Traité de Verdun

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Par le Traité de Verdun, conclu le 8 ou le 11 août 843 (dates qui diffèrent selon les sources), les trois fils survivants de Louis le Pieux, les petits-fils de Charlemagne, se partagent ses territoires, l'empire carolingien, en trois royaumes. Il est souvent présenté comme le début de la dissolution de l'empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division, qui s'avèrera en fait définitive. Ce traité est la conséquence de l'application de la coutume franque d
Traité de Verdun

Par le Traité de Verdun, conclu le 8 ou le 11 août 843 (dates qui diffèrent selon les sources), les trois fils survivants de Louis le Pieux, les petits-fils de Charlemagne, se partagent ses territoires, l'empire carolingien, en trois royaumes. Il est souvent présenté comme le début de la dissolution de l'empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division, qui s'avèrera en fait définitive. Ce traité est la conséquence de l'application de la coutume franque d'un partage de l'héritage plutôt que son attribution au fils aîné, en vertu de la règle de primogéniture appliquée chez les Romains. Le texte du traité, perdu, ne nous est pas connu. Il nous est cependant parvenu à travers d'autres documents, tels les annales de Saint-Bertin ou les annales de Fulda. Il a pourtant déterminé pour des siècles le destin de l'Europe occidentale, et est la source lointaine de très longues querelles territoriales entre États-nations rivaux.

Contexte

À la mort de Louis le Pieux, en 840 son fils aîné Lothaire s'arroge sa succession. Pépin Ier d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux ne prend pas part à la succession étant mort en 838. Ses deux cadets, Louis le Germanique et Charles le Chauve, s'allient et battent leur frère et demi-frère à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841. En 842 ils renforcent leur alliance par le Serment de Strasbourg. Lothaire finit par céder.

Le partage

Les partages de l'Europe à la suite des traités de Verdun en 843 et de Meerssen en 870. En 843, par le traité dit de Verdun, les trois petits-fils de Charlemagne se partagent l'empire que ce dernier avait fondé :
- Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale (qui deviendra le royaume de France en 1205) ;
- Lothaire I, à qui échoit le titre impérial, reçoit la Francie médiane, du centre de l'Italie à la Frise (qui deviendra la Lotharingie) ;
- Louis le Germanique reçoit la Francie orientale (communément nommée Germanie, noyau du futur Saint Empire romain germanique). Ce partage « des quatre fleuves » (Meuse, Escaut, Rhône et Rhin), soulève des problèmes quant aux langues parlées dans les différents États : des populations de langue romane se trouvent dans une entité germanique (Wallons), et inversement, la Flandre, de langue germanique, se trouve rattachée à la future France. De même dans les déplacements au sein des États (il faut près de trois semaines pour rallier Rome à Aix-la-Chapelle). Il répond en réalité à un besoin relatif aux productions agricoles : il fallait que les trois frères ennemis disposent de toutes les ressources agricoles de l'ex-Empire : des régions méditerranéennes à la plaine d'Europe du Nord.

Conséquences

Ce traité de hasard a déterminé tout le destin de l'Europe. En effet, par suite de la faiblesse de nos derniers Carolingiens puis de nos premiers Capétiens, les rois de Germanie purent annexer sans grande difficulté toute la fameuse zone médiane, à savoir en 880, la Lotharingie, puis en 1034, le royaume d'Arles, sans parler de l'Italie que leur livrait juridiquement leur accession au trône impérial (R. Grousset). La Lotharingie va rapidement éclater en une série d'États-tampons, qui vont sans cesse changer de mains au gré des luttes féodales puis princières, jusqu'à leur fixation définitive, soit en tant qu'États indépendants (Suisse, Pays-Bas et Belgique), soit en tant que provinces longtemps mouvantes comme l'Alsace, française en 1648, la Franche-Comté qui revient à la France en 1678, la Lorraine, donnée à titre de consolation au malheureux roi de Pologne Stanislas, puis française en 1766, la Maison de Savoie qui a réussi à créer l'unité italienne (1861) mais en perdant son fief d'origine, la Savoie, entrée dans le giron français (1860). Ce n'est qu'en 1924, après l'échec de l'occupation de la Ruhr que la France renonce définitivement à la Rhénanie. Pour la Sarre, si le plébiscite de 1935 ne fut qu'une mascarade nazie, le référendum de 1955 clôt définitivement le débat : les Sarrois se prononcent pour l'intégration en Allemagne. Ainsi, s'est déroulé un millénaire de luttes entre la France et les Germains, d'abord le Saint Empire romain germanique, puis l'Autriche à partir de 1438, où les Habsbourg vont tenir le trône d'Allemagne puis encercler la France par leurs possessions en Allemagne, en Italie et en Espagne. C'est Napoléon Ier qui met définitivement un frein à la poussée vers l'ouest de l'Autriche en Europe en séparant l'Allemagne de l'Autriche (1806), mais en favorisant indirectement l'hégémonie de la Prusse sur l'Allemagne. Par sa politique extérieure peu clairvoyante, Napoléon III est à l'origine de la création d'un ennemi aux portes de la France : une nouvelle Allemagne unie, puissante économiquement, politiquement et militairement (1871). Dès lors, les antagonismes franco-allemands, notamment sur l'Alsace et la Lorraine, terres lotharingiennes, constituaient une menace pour la paix européenne.

Voir aussi

Sources

René Grousset, Le Bilan de l'Histoire, 10-18, 1945.

Notes et références

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