Création monétaire

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Fed, aux États-Unis. La création monétaire est l'opération de création, au sein d'un pays, de monnaie. Depuis l’Antiquité, la création monétaire est essentiellement le fait des gouvernements, qui en ont parfois abusé et provoqué des niveaux élevés d’inflation. En parallèle, les États luttent contre les faux-monnayeurs qui s’enrichissent en fabriquant de la fausse monnaie.
Création monétaire

Fed, aux États-Unis. La création monétaire est l'opération de création, au sein d'un pays, de monnaie. Depuis l’Antiquité, la création monétaire est essentiellement le fait des gouvernements, qui en ont parfois abusé et provoqué des niveaux élevés d’inflation. En parallèle, les États luttent contre les faux-monnayeurs qui s’enrichissent en fabriquant de la fausse monnaie.

Historique

Par les autorités monétaires

Les autorités financières ne sont pas les principaux créateurs primaires de monnaie, mais ils exercent une supervision sur cette création, incombant aux banques (voir ci-dessous). Par ailleurs les budgets publics peuvent avoir une incidence indirecte sur la demande de monnaie. Autrefois, les institutions monétaires relevaient directement du pouvoir exécutif. La création de la monnaie et la politique monétaire relevaient directement du gouvernement, ces prérogatives étant assimilées à un droit régalien. De nos jours, les autorités financières sont incarnées par les banques centrales. Ces dernières sont autonomes vis-à-vis de l'exécutif politique dans certains pays développés (Fed, Banque d'Angleterre, BCE, BoJ, …). Les autorités monétaires ont comme première vocation de « garantir » (au sens figuré) la valeur de la monnaie, autrement dit, la « confiance » portée par les porteurs et détenteurs (potentiels) de monnaie envers ladite monnaie. Le terme « garantir » revêt également un sens propre, que ce soit dans le système de l’étalon-or (les réserves d’or détenues par une Banque Centrale étaient la « preuve » que la confiance monétaire était fondée) ou, dans le système moderne, par une banque centrale préteur en dernier ressort. La seconde vocation d’une autorité monétaire est de créer (voire de détruire) de la monnaie (pièces et billets par exemple, mais en réalité, un simple jeu d’écriture peut permettre de créer de la monnaie). Toutefois, la création de nouvelle monnaie peut avoir un impact direct sur l’inflation. Une hausse de l'inflation est généralement considérée comme néfaste (voir Conséquences de l'inflation).

Régulation de la création de monnaie scripturale

Selon une évolution amorcée dans les années 1930, et renforcée dans les années 1970 et 80 de la Banque de France, 1999., les banques centrales ne créent que la monnaie fiduciaire. La fonction de création de la monnaie scripturale (monnaie de crédit) est déléguée aux établissements de crédit, dits « de second rang ». Toutefois, les banques centrales supervisent et régulent l’ensemble de la création monétaire :
- en jouant sur les taux directeurs : les établissements de crédit, pour obtenir des liquidités, empruntent sur le marché interbancaire ou empruntent aux banques centrales à un taux d'intérêt défini par la banque centrale, le taux de refinancement la monnaie banque centrale dont elles ont besoin. Le taux d'emprunt (l’Eonia par exemple) sur le marché interbancaire est très proche, mais légèrement supérieur, du taux de la banque centrale. En augmentant (ou en baissant) ses taux d'intérêt, la banque centrale rend plus difficile (ou facilite en cas de baisse) les investissements, une hausse du taux d'intérêt impliquant un renchérissement du coût d'un crédit pour l'emprunteur (ménage ou entreprise). De ce fait, une hausse du taux d'intérêt entraîne (toutes choses égales par ailleurs) une baisse de demande de crédit.
- en faisant varier le ratio de réserves obligatoires des établissements de crédit : celles-ci sont obligés de placer sur un compte de dépôts auprès de la banque centrale des liquidités dont la valeur est proportionnelle à l'ensemble des crédits que la banque centrale a accordé. Une hausse de ce ratio augmente le coût pour les banques commerciales à émettre des crédits, et donc réduit leurs émissions de crédit.
- en imposant des règles à l’ensemble des banques, afin que ces dernières présentent des garanties au regard des risques qu’elles prennent (voir banque – rôle et directives Bâle II notamment). En effet, si une banque commerciales prend trop de risques dans les prêts accordés, elle risque de rencontrer des défauts de paiement de la part de ses emprunteurs, et ensuite de restreindre drastiquement les prêts accordés à d'autres acteurs économiques. Il y a un alors un risque de credit crunch. De nos jours, les autorités sont amenées à gérer la création monétaire en fonction de l’abondance ou de la rareté des liquidités, afin d’éviter des phénomènes de corrections importantes susceptibles d’engendrer de graves crises (trop de liquidités crée des bulles sur certains marchés. ex: bourse, marché de l'immobilier, marché de l'art etc...). Elles ont pour objectif de favoriser la croissance sans inflation excessive (la cible de la BCE est aujourd'hui une inflation des prix de 2% dans la zone euro) en France, depuis 1983, cf. page 94 . Les banques centrales limitent en moyenne sur longue période la création de monnaie M2 à la croissance du PIB. En conclusion, les autorités financières ont un rôle capital : elles doivent garantir la valeur de la monnaie en circulation. « Jouer sur la monnaie » peut être considéré comme un jeu dangereux et hasardeux : les variables économiques sont intrinsèquement liées (croissance, emploi, pouvoir d’achat, …) et il n’existe aucune formule magique. Les phénomènes d’inflation et de déflation ont un effet important de correction, qui, brutales peuvent engendrer des crises graves et prolongées (voir banque centrale, cas de la déflation au Japon par exemple). Ce sont d’ailleurs là les raisons essentielles qui ont conduit beaucoup de Nations à accorder une indépendance aux Banques Centrales, afin que la monnaie soit relativement à l’abri de décisions politiques dangereuses, trop portées sur le jeu monétaire.

Par les banques

Une banque commerciale crée de la monnaie à l'instant où elle conclue un contrat de prêt avec un emprunteur. La banque crédite alors le compte de l'emprunteur d'une certaine somme d'argent en échange d'une créance. La monnaie est détruite (débit du compte) lorsque la somme prêtée est remboursée à la banque. Cette destruction de la monnaie résulte de la nature contractuelle de la monnaie. En effet un contrat conclu avec soi-même est nul, car il n'engage personne. La valeur des créances possédées par la banque est son principal actif. La valeur d'une monnaie est fondée principalement sur la valeur des créances possédées par la banque. Les monnaies modernes sont appelées "monnaies de crédit". On peut aussi parler de "monnaie de créances". Les créances douteuses sont les créances que la banque craint de ne pouvoir recouvrer. Les créances douteuses réduisent le profit des établissements bancaires. En pratique la monnaie est continuellement créée par les banques : tout titre qui représente une quantité de monnaie est lui-même de la monnaie, qui peut servir à tous les usages de la monnaie, y compris celui de servir de caution pour un nouveau titre, etc. La seule limite est qu'à chaque étape, on doit conserver une confiance dans la possibilité de retrouver la monnaie initiale : cette confiance se prouve par le fait qu'à tout moment la conversion est possible chez le dépositaire. Il est de ce fait tout à fait évident que cette monnaie créée par une première banque peut se retrouver dans une ou plusieurs autres banques, augmentant de ce fait la capacité des autres banques à créer à leur tour de la monnaie ; c'est l'effet multiplicateur du crédit, et qui fait dire que « l'ensemble du système bancaire privé est créateur de monnaie ex-nihilo ». De fait, la monnaie de crédit (temporaire), représente en France plus de six fois la monnaie permanente (pièces et billets).

Du temps de l'étalon-or

Du temps de l'étalon-or, le mécanisme était le suivant : Si 100 personnes déposent de l'or dans une banque, parce qu'il est plus pratique de se servir de chèques et qu'en plus la banque rémunère le dépôt, la banque constate rapidement qu'elle n'a besoin de conserver à tout moment qu'une fraction de l'or (par exemple celui de 8 personnes), et peut prêter (
credit money) le reste contre garantie et rémunération. Ainsi, sont en circulation 92% de l'or initial, et des titres qui représentent 100% de cet or : la quantité de monnaie a été pratiquement doublée. En outre, l'or remis en circulation peut lui même revenir dans les coffres de la banque, et servir à alimenter le mécanisme : au final circuleront 12, 5 fois (100 / 8) la quantité d'or initiale. La banque peut même n'avoir pas besoin de décaisser l'or, et faire le prêt par un simple jeu d'écritures : elle « crédite » le compte de son débiteur, auquel elle accorde la faculté d'émettre des chèques au-delà de son dépôt initial, avec la garantie de la banque.

De nos jours

La monnaie est totalement dématérialisée et les banques créent la monnaie sur la base de leurs « fonds propres » et sur la valeur de leurs actifs. La Banque Centrale a pour mission première d'assurer la solidité du système, en :
-contrôlant cette création monétaire effectuée par les banques (imposition de ratio de risques, etc.) ;
-et en étant prêteur en dernier ressort, ce qui de facto garantit toute « banque de dépôt » contre une panique qui pousserait ses déposants à retirer leurs avoirs tous en même temps (il suffit à la Banque Centrale de faire un prêt temporaire, le temps que les épargnants reviennent placer leurs économies dans la première banque ou une autre).

Par des individus

Reconstitution de la frappe artisanale de monnaie du temps des Viking Lorsque la monnaie est constituée de biens dont la valeur est reconnue sans qu'une autorité particulière l'impose, elle peut-être émise par n'importe qui. C'était probablement le cas dans les premier temps (Antiquité), cela l'a été après dans certaines circonstances (ruée vers l'or). Mais les possibilités que donne le pouvoir de « battre monnaie », notamment les manipulations de valeur et la taxation implicite que cela représente, ont rapidement conduit les autorités politiques à se réserver l'émission monétaire et à lutter contre le faux-monnayage.

Par la société civile

Des analystes principalement, altermondialistes et néo-keynésiens, pensent aujourdhui que le fait que les États ne pratiquent plus de création monétaire comme moyen de financement de leurs dépenses les a amenés à recourir à l'emprunt et à augmenter leur endettement, et est à l'origine de l'endettement et des problèmes économiques endémiques de ces ÉtatsPhilippe Derudder,
Rendre la création monétaire à la société civile'', Yves Michel.

Notes et références de l'article

Voir aussi

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