Martine Aubry

Infos
Martine Aubry, le 12 juin 1998 Martine AubryAubry est le nom de son premier mari, Xavier Aubry, dont elle est aujourd'hui divorcée, de son nom de jeune fille Martine Delors, née le 8 août 1950 à Paris, (dans le XVII arrondissement) est une femme politique française, membre du Parti socialiste. Elle est maire de Lille depuis mars 2001.
Martine Aubry

Martine Aubry, le 12 juin 1998 Martine AubryAubry est le nom de son premier mari, Xavier Aubry, dont elle est aujourd'hui divorcée, de son nom de jeune fille Martine Delors, née le 8 août 1950 à Paris, (dans le XVII arrondissement) est une femme politique française, membre du Parti socialiste. Elle est maire de Lille depuis mars 2001.

Biographie

Elle est la fille de Jacques Delors, ancien ministre de François Mitterrand et ancien président de la Commission européenne. Après avoir été scolarisée dans l'enseignement privé et public (lycée Paul-Valéry de Paris), elle est diplômée en 1972 de l'Institut d'études politiques de Paris. De 1973 à 1975, elle suit les cours de l'École nationale d'administration (promotion Léon Blum). Pendant la même période elle milite à la CFDT et entre au Parti socialiste en 1974. Après l'ENA, où elle enseigne à partir de 1978, elle occupe à partir de 1981, divers postes au ministère du Travail et des Affaires sociales, dans les cabinets de Jean Auroux (elle y rédige les lois Auroux) et de Pierre Bérégovoy et au Conseil d'État. En 1984, elle instruit notamment la politique française "pro-amiante" auprès du Comité permanent amiante (CPA), représentée par son adjoint direct, Jean-Luc Pasquier qui attestera devant les juges des choix faits par sa hiérarchie. Entre 1989 et 1991, elle entre à Pechiney et devient la directrice adjointe de Jean Gandois. À ce poste, elle participe à l'ouverture d'une usine à Dunkerque et de la fermeture de l'usine d'aluminium de Noguères (Pyrénées-Atlantiques)Jean-Michel Aphatie et Corinne Lhaik, Une femme ambitieuse, L'Express, 28 août 1997 . En 1991, elle est nommée ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle par Edith Cresson, maintenue en poste par Pierre Bérégovoy jusque mars 1993. Selon le témoignage de son adjoint direct, Jean-Luc Pasquiercité par François Malye, elle défend le concept d'usage contrôlé de l'amiante, là où tous les membres de la Communauté économique européenne voulaient interdire purement et simplement ce produit, bloquant le décret européen d'interdiction de l'amiantePierre Mabut, , WSWS amiante, 26 octobre 2005. Après la victoire de la droite, elle crée la Fondation Agir contre l'exclusion (FACE) puis, en 1995, Pierre Mauroy la nomme Première adjointe de la mairie de Lille pour l'implanter dans le Nord. Pour certains, le désistement de son père à l'élection présidentielle de 1995 est en partie motivé par sa volonté de ne pas gêner la carrière de sa fille. Lionel Jospin, qui est élu par les militants socialistes comme candidat, la choisit comme porte-parole de sa campagne. Après sa défaite, il est élu premier secrétaire du parti, et propose à Martine Aubry la place de numéro deux qu'elle refuse. Quand on la décrit exigeante, elle explique : « Je dis les choses en face, je ne suis pas faux-cul. Mais je crois être bien moins dure que beaucoup de gens en politique. Je suis même peut-être trop sensible ». Ayant de bonnes relations avec une partie du patronat (en particulier avec Jean Gandois, alors président du CNPF), tout comme au Parti communiste, elle s'entend assez mal avec les syndicats, en particulier avec la secrétaire général de la CFDT Nicole Notat (elles ont un profond désaccord sur le plan Juppé). Avec la victoire de la gauche plurielle en 1997, élue député du Nord, Lionel Jospin la nomme ministre de l'Emploi et de la Solidarité, numéro deux du gouvernement. Elle met en place la principale promesse du Premier ministre : la lutte contre le chômage (plus de deux millions de chômeurs) avec la création d'emplois en mettant en œuvre plusieurs dispositifs publics et notamment les 35 heures. Cette mesure, décriée par la droite et le patronat, est très débattue, et entraîne la démission de son ancien patron Jean Gandois de la tête du CNPF. Les uns affirment que des centaines de milliers d'emplois sont créés et montrent les changements induits dans la société (amélioration des conditions de travail par la réduction du temps de travail), tandis que les autres affirment que la mesure mine la compétitivité de la France tout en ruinant un grand nombre de PME. Le principal argument contre les 35H Aubry est qu'aucun gouvernement au monde n'ait adopté une mesure similaire et on lui reproche d'être passée en force sans s'être concertée suffisamment avec les partenaires sociaux. La RTT a l'originalité de faire l'objet d'une nouvelle pratique de la législation avec une première loi votée le 13 juin 1998 posant les principes et reposant sur le volontariat des partenaires sociaux, suivie d'une seconde loi applicable à tous au 1 janvier 2000, basée sur plus de cent mille accords d'entreprises et de branche. Elle met aussi en place les emplois-jeunes, la loi de lutte contre l'exclusion et la couverture maladie universelle (CMU). Elle sera la première à réussir à combler le fameux « trou » de la Sécurité sociale en 2000, avant de jeter les bases de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour les personnes âgées dépendantes. Elle fonde en 2000 le club Réformer, groupe de réflexion politique avec Marylise Lebranchu, Jean Le Garrec, François Lamy, Adeline Hazan. Le 18 octobre 2000, Martine Aubry démissionne du gouvernement pour se consacrer à la campagne des élections municipales à Lille : Pierre Mauroy se représente à ses cotés et fait d'elle son successeur. Après une campagne très active, elle est élue maire et son parrain, Pierre Mauroy conserve la présidence de la communauté urbaine de Lille. L'année suivante, il annonce son intention de lui laisser la présidence Lille Métropole au prochain mandat. En 2002, bien placée dans les sondages, beaucoup la voient Premier ministre en cas de victoire de Lionel Jospin aux présidentielles. Après l'échec de ce dernier et celui de sa propre candidature dans la 5 circonscription réputée imprenable par la droite dans le Nord, elle reste un temps relativement discrète au plan national, se consacrant à la mairie de Lille. Émue par cette défaite, elle déclare payer pour ne pas avoir fait assez pour les gens à bas salaires. En décembre 2004, elle rejoint la direction du Parti Socialiste, chargée avec Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang de préparer un projet politique pour 2007. Comme la plupart des dirigeants du PS, elle s'est prononcée pour l'adoption du Traité constitutionnel européen. Elle a gardé depuis son entrée en politique le nom de son premier mari, Xavier Aubry, dont elle a divorcé. Le 20 mars 2004, elle a épousé en secondes noces l'avocat lillois Jean-Louis Brochen. Entre-temps, comme maire de Lille, elle a considérablement modifié l'ambiance et l'image extérieure de la ville de Lille par l'opération « Lille 2004, capitale européenne de la culture », qui a fait venir à Lille en un an plus de 9 millions de visiteurs. Elle a lancé le 14 octobre dernier Lille 3000, l'après-Lille 2004, qui pare sa ville pour trois mois aux couleurs de l'Inde, et a proposé au public plus de 300 manifestations culturelles. Près d'un million de visiteurs ont été accueillis. En 2005, elle déçoit les fervents du club de football local, le LOSC, en persistant dans l'intention première (et unanimement partagée au départ) de maintenir le LOSC à Lille dans un stade Grimonprez-Jooris agrandi dans la zone classée de la citadelle de Lille. Le permis de construire qu'elle a attribué est annulé en appel puis en cassation. La nouvelle localisation à l'est de Lille, à Villeneuve d'Ascq, votée en 2006, pose à nouveau des problèmes liés à la nature du sous-sol (carrières de craies à -30 mètres pour un projet de 250.000 tonnes). Le coût global de 500M€ (300M pour le stade et 200M pour les équipements périphériques)pose également un problème d'opportunité chronologique. Les opposants considèrent qu'un emplacement au grand sud de Lille, hors métropole, permettrait de mieux rentabiliser les infrastructures par un usage mixte lié aux liaisons multimodales (train/tram/métro) utiles aux usagers venant du sud tous les jours vers Lille.Soit a 10/15Km de Lille. Récemment, au cours des années 2002-2006, un nouveau partage de l'espace public entre piétons, voiture, et vélos a valu au maire une certaine chute de popularité, mais nombreuses de ses initiatives, comme le Projet de renouvellement urbain sur Lille Sud et Moulins ou Lille Ville de la Solidarité et Lille Plage, une plage solidaire qui a été installée l'été 2006 au cœur des quartiers en difficultés de Lille, ou à venir Lille Neige (une patinoire de 600 m² à Lille Sud), sont saluées des habitants. Longtemps soutenue par Pierre Mauroy, le maire de Lille a été affectée par une critique de celui-ci lors du bureau national du Parti Socialiste le 21 mars 2006A Lille, Aubry fait le vide autour d'elle, Le Figaro, 8 avril 2006 . En fait, si tous deux se sont officiellement réconciliés, notamment lors de l'hommage public rendu le 18 novembre 2006 à Roger Salengro, ce changement de génération au sein du PS du Nord crée quelques turbulences.. Pour preuve de conciliation, Martine Aubry a annoncé qu'elle n'avait pas l'intention d'être candidate aux législatives sur une circonscription qui ne serait pas lilloise comme c'est le cas pour la 5 du Nord située hors les murs. Elle avait envisagé de se présenter dans une circonscription « lilloise », celle de l'hôtel de ville, la 2, détenue depuis plus de trente ans par Bernard Derosier qui après avoir annoncé un temps son intention de ne pas se représenter a finalement décidé de maintenir sa candidature. Elle est membre du club Le Siècle.

Études

- Scolarité dans l'enseignement libre (mais au moins une partie au lycée Paul-Valéry, établissement public à Paris)
- Licence de sciences économiques
- Diplômée de l'institut des sciences sociales du travail
- Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1972
- Ancienne élève de l'École nationale d'administration de 1973 à 1975, promotion Léon Blum

Carrière

- 1975-1979 : chargée de mission auprès du directeur des relations du travail
- 1981 : conseiller technique au cabinet du ministre du Travail (y rédige les lois Auroux)
- 1983 : directeur adjoint du cabinet du ministre délégué aux Affaires sociales, chargé du travail
- 1984 : chargée de mission au cabinet du ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale.Directrice des relations du travail avec Jean Luc Pasquier sous ses ordres.M Pasquier etant , depuis, devenu temoin à charge contre Martine Aubry sur le dossier amiante .
- 1987 : maître des requêtes au Conseil d'État
- 1989-1991 : directeur général adjoint du groupe Péchiney dirigé alors par Jean Gandois, futur président du Conseil National du Patronat Français (CNPF)
- 1991-1993 : ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle des gouvernements Cresson et Bérégovoy
- 1993 : présidente-fondatrice de la Fondation Agir Contre l'Exclusion (FACE)
- 1995 : premier adjoint du maire de Lille et vice-présidente de la Communauté urbaine de Lille
- 1997-2002 : députée de la cinquième circonscription du Nord
- 2002: battue aux élections législatives par Sébastien Huyghe (UMP)
- 1997-2000 : ministre de l'Emploi et de la Solidarité
- Depuis 2001 : maire de Lille, vice-présidente de Lille Métropole Communauté Urbaine chargée du développement économique, présidente de l'Institut Pasteur de Lille, présidente du CHRU de Lille, présidente de Lille 2004 Capitale européenne de la culture.
-secrétaire nationale, chargée du projet au PS
-Membre du bureau national du PS (depuis décembre 2000); membre du bureau de l'AMGVF; secrétaire nationale, chargée des affaires sociales et emploi au pôle activités du parti socialiste (depuis 2005); conseillère d'Etat (depuis septembre 2006).
- 2006 : conseiller d'État en service ordinaire (hors tour) (en disponibilité)

Bibliographie

; Comme auteur
-1982 : Pratique de la fonction personnel : le management des ressources humaines, sous la direction de Dimitri Weiss. Paris : Éditions d'Organisation
-1994 : Le choix d'agir, Albin Michel
-1995 : Petit dictionnaire pour lutter contre l'extrême droite, avec Olivier Duhamel. Éd. du Seuil
-1997 : Il est grand temps. Albin Michel.
-2002 : C'est quoi la solidarité ?, A. Michel.
-2003 : L'important, c'est la santé (coordonné par). La Tour d'Aigues : Éd. de l'Aube.
-2004 : Culture toujours : et plus que jamais ! (coordonné par). La Tour-d'Aigues : Éd. de l'Aube.
-2004 : Réduire les fractures nord/sud : Une utopie ? (sous la dir de). L'Aube.
-2004 : Muscler sa conscience du bonheur en trente jours. Holoconcept
-2004 : Quel projet pour la gauche ?. L'Aube .
-2004 : Une vision pour espérer, une volonté pour transformer. La Tour-d'Aigues : Éd. de l'Aube
-2005 : Agir pour le Sud, maintenant !. Collection Proposer, L'aube
-2006 : Immigration, comprendre, construire. L'Aube. ; Comme préfacière
-1992 : Le chômage de longue durée : comprendre, agir, évaluer, actes du colloque Agir contre le chômage de longue durée, textes réunis par Patricia Bouillaguet et Christophe Guitton. Paris : Syros-Alternatives
-1995 : Carnet de route d'un maire de banlieue : entre innovations et tempêtes, Paul Picard. Syros.
-1996 : Pauvretés, sous la dir. de Claire Brisset. Hachette
-1997 : La nouvelle Grande-Bretagne : vers une société de partenaires, Tony Blair. La Tour-d'Aigues : Éd. de l'Aube.
-2000 : Emploi et travail : regards croisés, sous la dir de Jean Gadrey, Montréal (Québec) : l'Harmattan.
-2002 : La Ville à mille temps, sous la dir de Jean-Yves Boulin.
-2002 : Notre-Dame de la Treille, du rêve à la réalité, Frédéric Vienne.
-2004 : Démocratie participative : Promesses et ambiguïté, Michel Falise. Aube.
-2004 : Notre Sébasto...pol : Mémoire d'un Théâtre 1903-2003, Edgar Duvivier. Publi-Nord
-2005 : Un nouvel art de ville : Le projet urbain de Lille, Pierre Saintignon. Editions Ville de Lille
-2005 : Le Maître au Feuillage brodé : Primitifs flamands. Secrets d'ateliers Florence Combert, Didier Martens. RMN
-2005 : Felice Beato en Chine : Photographier la guerre en 1860 ; Annie-Laure Wanaverbecq. Somogy
- 2005 : Un nouvel art de ville : le projet urbain de Lille, Pierre de Saintignon. Édition Ville de Lille ; À propos de Martine Aubry
-1997 : Martine Aubry : enquête sur une énigme politique, Paul Burel et Natacha Tatu. Calmann-Lévy, 1997
-2002 : La dame des 35 heures, Philippe Alexandre et Béatrix de L'Aulnoit. Robert Laffont.
-2002 : Martine : portrait intime, Isabelle Giordano. Grasset

Notes & références

Lien externe

- Catégorie:Ministre français du Travail (ou des Affaires Sociales) Catégorie:Ancien député de la Cinquième République Catégorie:Ancien député du Nord Catégorie:Maire de Lille Catégorie:Personnalité politique féminine française Catégorie:Maire PS Catégorie:Ancien élève de l'Institut d'études politiques de Paris Catégorie:Énarque Catégorie:Naissance en 1950 de:Martine Aubry en:Martine Aubry it:Martine Aubry ja:マルティーヌ・オブリー
Sujets connexes
Adeline Hazan   Alain Juppé   Allocation personnalisée d'autonomie   Bernard Derosier   Cinquième circonscription du Nord   Commission européenne   Compétitivité économique   Confédération française démocratique du travail   Conseil d'État (France)   Conseil national du patronat français   Conseiller d'État (France)   Couverture maladie universelle   Dominique Strauss-Kahn   Droite (politique)   Dunkerque   Emplois-jeunes   France   François Lamy   François Mitterrand   Gauche plurielle   Institut Pasteur de Lille   Institut d'études politiques de Paris   Isabelle Giordano   Jack Lang   Jacques Delors   Jean Auroux   Jean Gandois   Jean Le Garrec   L'Express   LOSC Lille Métropole   La Tour-d'Aigues   Le Figaro   Le Siècle   Lille   Lionel Jospin   Liste d'énarques par promotion   Lois Auroux   Lycée Paul-Valéry   Léon Blum   Marylise Lebranchu   Nicole Notat   Noguères   Nord (département)   Olivier Duhamel   Paris   Parti communiste français   Parti socialiste (France)   Pechiney   Petites et moyennes entreprises   Philippe Alexandre   Pierre Bérégovoy   Pierre Mauroy   Pyrénées-Atlantiques   Réduction du temps de travail   Sébastien Huyghe   Sécurité sociale   Tony Blair   Traité de Rome de 2004   Union pour un mouvement populaire  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^