Sumer

Infos
Le nom Sumer ou Shumer, écrit en cunéiforme KI.EN.GI, désigne une région de la basse Mésopotamie antique (actuellement la partie Sud de l'Irak) en bordure du golfe Persique (situé à cette époque au nord-ouest de l'actuel golfe). Il a donné son nom aux Sumériens, peuple non sémitique d'origine mal connue, qui y était établi au . Elle constitue la première civilisation véritablement urbaine et marque la fin de la préhistoire au Mo
Sumer

Le nom Sumer ou Shumer, écrit en cunéiforme KI.EN.GI, désigne une région de la basse Mésopotamie antique (actuellement la partie Sud de l'Irak) en bordure du golfe Persique (situé à cette époque au nord-ouest de l'actuel golfe). Il a donné son nom aux Sumériens, peuple non sémitique d'origine mal connue, qui y était établi au . Elle constitue la première civilisation véritablement urbaine et marque la fin de la préhistoire au Moyen-Orient, la plupart des cultures de cette région seront plus ou moins influencées pendant toute la haute antiquité et la moyenne antiquité.

L'origine sumérienne de notre civilisation

La civilisation sumérienne est apparue selon Jean Margueron du fait que l'épeautre, céréale poussant naturellement depuis des millénaires à proximité des berges du Tigre et l'Euphrate, a permis il y a 9000 ans à l'homme d'alors de se sédentariser en remplaçant le besoin de s'alimenter au jour le jour par la possibilité de stocker des céréales , donc des aliments, sur une année, induisant ainsi une organisation urbaine et une irrigation phénoménale sur des milliers d'hectares. Son développement est caractérisé par l’invention de l’écriture et de l’architecture dont sont issus la plupart des mythes judéo-chrétiens puis islamiques : le déluge, les dieux, la tour de Babel, la trilogie, l'enfer, etc. L’apparition de cette civilisation urbaine est fascinante par sa soudaineté : une sorte de création ab nihilo. Certains auteurs, comme Jean Louis Huot (voir Bibliographie - liens externes) pensent que cette civilisation est le résultat de la lente évolution par sédentarisation des communautés humaines qui occupaient ce "paradis perdu" depuis une dizaine de millénaires. À un certain moment, elles se sont dotées de l'outil qui leur permit de noter la langue qu'elles parlaient depuis longtemps sans l'écrire". Cette civilisation a été détruite par la stérilisation saline des terres agricoles et le déplacement géographique des lits des fleuves.

Structure politique

Contrat archaïque sumérien, inscription pré-cunéiforme, musée du Louvre L’utilisation de l’écriture est concomitante à une organisation complexe de la société. Elle est administrée, de façon méticuleuse et tatillonne, par un État monarchique et sacerdotal dirigé par un roi (lugal, « homme grand ») ou un prince (ensi, autrefois lu patesi). Le sumérologue Th. Jacobsen propose l’idée d’une démocratie primitive aux origines de Sumer. En s’appuyant principalement sur les mythes qui mettent en scène des assemblées où interviennent des héros, des hommes ou des divinités (épopée de Gilgamesh), il pense que la plus ancienne institution politique aurait été une assemblée d’hommes libres où des Anciens auraient géré des affaires courantes et lorsque le besoin s’en faisait sentir, auraient délégué des pouvoirs à un « en » pour des travaux importants ou à un « lugal » en cas de guerre. Dans ce système, les autorités religieuses et royales auraient pu se développer au détriment d’hommes libres. Karl August Wittvogel défend la thèse d’un État hydraulique. La civilisation sumérienne offre un exemple, parmi d’autres, de l’existence d’un pouvoir despotique exigé par la nécessité d’organiser et d’administrer un réseau de distribution de l’eau : il fallait répartir équitablement celle-ci, mais aussi obtenir par la corvée le travail nécessaire à la création, puis à l'entretien de ce réseau. Cette théorie pouvait facilement se fondre avec celle d’une démocratie primitive et le despotisme du pouvoir royal. Elle a été combattue, notamment après les recherches de R. McAdams, qui montrent que les réseaux d’irrigation de Sumer au début du III millénaire ne nécessitaient pas un pouvoir coercitif, chaque agglomération n’ayant besoin que d’un territoire réduit pour subvenir à ses besoins. De plus, les historiens n’ont pas trouvé dans les textes la preuve que le despotisme oriental soit issu des problèmes liés à la gestion de l’eau, même si l’une des tâches royales a été d’assurer la construction et la gestion des canaux. Les recherches en ce domaine ne sont pas terminées et l’on peut se demander si l’aménagement régional de Mari, dont la réalisation a certainement exigé de très gros moyens en hommes et en temps, a pu se faire sans un pouvoir coercitif, s’appuyant sur l’idée de l’État et de ses besoins.

Civilisation et art

Gudea, prince de Lagash, statue dédiée au dieu Ningishzida, v. 2120 av. J.-C, musée du Louvre On doit notamment aux Sumériens (et à leurs successeurs Akkadiens) :
-la fondation des premières cités-États (Ur, Lagash, Uruk, Umma, etc.) ;
-le travail du cuivre ;
-l'utilisation de la brique dans la construction d'habitations ;
-la première architecture religieuse connue (temples puis ziggourats) ;
-le développement de la statuaire ;
-la glyptique (art de graver sur des pierres fines) ;
-l'écriture, d'abord pictographique, puis cunéiforme ;
-les mathématiques et l'écriture des nombres en système sexagésimal : numération sumérienne.
-les premières formes d'esclavage.
-le commerce et la notion d'argent.

Religion

La religion sumérienne a influencé l'ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans. Elle est une composante très importante de la vie, privée comme publique, des Sumériens et donne naissance à des représentations artistiques comme à des œuvres littéraires. Dans la conception sumérienne, le souverain n'est que le dépositaire de la divinité : sa fonction est sacerdotale aussi bien que politique. La religion sumérienne est caractérisée par son polythéisme et son syncrétisme. Son panthéon compte une grande variété de dieux, structurée en une hiérarchie stricte, calquée sur la société humaine. Au sommet se trouve la triade cosmique constituée de :
- An (« dieu-ciel »), maître du ciel, roi des dieux, et sa parèdre Antum ;
- Enlil (« seigneur-air »), maître de la terre, démiurge, dieu protecteur de Nippur, et sa parèdre Ninlil ;
- Enki (« seigneur-terre » ?), Ea pour les Sémites, maître des eaux douces, dont la ville sainte est Eridu. Sous cette triade se trouvent les divinités astrales comme le dieu-lune Nanna (Sîn en akkadien) et le dieu-soleil Utu (Shamash en akkadien) ; puis les dieux infernaux et les dieux guerriers ; puis les dieux de la nature et les dieux guérisseurs ; puis les dieux d'instruments (pioche, moule à briques, etc.) et enfin les esprits et autres démons.

Voir aussi

Bibliographie

- J. Bauer, R. K. Englund, M. Krebernik, Mesopotamien, Späturuk-Zeit und frühdynastische Zeit, OBO 160/1, 1999 ;
- W. Sallaberger, A. Westhenholz, Mesopotamien, Akkade-Zeit und Ur III-Zeit, OBO 160/3, 1999 ;
- J.-L. Huot, Les Sumériens, entre le Tigre et l'Euphrate, Armand Colin, coll. « U », 1996 ;
- S. N. Kramer, L'histoire commence à Sumer, Flammarion, coll. « Champs », 1993 (1 édition 1957) ;
- E. Sollberger et J.-R. Kupper, Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, Paris, 1971.
- F. Gange "Les Dieux Menteurs, Notre mémoire ensevelie : l'humanité aux temps de la Déesse" deuxième partie du livre Sumer ou le monde du divin féminin. L'épopée de Gilgamesh, première saga de fondation patriarcale. Edition Renaissance du livre ===
Sujets connexes
Akkadien   Brique (matériau)   Civilisation   Commerce   Cuivre   Cunéiforme   Dieux   Déluge   Enfer   Enki   Enlil   Eridu   Esclavage   Gilgamesh   Glyptique   Golfe Persique   Gudea   Irak   Karl August Wittvogel   Lagash   Mari (site archéologique)   Moyen-Orient   Musée du Louvre   Mésopotamie   Ningishzida   Nippur   Numération sumérienne   Parèdre   Polythéisme   Préhistoire   Samuel Noah Kramer   Shamash   Syncrétisme   Système sexagésimal   Sémites   Sîn   Temple   Tour de Babel   Umma (Sumer)   Ur (Mésopotamie)   Uruk   Ziggourat  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^