V2 (missile)

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Fusée V2 au musée de Peenemünde Les fusées V2 sont les premières fusées opérationnelles ou missiles balistiques à être mises au point par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale.
V2 (missile)

Fusée V2 au musée de Peenemünde Les fusées V2 sont les premières fusées opérationnelles ou missiles balistiques à être mises au point par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale.

Historique

Les V2 furent conçus à la station expérimentale de l'armée allemande de Peenemünde et Blizna grâce à l'ingénieur allemand Wernher von Braun, puis fabriqués en série. La lettre V, utilisée habituellement au sens de Versuch (prototype) signifie ici Vergeltung, c'est-à-dire « représailles » ou Vergeltungswaffe "arme de représailles". En effet, les V2 furent lancés en réponse aux bombardements alliés. Les conséquences d'un missile V2 à Anvers (Belgique) pendant la Seconde Guerre mondiale. (27 novembre 1944) Le premier vol réussi d'un V2 eut lieu en octobre 1942 ; la fusée atteignit une altitude de 85 km et une vitesse de Mach 5. Le premier essai avait eu lieu peu avant la guerre sur un modèle réduit, baptisé A5, qui avait atteint mètres d'altitude avant que son moteur explose. À partir de 1944, les V2 furent opérationnels en tant que missiles balistiques, mais ils n'apportèrent pas la supériorité escomptée par les Allemands dans la Seconde Guerre mondiale, du fait de leur imprécision (plusieurs centaines de mètres) et de leur relativement faible effet destructeur ("seulement" 1000 kg d'explosif classique). Compte tenu de sa vitesse et de sa trajectoire "en cloche", le V2 n'était vulnérable que pendant quelques secondes, lors de son décollage. Aucun ne put être intercepté. Lors de la chute du premier V2 sur Londres, personne ne comprit sur le moment qu'il s'agissait d'une bombe : le V2 arrivait à une vitesse de Mach 3, 5 , supérieure à celle du son - donc dans le silence total - contrairement aux V1 qui avaient un ronronnement caractéristique évoquant le moteur d'une motocyclette. On crut à l'explosion d'immeuble due au gaz jusqu'à la découverte des débris de la tuyère.

Utilisation

Un premier tir avait été prévu le 6 septembre, depuis le plateau des Tailles, mais des ennuis techniques et l'avance des Alliés qui avaient franchi la Meuse contraignit les Allemands à se rapprocher de leur frontière. Le premier V2 fut donc tiré le 8 septembre 1944 depuis Gouvy en Belgique en direction de Paris. En 5 minutes, il atteignit Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, où il fit une trentaine de victimes. En tout, engins furent construits pour être lancés vers l'Angleterre et Londres, dans des conditions très dures pour les prisonniers affectés à ces travaux forcés (usine souterraine de Dora). Les V2 tuèrent deux fois plus de déportés en Allemagne que de civils en Angleterre. Mis très tard en service, les V2 furent lancés depuis des sites que l'avance des troupes alliées imposa de déplacer plusieurs fois : aux Pays-Bas à partir de la région de Middelburg et surtout La Haye (permettant d'atteindre Londres) puis Rijs (région du Norfolk), Hellendorn et Dalsfem (vers la Belgique) ; en Belgique et en Rhénanie, des lancement eurent lieu depuis Saint-Vith et Mertzig vers Paris, puis des alentours de Coblence (Euskirchen et Hachenburg) vers le nord de la France et la Belgique. Les dernières batteries furent installées dans la région de Münster, visant Anvers et Liège. Malgré les dégâts infligés aux infrastructures de fabrication et de lancement, V2 furent lancés entre le 8 septembre et la fin de 1944, principalement vers Londres (450) et Anvers (920), mais aussi vers Norwich (40), Liège (25), Paris (20) ainsi que vers Lille, Tourcoing, Maastricht, Hasselt, etc. Les tirs de autres V2 se poursuivirent jusqu'au 27 mars 1945 principalement depuis La Haye, toujours vers Londres - cible civile principale des Allemands- et Anvers ainsi que vers quelques cibles militaires. Les dernières fusées furent tirées vers le Kent. Au total la région de Londres reçut V2 et celle d'Anvers plus de , faisant principalement des victimes civiles. Tuyère de la fusée V2.

Caractéristiques de l'A4/V2

-Moteur-fusée à propergols liquides
-alcool méthylique (méthanol) ( kg)
-oxygène liquide ( kg)
-Poids au lancement : kg
-Autres fluides : eau oxygénée (130 kg) ; permanganate de sodium (16 kg) ; azote (15 kg)
-Poussée au décollage : kg
-Temps de combustion : 65 s
-Vitesse maximale : km/h
-Altitude maximale : 96 km
-Portée : 320 km
-Charge explosive : 738 kg avec le problème de l'échauffement lors du vol (jusqu'à °C en surface) Vue en coupe de l'installation motrice (1) Vue en coupe de l'installation motrice (2)

Versions dérivées

Trois versions dérivées du V2 ont été étudiées : l'A4b, équipé comme un appareil de recherche aérodynamique, l'A9, un bombardier intercontinental et l'A6, un appareil de reconnaissance haute altitude et haute vitesse.
-Caractéristiques du EWM A4b :
-Propulsion : Moteur-fusée EMW de kg de poussée
-Vitesse maximale : km/h
-Masse : kg en charge
-Envergure : 3, 5 mètres avec les ailes
-Longueur : 14, 2 mètres
-Charge militaire : 1 tonne d'Amatol
-Portée : 800 km
-Caractéristiques du EWM A9 :
-Propulsion : Moteur-fusée EMW de kg de poussée
-Vitesse maximale : km/h
-Masse : kg (pour l'A9)
-Envergure : 3, 5 mètres
-Longueur : 14, 2 mètres
-Charge militaire : 1 tonne d'Amatol
-Portée : km avec étage A10 Extérieurement, le projet se présentait comme un A4 (V2) agrandi. Le premier étage devait être l'A-10 avec un temps de fonctionnement de 50 secondes. Deux versions furent envisagées, la première utilisant un faisceau de 6 moteurs de V2 avec une tuyère commune, la deuxième, un seul moteur-fusée plus puissant. Après le fonctionnement du premier étage, le second se séparait et prenait le relais. Au départ, il fut prévu d'utiliser soit un V2, soit un A4b non piloté (V2 avec des ailes), et avec une poussée atteignant 30 tonnes. L'altitude maximale atteinte par le deuxième étage culminait à 330 km et la vitesse après extinction des moteurs était calculée à km/h ! La masse maximale au décollage était estimée à 85 tonnes. Si un deuxième étage ailé était utilisé, la portée maximale était de km avec une charge militaire d'une tonne. Avec cette portée, Washington et New York auraient pu être attaqués depuis des sites en Europe. L'A9 était un dérivé du programme A4b piloté. Des essais en soufflerie montrèrent que les ailes type « delta » réduisaient substantiellement la traînée et augmentaient la portée. En raison du faible développement des équipements de guidage de l'époque, l'A9 devait être piloté pour atteindre ses cibles.
-Caractéristique du EWM A6 :
-Propulsion : Moteur-fusée EMW de kg de poussée + un statoréacteur de type inconnu
-Vitesse maximale : km/h
-Carburant/comburant M-Stoff (Méthanol) & A-Stoff (oxygène liquide)
-Envergure : 6, 33 mètres
-Longueur : 15, 75 mètres
-Altitude :  mètres
-Portée : 800 km L'A6 aurait dû être un programme de recherche hypersonique, comprenant un statoréacteur auxiliaire, seulement utilisé aux très hautes vitesses. Ceci était prévu sur cet appareil à l'apogée de la trajectoire, à très haute vitesse et après épuisement du carburant du moteur-fusée principal. Le statoréacteur (brûlant du pétrole synthétique) donnait alors à l'A6 la possibilité de continuer son vol pour vingt ou trente minutes supplémentaires sans perte de vitesse ou d'altitude.

Bilan

Churchill a pu ironiser sur les faibles résultats tactiques du V2: . En effet, le V2 était une arme pratiquement imparable (contrairement au V1), mais qui demandait une fabrication longue et complexe pour moins d'une tonne d'explosif et une précision médiocre. Aucune cible militaire ou industrielle notable n'a été frappée par le V2. Son rôle a surtout été de propagande, pour entretenir les illusions du Führer et de l'opinion allemande, persuadés que les armes secrètes allaient retourner le sort de la guerre. Échec tactique, c'est pourtant une brillante réussite technique : le V2 est directement à l'origine des missiles intercontinentaux, mais aussi du vol spatial et de la conquête de l'espace. Si la bataille de l'eau lourde n'avait pas empêché d'autres laboratoires allemands de mettre au point l'arme nucléaire, le V2 se serait révélé une arme absolue. La technologie des V2 fut exploitée par les alliés après la fin du conflit mondial. Aux États-Unis, des tirs d'essais de V2 furent réalisés depuis la base de lancement de White Sands au Nouveau-Mexique. Par ailleurs, les deux premiers lancements depuis Cap Canaveral en juillet 1950, furent faits avec des Bumper, composés d'un V2 modifié surmonté d'une fusée WAC Corporal. Les fusées Bumper servaient pour des tests technologiques et pour l'étude de la haute atmosphère. Les Soviétiques, qui avaient hérité du site de Peenemünde et d'une partie des techniciens restés en Allemagne orientale, ont également intégré la technologie des V2 dans leur programme spatial. Finalement, les Anglais et les Français ont également réutilisé la technologie et les hommes du V2Voir Olivier Huward, Du V2 à Véronique : la naissance des fusées françaises..

Bibliographie

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-Rémi ...et l'angleterre sera détruite Ed. J'ai lu n°253, 1970
-Jacques Bergier Agents secret contre armes secrètes Ed. J'ai lu n°101, 1970

Référence

- Tracy Dungan: V-2: A Combat History of the First Ballistic Missile. Westholme Publishing 2005, ISBN 1594160120

Notes et références

Voir aussi

Autres fusées développées par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale :
-V1
-V3
-Henschel Hs 293 A
-Kramer X4
- Astronautique
- Conquête de l'espace Catégorie:Arme militaire allemande Catégorie:Conquête de l'espace Catégorie:Missile balistique Catégorie:Arme de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Record d'altitude bg:Фау-2 bs:V-2 ca:V-2 cs:V2 (raketa) da:V2-raket de:A4 (Rakete) en:V-2 rocket eo:V-2 es:Cohete V2 et:V2 fa:و-۲ fi:V2-ohjus he:V-2 hr:V-2 hu:V–2 is:V-2 flugskeyti it:V2 (Aggregat 4) ja:V2ロケット ka:ფაუ-2 lb:A4 (Rakéit) lv:V-2 raķete nl:V-2 (raket) no:V2 pl:V2 pt:Foguete V2 ru:Фау-2 sk:V2 (raketa) sr:Фау 2 sv:V-2 tr:V-2 füzesi uk:Фау-2 vi:Tên lửa V-2 yi:V-1 און V-2 ראקעטן zh:V2火箭
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