Saintongeais

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Cet article concerne les particularismes du langage des anciennes provinces de Saintonge, d'Aunis et d'Angoumois encore présent en Charente, en Charente-Maritime, dans le sud des Deux-Sèvres, le sud de la Vendée et le nord de la Gironde.Il existe des mots communs aux deux Charentes, une unité linguistique mais de nombreuses variantes soit de terme soit de prononciation. Le saintongeais a fortement influencé le québécois, l'acadien et le cajun. Une polémique entre tenants du sainton
Saintongeais

Cet article concerne les particularismes du langage des anciennes provinces de Saintonge, d'Aunis et d'Angoumois encore présent en Charente, en Charente-Maritime, dans le sud des Deux-Sèvres, le sud de la Vendée et le nord de la Gironde.Il existe des mots communs aux deux Charentes, une unité linguistique mais de nombreuses variantes soit de terme soit de prononciation. Le saintongeais a fortement influencé le québécois, l'acadien et le cajun. Une polémique entre tenants du saintongeais et tenants du poitevin-saintongeais vient d'être tranchée. Le dossier du saintongeais a été examiné par Mme Simoni-Aurembou avant d'être accepté. Mme Simoni est directrice de recherche au CNRS et est une linguiste distinguée. C'est parce que Mme Simoni a donné son accord que la Délégation aux langues de France a reconnu, le 27 février 2007 le saintongeais comme langue de France distincte du poitevin.

Présentation

-On appelle Langue saintongeaise (patouê saintonjhouê, jhabrail), le Patois Charentais parlé dans les anciennes provinces d'Aunis, Saintonge et Angoumois. Son aire couvre tout le département de la Charente-Maritime, la moitié du département de la Charente (sa partie ouest), le nord du département de la Gironde avec son Pays Gabaye et ses enclaves saintongeaises autour de Monségur; est également concernée la partie aunisienne (sud Vendée) et saintongeaise (sud Deux-Sèvres) du Marais poitevin.
-Aujourd'hui, ce dialecte n'est plus guère parlé que dans les campagnes. On le trouve encore dans des spectacles, des revues, des émissions de radio. Certains mots issus du patois charentais sont encore utilisés dans la région. Des mots comme la since (serpillère) sont si répandu qu'ils peuvent être considérés à tort comme des mots de français.
-Une association, la SEFCO, fait encore vivre la langue régionale à travers une revue, le Subiet (sifflet en charentais), publiée tous les deux mois.
-La revue est publiée, quant à elle, deux fois par an. Ses articles sont soit en saintongeais, soit en français.
-Le grand promoteur du parler charentais fut au début du le "barde saintongeais" Goulebenéze, relayé par Odette Comandon, auteur de comédies et de contes, actrice et conteuse patoisante. ( voir plus bas ).

Prononciation

-Le digramme 'jh' indique que en français standard (orthographié ou )se prononce en saintongeais (fricative glottale n'existant pas en français contemporain mais par exemple en anglais).
-Le son « ien » est prononcé « eun » ; par exemple, « un cheun » pour « un chien », « un reun » pour « un rien ».
- peut se prononcer : par exemple « droit » devient « dré ».
-Le r est roulé .
-Chez bon nombre de locuteurs, le é ouvert n'existe pas. il est remplacé par le é fermé dans toutes les positions, aussi bien en syllabe ouverte qu'en syllabe fermée. Ainsi « lait » devient « lé » et « crêpe » « crépe».

Grammaire

-La tournure interrogative « est-ce que » + proposition assertive, majoritaire en français parlé, est pratiquement absente, au profit de l'inversion du sujet.
-La conjugaison de nombreux verbes au présent se fait par l'adjonction du suffixe (ant) au radical à toutes les personnes.
-La conjugaison de nombreux verbes au passé se fait en employant l'auxiliaire « avant » suivi du participe passé du verbe à toutes les personnes.

Quelques mots toujours utilisés

- '(H)arnat : Jarnac
- Acertainer : affirmer
- Ajace ou ajhasse ou "ageasse": pie (l'oiseau)
- Affaire : truc
- Arrocher : Jeter
- Asteur ! : Littéralement, A cette heure !, mais cette interjection a le sens que le locuteur veut. Comme le "té" ou le "peuchère" occitan. Asteur est un mot fondamental en charentais, et pourtant on le retrouve un peu partout en France, jusqu'en Belgique même.
- "Baignassout" : touriste qui ne fréquente que la côte.
- Battre : le temps des batteries de battre "taper" chocs donnés manuellement ou mécaniquement pour extraire le grain de son enveloppe après la moisson
- Benéze ou beun'aise : heureux, bien-aise, le fait de se sentir bien. (Proverbialement, un charentais cherchera à être beun'aise comme un méditerranéen cherchera à faire la sieste. La quête du beun'aise est aussi sacrée que celle de la sieste, sauf que le beun'aise n'est pas descriptible ...)
- Barrer la porte, fermer à clef. vient des anciennes fermetures fermées avec une barre intérieure
- Beurouette : brouette
- Binloin : Saintongeais qui a quitté la région mais qui y reste toujours très attaché; vocable inventé à partir de surnoms de patoisants
- Bordoirer, beurdouérer : étaler, salir
- Bots : sabots
- Boueux : éboueurs
- Beugner : Cogner
- Bouillard : pluie
- Bouiner : faire, "boutiquer" . Qui qu'tu bouines ? Qu'est-ce tu fais Qu'est-ce que tu "boutiques"? S'adresse à quelqu'un de lent, qui traîne.
- Boulite : petit trou - serait un mot Poitevin et Bouliter : regarder par le trou de la serrure - par une boulite
- Bourre ou bourrier : (masc., poussière). Désigne plus particulièrement le tas de poussière lorsque l'on passe le balai.
- Buffer : souffler, respirer fort, venter
- Beurgot : Le frelon
- Cagouille : l'escargot Petit-Gris (Les charentais sont souvent appelés cagouillards. L'escargot est emblématique de la Charente. De plus, la supposée lenteur des charentais, telle celle de l'escargot, est proverbiale)
- Cassotte : récipient avec manche tubulaire pour servir de l'eau en la puisant dans un seau
- Chaline : se dit d'un temps orageux avec éclair de chaleur
- Chéti ou Chéty: du latin captivus, prisonnier de guerre, mais alors que le français chétif retient la misère physique, le charentais décrit par là le blagueur, la canaille, méchant, l'habile qui prend parfois des libertés avec la morale. D'où des formulations étonnantes comme te vla donc grand chéty
- Cheun : chien
- Cougnat, le cougnat : Cognac, le cognac
- Coutia : Un couteau
- Crocheter : accrocher
- Dâil : une faux
- Débadigouler : dire, énoncer sans trop comprendre ce qu'on dit et/ou sans qu'on vous comprenne. " Débadigouler la grand messe" : dire la messe.
- Débaucher : quitter le travail le soir (et Embaucher pour commencer le travail le matin)
- De même : de cette façon, comme ça, exemple: ça marchera bien de même; cela fonctionnera bien de cette façon
- Le drôle et la drôlesse : Le fils et la fille (avec une connotation positive, au contraire des mêmes mots en Gironde ou dans le pays nantais). Par extension, un drôle ou une drôlesse sera un garçon ou une fillette, en général.
- Éloise : éclair — « Coum ine éloise » (« comme un éclair ») est la devise des sapeurs-pompiers de la Charente-Maritime.
- Éloiser : (intraduisible car aussi bien éclairage par éclats qu'action rapide) O éloise, ça éloise : Des éclairs déchirent le ciel, il y a de l'orage. Éloiser est également utilisé en Charente dans le domaine du football pour dire : dégager et pour un véhicule qui démarre trop rapidement.
- Embaucher : aller travailler — « j'embauche à huit heures et je débauche à cinq heures ».
- Le fillatre : le petit-fils
- La "frairie" : la fête foraine
- Friquet : écumoire.
- Faire godaille : Faire chabrot, c'est-à-dire mettre du vin (blanc ou rouge) dans le reste de bouillon de soupe
- Goret : porc, cochon et Gorette pour une truie ( voir aussi une "treue"). L'emploi se doit d'etre suivi de "sauf vout' raspect" si non le mot est insultant
- Goule : visage, bouche (une fine goule : un gourmet)
- Goûnasse : Faible goût.
- Goûnassier ou gougnafier : mauvais cuisinier, plus largement personne sans intérêt, un goujat.
- Grâler : brûler, cramer, en cuisine. - griller
- Grignou : Clochard, personne sale ou à l'hygiène douteuse. Etre habillé en grignou : mettre de vieux vêtements usés, pour aller ramasser les cagouilles, par exemple.
- Grolle : corbeau
- i : je
- Jho ou gheo : coq
- Jobrer : asperger, salir
- Jhouque : perchoir à volaille.
- Luma (Aunis, Vendée) : escargot Petit-Gris. Le plat d'escargots Petit-Gris. Peut aussi désigner la limace dans certains cantons. La "Sauce aux lumas" : escargots cuits au vin rouge, un peu comme le coq au vin. C'est aussi une comptine célèbre.
- Mardoux et mardouze : ...
- Marienne : la sieste ( de "méridienne" )
- Migheot ou Mighet : Pain trempé dans du vin sucré avec des glaçons (non) , remplaçant la soupe l'été.
- Mongettes , mojhettes ou mogettes : (également en Vendée), parfois prononcé « moyette » : Haricot blanc de type lingot ou soisson (« mogette piate », plate). Mogette en aiguille : haricot vert ou beurre.
- Mouiller : pleuvoir
- O : il, elle, ça ; « o l'est » peut signifier « je suis », où donc? « tu es », « il/elle/c'est »
- Olé : c'est :
- Olé ben vrè : C'est très exact, c'est très vrai.
- Olé beun : C'est bon
- Olé moué, Olé toué: C'est moi, c'est toi.
- Quétou qu'olé ? : Qu'est-ce que c'est ?
- Qué qu'olé thieu ? Qu 'est ce que c'est que ça ?
-
Nâtre
: teigneux, méchant. Prononcer à peine le r. (Nâtreté = méchanceté sournoise)
- Niger : inonder, noyer
- Palisse : une haie
- Piarde : une pioche
- Poche ou Pochon :sac papier d'abord et maintenant plastique. Poche est français
- Queunia : oeuf factice destiné aux poules pondeuses.
- Querreux : recoin, alcove, cours commune
- quichenote coiffe traditionnelle pour le travail aux champs qui protège des ardeurs du soleil et des anglais (kissnot).
- Ranger : tenir, dans le sens « être suffisamment petit pour entrer dans un contenant » — « ça va jamais ranger son affaire ! » (« il n'arrivera pas à ranger son truc »)
- Reun, Rien "y'a reun"
- Sagouiller jouer avec l'eau d'une bassine, éclabousser. On dit aussi cassouiller.
- Since : serpillère
- Sincer : passer la serpillière (laver par terre)
- Tantôt : l'après-midi
- Tartasser : bavarder inutilement ( ex : tartasser toute la marienne darrière les umias, soit : bavarder pendant l'heure de la sieste derrière les ormeaux )
- Teurtous: tout le monde - tous
- Treue : truie . Une " treue gourinière" : une truie pleine.Peut aussi être utilisé comme injure.Tout ce qui touche au cochon peut etre une injure si il n'est pas precisé sauf votre respect ou avec le respect que je vous doit....
- Treuil : pressoir (dans de nombreux lieux-dits : Treuil-Arnaudeau, Treuil-Bernard…)
- Véque : viens - Véque par qui... = viens par là...
- Veye : verbe voir - veye-lo quequi (regarde-le celui-là)
- Zou : Ce, Ceci, Cela
-La Revue propose un petit Quelques mots de saintongeais ayant cours en Charente :

Expressions

- o m'fait tort ou O fait tort : ça me fait bizarre («bizarre» est dans un sens négatif avec une sensation physique de mal aise comme la craie qui grince sur le tableau ou le toucher de certains matériaux...) On dit aussi par endroits O m'fait zir.
- o'lé la poële qui se fout du chaudron : c'est l'hôpital qui se moque de la Charité
- o'lé pas écartable : vous ne pouvez pas vous perdre
- d'après que : apparemment
- de rang : d'affilée, à la suite
- un froid de cheun : un froid de canard (de chien)
- o'faut qu'j'y alle, … qu'on y alle : que j'y aille, qu'on y aille
- on est rendu : on est arrivé
- qu'é't-ou qu'o'lé qu'cheu ? ou Quétou qu'olé ? : Qu'est-ce que c'est ?
- ne pas se moucher avec un dail : être un peu « mégalo » : A's'mouche pas avec un dail ! = elle est bien fière. Sans oublier bien sûr :
- " Abeurnoncieau !" ( "ab renoncio", extrait du rituel batismal : "Je renonce à Satan, etc.")expression marquant l'horreur (modérée...) ou le dégoût.
- " Ah ben couillon ! " marquant plutôt la surprise voire, l'admiration.
- "Aille donc !" : c'est pas possible, c'est n'importe quoi
- " o fi' d'garce!" : exclamatif ( une garce est une petite jeune fille, sans aucun caractère péjoratif, une belle garce est jolie, bien roulée ) Et les compliments à l'envers (en forme de litote:
- "il a oublié d'et' sot"

Voir aussi

- Burgaud des Marets: linguiste et patoisant saintongeais du .
- Goulebenéze : personnalité locale, poète, connu pour ses œuvres en patois.
- Odette Comandon: auteur de comédies et de contes, actrice et conteuse patoisante.
- Les Binuchards, un groupe de celto cajun rock charentais chantant en patois.
- Athanase Jean: auteur de petites comédies en patois saintongeais. ==
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