Orson Welles

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Orson Welles a été réalisateur, acteur, producteur et scénariste américain. Né le à Kenosha dans le Wisconsin (États-Unis), il est mort le à Hollywood, Los Angeles en Californie d'une crise cardiaque. Conformément à sa dernière volonté, ses cendres furent dispersées au-dessus de l'Espagne.Narrateur du générique final de Don Quichotte Il a été parfois crédité sous les noms de O.W. Jeeves ou G.O. Spelvin. Orson Welles a
Orson Welles

Orson Welles a été réalisateur, acteur, producteur et scénariste américain. Né le à Kenosha dans le Wisconsin (États-Unis), il est mort le à Hollywood, Los Angeles en Californie d'une crise cardiaque. Conformément à sa dernière volonté, ses cendres furent dispersées au-dessus de l'Espagne.Narrateur du générique final de Don Quichotte Il a été parfois crédité sous les noms de O.W. Jeeves ou G.O. Spelvin. Orson Welles a laissé des traces dans la mémoire des cinéphiles à plus d'un titre. Par exemple, son premier film, Citizen Kane, est régulièrement cité comme étant le plus grand film de l'histoire du cinéma dans la plupart des référendums critiques. Et ce en dépit du fait qu'il s'agissait pratiquement d'un film de débutant dans ce domaine.

Biographie

Une enfance riche et chaotique

Son père, Richard Heard Welles, est ingénieur et sa mère, Béatrice Ives Welles, est pianiste.Orson Welles, page 13. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13 Le fils les décrit ainsi: « Mon père était un bon vivant de l'époque édouardienne qui aimait se dire inventeurOrson Welles, page 15. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13. Il était généreux et tolérant, adoré de tous ses amis. Je lui dois une enfance privilégiée et l'amour des voyages.Orson Welles, page 49. Editions Cahiers du Cinéma Ma mère était une femme d'une beauté mémorable, elle s'occupait de politique, était une championne de tir au fusil, ainsi qu'une pianiste de concert très douée.Orson Welles, page 15. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13 Je tiens d'elle l'amour de la musique et de l'éloquence sans lesquels aucun être humain n'est completOrson Welles, page 49. Editions Cahiers du Cinéma». Le jeune Orson grandit dans une ambiance de culture raffinée et d'une touche d'excentricité. Ce qui a des répercussions immédiates. Les témoignages de sa précocité sont multiples et éloquents: il sait lire à deux ans, apprend à jouer du piano à trois ans et réalise sa première adaptation de Shakespeare à sept ans. De telle sorte que le journal local lui consacre un article titré: « Dessinateur, acteur poète; il n'a que dix ans » Orson Welles, page 14. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13Ses aptitudes dans le monde du spectacle ne s'arrêtent pas là. Il est également décorateur, metteur en scène et surtout acteur. À dix ans, il interprète Peter Rabbit au Marshall Field de Chicago.Orson Welles, page 14. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13 Mais les malheurs du jeune Orson commencent lorsqu'en 1925, il perd sa mère. Cinq ans plus tard, il perd son père et se retrouve, à quinze ans, orphelin. Il est pris en charge par un ami de ses parents qui va s'occuper de son éducation. Il gagne, en 1930, un prix récompensant sa mise en scène de Jules César de Shakespeare. Il part pour l'Irlande, étancher sa soif de peinture. Il parcourt le pays avec une voiture à âneOrson Welles, page 15. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13, et se rend à Dublin, âgé de seize ans. Il se présente comme une vedette du théâtre de New-York devant le directeur du Gate Theatre. Ce dernier est berné car Welles s'est habilement grimé, et sa voix chaude et grave le fait passer pour plus âgé qu'il ne l'est vraiment. Il approfondit son expérience de la scène: « Je commencai en jouant les premiers rôles...en vedette. Les petits rôles vinrent plus tard. »Positif juillet-août, 1963. Traduit du Sunday Times par Jean-Claude Allais Il part ensuite en Espagne, et se fait passer pour un auteur de romans policiers.Orson Welles, page 16. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13

Des débuts prometteurs

Après cette expérience formatrice, il retourne aux Etats-Unis en 1933. Le jeune homme possède une immense culture littéraire et théâtrale, et a déjà une solide maîtrise des artefacts de la scène. Il démontre également des aptitudes pour la prestidigitation. Il va d'abord travailler, en 1934, à la Todd School de Woodstock, dans l'IllinoisOrson Welles, page 27. Editions Cahiers du Cinéma. Il y fait la connaissance de Virginia Nicholson, actrice de dix-huit ans, qu'il épouse quelques mois plus tard. En 1939, le couple a une fille. S'il ne parvient pas à décrocher les premiers rôles lors des différentes mises en scène, il a la satisfaction de commencer à se faire connaître à Broadway. John Houseman lui offre de travailler avec lui, au Federal Theatre.Orson Welles, page 16. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13 Parallèlement à ses activités scéniques, il débute à la radio où sa voix chaude et grave fait des merveillles.Orson Welles, page 29. Editions Cahiers du Cinéma Il fait sensation en montant sur les planches une adaptation très originale du Macbeth de Shakespeare, car il transpose l'histoire de l'Ecosse, brumeuse et froide, à TahitiOrson Welles, page 57. Editions Cahiers du Cinéma, avec des acteurs noirs. L'histoire se déroule à l'époque de l'empereur noir Jean-Christophe, et les sorcières deviennent des sorciers vaudoux. Il monte également le Faust de Marlowe. Houseman et Welles souhaitent mettre en scène une sorte de satire de la vie politique américaine en forme d'opéra intitulée The craddle will rock. De nombreux opposants politiques, mais aussi des ennemis du Federal Theatre, font pression auprès de Washington, qui ordonne à la police de fermer les portes du théâtre. Houseman et Welles refusent d'obéir et jouent leur opéra dans la rue, devant deux mille personnes.Orson Welles, page 58. Editions Cahiers du Cinéma Il fonde, toujours avec John Houseman, le Mercury Theatre, en 1938, spécialisé dans Shakespeare. Il réalise des adaptations radiophoniques, avec la troupe du Mercury, des pièces du dramaturge anglais, ainsi que de nombreux romans, dont La Splendeur des Amberson, qui sera son deuxième long-métrage. Le lundi 30 octobre1938, il effraye une bonne partie de l'Amérique en faisant croire à l'invasion des martiens. La côte du surdoué monte en flèche, et Hollywood lui fait les yeux doux.

Le cinéma

150px C'est à la RKO que Welles va travailler. Le studio lui donne une entière liberté artistique: il est réalisateur, acteur, scénariste de son propre film. Jamais personne n'a eu une si grande liberté pour un premier film. Quelques années plus tard, Welles se rendra compte que ce cadeau inespéré était empoisonné. Il travaille d'abord à l'adaptation d'un roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (qui plus tard est transposé par Francis Ford Coppola dans Apocalypse Now). Le projet n'aboutit pas. Welles, avec Herman Mankiewicz, le frère du cinéaste Joseph Mankiewicz, rédige le scénario de Citizen Kane, à partir de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst. Toute la troupe du Mercury est présente. Le cinéaste a obtenu le contrôle total et désire garder le secret sur le sujet de son flm, mais les producteurs tentent de s'en mêler. Ils débarquent à l'improviste sur le plateau, et découvrent techniciens et acteurs en train de jouer au base-ball sur ordre du réalisateur. Pendant la période de post-production, Orson Welles participe à de nombreuses manifestations promotionnelles où on ne lui parle que du parallèle entre le personnage de Charles Foster Kane et William Randolph Hearst. Lassé, Welles déclare que si on continue à lui échauffer les oreilles, son prochain film sera une biographie de William Randolph Hearst. Malgré une énorme campagne de dénigrements orchestrée par Hearst, le film sort en salles. Le succès critique est unanime: le film de Welles est une révolution dans la technique cinématographique, de la structure du récit, du montage, des décors, des maquillages, des mouvements de caméra et de l'impact des images. Mais le public ne suit pas. Pour son deuxième film, La Splendeur des Amberson, le studio reconsidère son contrat, et réduit sa marge de manoeuvre. Une fois encore, le génie du cinéaste inonde le film, mais le public n'est toujours pas là. Il part au Brésil, préparer un reportage sur le festival de Rio. Sur place, il se passionne pour le récit de quatre marins et commence à tourner les séquences de ce qui devait être It's all true, mais qu'il n'a jamais pu terminé, pour de nombreuses raisons, notamment financières. Dans les mois qui suivirent, on a raconté que le film ne sortirait jamais car les rushs reposaient au fond de la mer. Pendant ce temps, les pontes de la RKO, mécontents des pré-projections, obligent Robert Wise, le monteur des deux premiers films d'Orson Welles, à remonter le film pendant l'absence du cinéaste. Plus de quarante-trois minutes sont retiréesOrson Welles, page 25. André Bazin. Editions Cahiers du Cinéma malgré l'insistance de tous les acteurs qui demandent aux producteurs d'attendre le retour de Welles pour prendre une décision concernant l'avenir du film. Même si Welles reconnait que dans cette situation, Wise est pris entre le marteau et l'enclume, il ne lui pardonnera jamais. Il dira:« J'étais en Amérique du Sud et attendais les rushes de Voyage au pays de la peur ; c'est alors qu'un galopin de la RKO ayant reçu l'approbation bienveillante d'un couple de vice-présidents et des censeurs du studio, se permit de monter le film. Le résultat fut heureusement présenté par une nuit noire, alors que personne ne regardait. »Orson Welles, le magnifique, de Peter Noble, repris dans Orson Welles page 21. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13 Joseph Cotten, dans La Splendeur des Amberson Après deux échecs commerciaux consécutifs, Welles devient suspect aux yeux des studios. En délicatesse financière, il joue dans de nombreux films pour financer ses projets. Sur le plan personnel, il épouse la star Rita Hayworth le 7 septembre 1943. La chance lui sourit avec Le criminel. Les producteurs du film proposent à Welles de réaliser le film, à condition de prendre le scénario de John Huston tel quel. Il accepte et parvient aisément à mener la mise en scène à bien avec dix jours d'avance sur la date prévue. La même année, Charlie Chaplin sort Monsieur Verdoux, d'après une idée d'Orson Welles, ainsi qu'en fait mention le générique du film. Welles avait proposé à Chaplin de jouer le rôle principal dans un film inspiré de l'affaire Landru. Après lecture du scénario, Chaplin le réécrit selon ses besoins, y incluant notamment une critique socio-économique, et pour dédommager Welles, il lui propose 5000 dollars ainsi que sa présence au générique. En 1948, un petit studio indépendant, spécialisé dans le western, accepte de financer son prochain film, Macbeth, dont il dissimule la pauvreté des décors par un brouillard artificiel. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, restituant très bien l'atmosphère de la pièce de Shakespeare. Nouveau coup de maître: il tourne son film en seulement vingt et un jours. La même année, il réalise La Dame de Shanghaï, grâce à la présence de Rita Hayworth, avec qui il est en instance de divorce. Le public crie au scandale en voyant la rousse Rita en blonde platine, cynique et froide, symbole du glamour hollywoodien, et boude le film qui n'emballe pas non plus la Columbia, qui préfère attendre la sortie de son autre film avec Hayworth, Gilda, pour sortir le film de Welles. Ce quatrième film de celui qui est maintenant l'enfant terrible d'Hollywood s'achève sur la séquence du palais des glaces, où les trois protagonistes s'entretuent. Woody Allen y rendra hommage dans Meurtre mystérieux à Manhattan, en mettant en scène le règlement de compte final dans une pièce remplie de miroirs.

La carrière européenne

En disgrâce avec les producteurs américains, Welles va jouer de nombreux rôles pour financer son nouveau projet: Othello. Il va mettre quatre ans à tourner le film, utilisant de nombreux décors (Venise, Rome, ainsi que de nombreux lieux d'Italie et du Maroc) sans que cela soit visible ou handicapant, interrompant son film par manque de financement pour le reprendre quelques mois plus tard. Une fois encore, la réussite artistique est totale, le film recevant même une récompense à Cannes. Trois ans plus tard, il réalise Monsieur Arkadin-Dossier secret, dans la lignée de Citizen Kane, pour des résultats artistiques et commerciaux très similaires. Il joue dans plusieurs films, notamment en France où il est très admiré: Paris brûle-t-il? de René Clément, Si Versailles m'était conté et Napoléon de Sacha Guitry avec qui, il s'entend à merveille. Les deux hommes ont de nombreux points communs: hommes de théâtre et de radio, réalisateurs et acteurs, scénaristes de leurs propres films, le même humour noir et caustique. Cervantes, Don Quichotte avec son fidèle Sancho Pansa, d'après une illustration de Gustave Doré En 1958, il se voit confié la réalisation de La Soif du mal. Dans ses entretiens avec son ami Peter Bogdanovich, Welles explique comment Charlton Heston, grande star des années 50, a joué un rôle déterminant pour lui. Intéressé par le projet, Heston rencontre les producteurs de Universal qui lui déclarent que la distribution comprendra Janet Leigh dans le rôle de sa femme, et Orson Welles dans le rôle du commissaire. Heston croit que Welles va être le réalisateur du film et déclare: "Si Welles est le réalisateur, je suis d'accord". La machine est en marche, et les producteurs qui visionnent tous les soirs, les rushes sont emballés au point de proposer à Welles de signer un contrat de quatre films pour les cinq ans à venir. Hélas pour lui, une fois le film monté, le studio change radicalement de position. Toujours dans le livre de Bogdanovich, Welles déclare:"l'humour que j'ai mis dans le film était inhabituel pour l'époque. Aujourd'hui, il s'est banalisé. Mais à l'époque, il a déplu aux pontes de Universal". Son seul tort serait d'être trop en avance sur son temps. C'est son dernier film hollywoodien. Il commence à tourner, en 1959, les premières images de Don Quichotte, film qui ne verra jamais le jour de la main de son auteur. Il va tourner pendant sept ans, interrompant volontairement le film, le plus souvent pour des raisons budgétaires. Il sera monté en 1994, suivant les notes laissés par Welles. En 1963, il signe Le Procès d'après Kafka. Film baroque et déstabilisant, avec une distribution éclectique, qui s'achève sur le champignon atomique. Trois ans plus tard, il met en scène Falstaff, qui est une refonte de plusieurs tragédies de Shakespeare. Orson Welles incarne John Falstaff, et sa passion dévorante pour le dramaturge anglais irradie le film ; il considère lui-même qu'il s'agit de sa plus grande réussite: mon meilleur film est Falstaff, ensuite Les Amberson. Falstaff est le complément, quarante ans plus tard, de ce Citizen Kane que j'ai tourné à l'aube de ma vie.Orson Welles, page 10. Danièle Parra et Jacques Zimmer. Editions Filmo-13 Son film suivant, F for fake est une réflexion sur le cinéma, art de l'illusion, ainsi que sur les différentes techniques à mettre en oeuvre. Son tout dernier travail, Filming Othello, est réalisé pour la télévision, mais bénéficie d'une distribution en salles. Fait rare mais dû à la personnalité et au prestige de son auteur. En 1982, il est le président de la cérémonie des César.

L'artiste

Acteur shakespearien génial et inspiré, scénariste incisif, Orson Welles a su poser sur le monde du spectacle et de la communication un regard lucide et visionnaire. Son analyse du pouvoir des médias, dans Citizen Kane, n'a pas pris une ride. Et les dangers liés aux progrès de la science, cristalisés dans l'accident de George Amberson, dans son deuxième film, sont toujours d'actualités. Mais l'homme est avant tout un féru de littérature, de musique, de peinture et de théâtre. En 1958, venu présenter La Soif du mal en France, Orson Welles rencontre André Bazin, journaliste et fondateur des Cahiers du cinéma, à qui il accorde un long entretien qui est repris dans le livre que le critique consacre à Welles. Il avoue son admiration sans bornes pour Raimu qu'il tient pour le plus grand acteur du monde, surtout La femme du boulanger. Il parle des cinéastes qu'il admire: Marcel Pagnol, John Ford dont il a vu La Chevauchée fantastique une quarantaine de fois avant de réaliser son premier film, Vittorio de Sica, Kenji Mizoguchi, Sergueï Eisenstein, Charlie Chaplin, René Clair et D.W. Griffith. Mais il n'est pas tendre avec certains de ses pairs. Toujours dans l'entretien avec Bazin, il descend Roberto Rossellini, Nicholas Ray et Vincente Minnelli. Seul Stanley Kubrick trouve grâce à ses yeux. Du reste, il est possible de considérer Kubrick comme le meilleur disciple de Welles tant les deux artistes ont en commun. Sa carrière n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été obligé de batailler ferme pour mener à bien tous ses projets, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma. Après 1946 et l'échec commercial cuisant du Tour du monde en quatre-vingts jours de Cole Porter, au théâtre, il a eu des ennuis avec le fisc. Mais il a également connu des moments heureux. Il a pu monter quelques pièces de Shakespeare en Angleterre. Visionnaire et audacieux, il a monté, à New-York, Macbeth et a transposé l'histoire de l'Ecosse brumeuse aux îles de Tahiti, en faisant jouer des acteurs noirs. Sa passion pour le grand dramaturge anglais ne s'arrêtera pas au théâtre et au cinéma: il réalise plusieurs adaptations radiophoniques qu'il sortira par la suite en disque. Il a collaboré avec le groupe de Heavy-Metal Manowar en prêtant sa voix sur des narrations sur les titres "Dark Avenger" et "Defender".

Shakespeare

William Shakespeare Orson Welles idolâtrait le dramaturge anglais plus que n'importe qui. Dans les multiples entretiens qu'il accordait, il ne cessait de répéter que Shakespeare était le plus grand poète de tous les temps. Le choc, dans le plus beau et le plus noble sens du terme, entre les deux artistes ne pouvait déboucher que sur des chefs-d'oeuvres. Avant même de faire du cinéma, Welles maîtrisait parfaitement le théâtre de Shakespeare: Richard III, monstre du théâtre du dramaturge anglais, était à son répertoire. En 1939, il produit Les cinq rois, où il refont plusieurs pièces, et le fait jouer par le Mercury Theatre. La consécration eu lieu dans les années 50, quelque temps après avoir terminé son adaptation de Othello. Grâce à l'aide de l'acteur Laurence Olivier, il put monter la pièce sur la scène du Saint James Theatre, soit le temple du théâtre élizabéthain. Le triomphe fut total. En 1956, à New-York, il a mis en scène Le roi Lear, au théâtre City Center, toujours avec le même succès. Au cinéma, l'influence de Shakespeare se manifeste dès Citizen Kane : un roi de la presse, qui cherche à étendre son empire, doit essuyer plusieurs échecs sentimentaux, relationnels et professionnels qui le conduiront à la solitude et à la mort. Nous retrouvons dans ce premier film de nombreuses thématiques shakespeariennes: un roi solitaire, tentant en vain de concilier ambition, pouvoir et vie de famille, et devant faire face à la trahison. Celles de ses amis, mais aussi la sienne car Charles Kane trahit sa profession de foi. Ce thème de la trahison, et de l'échec qui s'ensuit, va se retrouver tout au long de son oeuvre, mais également de sa vie professionnelle. Il suffit de penser à It's all true et Don Quichotte : trahie par ses échecs commerciaux, le cinéaste a de nombreuses difficultés pour mener à bien ses projets. Macbeth et Banquo rencontrant les trois sorcières Les adaptations qu'Orson Welles réalise sont chacune différentes mais également fascinantes. Macbeth est composé majoritairement de plans séquences très longs. Le seul couronnement du roi dure près de dix minutes. Le cinéaste plonge le film dans des brumes, rappelant celles d'Ecosse, afin de cacher la pauvreté des décors. A l'inverse, Othello est composé d'environ deux mille plans. Véritable prouesse technique de Welles qui interrompt son film pour le reprendre quelques mois plus tard, une fois les finances arrivées. C'est également le film où le thème de la trahison est sublimé: Othello est berné par Iago qu'il croit être son ami, alors qu'en fait ce dernier ne sert que ses ambitions. Sa dernière adaptation est également grandiose puisqu'il s'agit de Falstaff, où il refont plusieurs pièces du dramaturge et fait de John Falstaff, personnage secondaire, presque un faire-valoir chez Shakespeare, un personnage de premier plan. La séquence de bataille est admirable, et le pachyderme Welles, très loin du jeune premier de Citizen Kane, incarne le bouffon mais sincère Falstaff, renié par son ami devenu roi.

L'annonce du 30 octobre 1938

Le disque de l'émission où Orson Welles fit croire à l'invasion des martiens Il a probablement créé ainsi l'émission la plus célèbre de toute l'histoire de la radio le lundi 30 octobre 1938. Ce jour-là, sur CBS, l'émission Mercury Theatre on the air (Le Théâtre Mercury sur les ondes) présente une adaptation de La Guerre des mondes de HG Wells dans laquelle un faux présentateur de CBS annonce l'arrivée belliqueuse des Martiens sur Terre. Il faut savoir qu'en 1938, la radio est un objet nouveau et c'est pour cela que de nombreux auditeurs l'écoutent. Ainsi il arrive à faire croire à près d'un million d'entre eux (sur les 6 millions qui écoutaient l'émission) que les Etats-Unis sont bel et bien attaqués par des extraterrestres venus de Mars et qu'il faut impérativement fuir. C'est ainsi le chaos dans tout New-York et même les troupes américaines, massées dans le port mais en permission, sont rappelées dans le but de défendre la patrie. La radio est submergée d'appels de gens prétendant avoir aperçu des OVNI...un réservoir d'eau sera pris pour un engin extra-terrestre et criblé de balles par des citoyens. En fait, la panique n'a eu lieu que le lendemain, dans la presse.

Citations

- « Parmi la jeune génération, Kubrick me paraît être un géant. »
- « Jeanne Moreau est la plus grande actrice du monde. »
- « Le bonheur n'est pas le droit de chacun, c'est un combat de tous les jours.»

Filmographie

Réalisateur

-1934 : Hearts of Age (court métrage)
-1938 : Too much Johnson (court métrage)
-1941 : Citizen Kane
-1942 : La Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons)
-1946 : Le criminel (The Stranger)
-1947 : La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai)
-1947 : Macbeth
-1952 : Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice)
-1955 : Dossier secret ou Monsieur Arkadin-Dossier secret (Mr. Arkadin/Confidentiel Report)
-1958 : La Soif du mal (Touch of Evil)
-1962 : Le Procès
-1965 : Falstaff (Chimes at Midnight)
-1967 : Une histoire immortelle
-1967 : Le Marchand de Venise (The Merchant Of Venice) (inachevé)
-1970 : The Deep (inachevé)
-1972 : The Other Side of the Wind
-1975 : Vérité et mensonges (F for Fake)
-1978 : Filming Othello
-1978 : Moby Dick (court métrage)
-1981 : Filming The Trial (inachevé)
-1984 : The Dreamers (inachevé)
-1984 : The Spirit Of Charles Lindberg (court métrage)
-1985 : Orson Welles' Magic Show (court métrage)

Acteur

-1938 : Too much Johnson d'Orson Welles
-1940 : Citizen Kane d'Orson Welles
-1942 : La Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons) d'Orson Welles
-1942 : Voyage au pays de la peur (Journey into fear) de Norman Foster
-1944 : Jane Eyre de Robert Stevenson
-1946 : Duel au soleil (Duel in the Sun) de King Vidor
-1946 : Le Criminel (The Stranger)
-1948 : Macbeth d'Orson Welles
-1948 :
La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai) d'Orson Welles
-1949 : Cagliostro (Black Magic) de Gregory Ratoff
-1949 : Échec à Borgia (Prince of foxes) de Henry King
-1949 : Le Troisième Homme (The Third man) de Carol Reed
-1952 : Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice) d'Orson Welles
-1953 : L'Affaire Manderson d'Herbert Manderson
-1953 :
Si Versailles m'était conté...
de Sacha Guitry
-1955 : Napoléon de Sacha Guitry
-1955 : Dossier secret ou Monsieur Arkadin-Dossier secret (Mr. Arkadin) d'Orson Welles
-1956 : Moby Dick de John Huston
-1957 : Le Salaire du diable (Man in the shadow) de Jack Arnold
-1958 : Les Racines du ciel (The Roots of Heaven) de John Huston
-1958 : Les Feux de l'été (The Long hot summer) de Martin Ritt
-1958 : Le Génie du mal (Compulsion) de Richard Fleischer
-1958 : Les Vikings (The Vikings) de Richard Fleischer
-1958 : La Soif du mal (Touch of Evil) d'Orson Welles
-1959 ; David et Goliath (Davide e Golia)) de Richard Pottier
-1960 : Drame dans un miroir (Crack in the Mirror) de Richard Fleischer
-1960 : Austerlitz d'Abel Gance
-1962 : Le Procès d'Orson Welles
-1963 : La Ricotta de Pier Paolo Pasolini
-1963 : La fabuleuse Aventure de Marco Polo
-1963 : Hôtel International (The V.I.P.s) ou (International Hotel) d'Anthony Asquith
-1964 : In the Land of Don Quixote (série télévisée) d'Orson Welles
-1963 : Rogopag (Ro.Go.Pag.) de Jean-Luc Godard et Pier Paolo Pasolini
-1965 : Falstaff (Chimes at Midnight) d'Orson Welles
-1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément
-1966 : Un Homme pour l'éternité (A Man for all Seasons) de Fred Zinnemann
-1967 : Le Marin de Gibraltar (The Sailor of Gibraltar) de Tony Richardson
-1967 : Une histoire immortelle
-1967 : Casino Royale de John Huston et Ken Hughes
-1969 : La Lettre du Kremlin (The Kremlin Letter) de John Huston
-1970 : Catch 22 de Mike Nichols
-1970 : Get to know your rabbit (1970) de Brian De Palma
-1970 : Waterloo de Serguei Bondartchouk
-1970 : Commencez la Révolution sans nous (Start the Revolution Without Me) de Bud Yorkin
-1971 : La Décade prodigieuse de Claude Chabrol
-1972 : Malpertuis de Harry Kumel
-1973 : L'Île au trésor (Treasure island) de John Hough
-1975 : Vérité et mensonges (F for Fake) d'Orson Welles
-1980 : Filming Othello
-1982 : Slapstick (of another kind) de Steven Paul
-1982 : Where is Parsifal? d'Henry Helman
-1985 : Transformers: The Movie (1986) - doublage d'Unicron

Box-office américain

-Citizen Kane: 1 585 634 dollars

Documentaires pour la télévision

- 1955 : Orson Welles' Sketchbook
- 1955 : Around the World with Orson Welles
- L'Affaire Dominici
- Corrida à Madrid
- Saint-Germain-des-Prés
- Le Pays Basque
- La Pelote Basque
- Le Troisième Homme à Vienne
- Les Prisonniers de la Reine
- 1960 : Hong Kong vu par Orson Welles
-1964 : In the Land of Don Quixote d'Orson Welles

Producteur

-1938 : Too much Johnson d'Orson Welles
-1940 : Citizen Kane d'Orson Welles
-1942 :
La Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons) d'Orson Welles
-1942 : Voyage au pays de la peur (Journey into fear) de Norman Foster
-1944 : Jane Eyre de Robert Stevenson
-1948 : La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai) d'Orson Welles
-1948 : Macbeth d'Orson Welles
-1952 :
Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice)
d'Orson Welles
-1955 : Dossier secret ou Monsieur Arkadin-Dossier secret (Mr. Arkadin) d'Orson Welles
-1956 : Orson Welles and People (télévision) d'Orson Welles
-1964 : In the Land of Don Quixote (série télévisée) d'Orson Welles
-1968 : Vienna d'Orson Welles
-1970 : The Deep d'Orson Welles
-1985 : Orson Welles' Magic Show d'Orson Welles

Voir aussi


- L'ouvrage Moi, Orson Welles qui couvre toute sa carrière est composé de plusieurs entretiens avec Peter Bogdanovich, réalisés à partir de 1968 et s'étendant sur 15 ans. C'est sa seule véritable autobiographie.
- L'étude d'André Bazin réalisé en 1958, et préfacé par François Truffaut. Étude d'autant plus précieuse que le critique a pu s'entretenir, en 1958, avec Orson Welles qui venait à Paris pour présenter La Soif du mal.
- Il existe un CD audio édité en France qui restitue l'ensemble de l'émission La guerre des mondes de 1938 avec un épais livret de commentaires, dans la collection Les grandes heures de la radio (Phonurgia nova éditions, Arles, France. 1989).
-Films réalisés par Orson Welles

Notes et références

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Sujets connexes
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