Le Jugement dernier (Michel-Ange)

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Le Jugement dernier est une fresque biblique representant le Jugement dernier, peinte par Michel-Ange sur le mur de l'autel de la chapelle Sixtine au Vatican au XVe siècle (Renaissance) sur commande du pape Clément VII (Il est alors âgé de soixante ans et réalise cette oeuvre en six ans).
Le Jugement dernier (Michel-Ange)

Le Jugement dernier est une fresque biblique representant le Jugement dernier, peinte par Michel-Ange sur le mur de l'autel de la chapelle Sixtine au Vatican au XVe siècle (Renaissance) sur commande du pape Clément VII (Il est alors âgé de soixante ans et réalise cette oeuvre en six ans).

Historique

En 1532, Michel-Ange revient à Rome après un séjour de plusieurs années à Florence (au cours duquel il avait pris parti contre le pape dans le conflit avec l'empereur Charles Quint) et Clément VII, qui lui a pardonné, lui demande de peindre les deux extrémités de la chapelle Sixtine. Il devait y représenter la Chute des anges rebelles et le Jugement dernier. Presque aussitôt il se mit à l'étude pour réaliser ce projet démesuré. Clément VII étant mort (en 1534), il songeait à renoncer à ce travail pour reprendre le tombeau de Jules II, quand le pape Paul III s'y opposa et le nomma par bref en 1535 architecte, peintre et sculpteur du Vatican. Le Jugement dernier fut seul exécuté. Il fut achevé en 1541.

Description

La fresque s'étend sur un vaste mur (vingt mètres de haut, dix de large) en forme de double lunette. Il a pour thème biblique le Jugement dernier, thème qu'on trouve très fréquemment sur le mur d'entrée des églises à l'époque  on pense que Clément VII, qui décida de l'emplacement, voulait marquer les esprits après le terrible sac de Rome de 1527 par les lansquenets de Charles Quint. En haut de chaque lunette, les anges tiennent les instruments de la Passion du Christ : la croix et la colonne où le Christ fut flagellé. Au centre, sous la jonction des lunettes, se trouve le Christ en majesté, levant la main d'un geste de juge impitoyable. Il est représenté sous les traits d'un homme jeune ayant une carrure d'athlète qu'on dit inspirée du torse du Belvédère — un Christ bien différent des représentations habituelles, lui donnant un air à la fois plus humain et plus terrible. A ses côtés, la Vierge détourne le visage en signe de pitié. Aux côtés de Jésus et de sa mère figurent les saints tenant les instruments de leur martyre, témoins de la foi. On peut reconnaître à leurs pieds les patrons de Rome, Saint Barthélemy tenant sa peau écorchée, sur laquelle Michel-Ange s'est représenté, et saint Laurent avec son gril. A droite se trouve saint Pierre tenant les clefs du Paradis, Adam et Ève, Ésaü et Jacob réconciliés, et d'autres martyrs. A gauche, des apôtres et Jean-Baptiste. Le Jugement dernier (détail)Le Christ et la Vierge En bas, on voit à gauche les morts ressuscitant et emmenés par des anges vers le Christ pour être jugés, et à droite les damnés repoussés par les anges et tirés par les démons vers l’enfer. Au centre, on remarque deux hommes disputés par les anges et les démons ; ces hommes s'accrochent à un chapelet, condamnation implicite des protestants, qui rejettent la dévotion à la Vierge. Enfin, tout en bas de la fresque, deux personnages inspirés non par la Bible mais par la Divine Comédie de Dante : Charon chassant hors de sa barque les damnés ; Minos, avec ses oreilles d'âne (sous les traits du maître des cérémonies Biagio da Cesena, qui détestait Michel-Ange, lequel le lui rendait bien). L'ensemble compose une scène saisissante, à la fois ordonnée et bouillonnante. Michel-Ange offre une vision torturée et douloureuse du jugement dernier, loin de la calme majesté des représentations habituelles, ou du Christ de douceur et d'amour décrit par saint François d'Assise. A noter qu'à l'époque, l'œuvre avait fait scandale, surtout du fait que les quelque quatre cents personnages y figuraient nus, même le Christ. Paul IV songea un moment supprimer toute la fresque, mais il se contenta finalement de faire voiler pudiquement certains personnages par Daniele da Volterra, qui y gagna le surnom de Braghettone (culottier). Au encore, Clément XII fera recouvrir d'autres personnages. La vision et l'interprétation de l'œuvre ont été perturbées par la longue restauration effectuée de 1981 à 1992. Elle a dévoilé des couleurs étonnantes chez celui qu'on surnommait le « terrible souverain de l'ombre » : des roses pastels, des verts acides, des bleus clairs...

Sources

- Guide des musées et de la cité du Vatican, publications du Vatican, 1986
- Rome, Hachette, coll. « Guides bleus », 1992

Voir aussi

- Eschatologie
- Jour du jugement ==
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