Choc des civilisations

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La théorie du choc des civilisations défendue par Samuel Huntington est contestée dans les milieux intellectuels et universitaires nord-américain. Elle constitue un tenant de la base idéologique de la guerre contre le terrorisme Tariq Ali, « Au nom du "choc des civilisations" », Le Monde Diplomatique, octobre 2001..
Choc des civilisations

La théorie du choc des civilisations défendue par Samuel Huntington est contestée dans les milieux intellectuels et universitaires nord-américain. Elle constitue un tenant de la base idéologique de la guerre contre le terrorisme Tariq Ali, « Au nom du "choc des civilisations" », Le Monde Diplomatique, octobre 2001..

Livre de Samuel Huntington

Pour le professeur Huntington, la chute du Mur de Berlin annonce le passage d'un monde caractérisé par des clivages idéologiques, entre communisme et capitalisme, ou impérialisme et anti-impérialisme, à un monde marqué par des clivages culturels. Pour appuyer cette thèse, Huntington montre que la chute des idéologies s'est accompagnée d'une résurgence des sentiments identitaires, que ce soit dans le monde musulman, avec le réveil de l'islam radical, qu'en Asie ou dans les pays d'Europe orientale, qui ont fait leur révolution au nom de leur nation et de leur culture, comme en Pologne. Le deuxième temps de la thèse du grand seigneur d'Huntington consiste à avancer que ce réveil identitaire ne s'affirme plus par le biais des nations, comme au XIX et au , ni des ethnies, mais à l'échelle civilisationnelle, du fait de la mondialisation des échanges. Or, pour Huntington, les civilisations ont toutes pour origine une grande religion, qui en a formé le socle moral et politique.

Découpes selon Huntington

Les civilisations selon Huntington. Dans son livre, Huntington décrit les civilisations suivantes :
- la chrétienté occidentale (Europe de l'Ouest, États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), fondée sur le christianisme catholique et protestant ;
- la civilisation orthodoxe (Russie, Ukraine, Balkans orientaux, Grèce...), fondée sur le christianisme orthodoxe ;
- la civilisation latino-américaine (du Río Grande à la Terre de Feu), fondée sur le catholicisme et les structures politiques latino-américaines corporatistes héritées de la colonisation ;
- la civilisation africaine (sans l'Afrique du Nord et la Corne de l'Afrique), civilisation pour laquelle Huntington reconnaît qu'il n'y a pas de religion dominante, mais plutôt un ensemble de pratiques animistes ;
- la civilisation islamique (du Sénégal à la Nouvelle-Guinée), fondée sur la religion musulmane ;
- la civilisation hindoue (centrée sur l'Inde, le Sri Lanka et la diaspora indienne), fondée sur la religion hindouiste ;
- la civilisation chinoise (Chine, Corée et Viêt Nam, mais aussi les Philippines inclus) ;
- la civilisation japonaise. Remarques : Huntington précise qu'on ne peut pas parler de civilisation bouddhiste ou juive. Le bouddhisme est une grande religion mais l'extinction du bouddhisme en Inde et sa capacité à se fondre dans des modèles préexistants ne permettent pas d'en faire le socle d'une grande civilisation. En ce qui concerne la religion juive, sa faiblesse démographique est antinomique avec la définition même de civilisation et l'identification subjective des juifs est complexe : de nombreux juifs de la diaspora se reconnaissent comme juifs mais pas comme israéliens et se réclament donc de fait comme membres de leur civilisation de rattachement. Les conflits civilisationnels peuvent selon Huntington se manifester de plusieurs manières :
- entre deux civilisations sur leur frontière : cas de l'Islam au contact des autres civilisations (Bosnie-Herzégovine, Cachemire, Nigéria...) ;
- entre civilisations du fait de la domination de l'Occident : les autres civilisations cherchent à s'affirmer face à un Occident dominateur ;
- à l'intérieur d'une civilisation : lutte de pouvoir pour le contrôle d'une civilisation, comme la lutte entre islamistes et réformateurs dans le monde islamique ;
- lutte à l'intérieur d'un pays : cas d'un pays déchiré entre plusieurs civilisations (Huntington cite la Turquie, le Mexique, la Russie et l'Australie).

Critiques

Parmi les détracteurs de M. Huntington et de sa thèse géopolitique figurent Naipaul, auquel se joint Edward Saïd dans l'introduction à la nouvelle édition de son ouvrage L'Orientalisme ; ils s'inscrivent en faux par rapport à cette définition des rapports du Monde.

Remarques

L'un des premiers ouvrages maîtres sur les questions des identités et des civilisations a été celui de l'historien français Fernand Braudel (Grammaire des civilisations, 1987). Samuel Huntington s'appuie fortement sur l'œuvre de Braudel, cité à de nombreuses reprises.

Notes

Voir aussi

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