux États-Unis, le baiser sur la bouche est aux toutes premières étapes, tandis qu'en Angleterre, il est aux toutes dernières, le point de bifurcation entre s'enfuir ou se préparer au coït. Le monde animal, déjà, connaît ces malentendus illustrés par l'historiette suivante.
- Un jeune chiot de par le monde alla chercher amitié. Chemin faisant, il rencontra un jeu chaton avenant. Le jeune chiot agita de la queue pour manifester sa joie, plissa ses oreilles pour proposer une amitié et s'aplatit en signe de soumission. Alors, le jeune chaton lui tomba dessus toutes griffes dehors et une bataille homérique s'ensuivit. Du point de vue du jeune chiot, tout le comportement du jeune chaton pourrait être qualifié de paranoïaque. Du point de vue du jeune chaton, le jeune chiot pourrait bien être violent , agressif et associal. En effet, toutes les manifestations de joie, d'amitié et de soumission du jeune chiot sont des signes de colère, d'agression et d'attaque dans le monde des félins. Comme pour l'Américain et l'Anglaise, le chiot et le chaton, si l'on passe d'une culture à une autre, de l'américaine à l'anglaise, par exemple, et si on apprend plusieurs langages (le "canin" et le "félin", par exemple), on commence à comprendre que les significations et les valeurs d'un comportement sont relatives et que la "réalité" peut paraître très différente selon les différentes cultures (comprenant les langues et les langages) et on se rend compte qu'il n'y a pas de "Réalité Réelle". Ceux qui ne participent pas à notre vision du monde ou "Weltanschauung " ne sont ni des fous, ni des méchants. Cultures, langues et langages conduisent à esquisser l'apport des anthropologues au renversement ou recadrage des théories et pratiques sur le comportement humain. Le psychiatre ou le psychologue n'est pas dénué de jugements préconçus: il a en tête un certain modèle de la maladie et de la santé mentales qu'il cherche à appliquer au patient qu'il reçoit. Il cherche souvent, malgré lui, de voir jusqu'à quel point le cas qu'il doit traiter peut s'expliquer ou se comprendre à partir du modèle théorique propre à l'école dans laquelle il a été formé et à laquelle il appartient. Or et avec une certaine simplification, il semble que l'anthropologue suit des procédures exactement inverses. Il n'a, lorsqu'il est confronté à une culture qui lui est étrangère, qu'un minimum de présupposés. Il demeure, par les règles de sa discipline, un observateur attentif mais passif qui cherche simplement à comprendre, sans préconception, le fonctionnement et les règles de fonctionnement de cette culture ou de cette civilisation qui lui est étrangère. Il semble que le principal apport de l'anthropologue en psychologie se situe peut-être ici: en se faisant le promoteur d'un renversement de perspective, il a beaucoup contribué à introduire l'interaction dans le champ de la psychiatrie et de la psychologie, là où, auparavant, il n'y avait qu'action et réaction. L'autre apport est dans la relativité du normal et du pathologique, ces deux apports formant une Gestalt figure-fond et sont indissociablement liés en s'interpellant mutuellement. En exemple illustratif, à Bombay, en Inde, des "swamis", c'est-à-dire des "saints", présentent des signes, c'est-à-dire des "symptômes, qui tombent dans le diagnostic de "schizophrénie catatonique" en Occident, tandis qu'en Inde ils sont considérés comme des saints. Autrement dit, ce qui est conçu comme pathologique dans une culture est normalité dans une autre. On se heurte à ce même phénomène à l'intérieur d'une même culture: quelqu'un qui est hypersensible est taxé de "fou", alors que quelqu'un d'autre, qui est insensible, est soit disant "normal" et inversement selon le groupe social et l'époque où ils se trouvent. D'autre part, il y a encore ce phénomène encore plus "fou": le Génie qui ne rentre dans aucun des critères de la normalité quotidienne. Nous pouvons voir que toute nouvelle idée scientifique et artistique, vraiment novatrice, soit de l'ordre du délire, du point de vue du contenu, en ce qu'il s'agit d'une projection de l'imaginaire sur le "réel" et du point de vue de la forme, en ce qu'il s'agit d'une déviance par rapport aux habitudes de pensée et d'action. Ce n'est que parce qu'elle accepte a priori d'être modifiée ou même abandonnée sous l'effet des confrontations avec de nouvelles observations et expériences qu'elle s'en sépare finalement. La "folie", en dernière analyse, est un phénomène social d'attribution d'une signification et d'une valeur à un comportement humain. Les premiers asiles d'aliénés modernes, devenus par la suite hôpitaux psychiatriques, ont été créés en Angleterre par des aristocrates pour mettre "hors circuit" des jeunes aristocrates anglais dont la conduite risque de mettre en péril la fortune et la réputation familiales. Les "goulags" de Soljenitsyne ne sont que des formes soviétiques de ces asiles d'aliénés pour "dissidents".

Triangulation du sentiment d’infériorité

Le vilain petit canard
- Par un beau jour d'été, une jeune cane s'est installée dans la campagne pour couver ses œufs. Un œuf se fissura puis un deuxième. Mais la cane soupira parce qu'il reste encore un gros œuf à s'ouvrir. Plus tard dans la journée l'œuf s'éclôt. La maman cane s'étonna de la laideur de son petit. Une vieille cane qui passait dans le coin le compara à une dinde. Une autre cane s'approcha du vilain petit canard et le frappa au bec. La maman s'emporta en criant de le laisser tranquille. Tous partirent voir la vieille cane à la collerette majestueuse. Quand le vilain petit canard s'inclina devant elle, celle-ci le trouva affreux. Agacée, la mère cane souhaita la disparition de son bébé. Se sentant rejeté , le vilain petit canard quitta les siens sans se retourner.
- Un peu plus tard, il rencontra un chien de chasse mais ce dernier ne voulait pas le manger; il était trop repoussant. Une vieille paysanne l'aperçut. Elle l'amena chez elle contente d'avoir des œufs pour l'hiver. Le canard réussit à s'enfuir . Il alla se cacher dans les buissons. Un beau matin, il se réveilla et vit des cygnes s'approcher vers lui. Il se jeta dans l'eau pour aller à leur rencontre. Il se regarde dans l'eau et voit l'image d'un superbe oiseau. Il est devenu un cygne. Autour de lui, des enfants s'exclamaient:
- "C'est le plus beau cygne!" Il y a la réalité physique objectale d’un être qui se trouve, pour quelque raison et quelque part, dans un certain milieu social qui lui attribue, avec sa réalité psychique, signification et valeur à partir de la réalité symbolique de la culture. Ces trois réalités façonnent le sentiment d'infériorité. Aux trois angles de ce triangle ou aux trois côtés de ce trigone, il y a la réalité objectale, la réalité psychique des significations et valeurs sociales et la réalité symbolique de la culture. En changeant de culture, le "vilain petit canard" est devenu le "plus beau cygne".

Comment fabriquer sans peine un sentiment d’infériorité

Les recettes sont multiples et très variées. La plus commune et la plus innocente est aux extrêmes du spectre des parents sur-protecteurs et des parents négligents. Les parents surprotecteurs placent l’enfant dans un monde plein de dangers où il est risqué d’explorer, de découvrir de s’y aventurer. Une variante de la surprotection est chez les parents exigeants et rigoureux où la meilleure performance de l’enfant est encore insuffisante et où la moindre petite erreur est dramatique dans sa préparation pour lutter dans la vie. Les parents négligents laissent l’enfant découvrir la vie tout seul, de lui-même, par des essais et erreurs où les erreurs demeurent plus marquantes dans sa mémoire que les essais réussis. De la famille à l’école, la distance est très courte, aux extrêmes du spectre entre la rigueur et le laxisme, la discipline et le laisser-faire. La compensation la plus commune et la plus facile aux échecs scolaires est la délinquance juvénile, grande et petite, parfois passible d'hôpitaux psychiatriques et de prisons pour enfant. Au plus grave de cette fabrication est la maladie mentale dans l'angoisse, la névrose et le délire qui est une compensation rhétorique à un sentiment d'infériorité, alors que la névrose l'est dans l'imaginaire, tandis que l'angoisse est une grande peur anticipée du pire. Dans l'espace collectif du colonialisme, il suffit simplement d'une catégorisation statutaire et civique de l'Indigénat ou d'une façon plus subtile de citoyen de première ou deuxième classe ou de premier ou deuxième sexe et de construire une impuissance apprise collective par l'école de "nos ancêtres les Gaulois" en Afrique et dans la famille. Au niveau de la réalité symbolique des croyances de la religion et des règles de la morale, il faut et il suffit simplement d'effacer la culture originelle en tant que "vision du monde" ou Weltanschauung". À l'inverse. la décolonisation commence par une puissance apprise à partir d'une série de petites réussites. Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme): "Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, la larbinisme". Frantz Fanon, lui, a démonté et démontré ce dispositif d'aliénation. Avec Léopold Sédar Senghor, ils ont élaboré la négritude en forme de compensation intellectuel au discours colonial de dévalorisation et d'humiliation de l'altérité.

Les lieux de vie pathogènes et libérateurs en antipsychiatrie

Les lieux de vie créent une ambiance permettant aux gens de prendre conscience de leur souffrance. Le travail soignant sera d'aider l'individu dans son expérience, de pourvoir à ses besoins élémentaires, de laisser surgir l'effondrement, puis la guérison sans s'immiscer dans le processus. Ces lieux s'opposent aux valeurs de la famille nucléaire, et font éclater la vie de couple et les liens de parenté. Il faut voir cela comme une tentative de débarrasser le malade de toute contrainte sociale. Et aussi comme une acceptation et une réponse par rapport au langage de la folie. Le personnel est référent privilégié des malades. Dans chaque communauté, chacun peut discuter des faits et gestes de tout le monde. Il faut assister le malade dans son délire plutôt que l'arrêter. Il y a une reconsidération de la maladie mentale, comme partie intégrante d'un processus social. Puisque les hôpitaux psychiatriques ne peuvent accueillir les expériences communautaires, les participants sont obligés de fonder leurs propres locaux. Le malade est quelqu'un en crise et le soignant est là pour recueillir cette crise. Les buts de l'antipsychiatrie sont la tolérance et l'acceptation de la folie. Ainsi est l’avis de Ronald Laing.
- " Je pense que les schizophrènes ont plus de choses à apprendre aux psychiatres sur leur monde intérieur, que les psychiatres aux malades." La société -et ils rejoignent en cela Alfred Adler - a un rôle déterminant dans la maladie. Le psychiatre est un agent du pouvoir médical. L'hôpital psychiatrique reproduit dans une large mesure le jeu pathogène de la famille, contraignant le malade à réagir de façon apparemment arbitraire, à l'encontre du cadre qui l'angoisse. L'aliénation mentale renvoie à un comportement et à une expérience qui sont inacceptables dans le cadre culturel où nous vivons. Dans les communautés, les patients sont à tour de rôle soignants de l'un d'entre eux: c'est le groupe qui s'autorégule, qui contrôle le délire de ses membres. Quand les manifestations délirantes ne sont plus tolérables, le groupe demande au patient de s'isoler. "Nous nous soumettons aux règles pour être accepté des autres". Par l'étiologie sociale, le "sentiment d'infériorité" est de plain pied dans la relativité du normal et du pathologique du symptôme et de la maladie, du normal et de l'anamormal qu'une autorité quelconque et quelque pouvoir visible ou invisible peuvent définir. Une autorité ("auctoritas" ou pouvoir sénatorial de l'auteur des lois)commande l'obéissance, tandis qu'un pouvoir exige une soumission. En écopolitique, la Théorie des contextes de Anthony Wilden est une critique épistémologique des vices de pensée et d'action qui fondent ces autorités et pouvoirs. Il y a le "pouvoir social immédiat" de Marcel Mauss qui est un pouvoir implicite et invisible exercé par tous et par personne. C'est la coutume et la mode, cet "air du temps" de Edgar Morin. Une approche écosystémique tient compte de ces niveaux de réalité et de la plage des réalités au même niveau. Dans la perspective de Marcel Mauss, le sentiment d'infériorité est un « fait social total» dans une autre triangulation du triple point de vue de la physiologie, la psychologie et la sociologie. L’autorité politique des lois et réglements est mise en œuvre par l’exécutif des pouvoirs judiciaire et ploicicière du “potentas” ou pouvoir consulaire dans la Rome antique et le “podestas” administratif des prisons et hôpitaux psychiatriques. Le "pouvoir siocial immédiat" de Marcel Mass est le rejet, l’exclusion et le mépris de la communauté sociale. "Les Misérables" de Victor Hugo ont déjà mené une violente charge contre cette autorité et ce pouvoir, bien avant l'antipsychiatrie dans le domaine du pouvoir médical et de l'autorité politique qui confère ce pouvoir. Dans le domaine de l'épistémologie, cette charge violente est menée par la Théorie des contextes d'une façon plus rigoureuse et moins poétique. C'est la différence entre le "langage du sens" de la connotation riche en contenus humains et pauvre en informations, en contraste à la "langue de la signification" de la dénotation riche en informations et pauvre en contenus humains dans les différents types de communication.
- L'amour est la communication la plus puissante.
- L'art est la communication la plus surprenante.
- La science est la communication la plus claire. Chez Alfred Adler, le sentiment d'infériorité est porté par ses deux grands chevaux de bataille que sont la "protestation virile" et le "caractère nerveux" de la nervosité.

Protestation virile et complexe de castration

Chez Sigmund Freud, les perturbations auxquelles est exposé le narcissisme originaire de l’enfant, ses réactions de défense contre ces perturbations, les voies dans lesquelles il est de ce fait forcé de s’engager, voilà ce qu'on voudrait laisser de côté, comme une matière importante qui attend encore qu’on s’occupe de la travailler; l’on peut cependant en extraire la pièce la plus importante, le "complexe de castration" (angoisse concernant le pénis chez le garçon, envie du pénis chez la fille) et en traiter en relation avec l’influence de l’intimidation sexuelle des premières années. La recherche psychanalytique nous permet de suivre dans d’autres cas les destins des pulsions libidinales, lorsque celles-ci, isolées des pulsions du Moi, se trouvent en opposition avec elles ; mais, dans le domaine du “complexe de castration”, elle nous permet de remonter par le raisonnement à une époque et à une situation psychique où les deux sortes de pulsions agissent encore a l’unisson et se présentent comme intérêts narcissiques dans un mélange indissociable. Alfred Adler, dans l’étiologie sociale, en contraste, a tiré de ce contexte sa "protestation virile" qu’il érige presque en l’unique force de pulsion qui agisse dans la formation des névroses et aussi du caractère”. Il ne la fonde pas sur une “tendance narcissique”, qui serait donc encore libidinale, mais sur une “valorisation sociale”. Du point de vue de la recherche psychanalytique, l’existence et l’importance de la "protestation virile " ont été reconnues dès le début, mais la thèse de sa nature narcissique et de son origine dans le complexe de castration a été défendue contre Adler dans une bourgeoisie viennoise catholique romaine du phallocentrisme et de la misogynie de l’époque. La " protestation virile " appartient à la formation du caractère dans la genèse duquel elle entre, à côté de nombreux autres facteurs, et elle est rigoureusement inapte à éclaircir les problèmes des névroses dans lesquelles Adler ne veut rien considérer d’autre que la manière dont elles servent l’intérêt du Moi. Il trouve tout à fait impossible de fonder la genèse de la névrose sur la base étroite du complexe de castration, quelle que soit, chez les sujets masculins, sa puissance lorsqu’il entre en jeu parmi les résistances à la guérison de la névrose. Enfin il connaît même des cas de névrose où la " protestation virile ", ou bien à notre sens le complexe de castration, ne joue pas de rôle pathogène, voire n’apparaît pas du tout. L’observation de l’adulte normal montre que son délire des grandeurs d’autrefois s’est amorti et que les caractères psychiques se sont effacés qui nous avaient fait conclure à son narcissisme infantile. Qu’est-il devenu de sa libido du Moi? Devons-nous admettre que tout son quantum est passé dans des investissements d’objet? Une telle possibilité vient manifestement en contradiction avec toute la ligne du présent développement; mais nous pouvons aussi aller chercher dans la psychologie du refoulement l’indication d’une autre réponse à cette question. La "libido" freudienne, dans cette perspective de la protestation virile, apparaît comme subordonnée à un "instinct" de domination et le personnage de Don Juan, par exemple, s'expliquerait mieux par le rôle qu'y jouent la vanité et la volonté de puissance, plutôt que par l'érotisme comme tel. Adler pense d'ailleurs qu'il y ait des "Don Juan" féminins, dont le comportement trahit l'intention de dominer et d'humilier l'homme. Il a décrit sous le nom de "protestation virile" l'attitude de certaines femmes - "garçons manqués", "femmes phalliques", "viragos", "pétroleuses", ou "amazones", etc. - qui peut conduire aisément à la frigidité ou à l'homosexualité. Il croit que le besoin de dominer, trouvant aussi l'occasion de s'exercer sous le couvert de la compassion et du dévouement, puisse pousser des femmes à aimer un être faible ou infirme. Il pense aussi que l'infériorité ressentie à cette époque de la vie puisse aussi jouer un grand rôle dans les névroses si fréquentes à l'âge critique.

Nervosité, timidité et hypersensibilité

Ce qu'on sous-entend par le terme nervosité, est l'irritabilité, la méfiance, la timidité, etc., en un mot toutes sortes de manifestations qui se distinguent par des traits de caractère négatifs, péjoratifs et dévalorisants, par des traits de caractère qui ne cadrent pas avec la vie et qui paraissent chargés d'états affectifs dans la relativité du normal et du pathologique. Tous les auteurs sont d'accord sur le fait que la nervosité est en rapport avec une vie affective amplifiée. Lorsqu'il y a de nombreuses années, on m'attachait à décrire ce que nous entendions par le tempérament nerveux, il a été mise au jour l'hypersensibilité du nerveux. Bien que dans de rares cas il puisse ne pas être facile à découvrir étant donné qu'il est camouflé, ce trait de caractère se trouve chez tous les nerveux. Un examen plus approfondi montrerait pourtant que les nerveux sont des gens d'une grande sensibilité. En poursuivant plus profondément ses recherches, la psychologie individuelle a montré où cette sensibilité prend son origine. Celui qui se sent chez lui sur cette pauvre planète, qui est convaincu de la nécessité de prendre sa part aussi bien des inconvénients que des avantages des joies de la vie, qui est résolu à apporter sa contribution au bien-être commun, celui-ci ne montrera pas d'hypersensibilité. L'hypersensibilité est l'expression du sentiment d'infériorité. De là dérive tout naturellement les autres traits de caractère du nerveux, comme par exemple l'impatience, laquelle ne se trouve pas chez celui qui se sent en sécurité, qui a de la confiance en soi, et qui a fini par admettre qu'il faut se débattre avec les problèmes de la vie pour leur trouver une solution. Si l'on tient compte de ces deux traits de caractère, hypersensibilité et impatience, on comprendra qu'il y a des êtres humains qui vivent dans un état affectif intensifié. Cette impatience se manifeste le plus souvent par l’expression “j’ai hâte de…”, alors que la confiance en soi et l’estime de soi poussent le sujet à agir précautionneusement et calmement, avec détermination, vers le but qu’il s’est fixé. Si on ajoute à cela que ce sentiment d'insécurité impose de violents efforts pour atteindre un état d'équilibre, de sécurité, on comprendra pourquoi le nerveux est poussé à rechercher la supériorité et la perfection et pourquoi ce trait, qui implique une tendance à la prééminence, se présente sous forme d'une ambition qui ne tient compte que de sa propre personne. Ceci se comprend chez un homme qui est en danger. Parfois cette tendance à la prééminence prend d'autres formes telles que l'avidité, l'avarice, la jalousie, l'envie qui, d'avance, sont condamnées par la société. Il s'agit là d'êtres humains qui, par la force et la ruse. s'efforcent de surmonter les difficultés, ne se croyant pas capables de trouver une solution franche dans la mégalomanie. Il s'y ajoute une sorte de compensation du sentiment d'infériorité renforcé qui va de pair avec un développement insuffisant du courage et, qu'à sa place, on découvre une série d'essais artificiels pour escamoter le problème de la vie, pour se faciliter l'existence et pour se décharger de ses difficultés sur le dos des autres. Cette fuite de la responsabilité est en rapport avec une absence d'intérêt pour les autres dans l'indifférence. À l’extrême, cette indifférence pourrait conduire au silence autiste du retrait où le sujet s’excommunie lui-même, en se mettant en dehors de la communication, en ne participant pas à la communication, au partage et à l’échange des savoirs et des sentiments. Au premier niveau physique de la communication est l’échange des signaux qui deviennent signes dans l’interprétation et la compréhension. Au deuxième niveau psychique de la communication est la mise en commun des significations et des valeurs. Au troisième niveau culturel de la communication est la communion autour des règles de vie et des croyances. Un tel inventaire pourrait être considérablement allongé. Il suffit de comprendre, en l'occurrence, que ces diverses causes comptent moins pour Adler que leurs conséquences qui entraînent la formation d'un certain "plan de vie". Conséquences elles-mêmes nombreuses et variables, encore qu'elles puissent être ramenées à un dénominateur commun, et dont Alfred Adler a observé justement le caractère d’ambiguïté paradoxale. Car elles peuvent se manifester alternativement, parfois chez un même individu ou un groupe humain, par une timidité paralysante et une résignation excessive, ou par de la forfanterie et du bluff. C’est la surcompensation qui conduit à l’oscillation entre "auto-misérabilisme" et "auto-glorification", de l'individu à la collectivité, comme le zigzag d’un dérapage en automobile sur une route glissante à droite corrigé ou compensé par un grand coup de volant à gauche et ainsi de suite, en s'amplifiant jusqu'au catastrophe de la sortie de route.

La compensation

La compensation, en mécanique newtonienne, est l’élément réactif mis en œuvre pour contrer un élément actif dans l’équilibration d’une structure. L'exemple illustratif est ce garçon chétif de Pennsylvanie devenu plusieurs fois champion de natation en 100m nage libre et dont le record n'a pas été battu. C'est Johnny Weissmuller (1904-1984) plus connu comme acteur dans le rôle de Tarzan.
- Compensation au même niveau de réalité que celui du sentiment d'infériorité, comme la force physique pour la faiblesse physique, la richesse monétaire pour la pauvreté monétaire, le prix d'un concours de beauté pour une laideur ressentie et ainsi de suite.
- Compensation à un autre niveau de réalité, comme la rhétorique qui remplace l'action dans les vantardises, comme la puissance intellectuelle pour une faiblesse physique, comme le droit de la force pour la force du droit dans beaucoup de cas Des anthropologues, politologues et sociologues ont utilisé ces notions de sentiment d’infériorité et de compensation dans leur champ opératoire. Pour l’anthropologue, c’est une langue bâtarde, métisse de toutes les immigrations, devenue une langue universelle, à la mesure du latin en son temps. Pour le politologue, c’est la guérilla, ou petite guerre des pauvres, qui compense la faiblesse matérielle par la force idéologique. Pour le sociologue, c’est aussi la rhétorique qui remplace l’action dans beaucoup d’exemples illustratifs possibles. En philosophie, il y a la dialectique du maître et de l’esclave chez Hegel. Avec son autorité, le Maître est servi par ses esclaves. Ne faisant plus rien, le Maître n’acquiert plus de nouvelles compétences et perd ses compétences acquises et son autorité. L’esclave, en servant, acquiert de plus en plus de nouvelles compétences et une nouvelle autorité. Le Maître devient l’esclave de son ancien esclave et l’esclave devient le nouveau Maître dans cette dialectique. Sur le plan collectif et en cherchant profondément et largement dans leur histoire, les États-Unis, Israël et le Viêt Nam représentent des exemples de compensation réussie. Les États-Unis, d'une nation d'immigrants venus de toutes les mers sont devenus une superpuissance dans les dimensions culturelle, économique, politique et militaire. Israël moderne est faite de différentes défaites et dispersions. Le Viêt Nam, de sa longue marche vers le Sud, du Quang Dong (Canton, Yue en chinois) qui donne "Viêt", pour se sauver des "Han", jusqu'à devenir à la fin du une puissance régionale après des siècles de domination chinoise et des décennies de colonisation française. Dans l'espace individuel, à la source de grandes réussites, il y a le sentiment d'infériorité, comme ce petit corse maigrichon immigré en France pour devenir le grand Napoléon.
- “ Si un jour tu te sens inutile et déprimé, souviens-toi: un jour tu étais le spermatozoïde le plus rapide de tous”. Coluche. Il y a aussi des compensations dissimulatrices. C'est le cas de l'individu qui cherche toujours un alibi à ses dérobades devant des décisions susceptibles de blesser son amour-propre ; qui prétexte son indolence naturelle, sa lassitude, ou se retranche derrière un " à quoi bon ? " C'est l'esprit fort de celui qui se complaît dans un héroïsme verbal, bluffe les autres et lui-même, tombe dans la mythomanie ou qui recourt à la médisance pour diminuer les mérites des autres, pour les nier dans leur supériorité. C'est le cas social individuel et collectif qui consiste à dévaloriser l'autre pour se valoriser. On n'en finirait pas d'énoncer les diverses formes de compensation dissimulatrice, visant à duper autrui et surtout soi-même, par une attitude ou par quelque prouesse compensatoire (excès de vitesse, bravades, paris stupides, beuveries d'étudiants et ainsi de suite dans une énumération fastidieuse.).

Les effets

Ce sentiment d’infériorité est aussi à la source de réalisations grandioses. Alfred Adler a donné en exemple, dans ses premiers articles, Napoléon, le petit caporal.. Dans les thérapies systémiques familiales, un traitement paradoxal, à la manière de Jay Haley, peut provoquer des renversements spectaculaires où un accompagnement peut à la fois encourager la confiance en soi et limiter la surestimation de soi après les premières réussites.

Les interventions

Sur le plan collectif, il y a eu l'ingénierie sociale des années 1930-1940, aujourd'hui disparue en Occident, mais en usage intensif à Singapour pour fabriquer une société à partir des "coolies" indiens et des Chinois laborieux expulsés de Malaisie à son indépendance. Le "Numerus Clausus" a interdit au Juifs la possession de la terre et Israël s'est fabriqué à partir des établissements agricoles de toutes les sortes et à partir de la passion pour l'archéologie pour retrouver des ancêtres qui ne fussent pas cordonniers ou tailleurs des bas fonds d'Europe. Les États Unis se sont dépêchés de bâtir des institutions culturelles, dès Benjamin Franklin, pour ne plus être de "bons sauvages", objets de curiosité et de mépris des Européens de l'époque. Le Viêt Nam colonisé a assimilé les colonisateurs pour devenir leur maître dans différents domaines, d'où résultent les enfants "Viêt" premiers de classe, surtout en sciences et technologies, à diiférents niveaux scolaires. Dans l'espace individuel, la psychothérapie de différentes techniques et des thérapies systémiques familiales pourraient utiliser avec profit le sentiment d'infériorité allié au désir mimétique du modèle-obstacle où, par des subterfuges, le modèle ne serait plus un obstacle, mais encore un rival bienveillant pour l'émulation dans une compétition coopérative. L'éducation pourrait utiliser, avec le même profit l'alliance du sentiment d'infériorité avec le désir mimétique dans le cadre d'une approche écosystémique de la théorie des contextes en installant un contexte de règles d'interaction et un environ physique adéquats, de telle manière que le comportement attendu de l'apprenant apparaisse tout seul et sans difficulté, comme une réponse appropriée à ce contexte et à cet environnement, suivant l'expression où "rien ne réussit plus que la réussite, en aménageant de petites réussites qui grossissent et s'amplifient comme une boule de neige roulant sur une pente enneigée. Il s'agit d'aménager une rétroaction positive auto amplificatrice en "run away" limité et maîtrisé. La combinaison gagnante serait ce Juif japonais, expert mondial en langue et culture yiddish à New York City, NY. Ce Nippo-Américain a été "relocalisé" de force avec toute sa parenté, de la côte Pacifique à la côte Atlantique pendant la Seconde Guerre Mondiale. Enfant, sa famille a été adoptée avec lui par une famille juive de Brooklyn. La population d'origine asiatique, toutes provenances confondues, constitue 7% de la population totale californienne et 30% de Ph.D. de cet État. Un brave Professeur de psychologie d'une Université de l'Ontario, Canada, a même proposé une hiérarchie de l'intelligence, sur la foi des résultats scolaires où le "jaune" est plus intelligent que le "blanc" et celui-ci plus intelligent que le "noir". Suivant la règle académique où seul un Docteur Ph.D. peut contredire un autre Docteur Ph.D., les étudiants de cette Université ont invité Dr. David Takayoshi Suzuki, un grand biologiste canadien pour contredire ce professeur par une seule phrase: "Dr. Untel a simplement confondu correlation avec causation". En effet, ce brave Professeur a négligé de considérer les facteurs culturel et social. Des mesures statistiques peuvent révéler de plus grandes réussites scolaires chez le "blanc" juif que le "blanc" protestant dont les réussites scolaires sont plus grandes que chez le "blanc" catholique romain, dans l'ordre de plus opprimé au plus grand oppresseur du monde occidental. Pour l'aspect culturel, il y a le "peuple du livre": et le "protestant laborieux". Pour le traitement paradoxal, à la manière de jay Haley, ce serait jouer avec son sentiment d'infériorité en le portant comme un flambeau ou étendard, par autodérision, comme ce slogan italien "Courage, fuyons", comme cette phrase célèbre de Coluche, ce petit "rital" de la banlieue : "Je ne suis pas un nouveau riche, mais un ancien pauvre". Il y avait aussi Benjamin Franklin qui s'est présenté à la Cour du Roi de France, sans perruque, avec ses vrais cheveux et par autodérision du "bon sauvage". Au sentiment d'infériorité par impuissance apprise, la contre-mesure serait une puissance apprise par le même phénomène humain des prédictions qui se réalisent d'elles mêmes, en allant de petits succès en grands succès où rien ne réussit plus qu'une réussite aussi bien dans l'espace individuel que sur le plan collectif.

Conclusion

Il semble que le "sentiment d'infériorité" de Alfred Adler soit plus complet, général et pratique que la "libido" des pulsions sexuelles chez Freud avec sa clientèle de bourgeoises oisives de Vienne qui pouvaient se permettre de s'allonger sur le divan et parler pendant longtemps. Sur le plan individuel aussi bien que dans l'espace collectif, la propension à se sentir visé, insulté et autre impression de la sorte peut être interprétée à la lumière du sentiment d'infériorité. http://www.politis.fr/article1625.html Une parodie anglophone "pas-papiste" http://uncyclopedia.org/wiki/Pope_Pontificem n'a pas soulevé beaucoup de protestations de la part des "papistes" de toutes "phonies" confondues.

Références bibliographiques

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- La connaissance de l'homme, 1927 (Payot, 1949)
- le sens de la vie, 1933 (Payot, 1950)
- Olvier Brachfeld, Los sentimientos de inferioridad, Luis Miracle, Barcelona 1935
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- Anthony Wilden, “Libido as Language: the Structuralism of Jacques Lacan., Psychology Today, mai 1972.
- Anthony Wilden, “System and Structure. Essays on Communication and Exchange”, 1, 2 édition, Tavistock, London & New York, 1972, 1980.
- Anthony Wilden, “Le Canada imaginaire”, trad. Yvan Simonis, Presse Comédiex’ Québec, 1979.
- Anthony Wilden, “The Imagery Canadian”, Pulp Press, Vancouver, 1980.
- Anthony Wilden, "Système et structure. Essais sur la communication et l'échange", Boréal Express, Montréal, 1983.
- Anthony Wilden, “Context Theory. The new science”, RSSI 5/2 (1986), pp. 97-116, 1985.
- Anthony Wilden, "The Rules are no Game. The Strategy of Communication" et "Man and Woman, War and Peace. The Strategist's Companion", Routledge & Kegan Paul, New York, 1987. ===
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