Giuseppe Verdi

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Giuseppe Fortunino Francesco Verdi est un compositeur romantique italien né le aux Roncole, mort le à Milan. Son œuvre, composée essentiellement d’opéras très populaires de son vivant, connaît encore aujourd’hui un très grand succès. Il est l’un des compositeurs d’opéra italien les plus influents du , bien au-delà de Bellini, Donizetti et Rossini. Ses œuvres sont fréquemment jouées dans les maisons d’opéra du monde entier et, dépassant les frontières
Giuseppe Verdi

Giuseppe Fortunino Francesco Verdi est un compositeur romantique italien né le aux Roncole, mort le à Milan. Son œuvre, composée essentiellement d’opéras très populaires de son vivant, connaît encore aujourd’hui un très grand succès. Il est l’un des compositeurs d’opéra italien les plus influents du , bien au-delà de Bellini, Donizetti et Rossini. Ses œuvres sont fréquemment jouées dans les maisons d’opéra du monde entier et, dépassant les frontières du genre, certains de ses thèmes sont depuis longtemps inscrits dans la culture populaire, comme La donna è mobile de Rigoletto ou Libiam ne’lieti calici de La Traviata. Bien que ses compositions soient parfois critiquées pour utiliser un diatonisme sacrifiant au goût populaire plutôt qu’un idiome musical purement chromatique et pour leur tendance au mélodrame, les chefs-d’œuvre de Verdi dominent encore le répertoire un siècle et demi après leur création. Visionnaire et engagé politiquement, il demeure, aux côtés de Garibaldi et Cavour, une figure emblématique de la réunification de la péninsule italienne : le Risorgimento.

Biographie

Lorsque Verdi naît, le , dans le petit village des Roncole, proche de Busseto, le département français du Taro est alors sous domination napoléonienne. L’acte de naissance de Verdi est de ce fait rédigé en françaisL’acte de naissance de Joseph Verdi porté au registre de l’état civil de Busseto est repris ainsi par plusieurs auteurs : Cf. bibliographie supra. Les troupes autrichiennes reprennent cependant le Duché de Parme et Plaisance à peine quelques mois plus tard, en février 1814. La région restera sous le règne de l’archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, l’ex-impératrice des Français, jusqu’à la mort de celle-ci en 1847. Verdi aura malgré tout été français durant les quatre premiers mois de sa vie, ce que semble avoir voulu dissimuler sa mère. Sans doute pour des motifs stratégiques de carrière future, elle a constamment déclaré à son fils qu’il était né le . Verdi a d’ailleurs tout au long de sa vie fêté son anniversaire les 9 octobre.

Les origines socio-familiales

La branche paternelle

Les départements français d’Italie : En haut de la botte, en rose, le département du Taro Depuis trois cents ans, la famille paternelle de Verdi vit sur le territoire de Sant’Agata, un hameau de Villanova sull'Arda dans la province de Plaisance, à peu de distance de Busseto. Giuseppe Antonio, le grand-père du musicien, et son épouse, Francesca Bianchi, originaire de Villanova sull’Arda, ont douze enfants. Dans les années 1780, sans doute poussés par l’insuffisance des revenus d’un domaine par trop modeste pour une si grande famille, les Verdi émigrent aux Roncole où naissent les cinq derniers enfants. Ils y tiennent une ferme-auberge, l’Osteria vecchia et exploitent dans le même temps quelques arpents de terre. A la mort de Giuseppe Antonio, Carlo, le père du compositeur, alors âgé de dix-neuf ans, seconde sa mère à l’hostellerie. Il épouse Luigia Uttini en 1805. Le couple est installé à l’Osteria vecchia depuis huit ans lorsque naît leur premier enfant, Giuseppe.

La branche maternelle

La famille de Luigia Uttini, originaire du Val d’OssolaVoir l’article correspondant sur la wp italienne, émigre au , pour partie à Bologne où ils sont forgeron, boulanger, aubergiste, … Une seconde branche s’installe dans la région de Plaisance. On trouve parmi ceux-ci des régisseurs, professeurs, hommes d’église, … Luigia naît en 1787 à Saliceto di Cadeo où ses parents, Carlo et Angela Villa, tiennent une auberge-épicerie, comme celle qu’ils ouvriront une quinzaine d’années plus tard à Busseto et où viendra s’approvisionner Carlo Verdi, ce qui occasionnera sa rencontre avec sa future jeune épouse. Contrairement à la légende qu’il a lui-même contribué à forger, les origines de Verdi, même si sa mère ne sait ni lire ni écrire, ne sont pas celles d’un enfant du popolo minutoPetit peuple. Les deux branches de sa famille appartiennent à la petite bourgeoisie de campagne, relativement aisée.

Les origines de la vocation musicale

De même, bien que Verdi l’ait certainement ignoré, musicalement, comme il se plaisait à le laisser penser. On trouve en effet au , dans la branche bolognaise de la famille Uttini, deux cantatrices, un ténor, contemporain et connu de Mozart et un compositeur, Francesco Antonio Uttini (1723-1795). Ce dernier, marié à une nièce d’Alessandro Scarlatti, est l’auteur d’une vingtaine d’opere serie, de chœurs pour les tragédies de RacineGefen, Verdi par Verdi, p. 29. et de la messe de couronnement de Gustave III de Suède. C’est cependant plus en direction de l’environnement social que directement familial qu’il convient de rechercher les origines de cette vocation. L’Italie du s’enthousiasme pour l’art lyrique et bien sûr, ni le duché de Parme et Plaisance ni la ville de Busseto ne sont exempts de cette passion. Le petit Giuseppe est dès sa prime enfance au contact des musiciens ambulants qui font halte à l’auberge des Roncole. L’enfant essaye les instruments, chante avec les chœurs, engrange les souvenirs qui nourriront plus tard l’inspiration populaire de ses opéras. Mais tout qu’il ait pu être à l’écoute des orgues de Barbarie de passage, cette vocation n’aurait pas eu de suite sans la tendre attention que Carlo et Luigia pouvaient accorder à Peppino au sein d’une cellule familiale inhabituellement réduite pour l’époqueVerdi n’aura qu’une sœur, née en 1816, Giuseppa Francesca, qu’il chérira, mais qui mourra à l’âge de dix-sept ans. Le jeune Verdi aurait peut-être aussi évolué dans l’échelle sociale sans nécessairement devenir musicien si don Pietro Baistrocchi, le maître d’école, organiste de l’église des Roncole et ami de la famille, n’avait pris conscience du caractère exceptionnel de cet attrait de l’enfant pour la musique. Attrait qu’il avait pu remarquer lorsque Peppino restait des heures à l’écouter jouer le répertoire tant sacré que profane.

La formation

Roncole

Ainsi, le jeune Verdi bénéficie-t-il dès l’âge de quatre ans des rudiments de latin et d’italienSituation exceptionnelle dans un village où les habitants parlent le dialecte parmesan et où seuls les enfants de notables sont instruits dans la langue du Dante dispensés par Baistrocchi avant de rentrer, à six ans, à l’école du village. Selon les témoignages rapportés par ses biographes, il est un élève attentif au caractère paisible, plutôt solitaire sans toutefois refuser de se mêler aux jeux des autres enfants, exécutant par ailleurs sans se faire prier les tâches qui lui sont confiées à l’osteria. Caractère paisible mais affirmé : on ne dérange pas impunément Peppino dans son écoute de la musique de l’orgue. Don Masini en fait les frais, qui s’entend menacé dans un parfait dialecte d’un furieux : pour avoir envoyé rouler le garçon en bas de l’autel parce que les burettes n’arrivaient pas. Huit ans plus tard, le prêtre est effectivement foudroyé : Verdi, à sept ans, tient déjà le thème de la maledizioneCe thème de la malédiction se retrouve dans nombre de ses opéras : Nabucco, Macbeth, Rigoletto, Simon Boccanegra, La Force du destin.. Parallèlement à sa scolarité, il reçoit ses premières leçons de musique de l’organiste et va pouvoir faire ses premières gammes, alors qu’il a atteint sa septième année, sur une vieille épinette que lui achète son père. L’instrument, déjà ancien et très sollicité par un Peppino plus qu’assidu, devra être réparé. Carlo fait appel à Stefano Cavalletti, facteur d’orgues réputé dans la région, qui rédigera ainsi sa : Pendant encore deux ans, le jeune garçon complète sa formation musicale par la pratique en assurant le remplacement de don Baistrocchi à l’orgue de l’église. À dix ans, Peppino a déjà acquis tout ce que l’organiste et le curé des Roncole pouvaient lui apporter.

Busseto

Grâce à l’intérêt du négociant Antonio Barezzi, amateur de musique, membre de la Società Filarmonica locale et ami de Carlo Verdi, le jeune Giuseppe est admis au Ginnasio, le lycée de Busseto à l’automne 1823. Il y suit brillamment la classe de don Pietro Seletti, directeur de l’école, qui envisage pour lui une carrière professorale et peut-être sacerdotale. Le père franciscain Lorenzo da Terzorio chez lequel il loge l’entend jouer inlassablement après les leçons de latin. Il conseille à Carlo Verdi d’inscrire son fils à l’école de musique de Ferdinando Provesi, directeur de la Société philharmonique de la ville, où il entre en 1825. Le jeune Verdi mène alors de front ses études classiques et musicales à Busseto et ses fonctions d’organiste aux Roncole où il finit par remplacer son vieux maître à l’âge de douze ans. Il termine ses humanités avec une mention très bien en 1827 et pendant encore deux ans complète sa formation musicale avec l’harmonie et la composition auprès de Provesi. Don Seletti a abandonné son projet en entendant Verdi lui répondre, alors qu’il lui demandait quelle musique il venait de jouer lorsqu’il avait remplacé au pied levé un organiste défaillant : . Provesi le considère dès lors comme son égal et Barezzi l’introduit dans les salons des notables bussetans, membres de la Società Filarmonica. Là, il donne ses premiers concerts en soliste (le piano à queue de Barezzi a remplacé sa chère épinette) ou dirige l’orchestre des Filarmonici. En 1828, il a tout juste quinze ans lorsqu’il compose une symphonie à partir de l’ouverture du Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini, suivie d’une cantate (perdue) pour baryton et orchestre en huit mouvements, I Delici di Saul, d’après un drame de Vittorio Alfieri, d’un Stabat Mater, d’un Domine ad adjuvandum pour orchestre, flûte et ténor et d’autres compositions profanes ou sacrées. Durant les trois années qui suivent, il continue à composer de nombreuses pièces Filomena Maria Verdi, sa fille adoptive, était chargée de les détruire après la mort de son père ; certaines ont cependant été retrouvées dans les archives du Monte di Pietà e d’Abbondanza de Busseto. destinées à la Société philharmonique ou au théâtre de Busseto, maigrement rémunérées par la ville ; il remplace de plus en plus souvent Provesi à la classe ou au pupitre ; il tient l’orgue de San Bartolomeo et celui de San Michele Arcangelo aux Roncole. Les difficultés financières importantes auxquelles Carlo doit faire face ne lui permettent plus de pourvoir à l’entretien de son fils. Giuseppe qui donne également des leçons de piano à sa fille Margherita est finalement accueilli dans sa maison par Barezzi qui le considère un peu comme son propre fils. Le , encore une fois sur l’insistance de Barezzi qui s’investira personnellement et de manière importante en doublant ces subsides, Carlo Verdi demande au Monte di Pietà (Mont de Piété) de Busseto une bourse destinée au financement des études de son fils au conservatoire de Milan. La réponse, favorable, n’arrivera que le , après l’intercession de l’archiduchesse Marie-LouiseParadoxe signalé par Milza (op. cit., p. 40) : c’est l’intervention de l’archiduchesse autrichienne qui a permis que Verdi poursuive la carrière qui allait faire de lui le symbole de la lutte italienne contre les Habsbourg. sollicitée par une seconde lettre de Carlo. Le départ à Milan de Verdi dont la prime jeunesse s’achève ici, s’il permet de résoudre le problème posé par les convenances qui n’autorisent plus Giuseppe et Margherita d’habiter sous le même toit du fait de leur idylle naissante, va surtout être la boîte de Pandore d’où émergera l’un des plus grands compositeurs d’opéras de tous les temps.

Milan

En 1832, Milan est la capitale du royaume lombard-vénitien sous domination autrichienne Sujet de l’ex-impératrice des français, Verdi doit remettre son passeport pour accéder à la capitale du royaume lombard-vénitien où la présence autrichienne est autrement plus palpable qu’à Parme. L’examen d’entrée au conservatoire de Milan se déroule à la fin du mois de juin. Le jury est composé de Francesco Basily, le censeur de l’établissement, Gaetano Piantanida et Antonio Angeleri, professeurs de piano et de contrepoint et d’Alessandro Rolla, compositeur et professeur de violon. Alors que la fugue à quatre voix qu’il présente pour l’épreuve de composition est appréciée par le jury, il est refusé à cause de l’épreuve qu’il redoutait le moins : lors de son exécution au piano du Capriccio en la d’Heinrich Herz la position de ses mains est considérée comme irrémédiablement mauvaise. La position des mains, l’âge, de quatre ans supérieur à l’âge habituel d’admission, le peu de places de l’établissement, le statut d’étranger, toutes ces raisons cumulées ne pouvaient rendre que rédhibitoire la décision du comte de Hartig, gouverneur de Milan. De cette décision sans appel Verdi, habitué à être adulé dans le petit cercle des mélomanes de Busseto, conservera durablement une profonde amertume. En outre, il dépend désormais encore plus de son attentionné bienfaiteur pour payer les leçons particulières qu’il va devoir prendre. Même si la participation de Barezzi à tous ces frais est parfaitement désintéressée, la fierté du jeune homme ne peut qu’en être affectée. Sur les conseils d’Alessandro Rolla, Verdi suit les cours du claveciniste de la Scala, Vincenzo Lavigna. L’ancien professeur de solfège de l’établissement milanais est offusqué de voir que ses collègues ont pu refuser l’accès du conservatoire à un jeune homme au talent aussi confirmé. Le cycle d’études dure trois années pendant lesquelles Verdi se prépare à réaliser son ambition : devenir maître de chapelle à Busseto. Trois années pendant lesquelles il écrit : . Mais aussi trois années pendant lesquelles il fréquente assidûment la Scala développant un goût de plus en plus affirmé pour la tragédie lyrique et le milieu de l’opéra. En avril 1834, il donne son premier concert public lors duquel il dirige brillamment La Création de Joseph Haydn, au Teatro dei Filodrammatici, en présence du Comte Pompeo Belgioioso, bientôt suivie par La Cenerentola de Rossini, jouée devant l’archiduc Ranieri. Il écrit, sur commande du Comte Borromeo, une cantate en l’honneur de l’empereur d’AutricheDont Verdi prétendra par la suite qu’elle était destinée à la famille du Comte, un Tantum ergo pour la philharmonie de Busseto et commence à composer un opéra sur un livret écrit par un journaliste milanais, Antonio Piazza. La dernière année d’études lui pèse de plus en plus, tant il baigne déjà dans le monde du lyrique. En juillet 1835, Verdi reçoit enfin de Lavigna le certificat de fin d’études qui lui permet de prétendre à l’emploi de Kapellmeister. C’est la mort dans l’âme que Giuseppe retourne cet été là à Busseto. Margherita Barezzi l’a bien compris qui déclare à Ferdinando Galuzzi, le nouveau maire : .

La carrière

Maître de musique à Busseto, compositeur à Milan : les

Busseto
Provesi, le vieux maître de Verdi à Busseto, est mort depuis deux ansPas plus que pour celles de sa jeune sœur, disparue quelques semaines plus tard, Verdi n’avait eu la possibilité de se déplacer pour assister aux obsèques de son maître.. Dès lors s’est ouverte entre libéraux laïques et conservateurs cléricaux, entre Coccardini et Codini, une guerre de succession clochemerlesqueGuerre civile (!) pour Phillips-Matz, Giuseppe Verdi, p. 80., chaque faction cherchant à placer son champion. L’enjeu en est le double poste, indissociable, de maître de musique et dirigeant de la Filarmonica, rémunéré par les premiers, et de maître de chapelle et organiste payé par les seconds. Bien que le gouvernement ducal ait pris la décision d’ouvrir le concours en juin 1835, l’annonce n’en est rendue publique qu’en février 1836. Entre temps, Verdi a repris en main la Filarmonica et donne des concerts avec l’orchestre et des récitals d’orgue. Le 27 février, il se présente à l’examen devant Giuseppe Alvinovi, maître de chapelle de la cour du duché de Parme et ami du grand Niccolò Paganini. Satisfaction sans réserve du maître qui aurait même déclaré que Verdi était le Milza, op. cit., p. 67. , offrant à Giuseppe une belle revanche sur son échec milanais. Le 5 mars, Verdi est officiellement maître de musique de Busseto. Le 20 avril, il signe avec la commune, représentée par Antonio Accarini, président du monte di pietà, un contrat léonin : salaire on ne peut plus modeste contre résidence obligatoire à Busseto, cinq leçons hebdomadaires à chaque élève en clavecin, piano, orgue, chant, contrepoint et composition, procurer les instruments nécessaires, direction de la société philharmonique pour tous les concerts et toutes les répétions. Pendant neuf ans. Résiliable à trois ou six ans sous condition de dédit. Verdi, qui a pu parler d’esclavage dans une lettre à Lavigna, paye cher le soutien des Filarmonici. Le , c’est un contrat nettement plus heureux que signe Peppino : il épouse Barezzi après les brèves fiançailles qui ont suivi le si long innamoramento. Le jeune couple, aidé là encore par Barezzi, s’installe au palais Tebaldi où naissent, Virginia, le , et Icilio Romano, le , dont les prénoms sont choisis en l’honneur du dramaturge piémontais Vittorio Alfieri et en référence aux sentiments républicains et patriotiques clairement affichés du couple. Malgré le peu de temps dont il dispose en dehors de ses activités de maître de musique et des concerts avec la Filarmonica ou à l’orgue des églises de la régionL’archiduchesse Marie-Louise avait interdit l’exécution de toute musique dans les églises de Busseto pour couper court à la querelle entre Coccardini et Codini auxquels se presse un public enthousiaste, Verdi compose. De la musique religieuse : un Tantum Ergo en fa majeur pour ténor et orchestre (1836), une Messa di Gloria jouée le en l’Église Croix Saint Esprit de Plaisance. De la musique profane : sur des poèmes de Vittorelli, Bianchi, Angiolini et Goethe traduits par le docteur Luigi Ballestra, il écrit Sei romanze pour voix et piano publiées cette même année par l’éditeur milanais Giovanni Canti. En 1838, deux sinfonie sont créées par la Philharmonie. Et il poursuit l’écriture de l’opéra ramené de Milan. En octobre 1837, Lord Hamilton dont le livret est inspiré d’un ouvrage de Walter Scott consacré au Comte d’Arran, est terminé. Giuseppe Demaldè, cousin d’Antonio Barezzi, secrétaire de la Filarmonica, trésorier du monte di pietà, ami et premier biographe de Verdi, lui suggère de présenter son ouvrage à Parme. Mais, pour l’impresario du Teatro Regio, Milza, op. cit., p. 71. Nul n’est prophète en son pays. Même échec à Milan où l’influence de Pietro Massini, qui lui avait confié la direction de l’orchestre des Filodrammatici à la fin de ses études et était devenu son ami, le mettant en relation avec Antonio Piazza, le librettiste de son Lord Hamilton, ne suffit pas à persuader Bartolomeo Merelli l’impresario de la Scala. La recommandation du Comte Opprandino Arrivebene n’a pas plus d’effet lors du déplacement du jeune compositeur à Milan au mois de mai 1838. Verdi devra-t-il dès lors se résoudre à poursuivre cette carrière de maître de musique à Busseto si éloignée de ses ambitions ? Le la vie du jeune couple est affectée par la perte de la petite Virginia. Une période de vacances leur permet cependant de trouver un dérivatif à leur douleur en réalisant un nouveau voyage à Milan. Cette fois, le compositeur trouve une écoute favorable auprès du Comte Borromeo auquel il est présenté par Massini : son opéra sera donné lors de la soirée annuelle de bienfaisance du Pio Istituto teatrale. Le triste événement et la reprise tant espérée de contact avec la capitale de l’art lyrique conduisent Verdi, avec l’accord de Ghita, à prendre une décision radicale. Le , il écrit au maire de Busseto :
Milan
- De Lord Hamilton à Oberto, en passant par Rocester Verdi revient le s’installer à Milan avec Margherita et Icilio Romano. Les répétitions d’Oberto débutent au printemps avec une distribution de rêve, dont Giuseppina Strepponi, mais sont interrompues du fait des défections successives. Contre toute attente, Merelli accepte finalement de monter l’opéra qui serait donné à la Scala après la première prévue au Pio Istituto et après quelques retouches apportées au livret par Temistocle Solera et à la partition par l’ajout d’un quatuor vocal. L’incertitude la plus totale règne chez les musicologues car, si Oberto nous est bien parvenu, il ne reste que peu de traces du Lord Hamilton et du Rocester et il est bien difficile de savoir lequel a succédé à l’autre et lequel est à l’origine d’Oberto. Une lettre de Verdi à Massini du évoque la possibilité de ce qui laisserait le temps à Piazza de . Or, dans une autre lettre de 1871, Verdi précise que c’est le Lord Hamilton de Piazza qui serait à l’origine d’Oberto. Se pose encore la question de savoir si Piazza avait fourni un ou deux livrets à Verdi, sous deux titres différents. Qu’il y ait eu un, deux ou trois livrets, il n’y a qu’un librettiste initial et, seule subsiste la composition musicale d’ObertoIvan A. Alexandre, Guide des opéras de Verdi, sous la direction de Jean Cabourg, pp. 22 et 23. Verdi et Margherita aménagent en septembre dans un appartement plus confortable et alors que le compositeur travaille aux retouches de l’opéra et que se déroulent les ultimes répétitions, un nouveau drame survient, emportant le petit Icilio Romano, le . La première d’Oberto, Conte di San Bonifacio a finalement lieu le à la Scala et obtient un réel succès public et une critique suffisamment favorable aux yeux de l’impresario de la Scala pour que celui-ci programme quatorze représentations supplémentaires et propose à Verdi un contrat que celui-ci qualifiera de : l’impresario offrait quatre mille livres autrichiennes (quatre fois le salaire d’un maître de musique pendant trois ans) contre la production de trois opéras pour la Scala et pour Vienne où Merelli est également inspecteur des théâtres de la Cour. A cette proposition se rajoutait en outre celle de Giovanni Ricordi d’éditer Oberto, conte di Bonifacio. Verdi signe les deux contrats.
- D’Il Proscritto à Un Giorno di Regno en passant par Il Finto Stanislao Le livret d’Il Proscritto fourni au début de l’année 1840 par Gaetano Rossi sur la commande de Merelli ne convient pas au compositeur qui n’y donnera pas suite. L’impresario le pressant de choisir une œuvre comique parmi plusieurs livrets de Felice Romani, Verdi porte son choix sur Il Finto Stanislao, qui lui semble, selon ses propos, le moins mauvais et qui deviendra l’opera buffa Un giorno di regno. Alors qu’il travaillait d’arrache-pied pour rattraper le retard accumulé, Margherita, sans doute affaiblie par la perte coup sur coup de ses deux enfants, est victime, le , d’une méningite. Au plus profond de son désespoir, Verdi envisage sérieusement d’abandonner la carrière lyrique. L’amicale fermeté de Merelli, et la menace de devoir payer le dédit prévu au contrat, le contraignent à respecter son engagement et à terminer son opera buffa. L’unique représentation d’Un giorno di regno, le est un fiasco. C’est cependant le manque de conviction des chanteurs, sévèrement hués, qui est à l’origine de cet échec car la musique de Verdi est accueillie par des applaudissements. Ce sera son seul essai à la comédie jusqu’à Falstaff, à la fin de sa carrière. Il n’en fallait pas plus pour rouvrir la blessure. Verdi informe Merelli de sa décision de résilier son contrat et de renoncer à sa carrière de compositeur. Encore une fois, Merelli joue finement en remettant Oberto à l’affiche pour dix-sept représentations dont le succès remet un peu de baume au cœur du maestro et lui permet de gagner l’argent nécessaire pour quitter l’appartement où se trouvent trop de douloureux souvenirs.
- Nabucco : le début d’une fulgurante carrière La seconde commande de Merelli, sur un livret de Temistocle Solera, est le triomphal Nabucco, représenté pour la première fois le à La Scala, avec Giuseppina Strepponi, soprano, dans le rôle d’Abigaille. D’après le récit destiné à sa biographie et dicté à Giulio Ricordi par le musicien lui-mêmeMilza, op.cit. p. 91, ce sont les paroles du Chœur des Hébreux, le célèbre Va pensiero, qui ont permis que Verdi retrouve le goût de l’écriture. center Giuseppina Strepponi Après une longue période de dépression durant l’hiver 1840-1841, il reprend progressivement contact avec le milieu musical milanais et se met finalement à la composition en mai 1841. La partition du Nabuchodonosor, qui deviendra Nabucco dès avant la première représentation, est livrée au début de l’automne et mise à l’affiche de la Scala par Merelli pour la saison de CarnavalLa programmation de la Scala était alors découpée en deux saisons : celle du carnaval qui commençait à Noël et s’achevait au 21 mars, et celle de l’automne, du 11 août au 30 novembre.. Dès le finale du premier acte, le rideau tombe sur les acclamations du public et c’est sur une tornade d’applaudissements que se termine la représentation. La presse milanaise est dithyrambique : Verdi triomphe à Milan. Et pourtant, le public de mars 1842 n’a pas encore décrypté la portée du message politique contenu dans Nabucco. C’est une autre composante de l’opéra qui, dès la première représentation, emporte si spontanément l’adhésion des milanais pour l’œuvre de Verdi. D’un Verdi qui a été nourri par la violence de cette terre émilienne et par la dureté de sa formation, mais aussi par l’amour des chants repris en chœur par les paysans et les musiciens ambulants. L’œuvre d’un Verdi qui sera qualifiée de par la critique parisienne. Mais qui répond pour l’heure à la demande d’un public lassé de psychologisme et en attente de la grandeur qui manque aux opéras de Donizetti, Bellini ou Mercadante. C’est le caractère romantique de Verdi qui, faisant fi des règles du classicisme et du , a touché le chœur de ce public. Giuseppe Mazzini, reprochant à la production lyrique de ce temps . Le patriote italien en appelle, en exergue à la Philosophie de la musique, publié en 1836 : Après une saison de cinquante sept représentations triomphales à la Scala, l’opéra est donné à Vienne avec le même succès le . Verdi, dont les relations avec la Strepponi sont désormais connues rejoint ensuite la cantatrice à Parme. Nabucco est programmé au Teatro Regio où Carlo Verdi assiste, le 17, en proie à une émotion bien compréhensible, à la première des vingt-deux représentations dont deux, dirigées par le maestro, ont pour spectatrice l’archiduchesse Marie-Louise.
- Des Lombardi alla prima crociata à La Battaglia di Legnano : les Ce succès est le début d’une fulgurante et longue carrière. Les seize années qui suivent, durant lesquelles Verdi écrit en moyenne un opéra par an, sont qualifiées par le maestro lui-même comme ses , lors desquelles il est contraint de composer frénétiquement pour vivre. Toutes les œuvres de cette période ne sont pas excellentes mais toutes sont caractérisées par une théâtralité typique du style de Verdi. Des Lombardi alla prima crociata donnés à la Scala le , à La battaglia di Legnano représentée au Teatro Argentina de Rome le , c’est une succession quasi ininterrompue de succès, avec des représentations dans les théâtres de toute l’Europe. Le musicien qui n’est désormais plus le jeune inconnu invoqué par Mazzini passe l’été de 1842 à Busseto où, le goût retrouvé pour l’écriture, il entreprend la composition des Lombardi alla prima crociata sur le livret que Solera a tiré d’un poème de Tommaso Grossi. Verdi est maintenant tout à fait conscient de l’effet produit sur les Milanais par les thèmes patriotiques et les chœurs vibrants de Nabucco. Cette « recette » n’allant pas à l’encontre de ses convictions et apportant au public cette satisfaction que n’offrent pas les œuvres des autres compositeurs, il n’hésite pas à l’appliquer aux Lombardi. L’allusion est claire et les autorités autrichiennes ne s’y trompent pas : la délivrance de Jérusalem par les Lombards parle aux Milanais le langage de l’indépendance par rapport à la domination des Habsbourg. Mais c’est l’église, représentée par l’archevêque Gaisruck, qui exercera une censure contre laquelle, le compositeur n’ayant aucune intention de changer ni la moindre virgule ni la moindre croche, Merelli doit lutter pied à pied pour sauver sa saison. Et c’est sur les accents patriotiques du chœur des croisés que le public de la Scala acclame encore une fois, le , le compositeur et les chanteurs rappelés longuement par de vibrants applaudissements. A Florence, les réactions sont plus mitigées et le fiasco de la Fenice n’est finalement qu’une parenthèse vite refermée sur la fulgurante carrière qui s’ouvre devant le compositeur pour de longues années. Le comte Mocenigo, directeur de La Fenice, ne s’y est pas trompé, qui souhaite voir Verdi créer une nouvelle œuvre à Venise. Le compositeur est maintenant un homme d’affaires averti et ce n’est qu’après d’âpres négociations que le contrat est signé dans les termes souhaités par le maestro. Il écrivait à Mocenigo, le 3 mai 1843 : Le travail sur le livret qui devait être tiré du drame romantique de Victor Hugo, Ernani, consacre le début d’une étroite collaboration et d’une grande amitié avec le librettiste Francesco Maria Piave. Encore une fois, Verdi doit lutter contre la censure et accepter de supprimer les termes de « vengeance » ou de « sang » pour que soit maintenu le titre original (italianisé) d’Ernani contre l’exigence des autorités autrichiennes qui imposent celui de L’Onore castigliano. Il se bat aussi contre la direction de la Fenice pour obtenir des chanteurs capables de faire face aux difficultés vocales des rôles. Et malgré les difficultés, malgré les contre-temps, malgré les mauvaises volontés, la première est un triomphe. Le public vénitien, ce public, « le plus raffiné et le plus exigeant de la péninsule »Milza, Verdi, op.cit. p. 121, applaudit tous les airs, rappelle le maestro après chaque acte. Verdi a 30 ans. A Venise, Milan, Parme, Florence, Bologne, il est le maître de la scène lyrique. Après une série de représentations à Vienne organisée par Gaetano Donizetti qui assurait alors la direction artistique du Kärntnerthor Theater, Ernani fait en trois ans le tour de la planète : Paris, Rio de Janeiro, Londres, Copenhague, Istambul, et en comptant les théâtres de la péninsule, ce sont plus de deux cent cinquante maisons d’opéra qui accueilleront l’œuvre, assurant ainsi à Verdi la notoriété qu’il pouvait attendre en retour d’une vie exténuante consacrée autant à la course au cachet qu’à l’écriture. Notoriété mais aussi double revanche, sociale et économique, de ce fils d’aubergiste pauvre aux origines paysannes. Verdi est depuis déjà quelques années bien introduit et parfaitement à l’aise dans les milieux musicaux et aristocratiques milanais. La comtesse Clara Maffei, dont le salon bruissait des désirs et projets d’unification italienne, et qui restera son amie sa vie entière, le reçoit dès cette époque. Et c’est également à cette époque que Verdi commence sa double vie de musicien et de propriétaire terrien. Sa première acquisition, Il Pulgaro, est une ferme qui jouxte les terres que son père louait jusqu’à la résiliation du bail par le curé de la Madonna dei Prati lorsque Carlo n’a plus été en mesure de faire face à cette charge. Malgré l’altération de sa santé occasionnée par la lutte opiniâtre contre les directeurs de théâtres trop exigeants ou trop rétifs ou contre le harcèlement des éditeurs de musiques rivaux (les Lucca et les Ricordi à Rome, les frères Escudier à Paris ou Lumley à Londres) en recherche d’exclusivité, Verdi va encore accélérer sa production. Si ses cinq premiers opéras sont créés sur un rythme annuel, les suivants ne seront espacés que de quelques mois et leur qualité se ressentira de ces mauvaises conditions. Le repos forcé qu’il prend à Busseto lors de l’été 1844 n’est pas complètement oisif puisqu’il termine là la composition de I due Foscari sur un livret inspiré au fidèle Piave par un drame du même nom de Lord Byron. A défaut d’une œuvre transcendante, c’est la notoriété de Verdi que le public du du Teatro Argentina de Rome accueille avec succès le 3 novembre 1944. L’année suivante, Giovanna d'Arco renforce sa célébrité, mais Verdi ne trouve pas le rendu de ses textes par le théâtre de la Scala à la hauteur et refusera pour longtemps toute interprétation de ses œuvres à Milan. Mais pour l’heure, il lui faut respecter ses engagements et donner à Merelli l’œuvre prévue au contrat. Trois mois après I due Foscari, le nouvel opéra est prêt. Comme pour les premières œuvres milanaises, le livret, inspiré d’un poème de Schiller, est ici écrit par Temistocle Solera. Il est donné le 15 février 1845 à la Scala où il bénéficie du même accueil par le public et où il sera représenté dix-sept fois. La bourse que le Monte di Pietà e d’Abbondanza de Busseto avait accordée à Verdi, loin d’être exceptionnelle, relevait au contraire d’une pratique habituelle dont allait bénéficier un autre protégé du « clan » Barezzi, Emanuele Muzio. De 1844 à 1847, envoyé à Milan pour y poursuivre des études musicales débutées dans l’école de Provesi, il est l’élève de Verdi. Sa correspondance avec Barezzi nous renseigne sur la vie du maestro dans ces années présentées par lui-même comme des « années de galère ». Muzio en parle comme « le plus fêté, le plus fameux de toute l’Europe, le signor Giuseppe Verdi, l’idole des Milanais » pendant que le musicologue italien Massimo Mila évoque un « Verdi à l’ombre des jeunes filles en fleur ».Mila Massimo, La giovinezza di Verdi, cité par Milza, Verdi, p. 129. Ce qui n’empêche pas Verdi de mener parallèlement cette vie de galérien que lui impose sa phénoménale production et ses engagements de plus en plus nombreux. Le jeune Muzio, extrêmement attaché au « Signor Maestro », est alors d’une aide précieuse pour le compositeur dont il devient à la fois le secrétaire et l’homme à tout faire et dont il restera sa vie durant l’ami indéfectible. Verdi, malade pendant la composition d’Alzira, est l’objet de tous les soins de la part du jeune bussetan dont la solicitude et l’inquiétude pour l’état de santé du maestro ressort des lettres envoyées à Barezzi. Vincenzo Flaùto, impresario du Teatro San Carlo de Naples et commanditaire de l’opéra, auquel Verdi a demandé un report de la date de création, ne s’y laisse pas prendre qui répond à sa lettre : Flaùto connaît les causes de la « maladie » de Verdi : celui-ci redoute en fait plus que tout autre le public de « la grande dame déchue du mélodrame italien ». Et en effet, est-ce en raison de la cabale de la presse qui qualifie sa musique de « barbare », de l’opposition des partisans de Mercadante (directeur du conservatoire de Naples) réfractaires à toute nouveauté et donc à la musique romantique, est-ce grâce à l’excellente prestation des Tadolini, Fraschini et Coletti ou à la réputation qui avait précédé Verdi et à l’accueil enthousiaste réservé à I due Foscari, toujours est-il que la première d’Alzira au San Carlo le 12 août 1845 n’est ni un succès ni un fiasco et c’est découragé que Verdi quitte Naples après la troisième représentation. A la fin de l’été il se rend à Busseto où il achète le palazzo Cavalli, l’imposante demeure bourgeoise de l’ancien maire, l’une des plus magnifiques de la ville et où il entreprend l’écriture de l’opéra commandé pour la Fenice. Venise n’est pas Naples. Verdi est heureux d’y retrouver son ami Piave, initialement pressenti pour l’écriture du livret d’Attila finalement confiée à Solera. Et le public lagunaire se réjouit à l’idée de revoir l’auteur d’Ernani auquel il a fait un accueil triomphal trois ans plus tôt et dont Un giorno di regno, sifflé à Milan, connaît ici un succès inattendu. Le 26 décembre, terrassé par un refroidissement qui lui impose de garder la chambre pendant plus d’un mois il ne peut cependant assister au gala d’ouverture de la saison où sont présents le tsar et la tsarine de Russie et où l’on donne sa Giovanna d'Arco. Le 17 mars 1846, l’accueil d’Attila est mitigé lors de la première mais, à la direction de l’orchestre et avec une distribution magnifique, Verdi triomphe lors des représentations suivantes. Attila, son neuvième opéra, marque un tournant dans le style du compositeur : Verdi met ici un terme au style de ses premières années, style guidé par un « provincialisme et un spontanéisme populaire qui n’échappe pas toujours à la vulgarité », issu de sa formation et de sa pratique bussétanes. Les œuvres de la maturité de sont pas loin. Macbeth est créé à Florence Macbeth est considéré par certains comme le plus original et le plus important des opéras de Verdi, dans lequel il rompt pour la première fois avec l’une des conventions de l’opéra italien du (qui voulait qu’une œuvre comporte une histoire d’amour). Il est créé à Florence. I Masnadieri est créé à Londres. En 1847 Verdi se risque pour la première fois dans le genre du Grand Opéra, mettant en scène Jérusalem, remaniement radical des Lombards. Alors que Milan était perdue et reconquise par les Autrichiens, Verdi écrit Il Corsaro et La battaglia di Legnano.

La et les années de Sant’Agata : la maturité

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Luisa Miller et Stiffelio : la transition Au terme de ces , Luisa Miller (Naples, Teatro San Carlo, ) et Stiffelio (Teatro Grande de Trieste, ) marquent un moment fondamental dans l’évolution stylistique de Verdi : sa pensée musicale se fait plus raffinée et sa dramaturgie s’oriente vers une recherche approfondie et subtile de la psychologie des personnages toujours plus liée à la dimension bourgeoise.
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La Traviata, Il Trovatore et Rigoletto : la trilogie Affiche pour la première de La Traviata à La Fenice C’est la réalisation de la pleine maturité, confirmée par les trois titres de la , un triptyque d’opéras aux sujets extrêmement différents mais également aimés du public : Rigoletto (La Fenice Venise, 1851), Il Trovatore (Teatro Apollo Rome, 1853) et La Traviata (La Fenice Venise, 1853), trois mélodrames destinés à un succès jamais démenti malgré les débuts difficiles de La Traviata. Rigoletto est créé à Venise en 1851. Basé sur une pièce de Victor Hugo, le livret doit subir de substantielles révisions afin de satisfaire la censure de l’époque et le compositeur est à plusieurs reprises tenté d’abandonner. L’opéra devient rapidement un grand succès. Avec Rigoletto, Verdi réalise son projet de drame musical comme un cocktail d’éléments hétérogènes incarnant la complexité sociale et culturelle et commence à mêler la tragédie et la comédie. La gamme musicale inclut musique de scène, comme au premier tableau, mélodie italienne, comme le quatuor Bella figlia dell’amore, musique de chambre comme dans le duo entre Rigoletto et Sparafucile, et de puissants et concis ariosos souvent basés sur la tonique comme do ou do
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dans le registre supérieur de Rigoletto et de Monterone.
- Des Vêpres à Aïda : l’installation à Sant’Agata Dans le même temps, Verdi acquiert le domaine de Sant’Agata, dans le hameau des origines de sa famille paternelle. Il s’y installe au printemps de 1851 avec sa nouvelle compagne (qu’il n’épousera qu’en 1859), la soprano Giuseppina Strepponi. Leur cohabitation hors mariage est dans ce considérée comme scandaleuse. À Sant’Agata, Verdi se consacre avec passion à l’agriculture et cultive son vif intérêt pour l’art, la poésie, l’économie et la politique. Il est même élu conseiller municipal de Villanova sull'Arda et conseiller provincial. Après la , Verdi part chercher fortune à Paris. Ses rapports avec le ne sont toutefois pas faciles et les œuvres composées pour l’Opéra – Les Vêpres siciliennes (1855) et Don Carlos (1867) – correspondent moins au goût de son public (aujourd’hui, les deux œuvres sont le plus souvent données dans leur version italienne révisée). C’est une période de labeur : Verdi peut enfin composer sans hâte mais le monde musical est en train de changer lentement, même en Italie. Sur les scènes italiennes, au demi insuccès de Simon Boccanegra (1857), œuvre destinée à être drastiquement remaniée bien des années plus tard) fait suite Un ballo in maschera (1859), opéra dans lequel Verdi mêle avec succès théâtre tragique et légèreté. Après les deux monumentaux drames historiques de facture – La forza del destino commandé par le théâtre impérial de Saint-Pétersbourg (1865) et Don Carlos déjà cité et à l’origine chanté en Français – cette période d’expérimentation culmine avec Aïda, situé dans l’Égypte antique et commandé par le Khédive Ismaïl Pacha pour l’inauguration du canal de Suez mais qui sera finalement créé lors de l’ouverture du Théâtre italien du Caire. Verdi tardant à donner sa réponse, les commanditaires l’avertissent qu’ils s’adresseront à Gounod et menacent même d’engager Wagner. Le maestro italien commence alors à monter un intérêt considérable et des accords sont signés en 1870. Les deux compositeurs qui sont les chefs de leurs écoles respectives, semblent ne pas s’apprécier mais ils ne se sont jamais rencontrés. Les quelques commentaires de Verdi à propos de Wagner et de sa musique sont loin d’être bienveillants : Il choisit invariablement et inutilement la voie inexplorée, essayant de voler là où une personne raisonnable marcherait avec de meilleurs résultats. Mais il a au moins cette parole aimable en apprenant la mort de Wagner : Triste ! Triste ! Triste !… Un nom qui laisse une empreinte des plus puissantes dans l’histoire de notre art. L’un des commentaires de Wagner est bien connu : après avoir écouté le Requiem le grand musicien allemand, d’habitude prolifique et éloquent dans ses commentaires sur les autres compositeurs se contente de dire… . La première d’
Aïda est donnée en 1871 et rencontre un succès immédiat. Cet opéra va ouvrir la période des derniers chefs-d’œuvre : le Requiem, les Quatre pièces sacrées, Otello et Falstaff (achevé à l’âge de 80 ans).

Les dernières années

Après Aïda, satisfait des succès internationaux et plutôt critique en regard des progrès musicaux de ses contemporains, Verdi décide de se retirer. Il passe les années qui suivent à la révision de ses premières partitions pour en tirer notamment de nouvelles versions de Don Carlos, La forza del destino, et Simon Boccanegra.
- Otello et Falstaff Seul saura le faire sortir de l’isolement Arrigo Boito, le poète et compositeur scapigliato d’un Mefistofele, qui l’avait publiquement offensé en 1863 en le rendant responsable du provincialisme et du retard de la musique italienne de ce temps. Avec les années, Boito a cependant compris que seul Verdi était en mesure de ramener l’Italie musicale au niveau européen. Othello
et Desdémone par Alexandre-Marie Colin Avec l’aide précieuse du clairvoyant éditeur Giulio Ricordi, il réussit, en 1879 à convaincre le musicien de collaborer à un nouveau grand projet lyrique en écrivant pour lui le livret d’Otello, un drame du décadentisme tiré de la tragédie de Shakespeare, auteur qui passionne depuis toujours tant le compositeur d’âge mûr que le plus jeune Boito. Après huit ans de travail alterné avec le remaniement de Simon Boccanegra, Otello créé en 1887 est accueilli avec un succès éclatant. Pourtant sa musique continue ne peut aisément être scindée en numéros pouvant être donnés en concert. Certains critiques estiment que bien que magistralement orchestré, il manque de l’éclat mélodique si caractéristique des premiers grands opéras de Verdi, et que le prélude fait défaut, ce à quoi ses auditeurs ne sont pas habitués. Beaucoup en revanche considèrent Otello comme le plus grand opéra tragique de Verdi, celui qui contient l’une de ses plus belles, de ses plus expressives musiques. Falstaff par Eduard von Grützner Les deux œuvres, représentées à la Scala, connaissent un accueil différent : si Otello rencontre immédiatement le goût du public, s’imposant durablement au répertoire, Falstaff, dont le livret basé sur la traduction par Victor Hugo des Joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare est également d’Arrigo Boito, déconcerte ce public verdien et les mélomanes italiens : non seulement, pour la première fois depuis l’infortuné Un giorno di regno, le vieux Verdi se confronte au théâtre comique, mais avec sa comédie suprême montrant son génie contrapuntiste, il réussit à balayer d’un seul coup toutes les conventions de forme de l’opéra italien, montrant une vitalité artistique, un esprit de modernité et une énergie créative surprenantes. Fasltaff a toujours attiré les musiciens, et exercé une influence décisive sur les jeunes compositeurs d’opéras, de Puccini à la génération des années quatre-vingts. Otello et Falstaff, la tragédie et la comédie, sont considérés comme les opéras les plus achevés du maître.
- La Casa di riposo per i musicisti La vie de Giuseppe Verdi est caractérisée par deux périodes : celle de la jeunesse, faite de tribulations et de luttes et celle de la pleine maturité, riche de sérénité et d’inspiration. Celle des dernières années s’écoule entre Sant’Agata et Milan. La Casa di riposo per i musicisti à Milan Giuseppa Strepponi meurt subitement le . Le , Verdi fonde la Casa di Riposo per i Musicisti dans l’objectif d’assurer l’entretien de et qui se trouvent en difficulté. Selon sa volonté, les premiers hôtes n’accéderont à la maison de repos qu’après sa mort.
- Va, pensiero… Alors qu’il séjournait dans un hôtel milanais, Verdi a une attaque le . Il s’affaiblit progressivement et meurt six jours plus tard, le . Dans son testament du , Verdi désigne en qualité de légataire universel une cousine de Busseto, Maria Verdi. Nombreux furent les legs destinés à divers organismes sociaux dont, naturellement, la Casa di riposo per i musicisti, dans l’oratoire de laquelle il est enseveli, aux côtés de son épouse Giuseppina, le . Le jour des funérailles du maestro, la Piazza Duomo et les rues adjacentes sont recouvertes de paille pour que le vacarme des fiacres ne vienne pas troubler son repos. Ses funérailles sont immenses. 250 000 personnes sont présentes pour rendre un dernier hommage à l’une des plus importantes figures de la musique italienne. Lorsque son corps est transféré du cimetière à la Casa di riposo, un chœur de 820 chanteurs dirigé par Arturo Toscanini interprète le Va pensiero et le Miserere du Trouvère.

Analyse

Œuvres

Verdi et la politique

L’œuvre de Verdi est souvent empreinte de nationalisme italien : le Chœur des esclaves hébreux dans Nabucco, connu sous le nom de Va pensiero, est régulièrement proposé comme un possible hymne national italien. D’autres références à des évènements politiques sont présentes dans I Lombardi. Quand Milan toujours sous l’occupation autrichienne commence à soutenir les efforts de Victor Emmanuel pour la réunification, des partisans clandestins commencent à comploter pour que le roi de Sardaigne conquière Milan et, à cause de la censure autrichienne sévère, une inscription circule : W VERDI, dissimulant un code de ralliement contre l’occupant et qui se lisait : ViVa Vittorio Emanuele Re DItaliaLongue vie à Victor Emmanuel, roi d’Italie. Le compositeur était au courant de cette utilisation de son nom et est supposé y avoir consenti. Partisan des mouvements du risorgimento, il participe activement à l’Unification italienne. Il écrit en 1862 un Inno delle Nazioni qui inclut Fratelli d'Italia, la Marseillaise et God Save the King. De 1861 à 1865 Verdi est député du premier parlement du royaume d’Italie. Par la suite, profondément déçu, il s’éloigne de la politique mais est nommé sénateur en 1874.

Le Verdi non lyrique

Verdi s’est aussi confronté à l’écriture en dehors du champ de l’opéra. Après avoir reçu la formation de maître de chapelle, selon la pratique de l’époque, il écrit quantité de musique sacrée instrumentale, mais abandonne presque complètement les genres non lyriques, à l’exception de la romance de salon, dès le début de sa carrière de compositeur d’opéras. Outre l’Inno delle Nazioni composé pour l’Exposition Universelle de Londres en 1862, alors qu’il était député, Verdi écrit une messe de Requiem pour la mort d’Alessandro Manzoni, , exécutée en l’église San Marco à Milan le . Après la mort de Rossini, en 1869, Verdi avait déjà proposé en hommage collectif au compositeur de Pesaro un Requiem composé par tous les musiciens italiens majeurs de ce temps, et dont il avait réservé le Libera me qui passera, après quelques changements, dans le Requiem pour Manzoni. Toujours dans le domaine de la musique sacrée, le Verdi athée laisse un Pater noster, sur le texte en italien du Dante, publié en 1880 et les Quatre pièces sacrées, composées dans la maturité tardive et publiées en 1898: Ave Maria, Stabat Mater, Laudi alla Vergine e Te Deum. L’unique incursion de Verdi dans le genre de la musique de chambre est constitué par son Quatuor pour cordes en mi mineur (1873).

Le style

Les prédécesseurs de Verdi qui ont influencé sa musique sont Gioacchino Rossini, Vincenzo Bellini, Giacomo Meyerbeer et, plus notablement, Gaetano Donizetti et Saverio Mercadante. A la possible exception d’Otello et d’Aïda, il est libre de l’influence de Wagner. Quoique que respectueux de Gounod, Verdi est attentif à ne rien apprendre du Français que certains de ses contemporains regardent comme le plus grand compositeur vivant. Quelques traits dans Aïda suggèrent au moins une connaissance superficielle de l’œuvre du compositeur russe Mikhail Glinka que Franz Liszt, après sa tournée dans l’empire russe a popularisé en Europe de l’Ouest. Dans toute sa carrière, Verdi a rarement utilisé le contre ut dans ses arias pour ténor, considérant que le fait de chanter cette note particulière devant une assistance distrait l’interprète avant et après que la note apparaît. Toutefois, il a donné un contre ut à Duprez dans Jérusalem et à Tamberlick dans La forza del destino. Le contre ut souvent entendu dans l’aria Di quella pira (Il trovatore) n’apparaît pas sur la partition de Verdi. Bien que son orchestration soit souvent magistrale, Verdi compte fortement sur son don mélodique comme ultime instrument d’expression musicale. En fait, dans plusieurs passages, et particulièrement dans ses arias, l’harmonie est ascétique, tout l’orchestre sonnant comme un grand instrument d’accompagnement, comme une , dira Stravinski Christian Merlin, La direction d’orchestre verdienne, L'Avant-Scène Opéra. Certains critiques maintiennent qu’il n’accorde pas suffisamment d’attention à l’aspect technique de la composition, manquant de raffinement comme s’il était toujours en train d’apprendre. Verdi lui-même a déclaré : s’empressant toutefois d’ajouter : . Cependant, il serait incorrect d’affirmer que Verdi sous-estime la puissance expressive de l’orchestre ou ne l’emploie pas dans toute sa capacité lorsque c’est nécessaire. D’ailleurs, l’innovation orchestrale et contrapuntique est caractéristique de son style : par exemple, la montée rapide des cordes dans la scène de Monterone dans Rigoletto accentue le drame et, dans le même opéra, le chœur fredonnant six notes étroitement groupées en arrière-plan dépeint très efficacement les hurlements inquiétants de la tempête approchant. Les innovations de Verdi sont si caractéristiques qu’aucun autre compositeur ne les emploie; elles restent encore aujourd’hui la signature exclusive de Verdi. Verdi est l’un des premiers compositeurs à avoir patiemment recherché le terrain dans lequel enraciner ses talents particuliers. Travaillant étroitement avec ses librettistes et bien conscient que l’expression dramatique est son atout, il s’assure que le travail initial sur lequel est basé le livret est débarrassé de tous les détails inutiles et de tous les personnages superflus, et ne conserve que les rôles débordant de passion et les scènes dramatiquement riches. Plusieurs de ses opéras, notamment ceux postérieurs à 1851 sont ancrés dans le répertoire. Aucun compositeur d’opéras italiens n’a atteint la popularité de Verdi, à l’exception peut-être de Giacomo Puccini.

Verdi et le cinéma

Films biographiques

Films biographiques, plus ou moins librement tirés de la vie de Giuseppe Verdi :
- Giuseppe Verdi (1938) — film dirigé par Carmine Gallone
- Giuseppe Verdi (1953) — film dirigé par Raffaello Matarazzo
- Giuseppe Verdi (1982) — scénario pour la télévision dirigé par Renato Castellani
- Giuseppe Verdi (2000) — documentaire de Francesco Barilli

Verdi chez Visconti

- Le Guépard :Nino Rota a utilisé pour la scène centrale du film de Visconti, la scène du bal, la Walzer in fa Maggiore composée en 1859 pour piano, en créant un arrangement pour l’orchestre symphonique. Cette pièce, mineure dans la carrière de Verdi, retrouve chez Visconti la dimension psychologique et socio-politique de l’œuvre verdienne.
- Senso :Le film débute sur une scène de manifestation des partisans de l’unité italienne contre l’occupant autrichien, lors d’une représentation du Trouvère à La Fenice de Venise. La scène se déroule sur l’air célébrissime de Manrico, Di quella pira. À la fin du troisième acte, lorsque le chœur en armes chante , semblant défier les officiers autrichiens, les patriotes lancent des balcons leurs affichettes vert blanc rouge, au cri de et . Là encore, Visconti rappelle intensément le rôle et l’utilisation de Verdi dans le Risorgimento.

Curiosités

Trois conservatoires de musique italiens portent son nom : celui de Milan, celui de Turin et celui de Côme.

Galerie de photos

Image:Verdi statue.jpg Image:Verdi Giuseppe.jpg Image:Disderi, Adolphe Eugène (1810-1890) - Giuseppe Verdi (1813-1901).jpg Image:Giuseppe Verdi portrait.jpg Image:Reutlinger, Charles (1816-18..) - Giuseppe Verdi 2.jpg Image:Reutlinger, Charles (1816-18..) - Giuseppe Verdi.jpg Image:Giuseppe Verdi.jpg Image:Milano Statua di Verdi.jpg

Bibliographie

La bibliographie verdienne est innombrable, essentiellement en Italie et dans les pays anglo-saxons. Ne sont reprises ici que les publications signalées, dans les ouvrages les plus récents, comme étant les plus facilement accessibles en français ou les plus importantes en langue étrangère. On se reportera utilement à la notice bibliographique de ces publications pour un développement plus détaillé. Nota : Les ouvrages ou articles relatifs à l’un des vingt-huit opéras de Verdi sont cités dans l’article correspondant.
- Ouvrages
- Milza, Pierre Verdi et son temps, Perrin, Paris, 2001, 559 p. , réédit. collection Tempus, 2004
- Gefen Gérard, Verdi par Verdi, Archipel, Paris, 2001, 285 p.
- Labie, Jean-François, Le cas Verdi, Fayard, Paris, 2001, 462 p.
- Orcel, Michel, Verdi, la vie, le mélodrame, Grasset, Paris, 2001, 367 p.
- Van, Gilles de, Verdi, un théâtre en musique, Fayard, Paris, 2001, 470 p.
- Duault, Alain, Verdi, la musique et le drame, Gallimard, collection Découvertes, Paris, 2001, 192 p.
- Phillips-Matz, Mary Jane, Giuseppe Verdi, Gefen, Gérard, traduction et préface, Fayard, Paris, 1996, 1031 p.
- Gatti, Carlo, Verdi, Barbaud, Pierre, traduction, Ed. D’aujourd’hui, Les introuvables, Plan de la Tour, 1977, 2 vol., 274 p. Nota : Reproduction en fac-similé de l’édition de Paris, Gallimard, 1961, épuisé, consultation en bibliothèque seulement.
- Abbiati, Franco, Giuseppe Verdi, Ricordi, Le vite, Milan, 1959, 4 vol.
- Budden, Julian, Les opéras de Verdi, en 3 volumes :
-
- Le opere di Verdi, EDT, Biblioteca di cultura musicale, Torino, Vol. I, 1985, Da Oberto a Rigoletto, 600 p. , Vol. II, 1986, Dal Trovatore alla Forza del destino, 601 p. , Vol. III, 1988, Da Don Carlos a Falstaff, 629 p.
-
- The operas of Verdi, Oxford University Press, New-York, 1973 - 1981, Vol. I , Vol. II , Vol. III
- Articles ou publications collectives
- Guide des opéras de Verdi, Jean Cabourg, directeur de la publication, avec la collaboration de Ivan A. Alexandre, Christophe Capacci, Michel Debrocq, Gilles de Van, Sylviane Falcinelli, Stéphane Goldet, Piotr Kaminski, Fernand Leclercq, Rolland Mancini, Isabelle Moindrot, Marie-Aude Roux, Pascale Saint-André, Georges Voisin et Jean-Paul Williart, traduction des livrets par Yvelaine Duault, Georges Farret, Jacques Fournier, Michel Orcel et Béatrice Vierne, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 1990, 1283 p.
- Damien Colas, « “Quels accents ! quel langage !” : examen du traitement de l’alexandrin dans Les vêpres siciliennes », Actes du colloque franco-italien, Villecroze, octobre 1997, Paris, Société française de musicologie, 2000, p. 183-210.
- Maestro Verdi, Christian Merlin, Jean Cabourg, Pierre Flinois, Gilles de Van, Etienne Barilier, Alessandro di Profio, André Lischke, Damien Colas, Jean-François Labie, Hector Bianciotti, Didier Van Moere, Jean-Claude Yon, Alain Perroux, Pierre Michot, Joël-Marie Fauquet, Jean-Louis Dutronc, Sandro Cometta, Jean-Michel Brèque, Elisabetta Soldini, Laureto Rodoni, L’Avant-scène Opéra, Paris, 2001, 155 p.
- Damien Colas, « Verdi und Donizetti: ein Vergleich », Giuseppe Verdi — Große Komponisten und ihre Zeit, Markus Engelhardt (éd.), Laaber, Laaber-Verlag, 2001, p. 317-338
- Verdi, Giuseppe, Alessandro di Profio, Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, dir. Joël-Marie Fauquet, Fayard, Paris, 2003,

Sources

Notes et références

Voir aussi

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Sujets connexes
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