Guerres d'Italie

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Les guerres d’Italie sont une suite de conflits menés par les souverains français en Italie au cours du pour faire valoir leurs droits héréditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duché de Milan. Charles VIII prépara la première guerre d’Italie avec le traité d’Étaples en 1492, le traité de Barcelone en janvier 1493 et le traité de Senlis, en mai 1493.
Guerres d'Italie

Les guerres d’Italie sont une suite de conflits menés par les souverains français en Italie au cours du pour faire valoir leurs droits héréditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duché de Milan. Charles VIII prépara la première guerre d’Italie avec le traité d’Étaples en 1492, le traité de Barcelone en janvier 1493 et le traité de Senlis, en mai 1493.

Origines

Le royaume de Naples, jusqu’en 1442, est aux mains de la famille d’Anjou, maison cadette des Capétiens. À cette date, l’Aragon avec le roi Alphonse V en prend le contrôle. La famille d’Anjou essaye alors sans relâche d’en reprendre possession. Son dernier représentant, René d’Anjou meurt en 1480 : ses droits sur le royaume de Naples passent alors à la France, sur le trône de laquelle règne, dès 1483, Charles VIII. En 1486, certains barons du royaume de Naples, restés fidèles aux Angevins, se révoltent. Vaincus ils se réfugient en France. Les monarques français vont alors essayer de faire valoir leurs droits pendant près de 60 ans. De plus, Charles VIII a été incité à se rendre en Italie par Ludovic le More, qui est alors tuteur du duc de Milan Jean Galéas Sforza. Ludovic le More est inquiet de la rupture possible de l’équilibre en Italie : l’alliance formée dès 1467 par Florence, Milan et Naples, pour lutter contre la puissance vénitienne, bat de l’aile et Pierre II l’Infortuné, le successeur de Laurent le Magnifique se rapproche du royaume de Naples.

Les premières guerres d’Italie : de Charles VIII à Marignan

Première guerre d’Italie (1494-1497)

Allié au duché de Milan, et sous le prétexte de mener une nouvelle croisade contre l’Empire ottoman et de délivrer Jérusalem (prétexte que même ses contemporains n’ont pas cru), Charles VIII part de Grenoble et franchit le col de Montgenèvre le 2 septembre 1494.Le royaume de Naples aurait-été légué à son père Louis XI par Charles du Maine, mort en 1481 et neveu de René d'Anjou.Charles VIII a du faire de grandes recherche dans le archives pour prouver le bien-fondé de ses prétentions, d'autant plus que la dite maison angevine a perdu ses possessions napolitaines en 1442. Ce legs comprend aussi le royaume de Jérusalem, qui sera occupé par les mamelouks jusqu'en 1517!.Trois traités diplomatiques assure à la France la neutralité de l'Espagne par le traité de Barcelone en 1492 (Ferdinand d'Aragon récupère la Provence), de l'Angleterre par le traité d'Etaples en 1493 ( contre beaucoup d'écus) et de Maximilien par celui de Senlis en 1493. Lors ce ces derniers accords Charles VIII renonce à la Franche Comté, dot de l'ancienne fiancée du roi Marguerite d'Autriche, mais que Maximilien a déjà récupéré. L’armée française qui pénètre en Italie est composée de la garde rapprochée du roi, formée par deux cents cavaliers, une cavalerie de 1 600 lances, 12 000 fantassins (dont 6 000 Suisses et 3 000 Gascons) et surtout une artillerie de 70 pièces, légères et maniables, tirant des boulets de bronze ou de cuivre à cent coups à l'heure. Les Français avancent rapidement et ils atteignent la ville d’Asti le 9 septembre. Parallèlement, à Rapallo, près de Gênes, les troupes franco-milanaises commandées par Louis d’Orléans, appuyées par la marine française, ont mis en déroute une armée de 5 000 Aragonais, fraîchement débarqués dans le port de Gênes. Malade — il a la petite vérole — Charles VIII ne peut pénétrer dans Gênes avant le 6 octobre. L’armée française continue alors en direction de Naples : le 20 octobre, les Français prennent Mordano, en Romagne, et y massacrent civils et soldats ; le 26 c’est le bourg de Fivizzano qui subit le même sort. Les Italiens sont terrorisés, et après négociation, Florence est prise sans combat le 17 novembre. Les Français la quittent le 28 du même mois et entrent dans Rome le 31 décembre. Pendant ce temps, une révolution populaire a transformé la Florence des Médicis en une république qui survivra jusqu’en 1512. À la mi-février 1495, le roi de Naples, Alphonse II, abdique et Ferdinand II lui succède. Ce dernier doit fuir devant l’arrivée des troupes françaises le 22 février 1495. L’occupation militaire de Naples est l’occasion pour de nombreux soldats de contracter un mal jusqu’alors inconnu : la syphilis. L’arrogance de l’occupant provoque l’hostilité de la population. Une alliance anti-française, la Ligue de Venise, se forme. Charles VIII décide de quitter Naples, ce qu’il fait le 20 mai 1495 avec le gros de son armée. Gilbert de Montpensier, devenu vice-roi, y demeure en tant que gouverneur à la tête d’une garnison française. Resté en Lombardie avec une partie des troupes, Louis d’Orléans, bien qu’il ait reçu l’ordre de ne pas attaquer Ludovic le More, duc de Milan, ne peut résister à l’envie de s’emparer de Novare. Il y entre le 10 juin 1495 et y est très bien reçu par les habitants. Cependant, il n’entreprend pas de prendre Milan alors que la ville est sans défense et que ses habitants l’auraient également très probablement accueilli à bras ouverts. Cependant, le retour vers la France de Charles VIII s’effectue dans des conditions difficiles. Le roi, ayant quitté Naples avec une armée diminuée (il n’a plus que 9 000 hommes avec lui), fait traverser à grand-peine les Apennins à son artillerie et arrive près de Fornoue le 5 juillet. Rattrapé par l’armée coalisée, forte de 35 000 hommes et commandée par le marquis de Mantoue, François II, Charles VIII est obligé d’accepter le combat. Le 6 juillet se déroula la bataille de Fornoue où les Français, malgré leur infériorité numérique, remportèrent une relative victoire qui leur permit de poursuivre leur retraite. L’armée arriva à Asti dans un état de délabrement certain. Louis d’Orléans, s’étant fait enfermer avec ses troupes dans Novare par les 30 000 hommes de Ludovic le More et étant en proie à la famine, appela son cousin à l’aide. Celui-ci, ne lui tenant pas rigueur de son insubordination, partit à son secours. Des négociations s’ouvrirent entre les deux parties qui conduisirent à la paix de Verceil signée le 9 octobre 1495. Louis d’Orléans évacua Novare avec ses 5 500 hommes majoritairement Suisses dont un grand nombre, trop affaibli, mourut peu après. Le traité de Verceil, sous l’apparence d’avantages, accordait au roi des espérances chimériques et laissait tout ce qu’il offrait de solide au duc de Milan, en lui garantissant son usurpation. Pendant ce temps, les Français laissés sur les débris du royaume de Naples combattaient pour en conserver la possession. Ferdinand II, ayant débarqué en Calabre, les assiégea dans Naples. Montpensier s’était renfermé dans les châteaux en attendant les secours de France. Ceux-ci tardèrent à arriver car d’une part Ludovic le More avait dupé les Français en leur promettant, au traité de Verceil, une flotte pour acheminer leur troupes vers Naples, flotte dont ils ne virent jamais la couleur et car d’autre part Charles VIII était à court d’argent. Le coût de son expédition en Italie aurait du être partiellement couvert par des dons que les Florentins lui avaient fait. Cependant ces dons étaient conditionnés au retour sous contrôle florentin des places fortes qu’ils avaient prêtées au roi, et celles furent finalement vendues à Lucques, Venise, Gênes ou Pise, suite à la trahison du commandant français en Toscane, Robert de Balsac. Charles VIII se vit donc contraint à rembourser les prêts florentins et ne reçut pas les nouveaux versements que Florence aurait dû lui faire. Gilbert de Montpensier, en désespoir de cause, embarqua avec presque toute sa garnison et se rendit à Salerne. L’armée du comte, composée en grande partie de mercenaires allemands et italiens, manquant souvent de vivres et n’ayant pas reçu sa solde depuis fort longtemps, se fit enfermer, par Ferdinand II dans la petite ville d’Atella. Dans ces conditions, une partie des mercenaires allemands fit défection, ce qui poussa les Français à la capitulation. L’armée française retenue prisonnière fut décimée par la maladie et la faim. L’Espagne s’était engagée dans la ligue de Venise en violation du traité de Barcelone du (19 janvier 1493) par lequel le Roussillon lui était cédé. Afin de soutenir ses alliés, Ferdinand II d'Aragon attaqua à plusieurs reprises le Languedoc courant 1496. Des négociations en vue d’obtenir une paix séparée avec l’Espagne occupèrent une partie de l’année 1496, toute l’année 1497 et le début de 1498, aboutissant à la signature de la trêve d’Alcala de Henares le 24 novembre 1497. Charles VIII toujours désireux de reconquérir le royaume de Naples entretint des intelligences avec les princes d’Italie dont les états pouvaient lui ouvrir de nouveau le chemin de Naples. Cependant, le duc d’Orléans contribua à faire naître des obstacles face aux projets du roi qui mourut en 1498 sans d'avoir pu exaucer ses rêves de revanche.

Deuxième guerre d’Italie (1499-1500)

Louis d’Orléans, devenu Louis XII, a hérité des droits des Valois sur le Royaume de Naples. Il estime également avoir des droits sur le Duché de Milan, sa grand-mère étant une Visconti. Conseillé par l’archevêque de Rouen, Georges d’Amboise, Louis XII prépare minutieusement sa campagne en Italie. Il se rapproche d’abord des Borgia car il avait besoin de l’appui du pape Alexandre VI afin d’annuler son mariage avec Jeanne de France pour épouser la veuve de Charles VIII, Anne de Bretagne, et conserver ainsi le duché de Bretagne. César Borgia apporte la bulle pontificale accordant l’annulation du mariage. En récompense, le roi de France accorde au messager le duché de Valentinois ainsi que la main de Charlotte d'Albret, sœur du roi de Navarre, ce qui satisfait le pape qui désire placer tous les membres de sa famille à l’échelle européenne. Louis XII se rapproche également de la République de Venise avec qui il signe le traité de Blois le 2 février 1499 selon lequel il promet la région de Crémone si elle intervient au côté de la France. Le 16 mars 1499 est signé le traité de Lucerne entre la France et les Cantons suisses. Et enfin, il conclut des accords avec le roi d’Angleterre et le futur roi de Castille, Philippe le Beau et les Cantons suisses. Le duc de Milan se trouvait ainsi totalement isolé. Les Français commandés par le condottiere Gian Giacomo Trivulzio et les Vénitiens attaquent le duché de Milan en juillet 1499. Ludovic le More ne recevant aucun soutien de l'Empereur et étant attaqué sur deux fronts, se réfugie au Tyrol. Trivulzio occupe Milan le 2 septembre 1499. Gênes tombe également dans les mains du roi de France. Louis XII rejoint Trivulzio à Milan puis repart pour son royaume, laissant la protection du duché à son général. Ludovic Sforza reconstitue une armée et reprend Milan en mars 1500. Louis XII envoie La Trémoille et Georges d'Amboise reconquérir le duché de Milan. Ludovic le More n’ayant pas payé ses mercenaires, ces derniers refusent de combattre les Français et leur livre même leur chef à Novare le 10 avril 1500. Ludovic Sforza est emmené en captivité en France où il mourra en 1508. Louis XII nomme le cardinal Georges d’Amboise gouverneur de Milan.

Troisième guerre d’Italie (1500-1504)

Une fois acquis le duché de Milan, Louis XII se tourne vers le royaume de Naples. Une fois encore, il obtient l’appui du pape Alexandre VI qui reproche au roi de Naples Frédéric de s’être allié aux Turcs. Le 11 novembre 1500, Louis XII signe le traité de Grenade avec Ferdinand II d'Aragon régissant le partage du royaume de Naples : les Pouilles et la Calabre pour l’Espagne, Naples, le Labour et les Abruzzes pour la France. En 1501, Naples doit faire face à la double offensive franco-espagnole si bien que le roi de Naples doit capituler le 26 septembre 1501. Frédéric de Naples se réfugie auprès du roi de France, qui lui attribue le titre de duc d'Anjou en contrepartie de son renoncement au royaume de Naples. Durant le même temps, et avec l’accord de la France, César Borgia, fils d’Alexandre VI, a pris possession de la totalité de la Romagne pontificale (1500), puis du duché d’Urbino (juin 1502). Louis XII s’oppose à ses velléités d’attaquer Florence. Le 31 décembre 1502, il fait massacrer les barons de la famille Orsini à Senigallia. Dans le royaume de Naples, l’occupation par les Français de certains territoires contestés entraine un conflit avec l’Espagne dès 1502. Alexandre VI meurt en août 1503. Son successeur, Pie III, ne règne que quelques mois, puis c’est un adversaire farouche des Borgia, Jules II, qui devient pape. César Borgia doit rendre les villes et forteresse qu’il occupe et fuit en Espagne, où il est emprisonné, puis se réfugiera en Navarre. Il meurt en 1507. Les défaites françaises de Seminara, de Cérignole et Garigliano contre Gonzalve de Cordoue, entraînent la perte de Naples et, le 1504, la capitulation de Gaëte. En février 1504 est signé l’armistice de Lyon par lequel Louis XII renonce au royaume de Naples au profit de Ferdinand II d'Aragon. Louis XII a donc permis l’extension de la Papauté et a provoqué l’installation des Espagnols à Naples.

Quatrième guerre d’Italie (1508-1513)

En 1508, le traité de Cambrai, débouche sur la quatrième guerre d’Italie. La ligue de Cambrai est dirigée contre Venise et regroupe la Papauté, qui veut récupérer quelques places de Romagne que Venise a occupées en 1504, la France, qui veut récupérer quelques places vénitiennes en Lombardie et le Saint Empire, qui veut récupérer quelques places dans le Frioul. En 1506, Jules II s’était déjà emparé seul de Pérouse et de Bologne. Les Vénitiens refusent de céder à l’ultimatum papal et la guerre éclate en mai 1509. Les troupes françaises, commandées par Louis XII en personne, assisté par Trivulzio et Chaumont, franchissent la frontière lombarde le 9 mai 1509 et battent les Vénitiens de Bartolomeo d’Alviano à la bataille d'Agnadel le 14 mai. Louis XII s’empare immédiatement des villes lombardes qui lui reviennent, Maximilien fait de même avec les siennes et Jules II occupe la Romagne. Les troupes vénitiennes se ressaisissent toutefois et, le 15 juillet, les Vénitiens qui s’étaient fortifiés dans Trévise, reprennent Padoue sous les ordres d’Andréa Gritti. L’Empereur vient mettre le siège devant la ville le 15 septembre, mais doit le lever 17 jours plus tard, Inquiet des progrès de Louis XII, le pape Jules II manifeste sa volonté de les chasser d’Italie. Le 24 février 1510, il lève l’excommunication de Venise et les troupes papales et vénitiennes vont combattre ensemble pour chasser les Français d’Italie, les Vénitiens reprenant progressivement leurs territoires sur la Terre Ferme. En mai 1511, Louis XII prend Bologne et convoque un concile à Pise destiné à destituer le pape. Jules II riposte par sa bulle Sacrosanctæ, convoquant un concile au Latran, en excommuniant les membres du concile de Pise. Le 5 octobre 1511, le pape forme la Sainte Ligue avec l’Espagne et Venise, puis l’Angleterre et les cantons suisses, contre la France. Les troupes françaises, commandées par Gaston de Foix, parviennent toutefois à vaincre les troupes de la Ligue : celles-ci doivent lever le siège de Bologne, évacuer Brescia qu’elles avaient reprises et vainquent les troupes de la Ligue le 11 avril 1512 lors de la bataille de Ravenne. Gaston de Foix meurt cependant durant cette bataille et Jacques II de Chabannes, son successeur, n’a pas ses talents de général. Au lieu de marcher sur Rome, les troupes françaises perdent du temps à piller Ravenne. Les troupes espagnoles et pontificales ont le temps de se ressaisir et les 18 000 soldats suisses arrivent en Lombardie. En juin 1512, les Français ont complètement évacué la Lombardie et Maximilien Sforza est placé sur le trône ducal à Milan. Jules II meurt le 20 février 1513. Il laisse à son successeur Léon X une papauté très forte. Les Français, dirigés par La Trémoille et Trivulzio, lancent une nouvelle offensive et reprennent la plupart des villes du duché, dont Milan. Cette offensive est pourtant mise en échec à son tour, le 6 juin 1513, à la bataille de Novare, perdue contre les Suisses. Les troupes françaises évacuent une nouvelle fois le Milanais et repassent en France pour faire face à un nouveau danger. Au nord, les Anglais lancent l’offensive à partir de Calais en Picardie, tandis que les Suisses lancent l’offensive en Bourgogne. La cavalerie française est battue à la bataille de Guinegatte le 16 août 1513 face aux Anglais d’Henri VIII. Ce dernier occupe ensuite Thérouanne. Les Suisses mettent le siège devant Dijon. Au sud, le duc d'Albe, commandant les Aragonais, lance l’offensive contre la Navarre. Il conquiert tout le pays au sud des Pyrénées, contraignant Jean d'Albret à faire retraite. Le 14 septembre, Louis II de la Trémoille signe le traité de Dijon par lequel il achète le départ des Suisses et abandonne ses prétentions sur l’Italie au nom du roi Louis XII. Ce dernier ne ratifie pas ce traité. Louis XII a définitivement perdu l’Italie. La récupération de ces territoires sera confiée à son successeur, François I.

Cinquième guerre d’Italie (1515-1516)

Sacré roi de France le 25 janvier 1515, François I rassemble de l’argent pour une nouvelle expédition en vue de reprendre le duché de Milan. Il n’a personnellement aucun droit sur le duché, mais se fait remettre par notaire ceux de sa femme, Claude de France. Il signe des traités avec le roi d’Angleterre Henri VIII, le prince des Pays-Bas bourguignons Charles (futur Charles Quint) et la République de Venise. Les Suisses tiennent le duché, au nom de son jeune duc Maximilien Sforza. Ils obtiennent le soutien, le 7 février 1515, de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et de Ferdinand II d'Aragon pour la protection du Milanais. Le pape Léon X, plus soucieux de défendre les intérêts de sa famille à Florence n’adhère à l’accord que le 15 juillet. En réalité seuls les Suisses sont prêts à défendre le duc de Milan, l’empereur fermant les yeux sur l’engagement par François I de plus de 15 000 lansquenets allemands. Les Suisses se préparent à l’invasion française en installant des garnisons dans le Piémont, aux débouchés traditionnelles des armées française, Suse et Pignerol, par le col du Mont-Cenis et du Montgenèvre. Les Français prennent cependant une voie nouvelle pour venir en Italie, le col de Larche, et forcent ainsi les Suisses à faire retraite pour défendre la Lombardie. Au cours de l’été, le roi de France promet aux Confédérés d’énormes sommes d’argent en échange de l’abandon du duché de Milan. Les Suisses hésitent, puis refusent. Suisses et Français s’affrontent alors les 13 et 14 septembre 1515 lors de la bataille de Marignan. Les Français sont vainqueurs et peuvent rapidement prendre le contrôle de l’ensemble de la Lombardie. La France et la Papauté signent alors le concordat de Bologne qui régira les rapports entre les deux puissances jusqu’à la Révolution française, renforçant le poids du roi dans l’Église gallicane. Le 13 août 1516, Charles de Habsbourg, devenu roi d’Espagne à la mort de son grand-père Ferdinand II d'Aragon, reconnaît à la France la possession du Milanais, contre l’abandon de toute prétention française sur Naples : c’est la paix de Noyon. Il fut plus difficile pour le roi de France de s’entendre avec les Suisses divisés. En janvier 1516, huit cantons décident d’accepter les conditions du roi, cinq autres autorisent l’empereur à recruter pour une nouvelle expédition en Italie. Finalement le 29 novembre 1516, une paix perpétuelle est signée entre la Confédération et la France. Le roi de France pouvait de nouveau engager des Suisses dans son armée. Une paix durable semble s’installer en Italie.

Les six guerres du duel Valois/Habsbourg

Sixième guerre d’Italie (1521-1526)

Suite à l’élection de Charles Quint à tête du Saint Empire, la France se retrouvait entourée par les états des Habsbourg, qui possédaient l’Espagne, l’Empire, les Pays-Bas et le Royaume de Naples. Les affrontements ne se limiteront plus à l’Italie, mais c’est tout de même cette dernière qui restera le principal champ de bataille. Le 29 avril 1522, les Français qui tentaient une nouvelle fois de prendre le Royaume de Naples, sont vaincus à la bataille de la Bicoque près de Milan et doivent abandonner le duché de Milan. Francesco Maria Sforza est installé sur le trône ducal. En septembre 1523, Charles de Bourbon, connétable et premier officier du royaume, se révolte contre le roi et passe au service du Habsbourg. En 1524, les troupes françaises doivent se retirer complètement de Lombardie et abandonnent même leurs pièces d’artillerie durant la retraite. Le chevalier Bayard meurt le 30 avril 1524, durant la retraite. En juillet de la même année, les troupes espagnoles, commandées par Charles de Bourbon, envahissent la Provence. Elles ne parviennent toutefois pas à réussir le siège de Marseille et les Français font une contre-offensive, qui leur permet de repasser les Alpes en octobre. Milan est reprise le 26 octobre et les Espagnols se réfugient à Lodi et Pavie. Pavie est assiégée durant trois mois et une armée impériale, commandée par Georg Frundsberg, vient au secours des assiégés en février 1525. La bataille de Pavie se solde par une véritable déroute française.

Septième guerre d’Italie (1526-1529)

Le 22 mai 1526, la France, la Papauté, le duché de Milan, l’Angleterre, Venise et Florence forment la ligue de Cognac contre l’Empire. François I ne respecte aucune des promesses qu’il avait faites pour être libéré. Alors que l’armée impériale est affaiblie par les maladies et le manque d’argent pour payer la solde, le duc d’Urbin Francesco Maria della Rovere, qui commande les armées de la Ligue, ne peut se résoudre à attaquer Milan et attend les renforts. En septembre 1526, suite à la défaite de Mohacs des Hongrois contre Soliman le Magnifique et contraint par une partie de la noblesse romaine, Clément VII doit conclure une trêve avec l’empereur. Au printemps 1527, Charles de Bourbon ne peut plus payer l’armée impériale, qui comprend entre autres 12 à 15 000 lansquenets conduits par Georg von Frundsberg, luthérien, promet qu’elle pourra se payer sur les villes toscanes et pontificales. Florence et Bologne parviennent à payer l’armée impériale pour qu’elle se détourne de leurs terres et l’armée se dirige alors vers Rome. Clément VII, convaincu qu’il pourra négocier, néglige les défenses de la ville. Au matin du 6 mai 1527, Charles de Bourbon ordonne à son armée de prendre d’assaut Rome, sans préparation d’artillerie ni siège. Il est tué durant l’assaut, mais les soldats prennent la ville en quelques heures. La ville est mise à sac durant plusieurs jours, les soldats pillant tout, lieux de culte et demeures des partisans de Charles Quint compris. Après trois semaines de siège, le château Saint-Ange, où s’étaient réfugiés le pape et les cardinaux, est pris. Le pape doit verser une rançon de 70 000 ducats d’or. Le retentissement du sac de Rome est immense dans toute la chrétienté et d’innombrables exégèses voient le jour. L’armée impériale ne quittera la ville qu’en février 1528, se rendant enfin à Naples. Durant le sac de Rome, les armées françaises s’étaient rendues dans le royaume de Naples, avaient entrepris sa conquête et mis le siège devant Naples en avril 1528. Les épidémies, la malaria et le changement de camp d’Andrea Doria, amiral génois, contraignent les Français à abandonner le royaume de Naples et ils subissent une dernière défaite en Lombardie. Le 5 août 1529, la France et les Habsbourg signent la paix de Cambrai.

Huitième guerre d’Italie (1536-1538)

Au début des années 1530, François I préfère soutenir les ennemis de l’Empereur, comme la ligue des princes protestants allemands (Ligue de Smalkalde) ou l’Empire ottoman, avec lequel il fera plusieurs fois alliance. Charles Quint, au contraire, se présente de plus en plus comme le défenseur de la foi. En juin 1535, il reprend la Tunisie et, une année plus tard, le 5 avril 1536, il fait une entrée triomphale à Rome, accueilli par le pape Paul III. L’empereur et le pape conviennent de l’organisation d’un concile pour ramener les princes protestants allemands dans le giron catholique. François I n’en veut pas et avait profité de la mort du duc de Milan, le 1535, pour revendiquer l’héritage du duché. Au début de 1536, 40 000 soldats français envahissent la Savoie et s’arrêtent à la frontière lombarde, François I espérant trouver une solution négociée. La Savoie et le Piémont resteront possession française jusqu’en 1559. En février, le roi de France parvient à signer un traité d’alliance avec le sultan ottoman. Charles Quint repart de Tunis et fait une entrée triomphale à Rome en avril 1536 puis envahit la Provence en juin 1536. L’armée française doit retraiter, mais Montmorency inaugure la politique de la terre brûlée. Une offensive des Impériaux en Picardie est stoppée par les Français. En septembre, les Espagnols doivent quitter la France sans avoir livré la moindre bataille. Trêves éphémères et conflits se succèdent sans vrai résultats, l’Italie devenant de moins en moins importante. En juin 1538 une trêve de dix ans est signée, suite à l’entrevue d’Aigues-Mortes. Le pape Paul III, qui a joué un rôle de médiateur dans cette trêve, pousse les deux souverains à partir en croisade contre les Turcs.

Neuvième guerre d’Italie (1542-1546)

François I, allié aux Turcs reprend les hostilités 4 ans plus tard en réaction à la violation des accords par Charles Quint qui a donné le Milanais à son fils, Philippe, en novembre 1540. François Ier envoie une armée commandée par le duc d’Orléans sur les Pays-Bas, une autre armée commandée par Du Bellay sur le Milanais et une autre armée commandée par le dauphin sur le Roussillon. Les Français échouent sur tous les fronts en 1542. L’Angleterre s’engage dans le conflit au côté de Charles Quint si bien que la France fait jouer son alliance ancestrale avec l’Écosse. Jacques V d'Écosse est battu par les Anglais de Norfolk à Solway Moss le 24 novembre 1542. En août 1543, les Français du duc d'Enghien font le siège de Nice, assistés par la flotte turque de Khayr ad-Din Barberousse. La ville se rend sauf la citadelle. Le duc d’Enghien poursuite l’offensive dans le sud et bat les Impériaux à la bataille de Cérisoles le 11 avril 1544. Cette victoire fait passer le Montferrat à la France. Tandis que la France connaît des succès au sud, elle doit affronter un important danger au nord. Henri VIII d’Angleterre et Charles Quint s’entendent pour une offensive conjointe au nord et à l’est de la France. Henri VIII lance une offensive à partir de Calais et vient assiéger Boulogne. Charles Quint lance une offensive en Champagne et menace Paris. Le 18 septembre 1544, François I et Charles Quint signent le traité de Crépy-en-Laonnois. François I conserve la Savoie et le Piémont mais doit renoncer à ses prétentions sur l’Artois, la Flandre, le Milanais et Naples. Charles Quint renonce à ses prétentions sur le duché de Bourgogne. Le troisième fils de François I, Charles d'Orléans, se voit fiancé avec une fille de l’empereur avec le Milanais en apanage. La guerre se poursuit entre la France et l’Angleterre. Cette dernière doit essuyer plusieurs échecs contre les troupes écossaises et la flotte française. Le 7 juin 1546 est signé le traité d'Ardres entre François I et Henri VIII par lequel ce dernier restitue Boulogne à la France contre une rançon.

Dixième guerre d’Italie (1552-1556)

Henri II se rapprocha donc des puissances qui pourraient contrebalancer celle de l’empereur. Le pape Paul III Farnèse avait besoin de la France pour installer son ambitieuse famille. En mars 1547, le pontife avait décidé de transférer le concile de Trente à Bologne, avant de le suspendre en septembre 1549 : néanmoins le travail sur la foi et la discipline était déjà largement ébauché. Henri II décida de gagner le Piémont, en août 1548, dont il s’estimait le légitime possesseur désormais : en effet, contrairement à ses engagements, son père François I n’avait pas rendu ce territoire de l’autre côté des Alpes. Les Piémontais réservèrent au roi un accueil chaleureux. De nouveaux accords furent aussi signés avec les Suisses. Cependant en 1550 le nouveau pape Jules III (1550-1555) était favorable à la cause impériale. Il avait convoqué de nouveau les évêques à Trente pour 1551, au grand mécontentement du roi de France qui se considérait très capable de reformer lui-même son Église. Le pape passa à l’offensive en menaçant la maison Farnèse, celle de son prédécesseur, qui était protégée de la France. Henri II avait aussi maintenu d’excellentes relations avec le sultan Soliman et il reçut de lui en 1551 l’aide d’une flotte. Finalement le pape capitula devant les menaces françaises. La pression de la France et la menace des armées luthériennes qui s’approchaient de Trente conduisirent à une nouvelle suspension du concile. Ainsi la politique d’Henri II avait tenu en échec le pape et l’empereur à la fois, et affirmé la présence et l’influence françaises dans le Saint-Empire et en Italie, tant par des opérations militaires que par des manœuvres diplomatiques. Mais la situation internationale restait instable. En avril 1552, Henri II s’empare des Trois-Evêchés de Metz, Toul et Verdun. En Italie, la ville de Sienne avait chassé sa garnison espagnole le 26 juillet 1552 et demandé l’intervention française. C’était pour la France l’occasion d’ouvrir un nouveau front : cette guerre de Sienne dura trois ans. En octobre, Charles Quint tente de reprendre les Trois-Evêchés et met le siège devant Metz, mais la ville, défendue par François de Guise, résiste et les Impériaux lèvent le siège en janvier 1553. En 1553, Français et Turcs, qui soutiennent les Corses, révoltés contre les Génois, débarquent sur l’île. La ville de Sienne, défendue par Monluc, dut finalement capituler le 17 avril 1555. L’Espagne cède Sienne à Florence mais conserve les présides toscans de Piombino et Ortobello. C’était pour la France la fin d’un rêve toscan. L’empereur accepta la trêve de Vaucelles le 15 février 1556, il laissait à Henri II la Savoie, le Piémont, Metz, Toul et Verdun, comme la Corse qui avait été conquise.

Onzième guerre d’Italie (1556-1559)

La trêve de Vaucelles, si favorable à la France, fut rompue par les intrigues du pape Paul IV Carafa (1555-1559). C’était un Napolitain très hostile à l’occupation espagnole. Il souhaitait donc s’allier aux Français contre les Habsbourg qu’il frappa même d’excommunication. Le duc François de Guise arriva en Italie au début de 1557, mais cette expédition se révéla vaine et ruineuse pour l’État. Le pape fut contraint dès l’automne 1557 de faire la paix avec l’Espagne, dont la présence en Italie était solide. En rompant la trêve, Henri II s’exposait à une reprise de la guerre du nord le 31 janvier 1557. La reine Marie Tudor suivit son mari Philippe II dans l’affrontement. L’armée espagnole trompa la vigilance des Français et réussit à assiéger Saint-Quentin qui était dégarnie de défenseurs. L’amiral de Coligny réussit à s’y glisser. Pour aider son neveu, le connétable de Montmorency prépara une vaste opération de secours qui échoua : l’armée fut décimée et le connétable prisonnier le 10 août 1557. Cette « journée de Saint-Laurent » était une victoire espagnole, autant psychologique que stratégique. La route de Paris était ouverte, mais les Espagnols préférèrent obtenir la capitulation de Saint-Quentin : après une résistance farouche, Coligny dut se rendre. Il avait néanmoins retardé l’avance espagnole et empêché l’invasion. Le seul général qui restait à Henri II, c’était François de Guise qu’il fit revenir d’Italie. Celui-ci prit le 6 janvier 1558 par surprise Calais, anglais depuis 1347. La rivalité entre les Guise et les Montmorency s’aiguisait un peu plus. Pour continuer la guerre, Henri II décida de réunir en janvier 1558 des États généraux ou plutôt une assemblée des notables. Pour aller plus vite, le clergé fut représenté par les évêques et les archevêques, la noblesse par les baillis et sénéchaux, le tiers état par les maires et échevins. La prise de Calais stimula les énergies. Le roi se préoccupait de plus en plus de la situation religieuse du royaume. Philippe II voulait lui aussi lutter contre les progrès du protestantisme en Europe. La mort de Marie Tudor et l’avènement d’Élisabeth I le 17 novembre 1558 affaiblissaient la position espagnole d’autant plus qu’Élisabeth refusait Philippe comme mari et rejoignait le protestantisme. Le 2 avril 1559, la France signait le traité avec l’Angleterre et le 3 avril celui avec l’Espagne et la Savoie : c’est la paix de Cateau-Cambrésis.

Voir aussi

Grands capitaines des guerres d’Italie

Bibliographie

- Philippe de COMMYNES Mémoires, 1524.
- Jean-Louis FOURNEL et Jean-Claude ZANCARINI, Les Guerres d’Italie, des batailles pour l’Europe, Gallimard, 2003. ISBN 207053281-X Catégorie:Histoire moderne Italie Catégorie:Guerres d'Italie bg:Войни между Хабсбурги и Валоа de:Italienische Kriege en:Italian Wars es:Guerras Italianas fi:Italialaissodat it:Guerre Italiane del Rinascimento ja:イタリア戦争 ko:이탈리아 전쟁 lb:Italienesch Kricher nl:Italiaanse Oorlogen no:De italienske kriger pl:Wojny włoskie pt:Guerras Italianas ru:Итальянские войны sv:Italienska krigen zh:意大利战争
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