Lazare Hoche

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Louis Lazare Hoche, né le 25 juin 1768 dans le faubourg de Montreuil à Versailles, et mort le 19 septembre 1797 à Wetzlar (Hesse/Wetterau), est un général français de la Révolution.
Lazare Hoche

Louis Lazare Hoche, né le 25 juin 1768 dans le faubourg de Montreuil à Versailles, et mort le 19 septembre 1797 à Wetzlar (Hesse/Wetterau), est un général français de la Révolution.

Ancien Régime : garde

Son père est palefrenier aux écuries royales. La pauvreté de ses parents l'obligea de bonne heure à s'occuper lui-même des moyens de pourvoir à son existence. Il n'était qu'un enfant lorsqu'il fut reçu aide-surnuméraire dans les écuries royales (à 14 ans) ; devenu orphelin, il profita des secours qui lui furent offerts par une de ses tantes, fruitière à Versailles, pour faire emplette de quelques livres avec lesquels il fit lui-même sa première éducation, et dès lors commencèrent à se développer ses facultés intellectuelles. Consacrant le jour à son travail, il employait les nuits à étudier. À 16 ans, le 19 octobre 1784, il embrassa l'état militaire, fut admis comme simple fusilier dans les Gardes-Françaises et ne tarda pas à fixer sur lui les regards de ses chefs, par la régularité de ses mœurs, son application à la lecture et sa prodigieuse activité ; aussi fut-il promu, en 1789, au grade de sergent. Son unité est dissoute le 31 août 1789, et il s’engage dans la garde nationale de Paris.

Soldat de la Révolution française

Il s’engage en janvier 1792 au 104 Régiment d'Infanterie, où il est adjudant. Il passa officier et fut pourvu d'une lieutenance au régiment de Rouergue. Il participe à la défense de Thionville au sein du 58 Régiment d'Infanterie (comme lieutenant) puis est chargé de l'intendance à l'armée des Ardennes. Il bénéficie des conseils du général Leveneur, qui devient son mentor. Au siège de Thionville et à la Bataille de Neerwinden, il donna des preuves éclatantes de sa capacité et de sa bravoure. Appelé à Paris peu de temps après, il exposa au Comité de salut public un plan de campagne si heureusement conçu, que l'illustre Carnot ne put s'empêcher de s'écrier : «Voilà un officier subalterne d'un bien grand mérite. » Le Comité tout entier se joignit à Carnot pour admirer tant de savoir dans un jeune homme, et se hâta de le placer dans un poste digne de lui.

Dunkerque

Revêtu d'abord du titre d'adjudant-général, Hoche reçut ensuite le commandement de Dunkerque qu'il défendit brillamment contre les Anglais. En 1793, il organise la défense de la place de Dunkerque : après avoir résolu les problèmes d’intendance, et sélectionné les meilleurs éléments autour de lui, il fait inonder la campagne autour de la ville. Lors du siège mené par le duc d'York, il opère plusieurs sorties qui rendent le siège trop difficile à conduire pour les Britanniques, qui lèvent le siège. Cette réussite lui fait gravir rapidement les échelons de la hiérarchie militaire. Il est nommé général de brigade, puis général de division en octobre 1793, et enfin général en chef de l'armée de la Moselle qui subit d'abord une défaite dans l'attaque de Landau ordonnée par le Comité de salut public. Après s'être emparé de Furnes, après avoir battu Wurmser dans les lignes de Weissembourg, débloqué Landau et pris Germersheim, Spire et Worms, le 20 mars 1794, il se vit enlevé à l'armée de la Moselle dont il avait le commandement en chef et fut jeté dans les prisons de Paris pour trahison, comme membre du club des cordeliers (suite à un arrêté signé par Carnot, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Robespierre et Barère), d'où il ne sortit qu'en août, après la chute de Robespierre.

Pacification de l’Ouest

Lazare Hoche En août 1794, il est appelé à la tête des armées de Brest et de Cherbourg pour pacifier l'Ouest de la France (Vendée et Bretagne). Il rétablit la discipline, adopte une tactique efficace contre la guérilla des Chouans (camps et unités mobiles), et signe les accords de paix de La Jaunaye le 15 février 1795 avec les Vendéens. Du côté chouan, il signe, sans y croire, les accords de la Mabilais le 20 avril 1795. Mais plusieurs chefs ne les signent pas, l’accord est transgressé puis rompu au bout d’un mois. Hoche est prévenu d’un débarquement à Carnac. il fait repousser les débarquements britanniques (dont celui des émigrés dans la presqu'île de Quiberon, en juillet 1795, et défait les Chouans. Il obtient alors le commandement de toutes les armées de l’Ouest. Prévoyant une seconde tentative, il dispose des troupes sur la Sèvre nantaise afin d’empêcher une concentration des forces vendéennes, et empêche le débarquement de l’île d'Yeu en s’y présentant avant les Britanniques. Il désarme systématiquement la Vendée : la pression s’effectue par réquisition, et prise d’otages. Son rapport à Paris est approuvé, et il obtient le commandement de l’armée des côtes de l’Océan. Son second Travot capture Charette le 23 mars 1796. Hoche achève alors le désarmement de l’Anjou, et la pacification est officiellement proclamée le 15 juillet. Le 16 juillet 1796, un message du Directoire ayant annoncé au Conseil la pacification de la Vendée, les représentants de la nation proclamèrent solennellement, par un décret, que Hoche et son armée avaient bien mérité de la patrie. Deux tentatives d'assassinat faillirent arrêter ce général au milieu de ses triomphes : une fois on essaya contre lui l'effet du poison, et peu après, il fut assailli, au sortir du théâtre de Rennes, par un individu qui lui tira un coup de pistolet dont il ne fut pas atteint.

Tentative en Irlande

Statue de Lazare Hoche sur la place Hoche à Versailles Cependant le cabinet de Saint-James redoublait d'activité pour entretenir la guerre civile en France. Le "libérateur" de l'Ouest conçut alors le hardi projet d'une descente en Irlande : il se rendit aussitôt à Brest, il y fit ses préparatifs et s'embarqua dans ce port à la fin de 1796. Tout, jusque-là, semblait avoir favorisé son audacieux projet ; mais à peine lancé en pleine mer, les éléments se déclarèrent contre lui et sauvèrent l'Angleterre des embarras que cette entreprise devait lui susciter. Sa flotte, ayant été dispersée par un ouragan terrible, il fut obligé de revenir en France, heureux d'échapper, grâce aux habiles manœuvres de son pilote, à la vigilance des croiseurs anglais.

Armée de Sambre-et-Meuse

A son retour, il fut nommé le 23 février 1797 général en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse, forte de 80 000 hommes et à la tête de laquelle il ouvrit la campagne de 1797, en passant le Rhin à Neuwied, en présence et sous le canon de l'ennemi. Il remporta successivement cinq victoires, Neuwied, Ukerath, Altenkirchen, Dierdorf et Heddesdorf, et entra dans Wetzlar d'où son adversaire le croyait encore très éloigné ; il manœuvrait pour enlever d'un seul coup l'armée ennemie, quand l'armistice à Leoben, conclu par Napoléon Bonaparte avec le prince Charles, vint l'arrêter tout à coup à Giessen, sur les bords de la Nidda, au milieu de ses brillants succès et de sa marche triomphale sur le territoire allemand. On lui offrit alors le ministère de la guerre qu'il refusa; mais il reçut le commandement d'un corps d'armée placé aux environs de Paris, et destiné à déjouer les intrigues que le parti de Clichy entretenait contre le Directoire. Les dénonciations calomnieuses de ses ennemis ne tardèrent pas à lui faire perdre ce commandement qui fut confié à Augereau. Hoche, offensé de cette disgrâce, demanda des juges pour leur rendre un compte solennel de sa conduite, et ne put les obtenir. Dégoûté alors du séjour de Paris, il retourna à son quartier général de Wetzlar.

Mort

Monument à Weissenthurm, dédié au Général Hoche par l'Armée de Sambre et Meuse Mais le terme de sa glorieuse carrière approchait : il tomba subitement malade dans les premiers jours de septembre 1797, et mourut le 19 de ce mois, au milieu des plus cruelles douleurs, et en s'écriant : « Suis-je donc revêtu de la robe empoisonnée de Nessus ?» Il était âgé de 29 ans. L'autopsie du cadavre, ordonnée par le Directoire, révéla, en effet, dans les intestins, une multitude de taches noires qui parurent aux gens de l'art des indices d'une mort violente. Il s'agissait en réalité de la tuberculose. Des honneurs funèbres furent rendus à la mémoire de Hoche, tant à l'armée que dans l'intérieur de la République. Un poète illustre, Chénier, célébra, dans de nobles vers, la gloire du héros enlevé si jeune à sa patrie. Extrait de l'éloge funèbre prononcé par le président du directoire : Qui plus que moi doit en effet déplorer sa perte ! Il fut le sauveur des miens. Oh toi qui fermas l'horrible plaie dont furent affligés si longtemps le pays qui m'a vu naître et celui qui m'honora de son suffrage, génie tutélaire, envoyé par le ciel dans nos contrées pour y éteindre le feu de la discorde et y tarir la source de nos larmes, reçoit, par mon organe, l'hommage de mes compatriotes désolés !..... Ils connaissent leur infortune ; et de toutes parts, dans les champs mélancoliques de la Vendée et sur les riantes collines de Maine-et-Loire, ton nom se prononce au milieu des sanglots, et l'écho le répète en gémissant ! Lazare Hoche fut enterré à Weißenthurm, une petite ville près de Coblence; le lieu du monument s'appelle "Auf dem Frauenberg".

Lien interne

Le Lycée Hoche, à Versailles, est nommé en son honneur, de même que la place Hoche à Versailles.

Lien externe

- Le procès verbal de la cérémonie funèbre au Champ de Mars en mémoire du général Hoche:
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Source partielle

Littérature

-Arthur Chuquet: Les Guerres de la Révolution : 9. Hoche et la lutte pour l'Alsace, 1793-1794 ; (1893) Catégorie:Personnalité de la Révolution française Catégorie:Général de la Révolution ou du Premier Empire Catégorie:Naissance en 1768 Catégorie:Décès en 1797 de:Lazare Hoche en:Lazare Hoche hu:Lazare Hoche it:Lazare Hoche ja:ルイ=ラザール・オッシュ pl:Lazare Hoche
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