Dogmes catholiques

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Les questions précises relatives à l'élaboration d'une doctrine du Christ ont commencé à se poser très tôt (II siècle), comme en témoignent, par exemple, les écrits apologétiques d'Hilaire de Poitiers contre les hérésies. Depuis Walter Bauer, 1932, on sait que les hérésies, ou école de pensées, étaient premières en un temps où la règle hermétique la plus fréquente était plus c'est ancien, plus c'est authentique. Elles correspondaient à la fois au mode de
Dogmes catholiques

Les questions précises relatives à l'élaboration d'une doctrine du Christ ont commencé à se poser très tôt (II siècle), comme en témoignent, par exemple, les écrits apologétiques d'Hilaire de Poitiers contre les hérésies. Depuis Walter Bauer, 1932, on sait que les hérésies, ou école de pensées, étaient premières en un temps où la règle hermétique la plus fréquente était plus c'est ancien, plus c'est authentique. Elles correspondaient à la fois au mode de transmission pharisien, groupe religieux dont les membres se réunissaient autour d'un maître, et au mode de transmission héllenistique, groupe philosophique dont les membres se réunissaient autour d'un maître. En effet, si la première tradition est orale, la reconnaissance de la canonicité de ce qui constituera le Nouveau Testament mis un certain temps à être fixée. Ces écrits eux-mêmes n'ont pas été rédigés comme des ouvrages de référence dogmatiques. De ce fait, comme dans toutes les religions, des interprétations multiples ont commencé à se répandre. La plus répandue étant les gnoses dont les évêques de Constantinople et d'Antioche considéraient qu'elles sapaient les fondements mêmes de la foi chrétienne. Se considérant dépositaires du seul message chrétien authentique, ils s'investirent de la mission de le propager et de l'autorité d'en préciser des points si nécessaire. C'est au cours du que débute la succession des conciles élaborant la dogmatique, particulièrement la christologie. Plutôt que de trouver un consensus entre tous les patriarcats — égaux et indépendants à l'époque — et en particulier ceux d'Orient entre lesquels se situe le débat généralement sous-tendu par des questions de prééminence, les conciles agissent comme des tribunaux et chacun d'eux donna lieu à un schisme. Le signal en est lancé par la multiplication des débats christologiques entre Antioche, Alexandrie et Constantinople. Le présupposé herméneutique qui se fait jour à cette époque est la nécessité de définir ce qu'il faut croire. Dès leur condamnation, les écoles minoritaires — arienne, nestorienne et monophysite — seront déclarées hérétiques avec le sens péjoratif qui persiste de nos jours.

Formulation du dogme

A partir de la formule qui condamne l'adoptionisme formulé en 268 par Paul de Samosate et condamné au Concile de Nicée, (reproduite ici en couleur pour faciliter l'explication) "celui qui dit que Jésus a été baptisé comme n'importe quel chrétien, qu'il soit anathème !" En vert, l'hérétique, non le croyant. En bleu, la doctrine. En rouge, la sanction. Il propose les remarques suivantes :
- la formulation classique ne demande pas de croire, elle demande de ne pas dire. Comme disait Eusèbe de Césarée : Plût au Ciel qu'ils ne se fussent pas posé la question !". L'hérétique est donc désigné par celui qui formule une question, plus exactement, celui qui aborde un sujet interdit.
-la formulation de la doctrine est négative, en cela qu'elle formule positivement ce qu'il ne faut pas croire. Le croyant est donc plongé dans la perplexité car, précisément dans ce cas, les Evangiles, au moins les synoptiques, racontent ce baptême de façon plus ou moins détaillée,
-la condamnation, en revanche se passe de commentaires. Il en conclut que le dogme, dans sa formulation, ne cherche pas à enseigner le fidèle mais à désigner l'hérétique à la vindicte publique. Comme l'explique Marie-Emile Boismard o.p., une formulation des divers dogmes destinée au croyant se retrouve alors dans les confessions de foi qui représentent une conception
héllenistique de la religion : "Croire que les dogmes étaient présents à l'origine relève de la mentalité moderne. On a toujours tendance à analyser les textes du Nouveau Testament pour y retrouver la foi de l'Église actuelle. Dans le monde sémitique, la foi est avant tout l'engagement d'une personne vis-à-vis de Dieu. Quand on passe dans le monde grec, elle se transforme : au lieu d'être une adhésion à une personne, elle devient adhésion à des vérités, à des dogmes. Elle "s'intellectualise". Pour beaucoup de gens, est chrétien celui qui va adhérer à un credo."'' Le Monde de la Bible, juillet-août 1998 Lucien Jerphagnon attire notre attention sur la crise arienne qui change tout. Auparavant, les conciles sont locaux : ce sont des tribunaux où l'on juge les minoritaires, tel celui de Hierapolis qui avait exclu Montan en 175. Avec la crise arienne au lieu d'être local (assorti de conséquences locales) le concile, par la volonté de l'empereur, devient oecuménique et les conséquences s'étendent à tout l'empire. La seule issue pour l'hérétique condamné est alors l'exil. : Arius sème la zizanie in Historia-thématique, mars-avril 2003, Les hérétiques

Dogmes catholiques

Ces dogmes sont partagés par de nombreuses Églises chrétiennes. Toutefois, , à l'époque actuelle tous ne sont pas compris . La promulgation de chacun d'eux fut suivie d'un schisme, privant le dogme de ce caractère de catholicitéqui, en grec, signifie "universel".
- 325 : Concile de Nicée I - Fils « vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père » (empereur Constantin I, contre Eusèbe de Césarée Arius).
- 381 : Concile de Constantinople I - « Saint-esprit consubstantiel au Père » - Credo de Nicée-Constantinople (empereur Théodose I, Grégoire de Nazianze contre Démophile).
-Les conclusions de ce concile provoquent la scission avec les Églises des deux conciles
- 431 : Concile d'Éphèse - Marie, Mère de Dieu (Cyrille d'Alexandrie contre Nestorius)
-Les conclusions de ce concile provoquent la scission avec les Églises des trois conciles
- 451 : Concile de Chalcédoine - « La double nature de Jésus » c'est-à-dire deux natures en une personne (pape Léon - empereur Marcien contre Eutychès - Dioscore d'Alexandrie)
- 786 : Concile de Nicée II - Légitimité du culte des icônes (Théodore Studite, patriarche Nicéphore)
- 1054 : Rupture définitive entre catholiques (latins) et orthodoxes (grecs)
-Les anathèmes mutuels provoquent la scission avec les Églises des sept conciles (l'un d'eux n'étant reconnu que par les christianismes orientaux)

Dogmes proprement romains

- 1854 : Immaculée Conception de Marie (Pie IX) qui signifie que Marie, mère de Jésus de Nazareth, fut conçue sans le péché originel
- 1870 : Concile Vatican I (Pie IX) L'infaillibilité pontificale. Le concile est interrompu par la guerre de 1870. Création de l'Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet.
- 1950 : Assomption de Marie (Pie XII) qui signifie que Marie, mère de Jésus de Nazareth, est montée au ciel avec son corps, suivant en cela l'apocryphe La Mort de Marie. Un des rares dogmes qui n'a aucune base scripturaire bien que partagé (sous le nom de Dormition) par les églises orthodoxes.

notes

Voir aussi

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Sujets connexes
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