Seigneurie

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Une seigneurie est une terre gouvernée au nom du roi (un fief), par un seigneur, qui n'est pas nécessairement noble. La seigneurie est un ensemble de terres, de droits et de devoirs dont le modèle est hérité du Moyen Âge, les rois ayant concédé des parts de leur territoire et de leur pouvoir à des seigneurs pour qu'ils tiennent (gouvernent) la terre en leur nom, en échange de services, notamment militaires. Elle réunit entre les mains d'une même person
Seigneurie

Une seigneurie est une terre gouvernée au nom du roi (un fief), par un seigneur, qui n'est pas nécessairement noble. La seigneurie est un ensemble de terres, de droits et de devoirs dont le modèle est hérité du Moyen Âge, les rois ayant concédé des parts de leur territoire et de leur pouvoir à des seigneurs pour qu'ils tiennent (gouvernent) la terre en leur nom, en échange de services, notamment militaires. Elle réunit entre les mains d'une même personne la possession d'un fief. On estime entre et le nombre de seigneuries au .

Définition

Reconstruction d'un château médiéval, Bachritterbug, Bade-Wurtemberg La seigneurie était une terre que le Roi confiait à l'un de ses seigneurs. À cette époque, celle-ci était synonyme de richesse puisqu'elle accroissait le pouvoir d'un seigneur au fur et à mesure que celui-ci se voyait confier la possession de plus en plus de terres. Toutefois, ce grand propriétaire terrien faisait le serment de défendre le pauvre, la veuve et l'orphelin et les Lieux Saints au cours de la cérémonie d'adoubement des chevaliers. Il confiait donc l'administration de son précieux fief à un ou plusieurs vassaux qui avaient pour tâches de faire fructifier les terres et de s'assurer du rythme adéquat des paysans qui y travaillaient. Toutes les seigneuries du Moyen-Âge étaient constituées des éléments suivants :
-un château qui assurait la protection du seigneur et des populations d'alentours contre toute attaque éventuelle d'un seigneur voisin en quête de nouveaux domaines
-un petit village où étaient aménagées les chaumières faites de murs en bois ou de torchis (terre grasse et argileuse mélangée avec du foin) où habitaient les tenanciers sur une partie de terre appelée tenure (partie de la seigneurie réservée aux paysans)
-une église ou un monastère
-une forêt fournissait le bois, le gibier et de petits fruits sauvages pour la cueillette
-une rivière qui servait à étancher la soif des paysans (bien que son eau ne fût pas souvent potable?)
-un moulin qui servait à moudre le grain
-un pont à péage assurant au seigneur un revenu sur la marchandise en transit
-la réserve seigneuriale qui était la partie du fief attribuée aux nobles
-un four à pain.

Rôles

Droits et devoirs du seigneur

Les seigneurs étaient des nobles qui étaient chargés de défendre le pauvre, la veuve, l'orphelin et les Lieux Saints. En somme, les seigneurs étaient bien plus que de simples propriétaires terriens. Ils assuraient la prospérité de leur fief en développant des solutions aux problèmes agricoles de l'époque. Aussi, les seigneurs exerçaient sur les paysans un très grand pouvoir seigneurial appelé le ban. Les quatre principaux droits seigneuriaux engendrés par le ban étaient :
-le droit de justice
-le droit de corvée signifiant qu'un paysan peut être affecté à tout genre de corvée selon le bon plaisir du seigneur
-le droit de frapper la monnaie
-le droit de payage stipulant qu'un paysan doit payer en main propre de son seigneur, à date fixe, le cens (impôt).

Rôle du paysan

Chaumière villageoise avec son petit potager Il existe deux classes de paysans, les vilains et les serfs. Les serfs étaient presque réduits à l'état d'esclaves et ne pouvaient ni abandonner leur tenure ni quitter le village sans l'autorisation de leur seigneur. Ils étaient même contraints de ne léguer aucun bien à leur descendance, ni leurs propres outils en bois ni des objets ayant une valeur sentimentale. Ce statut disparaît dans les faits dès le début du Moyen-âge. Les vilains bénéficiaient d'un peu plus de liberté. Ils étaient autorisés à léguer tout ce qu'ils désiraient à leurs héritiers et pouvaient se déplacer librement à l'intérieur ou à l'extérieur du domaine. Ils étaient toutefois assignés à certaines corvées précises. En règle générale, tous les paysans propriétaires d'une tenure (tenanciers) devaient à leur seigneur des redevances, c'est-à-dire, qu'ils devaient céder annuellement une partie de leurs récoltes. Par exemple, en septembre, ils devaient offrir leurs deux plus beaux pourceaux, en octobre payer le cens, trois semaines avant Noël donner un carré de lard et à Noël céder quelques-unes de leurs poules. Jour après jour, le paysan travaillait d'arrache-pied pour assurer le bon fonctionnement de la seigneurie. Il creusait les fossés qui entouraient le château du seigneur assurant la défense de la région, il coupait les arbres pour le défrichement des forêts et le bois de chauffage, il entretenait les routes nécessaires aux bonnes communications, il labourait les terres pour un meilleur rendement agricole et récoltait les semences. Pour assurer sa subsistance, le paysan aménageait non loin de sa chaumière un petit jardin qu'il prenait à sa charge. Traditionnellement, le paysan y cultivait du chou, du navet, des carottes ou des haricots.

Problèmes agricoles et solutions

Durant le Moyen Âge, les terres que les paysans fertilisaient étaient toutes soumises à une seule et unique culture puisqu'elles étaient divisées en deux parcelles, l'une cultivée et l'autre laissée en jachère (partie de terre laissée au repos) une année sur deux. On effectuait ainsi une rotation des sols pour permettre aux parcelles de se reconstituer. Cette technique d'agriculture se nommait l'assolement biennal. Toutefois au fil du temps, les grands propriétaires terriens se rendirent compte que l'assolement biennal était un cercle vicieux. Premièrement, le rendement des terres était faible et les récoltes étaient peu abondantes, par conséquent, le sol cultivable était en quasi-totalité destiné à la culture des céréales pour sustenter la population ce qui entraînait une diminution des terres consacrées au pâturage des animaux, donc une diminution du cheptel, entraînant la diminution des engrais d'origine animale, l'obligation à l'assolement biennal et la diminution annuelle du rendement agricole pour en arriver à une longue période de famine. Au début, on eut recours au défrichement des forêts pour gagner de nouvelles terres arables, mais les nouvelles terres étaient parfois moins propices à l'agriculture, obligeant à empiéter toujours davantage sur la forêt. Un palliatif fut trouvé avec l'assolement triennal. La terre était cette fois divisée en trois parcelles, ce qui prolongeait la période de jachère et permettait de meilleurs rendements sur les parcelles qui avaient pu reconstituer leurs réserves. Paysan au travail, charrue à roues Pour améliorer encore le rendement, on developpa de nouveaux moyens techniques ou on améliora les techniques en vigueur. La charrue équipée de deux roues en bois avançait plus vite, le soc de fer, grâce à sa rigidité supérieure à celle du soc en bois, creusait des sillons plus profonds. De plus, les paysans obtinrent du seigneur le droit d'utiliser le cheval comme moyen de traction animale pour remplacer le bœuf plus lent. On vit aussi apparaître un collier rigide appelé collier d'épaule qui permettait d'atteler les chevaux les uns un à la suite des autres, augmentant ainsi la puissance de traction. L'une des plus grandes innovations de cette époque est sûrement le moulin à vent et à eau qui permettait, en utilisant l'énergie d’une rivière ou du vent, de moudre le grain plus finement, de tamiser la farine et de tanner les peaux sans avoir recours à l’énergie musculaire humaine. Ce progrès permit de libérer les paysans de ces tâches routinières et relativement simples pour se consacrer à d'autres corvées qui nécessitaient de la rapidité et de l'endurance.

Rôle du monastère

Rôle religieux

D'abord et avant tout, le monastère exerçait une grande influence religieuse sur les paysans des régions environnantes par la proclamation de la doctrine du christianisme. Il incitait donc les paysans à venir prier et s'évangéliser dans ce lieu saint.

Rôle stratégique

En période d'invasions, les paysans pouvaient venir s'y réfugier en requérir le droit d'asile. Le monastère servait donc de refuge comme les châteaux.

Rôle économique

Son influence était aussi d'ordre économique. Les moines transmettaient leur savoir aux paysans pour contribuer à l'amélioration des techniques agricoles et au développement de meilleurs outils agricoles. On doit au monastère la majeure partie des découvertes telles que la charrue à roues, le collier d’épaule ou l’assolement triennal. En 1084, les moines d’un monastère appelé la Grande-Chartreuse développèrent une liqueur aromatique à laquelle ils donnèrent le nom de chartreuse. À l'apogée du monachisme, on comptait plus de 2 000 monastères en Europe occidentale.

La seigneurie foncière : propriétés et seigneurie

Le seigneur est le propriétaire direct ou éminent des terres. La notion de propriété absolue sur un bien - mobilier ou immobilier (maison, etc.) - ne s'applique pas à la terre, car d'autres que le propriétaire ont des droits sur ces terres : le seigneur et les paysans du village. Dans le premier cas on parle de propriété « utile » pour ce qui relève du tenancier et de propriété « éminente » pour ce qui relève du seigneur. La terre en France ressort de 2 catégories
- Le bien hériditaire franc (exempté de tout droit seigneurial). En principe, il n'y a pas d'alleux en France car toute terre a un seigneur. Dans les faits, il y en a, notamment dans le Massif Central, l'Est et le Midi. Mais ces biens restent des terres de petite tailles : jardins ou vergers.
- La seigneurie. Le fief est un domaine noble concédé par le roi ou un noble plus important sous condition de foi, hommage et fidélité. La seigneurie est assujettie à certains services et taxes. La réserve seigneuriale est une partie des terres de la Seigneurie, sur lesquelles le seigneur local possède pleinement (propriété utile : droit de récolte, de vente, et de la faire hériter).

Droit seigneurial

La seigneurie octroie des droits publics, fiscaux, judiciaires, sur l'ensemble de son territoire, de ses fiefs : Réserve seigneurale et mouvance (tenures et censives). Le seigneur n'est pas propriétaire des censives, mais y a des droits : la propriété éminente, sans en avoir la propriété utile. Les censives de la seigneurie et leur différentes mutations sont inscrites dans un livre terrier, soigneusement conservé puisque déterminant quels sont les droits du seigneur sur chaque terre.

La seigneurie banale : fonction et droit de la seigneurie

La seigneurie a un rôle symbolique, de représentation du roi et de l'ordre, mais aussi celui d'enrichir le seigneur. La seigneurie confère au seigneur un droit symbolique, d'imposition (fiscal), et de justice (judiciaire) sur les terres et sujets de son domaine. Les principales banalités sont :
-le four banal
-le moulin banal
-le pressoir banal

Seigneur direct, justicier, féodal

Le seigneur direct était le bénéficiaire des cens (ou des rentes nobles) dus par les propriétaires de fonds roturiers (c’est-à-dire non tenus en fiefs) qui relevaient de lui. En d’autres termes, être seigneur direct était ne pas être propriétaire des choses dont on était seigneur. Les corvées, droit de banalité (monopole sur les fours, les moulins...), droits de chasse, de fouage, de péage, de taille... étaient des droits seigneuriaux qui, s’ils existaient, pouvaient être répartis entre plusieurs seigneurs. Alors, tel seigneur pouvait avoir telle sorte de droit sur tel tenancier et tel autre seigneur telle autre sorte de droit sur le même tenancier etc. De là s’ensuivait une hiérarchie entre les seigneuries ; la plus subalterne d’entre elles étant celle du seigneur foncier, celle qui ne donnait que le droit de lever le cens. A contrario, plus une seigneurie bénéficiait de sortes de redevances plus elle était estimée. La seigneurie justicière, avec sa basse, moyenne et surtout sa haute-justice, était plus prestigieuse que la précédente et instituait son détenteur dans une charge de service public puisqu’il devenait responsable de l’organisation et du fonctionnement de la justice et de la police dans l’étendue de sa justice. C’est la seigneurie justicière qui donnait le droit de décorer librement sa maison de marques seigneuriales (tours, girouettes). La haute justice, de plus, donnait le titre de « Seigneur de X ». La fonction était encore plus prestigieuse lorsque la haute-justice s’exerçait sur l’église, ou sur ses environs ; le seigneur était alors appelé seigneur de paroisse et avait des droits et honneurs particuliers à l’église. En règle générale, une seigneurie était tenue en fief. Sa possession, même par un roturier, nécessitait l’acte de foi et hommage envers un « seigneur féodal ». C’est ainsi qu’à coté du seigneur direct et du seigneur justicier de l’organisation seigneuriale du XVIIième et XVIIIième siècle apparaissait un troisième type de seigneur : le seigneur féodal.

Voir aussi

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Sujets connexes
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