Pi-Ramsès

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Pi-Ramsès (ou Per-Ramsès), situé à l'emplacement de l'actuelle Qantir, fut la capitale de l'Égypte sous les et s. Signifiant Maison de Ramsès, cette cité riche et prospère fut le centre du pouvoir à l'époque ramesside. Établie sur la branche pélusiaque du Nil, son emplacement fut choisi à proximité immédiate d'Avaris, l'ancienne capitale des Hyksôs, qui avaient régné sur la Basse-Égypte lors de la Deuxième période intermédiaire. Séthi y avai
Pi-Ramsès

Pi-Ramsès (ou Per-Ramsès), situé à l'emplacement de l'actuelle Qantir, fut la capitale de l'Égypte sous les et s. Signifiant Maison de Ramsès, cette cité riche et prospère fut le centre du pouvoir à l'époque ramesside. Établie sur la branche pélusiaque du Nil, son emplacement fut choisi à proximité immédiate d'Avaris, l'ancienne capitale des Hyksôs, qui avaient régné sur la Basse-Égypte lors de la Deuxième période intermédiaire. Séthi y avait bâti un premier palais qui sera agrandi par son fils Ramsès , quand celui-ci y établit la capitale dynastique. Le choix de l'emplacement de Pi-Ramsès n’était certainement pas dû au hasard. En effet, le site présentait des avantages évidents, qui décidèrent Ramsès à déplacer la cour royale dans le delta :
- La région d’Avaris était le berceau des Ramessides. En effet, non seulement Séthi y avait fait construire un palais, mais en plus le site de la future Pi-Ramsès comprenait un sanctuaire dédié à Seth, le dieu dynastique. Rappelons que le père de Ramsès portait le nom de Séthi, ce qui veut dire "Celui qui appartient à Seth".
- La volonté, suite à la fin chaotique de la , d'éloigner le pouvoir royal du clergé thébain, dont l’emprise s'était renforcée après les réformes avortées d’Akhénaton et la restauration des anciens cultes par Horemheb notamment. En effet, le clergé d'Amon, qui s'était vu octroyer tant de richesses sous le règne des Thoutmôsis, dut exercer une influence de plus en plus pesante sur la royauté. Cette influence fut d'ailleurs l’une des raisons probables de l'épisode amarnien, mais après le retour à l’ordre établi sous Horemheb, le dieu thébain, richement doté, retrouva tout son pouvoir et ses privilèges d’antan.
- La nécessité de se rapprocher du terrain des opérations militaires : en effet, Séthi , qui avait réussi à reconstituer en partie l’empire des Thoutmôsis au Levant, dut sans cesse faire barrage aux velléités de conquête des Hittites, et son fils après lui. Il est d'ailleurs prouvé que Thoutmôsis , près d'un siècle plus tôt, avait compris l’importance stratégique du site en y construisant un palais fortifié à l'emplacement de l'ancienne ville des Hyksôs.
- Enfin, le fait que Ramsès se soit lui-même divinisé de son vivant, instaurant son propre culte au milieu de celui des grands dieux de l'Égypte. Nous possédons des descriptions antiques de la ville qui attestent qu'elle ne comprenait pas moins de trois grands temples dédiés aux trois principaux démiurges du panthéon égyptien : Rê, Amon et Ptah, chacun placé à trois points cardinaux de la cité, le quatrième étant déjà occupé par le temple de Seth. Au milieu se trouvait le palais royal, véritable temple royal, entièrement consacré au culte de Pharaon. Tout ceci démontre avec quelle habileté Ramsès réussit là où Akhénaton avait échoué. Non seulement il développa le culte de pharaon divinisé, mais il inaugura la synthèse du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel dont il avait la charge. Il put retarder ainsi pour un temps la montée en puissance des grands prêtres d'Amon, qui ne prendront le pouvoir que pendant les troubles de la Troisième période intermédiaire, à la mort du dernier des Ramsès. Pi-Ramsès serait le point de départ depuis lequel le peuple d'Israël partit en Exode"Ra'amses" (Hébreu: רַעְמְסֵס) est mentionnée quatre fois dans la Bible : Genèse 47:11; Exode 1:11 et Nombre 33:3, 5. C'est un synonyme de Gosen (Genèse 47:1), le pays où Joseph s'établit avec ses descendants. D'où probablement l'anachronisme de Genèse 47:11, référence possible à Avaris..

La ville

D'après les textes, Pi-Ramsès était la Ville Turquoise, tant cette couleur fut employée pour encadrer les portes et les fenêtres des demeures blanchies à la chaux. Depuis plus de 30 ans, Manfred Bietak y mène des fouilles, révélant peu à peu le plan de la ville et son histoire. Ainsi, outre le grand palais dont l'enceinte s'étendait sur plus de 500 mètres de côté, les archéologues y ont retrouvé les casernes des célèbres charreries de pharaon, fer de lance de l'armée égyptienne. Un temple d'Amon a été fouillé un peu plus au nord de l'enceinte tandis que la ville d'Avaris, devenue un quartier de la capitale ramesside, a été localisée au sud avec le temple de Seth et un quartier palatial que nous avons signalé plus haut. Entourée sur trois côtés par des bras secondaires de la branche pélusiaque du Nil, la capitale ramesside se trouvait au nœud des réseaux marchands et de circulation de l'empire. Elle était la première grande cité que l'on découvrait en arrivant en Égypte par l'est, et son aspect monumental devait impressionner, tant elle comportait de monuments imposants à la gloire de Pharaon. En raison de la mise en culture systématique du delta depuis la construction du grand barrage d'Assouan, le site est méconnaissable. Au milieu des champs sont éparpillés des socles de colonnes et des restes de statues en granit abandonnés là depuis des millénaires. Le soubassement d'un colosse dont il ne reste que les pieds et qui devait dépasser dix mètres de haut confirme les descriptions grandioses de la cité qui marqua les imaginations de l'époque. On a retrouvé à Tanis, capitale de la , de très nombreux blocs et statues qui proviennent certainement de Pi-Ramsès. Les grands obélisques qui s'y trouvent et qui portent presque tous le nom de Ramsès devaient être initialement dressés sur les parvis des temples et du palais royal. D'ailleurs Ramsès avait également remployé de nombreux monuments de ses prédécesseurs. Étrange retournement de situation où les remplois se trouvèrent à leur tour réutilisés pour de nouvelles constructions pour de nouveaux pharaons... Ces déplacements de monuments firent penser aux archéologues et aux exégètes bibliques que Tanis était l'emplacement de Pi-Ramesses. Cependant, des excavations récentes à Tell el-Dab'a et Qantir ont identifié à cet endroit l'emplacement de la capitale Hyksôs, Avaris, et la capitale ramesside Pi-Ramesses.

La fin de la cité, la fin d'un empire

C'est certainement en raison du déplacement de la branche pélusiaque du Nil que Pi-Ramsès fut peu à peu abandonnée à la fin de la pour des sites plus propices comme Tanis par exemple. De plus, la crise dynastique qui suivit le règne de Ramsès , et les largesses que ce dernier offrit aux temples, favorisèrent l'emprise du clergé thébain qui finit par usurper le pouvoir pendant la Troisième période intermédiaire. Le centre du pouvoir se trouvait désormais à Thèbes, au cœur du sanctuaire d’Amon, d’où les grands prêtres dirigeront la Haute-Égypte par la voie oraculaire de la statue du dieu. L'empire des Ramsès se disloquera : la Palestine échappera à l’Égypte, la Nubie et le pays de Kouch recouvreront leur indépendance. Jamais plus les pharaons ne seront à la tête d’un empire aussi vaste, malgré les tentatives des dynasties suivantes. La fondation de Tanis, la Thèbes du Nord, confirme que l'expérience de Pi-Ramsès et des Ramsès était bel et bien achevée, même si cette dernière grande capitale du delta en gardera le souvenir dans ses monuments (voir plus haut). Abandonnée, désaffectée, Pi-Ramsès deviendra une vaste carrière comme beaucoup d’autres sites, pour disparaître définitivement sous le coup des inondations et des cultures humaines, à la fin de la Basse époque mais surtout quand les Romains occuperont cette terre fertile. Sa disparition fut si complète que l'on rechercha longtemps en vain son emplacement parmi les grands sites ruinés du delta. Il faudra attendre les années trente du pour que des archéologues égyptiens mettent à jour les restes des palais de Séthi et de Ramsès . Depuis les années 1970, des fouilles régulières y sont menées par l'Institut archéologique autrichien du Caire, en collaboration avec l’institut d’égyptologie de l’Université de Vienne, sous la direction de l'égyptologue autrichien Manfred Bietak. Elles éclairent un peu plus chaque année ce que fut cette cité et son influence.

Notes

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Sujets connexes
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