Jean Lannes

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Jean Lannes (né le 10 avril 1769 à Lectoure« Le duc de Montébello était de Lectoure ; chef de bataillon, il se fit remarquer dans les campagnes de 1796 en Italie ; général, il se couvrit de gloire en Egypte, à Montébello, à Marengo, à Austerlitz , à Iéna, à Pultusk, à Friedland, à Tudela, à Saragosse, à Eckmùhl, à Essling, où il trouva une mort glorieuse. Il était sage, prudent, audacieux, devant l'ennemi d'un sang-froid imperturbable. Il avait un peu d'é
Jean Lannes

Jean Lannes (né le 10 avril 1769 à Lectoure« Le duc de Montébello était de Lectoure ; chef de bataillon, il se fit remarquer dans les campagnes de 1796 en Italie ; général, il se couvrit de gloire en Egypte, à Montébello, à Marengo, à Austerlitz , à Iéna, à Pultusk, à Friedland, à Tudela, à Saragosse, à Eckmùhl, à Essling, où il trouva une mort glorieuse. Il était sage, prudent, audacieux, devant l'ennemi d'un sang-froid imperturbable. Il avait un peu d'éducation., la nature avait fait tout pour lui. Napoléon, qui avait vu les progrès de son entendement, en marquait souvent sa surprise. Il était supérieur à tous les généraux de l'armée française sur le champ de bataille, pour manœuvrer 25 000 hommes d'infanterie. Il était encore jeune et se fût perfectionné; peut-être fût-il devenu habile pour la grande tactique qu'il n'entendait pas encore. » (Montholon.) (Gers), † 31 mai 1809 à Ebersdorf après la bataille d'Essling du 22 mai où il fut blessé à la fin des combats), maréchal d'Empire, prince de Sievers, Duc de Montebello.

Ascension avant la rencontre avec Bonaparte

Cinquième enfant d'une fratrie de huit, il abandonna ses études d'apprenti teinturier en 1792 pour s'engager dans la garde nationale de Lectoure. C'est là qu'il apprend les rudiments du métier de soldat. Comme bon nombre de ses camarades, il rejoint rapidement le 2e bataillon de volontaires du Gers basé à Auch pour compléter son instruction. Il est élu sous-lieutenant de ce bataillon le 20 juin de cette même année. Ce bataillon est affecté à l'armée des Pyrénées orientales. À la mi-mai 1793, le jeune sous-lieutenant se fait remarquer au poste de Saint-Laurent-de-Cerdans, proche du col de Coustouge. Les Gersois à peine arrivés sont délogés et mis en fuite par les Espagnols. Jean Lannes, dont c'est le baptême du feu, les harangue avec ardeur et réussit à rallier les fuyards pour retourner à l'offensive. Surpris, les Espagnols sont culbutés« Halte ! arrêtez, arrêtez donc ! tas de jean-foutre ! Demi-tour ! À moi ! En avant ! »Lannes aurait déclaré après cette bataille : « La peur me saisissait, mais je l'ai prise à la gorge et je l'ai terrassée, la mettant ainsi hors d'état de me nuire par la suite. Depuis que je l'ai matée, j'en fais ce que je veux, mais ceux qui prétendent n'avoir jamais eu peur ne sont que des menteurs et des jean-foutre. » . Il montre la même ardeur dans la suite des opérations, notamment à Peyrestortes, et est promu lieutenant le 25 septembre 1793, puis à peine un mois après le 31 octobre, capitaine. Il participe ensuite activement aux combats de Port-Vendres puis à Banyuls où il est blessé. Jean Lannes est envoyé en convalescence à Perpignan. Durant cette période, l'armée française subit de lourds revers ce qui conduira le général Basset à lui envoyer une dépêche « Mon cher ami, je sais que ta blessure va bien et qu'elle peut permettre de monter à cheval. J'ai besoin de toi ! » Jean Lannes, qui n'appréciait pas spécialement l'inaction, accourt pour recevoir le commandement de l'avant-garde française à la prochaine bataille : Villelongue. Longtemps indécise la bataille tourne à l'avantage des Français quand ceux-ci prennent d'assaut une redoute puissamment fortifiée sur laquelle butait l'armée française, et l'empêchait de prendre la ville. Ce succès lui vaut d'être nommé chef de brigade (équivalent de colonel sous la Révolution) peu de temps après le 23 décembre 1793. Sa blessure n'est cependant pas guérie et après ce succès il doit regagner Perpignan pour finir de la soigner, où il rencontre en outre sa première femme Jeanne-Joseph Barbe, souvent surnommée Polette, fille d'un riche banquier. Le mariage a lieu le 19 mars 1795. Cette même année 1795, il est remercié pour des raisons politiques, sa popularité dans l'armée et dans la population étant grandissantes et ses positions étant trop révolutionnaires pour le nouveau régime mis en place après le 9 thermidor.

Carrière après la rencontre avec Bonaparte

En 1796, il s'engage en tant que simple soldat dans l'armée d'Italie. Le 15 avril 1796, Bonaparte le remarque au cours de la bataille de Dego, où Lannes s'illustre dans un combat acharné à la baïonnette pour la prise de cette ville. Il est nommé peu de temps après chef de brigade par Bonaparte. Il prend le commandement d'un régiment de grenadiers et est le premier à passer le Pô, aux environs de Plaisance, puis à la bataille du Pont de Lodi, 10 mai 1796, s'avance en tête de ses troupes, sur le pont contre l'artillerie autrichienne. Il fait preuve encore une fois d'un courage exemplaire au cours de la bataille de Bassano du 7 septembre. Il est blessé le 15 septembre à Governolo et Bonaparte demande ensuite à ce qu'il soit réintégré dans son grade de général de brigade. Le 14 novembre 1796, Bonaparte remarque encore une fois le courage de Lannes au cours de la bataille du Pont d'Arcole où Lannes bien que blessé remotive les troupes mises en difficulté par les Autrichiens et lance une contre-attaque, qui permet d'éviter que Bonaparte soit fait prisonnier. Il totalise lors de cette bataille trois blessures. Pour le remercier, Bonaparte lui remet le drapeau que le corps législatif a envoyé à Bonaparte en l'honneur de la victoire et l'accompagne de ces termes : Citoyen Général, le Corps Législatif a voulu honorer l'armée d'Italie dans son général. Il y eut un moment, aux champs d'Arcole, où la bataille incertaine eut besoin de l'audace des chefs. Plein de sang et couvert de blessures, vous quittâtes l'ambulance, résolu de vaincre ou de mourir. Je vous vis constamment au cours de cette journée au premier rang des braves. C'est à vous d'être le dépositaire de cet honorable drapeau qui couvre de gloire les grenadiers que vous avez constamment commandés. Le 14 janvier 1797, Jean Lannes est présent à la bataille de Rivoli alors que sa convalescence n'est pas terminée, il continue ensuite par la prise d'Imola. Bonaparte lui confie ensuite une mission diplomatique dans les États pontificaux avec la mission d'y rétablir l'ordre. À son retour, il est nommé en 1800 à la tête de la Garde consulaire. Un scandale financier conduit à son éviction en 1802. Il est ensuite l'un des maréchaux de la grande promotion de 1804, aux côtés, entre autres, de Soult, Ney, Murat, Davout et surtout Augereau, son ancien mentor à l'armée qui est resté son ami. À partir de 1805, le maréchal Lannes commande le 5 corps de la Grande Armée à la tête duquel il s'illustre notamment à Ulm, Austerlitz, Iéna, Pultusk et surtout Friedland. Appelé en 1808 dans une guerre d'Espagne qui lui fait vite horreur, il prend Saragosse avant de laisser son commandement à Suchet pour rejoindre en 1809 le 2 corps de la Grande Armée dans la guerre contre l'Autriche. Alors qu'il est sur le point de vaincre les Autrichiens près de Vienne à Aspern-Essling, il reçoit l'ordre de s'arrêter par suite d'une rupture du ravitaillement. Il prend de nouvelles dispositions et s'assied sur un rocher. Un boulet vient le frapper à l'endroit où ses genoux sont croisés. Transporté sur une île du Danube, l'île Lobeau, il y est amputé de la jambe droite par Dominique-Jean Larrey, le chirurgien de la Garde contre l'avis du chirurgien Percy et les réticences d'Yvan le chirurgien personnel de l'Empereur ; mais la gangrène se déclare le lendemain. Il meurt après une semaine d'une agonie entrecoupée de longs entretiens avec un Napoléon extrêmement affecté. Son corps est inhumé au Panthéon. Sa veuve, née Louise de Guéhéneuc, dame d'honneur de l'Impératrice Marie-Louise, refusera tout nouveau mariage. Lannes a démontré des qualités d'attaquant (Saragosse, Montebello), de chef d'avant-garde (Friedland, Aspern-Essling) ou de manœuvrier (Ulm, Iéna) qui en font, avec Davout, l'un des meilleurs commandants dont ait disposé Napoléon. Son courage physique, ses capacités de meneur d'hommes, son attention au sort de ses soldats le faisaient adorer de ses troupes. D'un tempérament susceptible et coléreux, fier de son franc-parler mais peu doué pour la diplomatie (il fait un médiocre ambassadeur à Lisbonne entre 1802 et 1804), il a eu maintes disputes avec Napoléon à qui il a dès 1805 recommandé une politique de paix. Comme plusieurs maréchaux sortis du rang ( Augereau, Oudinot, Lefebvre…), il déteste la Cour impériale qui le lui rend bien. Fait duc de Montebello puis prince de Sievers, il refuse toujours de porter ce dernier titre, préférant sa vie de famille à l'idée de se prendre pour un prince. Il demeure cependant d'une fidélité sans faille à la personne de Napoléon qui savait pouvoir compter sur celui que ses soldats appelaient "le Roland de l'Armée". Lannes est jusqu'à sa mort le seul et le dernier des maréchaux à tutoyer son Empereur. Son corps est inhumé aux Invalides, puis au Panthéon de Paris en 1810 lors d'une imposante cérémonie. Tombeau de Lannes au Panthéon

Annonce de sa mort par Napoléon

Napoléon à la duchesse de Montebello, le 31 mai 1809 d'Ebersdorf, sur les bords du Danube : Ma cousine, le maréchal est mort ce matin des blessures qu'il a reçu sur le champ d'honneur. Ma peine égale la vôtre. Je perds le général le plus distingué de mes armées, mon compagnon d'armes depuis seize ans, celui que je considérais comme mon meilleur ami. Sa famille et ses enfants auront toujours du soin particulier à ma protection. C'est pour vous en donner l'assurance que j'ai voulu vous écrire cette lettre, car je sens que rien ne peut alléger la juste douleur que vous éprouvez. La présente n'étant à autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, ma cousine, en sa sainte et digne garde. A Ebersdorf, le 31 mai 1809

Regards des contemporains

Napoléon peu après la mort de Lannes : « Chez Lannes, le courage l'emportait d'abord sur l'esprit ; mais l'esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre ; je l'avais pris pygmée, je l'ai perdu géant » Napoléon à Sainte-Hélène : « Lannes, le plus brave de tous les hommes était assurément un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter... L'esprit de Lannes avait grandi au niveau de son courage, il était devenu un géant ». « Lannes, lorsque je le pris pour la première fois par la main , n'était qu'un ignàrantaccio. Son éducation avait été très-négligée; néanmoins, il fit beaucoup de progrès, et, pour.en juger, il suffit de dire qu'il aurait fait un général de première classe. Il avait une grande expérience pour la guerre; il s'était trouvé dans cinquante combats isolés, et à cent batailles plus ou moins importantes. C'était un homme d'une bravoure extraordinaire : calme au milieu du feu , . il possédait un coup d'œil sûr et pénétrant, prompt à profiter de toutes les occasions qui se présentaient, violent et emporté dans ses expressions, quelquefois même en ma présence. Il m'était très-attaché. Dans ses accès de colère, il ne voulait permettre à personne de lui faire des observations, et même il n'était pas toujours prudent de lui parler, lorsqu'il était dans cet état de violence. Alors, il avait l'habitude de venir à moi, et de me dire qu'on ne pouvait se fier à telle et telle personne. Comme général il était infiniment au-dessus de Moreau et de Soult. » (O'Meara.) Chaptal dans Mes souvenirs sur Napoléon édité en 1893 : « Deux ou trois généraux avaient conservé auprès de lui (Napoléon) une liberté de pensée et de conduite que les autres n'avaient pas. Le maréchal Lannes est néanmoins le seul qui ait gardé sa franchise et son indépendance. Passionné pour Napoléon, il n'a jamais souscrit aux caprices de son maître, il ne lui a jamais ni masqué ni caché sa manière de voir. Sur le champ de bataille comme à la Cour, il ne lui taisait aucune vérité. Aussi étaient-ils presque toujours brouillés, ou plutôt en bouderie ; car le raccommodement le plus entier s'opérait à la première vue, et le maréchal terminait presque toujours en disant avec humeur qu'il était bien à plaindre d'avoir pour cette catin une passion aussi malheureuse. L'Empereur riait de ces boutades, parce qu'il savait qu'au besoin, il trouverait toujours le maréchal. »

Mariage et descendance

Maréchal Jean Lannes │ │ │ x 1882 Marianne Trenel (1860-1949) │ │ │ └──> Jean-Claude (12 février 1789 - 1817) │ x 16.09.1800, Louise de Guéhenneuc (26 mars 1782 - 3 juillet 1856), fille du comte François de Guéhenneuc, │ ├──> Louis Napoléon Lannes (30 juillet 1801 - 19 juillet 1874), 2 duc de Montebello et prince de Sievers, pair de France (1815), sénateur, ministre des Affaires étrangères (1839), ministre de la Marine et des Colonies (1847) Grand-croix de la légion d'honneur (1844) ├──> Alfred-Jean (11 juillet 1802 - 20 juin 1861), comte de Montebello, député du Gers (1833-1834) ├──> Jean-Ernest (20 juillet 1803 - 24 novembre 1182), baron de Montebello ├──> Gustave-Olivier (4 décembre 1804 - 25 août 1875), baron de Montebello, général de division (1855), sénateur └──> Joséphine louise (4 mars 1806 - 8 novembre 1889) marié à Hippolyte Boissel, Baron de Monville.

Notes et références

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Sujets connexes
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