John Caldwell Calhoun

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John Caldwell Calhoun John Caldwell Calhoun (né le 18 mars 1782 en Caroline du Sud et décédé le 31 mars 1850 à Washington D.C.) est un important politicien américain durant la première moitié du moitié du . Il est le premier vice-président des États-Unis d'Amérique à être né sur le sol américain.
John Caldwell Calhoun

John Caldwell Calhoun John Caldwell Calhoun (né le 18 mars 1782 en Caroline du Sud et décédé le 31 mars 1850 à Washington D.C.) est un important politicien américain durant la première moitié du moitié du . Il est le premier vice-président des États-Unis d'Amérique à être né sur le sol américain.

Biographie

Premières années

John Caldwell Calhoun naît dans le comté d'Abbeville en Caroline du Sud le 18 mars 1782. Il est le troisième enfant de Patrick et Martha Caldwell Calhoun, fermiers. Il grandit dans une époque de troubles sociaux, en particulier en raison de l’extension de la culture du coton qui apporte avec elle la pratique de l’esclavage dans les États où les petites paysans s’opposent encore aux gros propriétaires agraires. La publication du Sedition Act par le président John Adams en 1798 et les résolutions contre cette loi écrites par Thomas Jefferson et James Madison vont provoquer chez Calhoum la prise de conscience que des états (le Kentucky et la Virginie dans ce cas) peuvent déclarer des lois fédérales anticonstitutionnelles. Cette révélation sera plus tard une part importante dans la philosophie politique de Calhun. En 1796, son père tombe gravement malade. Il arrête alors ses études pour prendre en charge la gestion de la ferme familiale. Il tient ce rôle pendant cinq ans avant que son frère James prenne la relève. Il retourne alors à la Willington Academy, puis s’inscrit à Yale en 1801. Il en sort diplômé avec les honneurs en 1804, termine sa formation à l’école de droit de Litchfield dans le Connecticut et est admit au barreau de Caroline du Sud en 1807. Il exerce alors son métier d’avocat dans son district d’origine. De 1809 à 1811, il s’occupe de plusieurs affaires concernant la répartition des pouvoirs entre les riches planteurs de coton et les fermiers plus pauvres. Il assure son avenir financier et entre dans le monde politique en épousant sa cousine, Floride Bonneau (qui sera plus tard au centre de l’affaire Petticoat), fille du sénateur John Ewing Colhoon, avec qui il aura dix enfants, dont trois décèdent en bas âge. Il est élu comme démocrate républicain au Congrès des États-Unis d'Amérique du 4 mars 1811 au 3 novembre 1817. Pendant cette période, il se fait remarquer comme un membre influant du groupe nationaliste dirigé par Henry Clay appelant à la guerre contre l’Angleterre. Il prononce le discours d’introduction à la déclaration de la guerre de 1812 et, pendant toute la période du conflit, pousse sans relâche pour le vote de crédits militaires supplémentaires. À la fin de la guerre, il travaille avec Clay à la mise en place de l’American System, vaste ensemble de mesures devant assurer l’indépendance financière des États-Unis. Dans ce cadre, il propose la mise en place du Bonus Bill, un programme de financement de constructions d’autoroutes. Cette proposition sera refusée par le président James Monroe. Ce dernier, en 1817, lui propose le poste de secrétaire à la Guerre après le refus d’Isaac Shelby. Il reste à ce poste jusqu’en 1825 et, pendant ces années, réorganise le système militaire et contribue à l’élargissement des frontières en direction de l’Ouest.

Vice-présidences

Portrait de Calhun réalisé par Rembrandt Peale en 1834. Les élections présidentielles de 1824 sont particulièrement disputées. Calhoun réussi finalement à trouver un accord entre les différentes factions et fait élire John Quincy Adams comme président et lui-même comme vice-président. Cependant, il ne tarde pas à prendre ses distances avec Adams, qu’il juge trop favorable aux intérêts des états du Nord. En 1826, la famille Calhoun achète une plantation dans le district de Pendleton qui, par la suite, sera connue sous le nom de Fort Hill. Dans cette période, une grave crise économique secoue les États du Sud, principalement à cause de la production de coton meilleur marché venant des nouveaux États du Sud-Ouest, mais également, d’après les planteurs, à cause des plafonds étatiques de prix du coton perçus par les Sudistes comme une mesure protectionniste en faveur des industries textiles du Nord. Enfin, ce cadre déjà tendu va encore s’aggraver par la découverte d’une profonde division Nord-Sud sur la question de l’esclavage. Calhoun s’oppose vivement à l’établissement de ces plafonds de prix dès 1824 et commence à développer, tout d’abord de façon anonyme, puis dans un document de 1828 appelé South Carolina Exposition, la théorie politique de nullification, soutenant qu’une minorité (un État par exemple) est en droit de se protéger contre la décision d’une majorité (le pays) en annulant (nullify) les lois qu’il juge contraire à sa propre législation. Dans les années suivantes, il va encore plus loin, préconisant qu’un État peut, en cas de besoin, se retirer simplement de l’Union. Aux élections suivantes, Calhoun soutient Andrew Jackson et, lorsque ce dernier est élu, le 4 mars 1829, il est à nouveau nommé vice-président. Cependant, une fois de plus, les rapports entre Calhoun et le président vont souffrir de leurs différents points de vue entre Nordiste et Sudiste. En 1832, la théorie de Calhoun est mise en pratique par l’État de Caroline du Sud qui déclare anticonstitutionnels les lois fixant le prix plafond du coton. Cette décision provoquera une crise politique majeure, connue sous le nom de Nullification Crisis. La réponse du Congrès à cette décision sera le vote d’un acte (le Force Bill) qui donne au Président la possibilité d’engager l’armée de l’Union pour forcer les États à obéir aux lois fédérales. Bien entendu, le gouvernement de Caroline Du Sud nullifia cet acte. Le Président ordonna l’envoi de navires de guerre dans le port de Charleston. Heureusement, la crise trouva une solution dans un compromis, proposé par le sénateur Clay en 1833, qui modifie les prix du coton selon les désirs des Sudistes. Cependant, la rupture entre Calhoun et Jackson est consommée et, le 28 décembre 1832, Calhoun démissionne de son poste de Vice-Président.

Le Sénat et les débats sur l’esclavage

Le jour de sa démission, Calhoun accepte le poste de sénateur en remplacement de Robert Y. Hayne tout d’abord comme démocrate-républicain, puis sous l’étiquette de Nullifier. Il sera réélu respectivement en 1834 et en 1840 jusqu’à sa démission le 3 mars 1843. Pendant ces années, il dirigera le mouvement pro-esclavage qui s’oppose à la fois au courant abolitionniste et aux différentes propositions visant à étendre cette pratique dans les États de l’Ouest. Alors que certains députés présentent l’esclavage comme un « mal nécessaire », Calhoun, dans un discours devenu célèbre prononcé en février 1837, défend l’esclavagisme comme un bien. Bâtissant son argumentation sur deux thèmes, la suprématie de la race blanche et le paternalisme, il y affirme son idée selon laquelle toute société doit être dirigée par une élite pouvant profiter du travail des groupes inférieurs. Il prend toutefois des distances avec la situation européenne où, selon lui, la situation des esclaves est bien pire qu’aux États-Unis.Version originale du discours:« I may say with truth, that in few countries so much is left to the share of the laborer, and so little exacted from him, or where there is more kind attention paid to him in sickness or infirmities of age. Compare his condition with the tenants of the poor houses in the more civilized portions of Europe—look at the sick, and the old and infirm slave, on one hand, in the midst of his family and friends, under the kind superintending care of his master and mistress, and compare it with the forlorn and wretched condition of the pauper in the poorhouse. » Il défend dans le même temps le droit des États du Sud à conserver leurs pratiques esclavagistes au nom de la liberté et de l’autodétermination. Paradoxalement, les théories de Calhoun sur le droit des minorités seront plus tard reprises par des groupes ethniques (tels que les Afro-américains) pour réclamer des protections contre les décisions de la majorité. Enfin, il soutient les différentes mesures visant à poursuivre et renvoyer les esclaves évadés. Il est l’un des principaux défenseurs du Fugitive Slave Act, écrit par James Mason qui propose la création d’une force de police spécialement dédiée à la recherche des esclaves évadés. Le travail de Calhoun sur la question de l’esclavage aura un rôle important sur l’accroissement des tensions entre le Nord et le Sud, tensions qui finalement déboucheront sur la guerre de Sécession quelques années plus tard.

Dernières années et reconnaissance

En 1844, il quitte le Sénat pour devenir le secrétaire d'État du président John Tyler pendant une année. Il est ensuite élu à nouveau au Sénat, cette fois-ci pour le parti démocrate en remplacement de Daniel E. Huger. Atteint de tuberculose, il décède le 31 mars 1850 avant la fin de son mandat et est inhumé au cimetière de Charleston. Après sa mort, Calhoun reçoit les plus grands honneurs à travers différentes générations. Cependant, sa défense acharnée de l’esclavagisme en fait un personnage controversé. Pendant la guerre de Sécession, le gouvernement sudiste crée un timbre-poste à l’effigie de Calhoun qui ne sera jamais édité. Il est également honoré à l’université de Yale qui fait ériger une statue de lui et dont l’un des bâtiments est appelé Calhoun College, ce qui provoque, de façon récurrente, des demandes d’étudiants pour le renommer. L’université de Clemson fait également partie de l’héritage de Calhoun. Le campus de cette université est en effet construit sur le site de Fort Hill, la plantation de Calhoun qu’il lègue, à sa mort, à son beau-fils Thomas Green Clemson (qui sert quelques années comme ambassadeur en Belgique grâce à l’appui de son beau-père). En 1888, à la mort de sa femme, Clemson dresse son testament dans lequel il lègue la plantation à l'État pour en faire une université dédiée à l’agriculture. En 1957, les sénateurs rendent hommage à Calhoun comme étant le «cinquième plus important sénateur de tous les temps ». Une résolution du même Sénat de 2000 le nomme dans la liste des «seven greatest of all time». De nombreux lieux ont par la suite été nommés en l’honneur de John Calhoun, parmi lesquels :
- 11 comtés
- 10 villes
- 1 lac (Lake Calhoun dans l'État du Mississippi).

Publications

- The Papers of John C. Calhoun Edité par Clyde N. Wilson; 28 volumes, University of South Carolina Press, 1969-2003.
- Calhoun, John C. Ed. H. Lee Cheek, Jr. Calhoun: Selected Writings and Speeches (Conservative Leadership Series), 2003. ISBN 0895261790
- Calhoun, John C. Ed. Ross M. Lence, Union and Liberty: The Political Philosophy of John C. Calhoun, 1992. ISBN 0865971021

Voir aussi

Bibliographie

- Gérard Hugues John Caldwell Calhoun : Une théorie de l'État esclavagiste, (2004) ISBN 2853995755
- H. Lee Cheek Jr. Calhoun And Popular Rule: The Political Theory Of The Disquisition And Discourse. (2004) ISBN 0826215483
- Lacy K Ford Jr. Origins of Southern Radicalism: The South Carolina Upcountry, 1800-1860 (1988)
- John Niven John C. Calhoun and the Price of Union (1988)
- Merrill Peterson The Great Triumvirate: Webster, Clay, and Calhoun (1987)
- Wiltse, Charles M. :
- John C. Calhoun, Nationalist, 1782-1828 (1944) ISBN 084621041X
- John C. Calhoun, Nullifier, 1829-1839 (1948)
- John C. Calhoun, Sectionalist, 1840-1859 (1951) ===
Sujets connexes
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