Vincent Auriol

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Vincent Auriol, né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort le 1966 à Muret, est un homme d'État français. Élu Président de la République française le 16 janvier 1947.
Vincent Auriol

Vincent Auriol, né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort le 1966 à Muret, est un homme d'État français. Élu Président de la République française le 16 janvier 1947.

Biographie

Ses débuts

Fils de boulanger, licencié en droit en 1905, puis docteur en droit, il exerce la profession d'avocat à Toulouse, milite à la SFIO dès sa fondation et crée en 1908 un quotidien, Le Midi socialiste. Député de Muret de 1914 à 1940, puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient progressivement l'expert financier du parti socialiste puis un de ses principaux leaders. Il fait adopter par la SFIO en 1921, puis par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé par des prêts à longs termes consentis par le gouvernement. L'Allemagne paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel projet. De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des finances de la Chambre des députés. Ministre des Finances pendant le gouvernement du Front populaire, hostile aux accords de Munich, il est l'un des quatre-vingts parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940.

Seconde Guerre Mondiale

En septembre de cette année, le gouvernement de Vichy le fait arrêter. Vincent Auriol est d'abord incarcéré à Pellevoisin (Indre) puis à Vals-les-Bains (Ardèche) et entretient une correspondance avec Léon Blum, où il se montre tout à fait optimiste sur la victoire des démocraties face au nazisme et au fascisme. Vichy fait mener une enquête sur lui, mais le tribunal civil de Muret prononce un non-lieu. Il est libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée août 1941. De sa maison, il conseille les socialistes résistants. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. Il écrit Hier et demain, qui sera publié en 1944 à Alger, et dans lequel il entame une reflexion sur les institutions qui, selon lui, devraient remplacer celles de la III République. En 1943, il parvient à rejoindre Londres en avion. L'année suivante, il est président de la Commission des finances de l'Assemblée consultative d'Alger. Le général Charles de Gaulle fait souvent appel à ses conseils.

Président de la République

En 1945 il est nommé ministre d'État par de Gaulle. En 1946, Vincent Auriol devient président de la première, puis de la seconde Assemblée constituante. L'année suivante, il devient le premier président de la Quatrième République. Auriol n'entend pas, selon son expression, être un « président soliveau » : il exerce pleinement sa fonction d'arbitre.

Après la présidence

En désaccord avec Guy Mollet, il quitte la SFIO en 1958 et profite de son statut d'ancien président et de leader historique du socialisme français pour collecter des fonds auprès des partis membres de l'Internationale socialiste au profit du nouveau PSA. En 1959, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais il cesse de se rendre aux réunions dès 1960, pour protester contre l'interprétation outrageusement restrictive des compétences du Conseil et du Parlement qu'a le général de Gaulle : plusieurs lois, dont la loi Debré sur l'enseignement scolaire, ont été votées sans que le Conseil constitutionnel soit consulté. « Cette désinvolture à l'égard de la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les règles essentiels de la démocratie. » Vincent Auriol revient le 6 novembre 1962 pour voter sur la constitutionnalité de la loi référendaire modifiant le mode d'élection du président de la République. Son ultime acte politique est d'appeler à voter pour François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de décembre 1965. Marié à Michelle Aucouturier en 1912, il est le beau-père de l'aviatrice Jacqueline Auriol.

Mandats électifs

-Maire de Muret (1925-1946)
-Conseiller général du canton de Carbonne (Haute-Garonne) (1928-1946)
-Député de la Haute-Garonne (1914-1942), membres des deux Assemblées nationales constituantes puis député en 1946-47.

Fonctions

Fonctions gouvernementales

-Ministre des finances (4 juin 1936-22 juin 1937)
-Ministre de la Justice (22 juin 1937-18 janvier 1938)
-Ministre de la Coordination des services ministériels à la présidence du Conseil (11 mars-10 avril 1938)
-Ministre d'État sans portefeuille (22 novembre 1945-20 janvier 1946)

Fonctions représentatives

-Président de la première et deuxième Assemblée nationale constituante, puis de l'Assemblée Nationale en 1946
-Président de la République (1947-1954). Il est élu le 16 janvier 1947 par 452 voix contre 242 à Auguste Champetier de Ribes (MRP), 122 à Jules Gasser (radical) et 60 à Michel Clemenceau (droite). (Voir : Élection présidentielle française de 1947)

Autres fonctions

-Membre de droit du Conseil Constitutionnel à partir de 1959. Il refusa néanmoins de siéger.

Décorations

-Médaille de la Résistance
-Grand Officier de la Légion d'honneur
-Grand Maître de la Légion d'honneur (comme président de la République)
-Grand Croix de l'Ordre national de 32 États
-Croix de combattant volontaire de la Résistance

Œuvres

-Hier et demain, 1944 (écrit pendant la Seconde guerre mondiale)
-Journal du septennat, éd. Tallandier, 2004 (version complète)

Citation

« Comme la nation humaine s'élève au-dessus des provinces diverses et variées, la nation humaine doit s'élever et s'organiser au-dessus des nations indépendantes et associées. Les principes de l'organisation humaine doivent être les mêmes que ceux de l'organisation nationale. Ce sont les principes de la démocratie : liberté, égalité, fraternité. » (Discours à Alger, le 25 juillet 1944)

Bibliographie

-Jean-Pierre Cuvilier, Vincent Auriol et les finances publiques du Front populaire ou L'alternative du contrôle et de la liberté : 1933-1939, Publications de l'université de Toulouse-Le Mirail, 1979
-Éric Ghebali, Vincent Auriol : le Président citoyen. 1884-1966, éd. Grasset, 1998
-Louis Mexandeau, Histoire du parti socialiste, éd. Tallandier, 2005
-Gilles Morin, « Les socialistes dans les geôles de Vichy : à la recherche d'une parole libre », in Pierre Guidoni et Robert Verdier (dir.), Les Socialistes en Résistance, éd. Séli Arslan, 1999 ==
Sujets connexes
Accords de Munich   Albert Lebrun   Alger   Allemagne   Ardèche   Auguste Champetier de Ribes   Canton de Carbonne   Cartel des gauches   Charles de Gaulle   Chef d'État   Conseil constitutionnel (France)   Fascisme   France   François Mitterrand   Front populaire (France)   Guy Mollet   Haute-Garonne   Hier et demain   Indre (département)   Internationale socialiste   Jacqueline Auriol   Légion d'honneur   Léon Blum   Michel Clemenceau   Michelle Auriol   Médaille de la Résistance   Nazisme   Parti socialiste autonome   Pellevoisin   Philippe Pétain   Président de la République française   René Coty   Revel   Résistance (politique)   Section française de l'Internationale ouvrière   Toulouse   Vals-les-Bains  
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