L'Ivresse du pouvoir

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L'Ivresse du pouvoir est un film français réalisé par Claude Chabrol, sorti en 2006.
L'Ivresse du pouvoir

L'Ivresse du pouvoir est un film français réalisé par Claude Chabrol, sorti en 2006.

Synopsis

Chargée d’un important dossier d’abus de biens sociaux, la juge Jeanne Charmant Killman (Isabelle Huppert) mène une délicate enquête touchant à des milieux politiques et industriels. D’emblée, elle fait incarcérer le responsable d'un grand groupe, le président Humeau (François Berléand), qu’elle commence à interroger avec acharnement. Fragilisé et affaibli, celui-ci cède peu à peu et finit par confesser ses secrets. Dans les milieux politiques, l’inquiétude monte et une contre attaque se met en place pour arrêter la juge trop curieuse. Mais il est trop tard pour agir car, ivre du pouvoir qu’elle sent détenir, la juge Killman est déterminée à aller jusqu’au bout de son enquête. Pour cela, elle est prête à tout sacrifier, sa sécurité et même son mari qui ne supporte plus la vie infernale qu’elle lui fait vivre.

Fiche technique

- Titre : L'Ivresse du pouvoir
- Réalisation : Claude Chabrol
- Scénario : Odile Barski et Claude Chabrol
- Production : Patrick Godeau, Françoise Galfré et Alfred Hürmer
- Société de production : Alicéléo
- Musique : Matthieu Chabrol
- Photographie : Eduardo Serra
- Montage : Monique Fardoulis
- Décors : Françoise Benoît-Fresco
- Costumes : Mic Cheminal
- Pays d'origine : France
- Format : Couleurs - 1, 85:1 - DTS - 35 mm
- Genre : Comédie dramatique
- Durée : 110 minutes
- Dates de sortie : 16 février 2006 (festival de Berlin), 22 février 2006 (France), 15 mars 2006 (Belgique)

Distribution

- Isabelle Huppert : Jeanne Charmant-Killman
- François Berléand : Humeau
- Patrick Bruel : Sibaud
- Marilyne Canto : Erika
- Robin Renucci : Philippe
- Thomas Chabrol : Félix
- Jean-François Balmer : Boldi
- Pierre Vernier : le président Martino
- Jacques Boudet : Descarts
- Philippe Duclos : Holéo
- Jean-Christophe Bouvet : Maître Parlebas
- Roger Dumas : René Lange
- Michelle Goddet : Nicole Humeau
- Yves Verhoeven : Benoît, le greffier
- Pierre-François Dumeniaud : Leblanc

Commentaires

À travers l'investigation se fabrique le pouvoir. Grisée par l'expansion de la mise en examen de Humeau, Jeanne Charmant Killman (tuer l'homme), juge d'instruction, n'est plus en mesure de contrôler un territoire attirant, la mise à nue d'une vie privée. Jeanne s'aperçoit des opportunités immenses qu'offre son métier en l'exerçant. Elle perquisitionne, fouille les armoires, confisque les portables. Rien ne lui résiste. Humeau, d'abord arrogant, se soumet. Le rapport sado maso s'étend ensuite à son mari délaissé qui, malgré ses incessants cris d'impuissance, ne parvient pas à corriger la lente dérive obsessionnelle de Jeanne, qui ne respecte plus qu'elle même. Un seul homme trouve grâce à ses yeux, Félix, neveu de Philippe sans attaches, squatteur et flambeur désabusé. Pratiquement toute la hiérarchie des hommes, de l'agent de sécurité au chef d'entreprise, est dominée par ce petit bout de femme insensible qui ignore elle-même le verdict qui, sans aucun doute, pénalisera une arrogance narcissique positionnant cette ambition comme un soleil dont toutes les planètes sont dépendantes. Cette force se décuple par l'arrivée d'Erika, un clone tout aussi déterminé à casser du mâle que Jeanne. L'Ivresse du pouvoir est un baril de poudre où la punition pour l'exemple de tous les détournements de fonds d'entreprises par des patrons véreux sert de prétexte à une destruction morale d'un prévenu. Jeanne ne semble pas équilibrer un métier et une carrière. Son plaisir est de voir le sexe opposé en laisse, dépouillé de son machisme dont elle s'empare. Tout ceci ressemble à une passation de pouvoirs acquise par le basculement cérébral d'une femme qui reste femme mais devient homme par la dominance. Le mâle c'est elle, fumant cigarette sur cigarette, elle empoisonne l'air d'une prétention incommodante en imposant un rythme d'enfer à ses collaborateurs soumis comme des toutous. Dans l'intimité d'un bureau, Jeanne et Erika ne sont plus par leurs propos que des machines à tuer. Une force de travail à toutes épreuves ne sert qu'à détruire, à l'aide de toute une administration, des êtres humains, certes condamnables, mais par des procédures de métiers. Jeanne sera enfin confrontée à une importante décision à prendre, indispensable afin de stopper un environnement devenu incontrôlable et de plus en plus cauchemardesque.

Inspiré de l'affaire Elf et critiqué par son modèle

Le cinéaste s'est inspiré de l'affaire Elf et de la juge Eva Joly pour son film. Cette dernière a critiqué le film comme « un petit théâtre de mœurs, qui conforte chacun dans l'immobilisme », réduisant l'enquête à « une suite de clichés » et regretté que Claude Chabrol ait selon elle violé l'intimité de sa vie privée, ajoutant lors de la promotion du film « des détails sordides et erronés sur vie personnelle » (, Le Monde du 17 mars 2006).

Récompenses

- Nomination à l'Ours d'or, lors du Festival de Berlin 2006.

Voir aussi

- Affaire Elf ==
Sujets connexes
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