Urbain V

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Guillaume de Grimoard (né en 1310 à GrizacSur la commune du Pont-de-Montvert, Lozère et décédé en 1370 à ?) devint pape sous le nom de Urbain V. Il porte également le nom de Bienheureux pape Urbain V depuis sa béatification en 1870 par le pape Pie IX.
Urbain V

Guillaume de Grimoard (né en 1310 à GrizacSur la commune du Pont-de-Montvert, Lozère et décédé en 1370 à ?) devint pape sous le nom de Urbain V. Il porte également le nom de Bienheureux pape Urbain V depuis sa béatification en 1870 par le pape Pie IX.

Biographie

Naissance et enfance

right Fils aîné de Guillaume de Grimoard seigneur de Grisac et d'Amphélise (ou Elise) de MontferrandLa famille Montferand est une famille noble du Gévaudan, voir les baronnies du Gévaudan, le futur pape Urbain V portait le même patronyme que son père. il naquit en 1310 au château familial de Grizac situé sur la commune du Pont-de-Monvert prés de Mende. Ce château, acheté et restauré par M. Renaud de Lausbespin, fut construit peu avant sa naissance par son père, chevalier-paysan"Ce tant rude, Gévaudan", Félix Buffière, p.771. Il aura deux frères : Étienne, mort sans descendance et Anglic qui deviendra religieux à l'abbaye de Saint-Ruf de Valence et sera fait cardinal par son frère. Ce dernier qui survivra 18 ans au Bienheureux Urbain V mourut le 14 avril 1388 et sera enterré à l'église de Saint-Ruf de Valence. Le futur pape a également une sœur, Delphine qui se maria à Guillaume de Monyaut. Guillaume de Grimoard fut baptisé en 1310 et eut pour parrain Elzéar de Sabran dont il proclamera lui même la sainteté le 15 avril 1369Florian Mazel, La noblesse et l'église en Provence fin X-début XIV, L'exemple des familles d'Agoult-Simiane, de Baux et de Marseille. Editions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2002, page 529 isbn 2-7355-0503-0. Élève brillant, il quittera le domicile familial vers l'âge de 12 ans pour aller étudier à Montpellier. Sa mère lui disait avec humilité Paul Amargier Urbain V, un homme, une vie (1310-1370) Société des médiévistes provençaux, Marseille, 1987 page 20 : "Mon fils, je ne te comprends pas, mais Dieu, lui, te comprends". Il ira ensuite à Toulouse parfaire ses études.

Le moine

Ses études terminés, il entra dans l'ordre des bénédictins au prieuré du Monastier où son oncle maternel, Anglic, probablement le parrain de son jeune frère, était prieur. Ce monastère à quelques lieus de Mende, prés des bourgs de Chirac et de Marvejols dépendait de la congrégation victorine de Marseille. Son noviciat achevé, il se rendit à Marseille où il fit sa profession de foi puis retourna au Monastier où il reçut l'ordination sacerdotale. Il partit ensuite à l'Université de Montpellier où il enseigna et devint un spécialiste renommé du Droit. Il fut reçu docteur en 1342. Il se trouve toujours dans cette ville lorsque se propage la terrible peste de 1348 et s'en trouve profondément marqué. Pierre d'Aigrefeuille venant d'être nommé évêque de Clermont-Ferrand le prend comme vicaire général. Une fois transféré à Uzés, l'évêque gardera Guillaume de Grimoard à ses côtés. Demeuré moine noir mais de Cluny et non plus de Saint-Victor, il est nommé prieur au diocèse d'Auxerre. C'est alors que, le 13 février 1352, le pape Clément VI le fit passer à la tête de l’Abbaye Saint-Germain d'Auxerre.

Le diplomate

Il fut un conseiller écouté des papes aussi bien de Clément VI que d'Innocent VI d'où l'attribution de plusieurs missions en Italie. Giovanni Visconti, imprudemment nommé archevêque de Milan par Clément VI, voulait se rendre maître de Bologne. Aprés une malheureuse intervention militaire, Clément VI fit appel à Guillaume de Grimoard pour engager une délicate négociation. Le 6 septembre 1352 il prit au nom du pape possession de Bologne pour la céder ensuite à Visconti contre un paiement annuel. Guillaume de Grimoard se vit confier une mission analogue par Innocent VI auprés de Bernabo Visconti le neveu de Giovanni. En reconnaissance des services rendus, Innocent VI le nomma le 2 aouût 1361 abbé de Saint-Victor à Marseille aprés le décés d'Etienne de Clapier, titulaire de ce siège. Moins d'un an aprés sa nommination, il reçut le 10 juin 1362 un message du pape lui demendant de se rendre de toute urgence à Avignon. En effet le prince Louis de Tarente, second époux de la reine Jeanne de Naples, comtesse de Provence, venait de décéder. Le pape lui demandait de se rendre à Naples pour porter à la jeune veuve de 36 ans ses instructions. Le 27 juin 1362 il prenait le chemin de l'Italie.

Le pape

Election

Déprimé par les évènements, Innocent VI mourut le 12 septembre 1362 alors que Guillaume de Grimoard était dans le royaume de Naples. Pour procéder à sa succession le conclave s'ouvrit le 22 septembre 1362; le cardinal Hugues Roger, frère du défunt pape Clément VI fut élu mais se récusa. Le choix d'un prélat étranger au Sacré Collège s'imposait et le 28 sepembre Guillaume de Grimoard fut élu. Pour l'avertir des courriers partirent dans le plus grand secret afin que les italiens ne le retiennent. L'abbé de Sain-Victor prit immédiatement la mer; arriva à Marseille le 27 octobre, fut d'abord ordonné évêque car il était simplement prêtre puis intronisé pape à Avignon le 23 novembre"Ce tant rude, Gévaudan", Félix Buffière, p.773. Il est depuis considéré comme le premier des papes humanistes et un européen de la première heure. Il aurait déclaré à son arrivé au Palais des papes : « Mais je n'ai même pas un bout de jardin pour voir grandir quelques fruitiers, manger ma salade et cueillir un raisin »"Ce tant rude, Gévaudan", Félix Buffière, p.774. C'est peut-être suite à cette phrase, ou à son manque de jardins tels qu'il les connaissaient dans ses Cévennes natales qu'il entrepris durant son pontificat de couteux travaux d'extension des jardins , thèse d'Élydia Barret, La Sorbonne 2004.sous le vocable de son choix Urbain V. Dés le 26 novembre 1362, il présidait la translation des cendres de son prédécesseur Innocent VI en la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon en présence du roi de France Jean II le Bon.

Homme de science et bienfaiteur

Il enrichit considérablement la bibliothèque pontifical qui contient un grnad nombre d'ouvrage d'histoire du droit, de théologie et de philosophie. Il profite de sa position pour favoriser l'enseignement par la fondation de plusieurs "studium", sortes de maison d'études supérieures destinées à préparer les jeunes gens aux universités notamment à Trets (Bouches-du-Rône), Manosque (Alpes de Haute Provence), Saint-Germain-de-Calberte Sur la moitié du blason de cette commune se trouve celui d'Urbain V(Lozère), Saint-Roman (Gard) etc... Il oeuvre à la création de plusieurs collèges universitaires (Orange, Cracovie, Vienne), d'une école de musique à Toulouse. Mais c'est surtout l'université de montpellier, fortement ébranlée par la peste et le passage des compagnies, qui bénéficie de ses bienfaits. Urbain V, si préoccpé des intérêts spirituels, s'est montré trés généreux pour financer de nombreux travaux. Le Gévaudan et son diocèse de Mende ont été submergés de bienfaits : une nouvelle cathédrale à Mende, des collégiales à Bédoués et à Quézac, une église paroissiale à Grisac son village natal, des embellissements au prieuré de Chirac, un pont sur le Lot à Salmon etc...Il fit reconstruire l'abbaye marseillaise de Saint-Victor dont il avait été abbé et qui était en trés mauvais état. Seulement deux mois aprés son couronnement un immense chantier est ouvert. Pierre Boquier, bibliothécaire-archiviste des bénédictins de Marseille est choisi comme comptable et directeur des travaux. Au maximum du chantier, on estime à 200 le nombre d'ouviers employés. Les travaux terminés, le pape se rendit à Marseille à la mi octobre 1365 pour bénir les embellissements et consacrer le nouvel autel. Il fut reçu au milieu d'une immense foule par l'évêque dominicain Guillaume Sudre. Il quitta ensuite Marseille pour revenir à Avignon le 24 octobre 1365.

Retour à Rome

Urbain V avait toujours estimé que le pape devait sièger à Rome et non ailleurs. Un calme relatif étant apparu en Italie à la suite des succés militaires remportés par le cardinal Albornoz contre Bernabo Visconti, le pape estima qu'il pouvait s'installer à Rome. Ce fut en fait un déplacement complet de la cour avec ses services, ses archives et son approvisionnement. Le cortège quitta Avignon et arriva à Marseille le 6 mai 1367 où, avant de s'embarquer, il consacra cardinal un jeune homme de 28 ans, Guillaume d'Aigrefeuille, homonyme de son oncle. La flotte quitta Marseille le 19 mai 1367. Enluminure représentant le voyage du pape Le pape fut accueilli le 3 juin à Cornéto ( aujourd'hui Tarquina) par Albornoz qui le conduit ensuite à Viterbe au milieu d'une foule enthousiaste. Albornoz ne devait guère survivre à ce jour de gloire et mourut 2 mois plus tard le 24 août 1367. Le 16 octobre Urbain V entre triomphalement à Rome. En mars 1368 il reçoit la reine jeanne et le roi de Chypre, Pierre de Lusignan qui souhaitait le départ d'une nouvelle croisade. A cette occasion Urbain V remît à la reine Jeanne la "rose d'or" Un exemplaire de ce joyau est conservé au musée de Cluny à Paris, c'est la plus ancienne conservée au monde , distinction attribuée pour la première fois à une femme. A ceux s'étonnaient de ce choix au détriment du valeureux Pierre de Lusignan, il rappelait avec humour que l'on avait jamais vu non plus un abbé de Maseille devenir pape. L'été 1370 le pape résidait à Montéfiasco lorsqu'une révolte éclata à Pérouse. Il se replia à Viterbe où les soldats de Pérouse et la compagnie du capitaine anglais John Hawkwood l'assiégèrent. Pendant ce temps Bernado Visconti ravagea la Toscane. Le pape comprit que son retour était prématuré et décida de rentrer à Avignon. L'éloquence de son ami Pétrarque et les prévisions mystiques de Brigitte de Suède ne modifièrent pas sa décision.

Retour à Avignon et décés

Le 27 septembre 1370 la cour entrait en grande pompe à Avignon. Au mois de novembre il ressentit les premières atteintes du mal qui deait l'emporter. Il s'installa dans la maison de son frère, le cardinal Anglic, pour y mourir le 19 décembre 1370. Il souhaitait être enseveli à la manière des pauvres à même la terre, puis son corps réduit en cendre, que ses ossements soient portés à l'église de Saint-Victor de Marseille. Le cardinal Guy de Boulogne prononça l'éloge funèbre. A Montpellier une cérémonie grandiose eut lieu la veille de Noël. Le 31 mai 1372, sous la direction de son frère le cardinal Anglic, les restes du pape furent exhumés du tombeau de la cathédrale Notre-Dame des DomsÀ coté du palais des papes : et transférésSelon son souhait à Saint-Victor de Marseille où sa sépulture fut l'objet de pélerinages. On le sait très proche de ses origines gévaudanaises, et, afin d'aider ses jeunes compatriote, il fonde à Montpellier le collège Saint-Martin, destiné à accueillir 12 (puis 8) étudiants en médecine issus du Gévaudan. Cet attachement à la médecine s'explique par son amitié avec l'un des pères de la chirurgie médicale, Guy de Chauliac. Il marqua profondément son pontificat en restaurant le Saint-Siège à Rome en 1367. En 1370, afin d'apaiser les guerres ravageant la France, il dut revenir à Avignon où il mourut le 19 décembre.

Faits marquants

- Durant son pontificat, il aura restauré les universités de Montpellier, Toulouse et Paris et œuvré à la création de plusieurs collèges universitaires (Vienne, Cracovie) et du premier évéché de Pékin.
- Il a enrichi particulièrement la région cévenole d'édifices religieux : cathédrale de Mende, églises collégiales de Quézac et de Bédouès.
- Le roi Charles V, pour le remercier, exempta la seigneurie de Grizac de tout impôt devenant ainsi une terre franche, privilège conservé jusqu'au .

Sa béatification

Statue à son effigie sur le parvis de la cathédrale de Mende, inaugurée en 1874 Son procès de canonisation est demandé par Valdemar IV de Danemark et promis par le pape Grégoire V dès 1375. Mais la crise du Grand Schisme qui secoua l'église catholique eut tôt fait de le stopper. Ainsi c'est seulement le 10 mars 1870 qu'il fut déclaré bienheureux par le pape Pie IX. Une association s'est constituée pour promouvoir la cause de sa sanctification.

Autres informations

-Le nom Urbain vient du latin urbanus (= de la ville), très tôt employé comme nom de personne.
-Fête : le 19 décembre.
-Un jardin porte son nom au palais des papes en Avignon.
-Une polyclinique porte également son nom, toujours en Avignon.
-Une rue de Marseille porte son nom et un gisant a été placé dans la crypte de Saint-Victor.

Bibliographie

- Joseph Fornery, Histoire du comté Vénaissin et de la ville d'Avignon, Roumanille, Avignon, s.d.
- Joseph Hyacinthe Albanés, Recherches sur la famille de Grimoard, Imprimerie Privat, Mende, 1866
- Joseph Hyacinthe Albanés, Entrée solennelle du pape Urbain V à Marseille en 1365, Librairie ancienne de Boy-Estellon, Marseille, 1865, numérisé par Gallica
- G.de Rey, Les Saints de l'église de Marseille, Marius Olive, Marseille, 1885.
- Maurice Prou, Etude sur les relations politiques du pape Urbain V avec les rois de France Jean II et Charles V, Bibliothèque de l'école des hautes études, viewerg, Paris, 1888, numérisé par Gallica
- Mgr M Chaillan, La vielle église de Saint-Victor de Marseille et le pape Urbain V, Tacussel, Marseille, 1929
- G. Mollat, Les papes d'Avignon, Letouzey & Ané, Paris, 1950
- Bernard Guillemain, La cour pontificale d'Avignon, 1309-1376, Ed. de Boccard, Paris, 1966
- Jean-Rémy Palanque, Le diocèse de Marseille, Letouzey & Ané, Paris, 1967
- Paul Amargier, Urbain V, un homme, une vie, Société des médiévistes provençaux, Marseille, 1987 (162 pages)
-Antoine de Rosny, Urbain V : un pape du Gévaudan, 1310-1370. – Mende : Conseil général de la Lozère, coll. « Patrimoine », 2005. 35 p., 23 cm. – ISBN 2-9512302-7-3.

Sources et références

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