Histoire de la méthode

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Cet article a pour but de regrouper en une seule présentation les différentes méthodes qui ne concernent pas (seulement) la philosophie mais (aussi et surtout) l'organisation et la production. La présentation en est faite d'un point de vue historique, en indiquant les grandes étapes et en renvoyant aux articles des philosophes les plus importants de ce point de vue - la philosophie étant liée aux recherches méthodologiques, puisqu'elle s'efforce de produire un discours cohérent sur le
Histoire de la méthode

Cet article a pour but de regrouper en une seule présentation les différentes méthodes qui ne concernent pas (seulement) la philosophie mais (aussi et surtout) l'organisation et la production. La présentation en est faite d'un point de vue historique, en indiquant les grandes étapes et en renvoyant aux articles des philosophes les plus importants de ce point de vue - la philosophie étant liée aux recherches méthodologiques, puisqu'elle s'efforce de produire un discours cohérent sur le monde et sur l'homme. Ses recherches sont variées : logique, rhétorique, métaphysique, éthique, méthode expérimentale, etc.
- Chronologie (points 1 à 5)
- Discussion hors chronologie sur l'intérêt de la méthode cartésienne (points 6 et 7) ', par William Blake, conservé au British Museum

Les origines

On attribue aux philosophes Présocratiques des découvertes mathématiques et astronomiques qui supposent les opérations logiques de l'induction et de la déduction. Ainsi, quand Thalès, dans le domaine de la physique, énonce que « tout est eau », cela implique un effort de généralisation à partir de faits observés, généralisation que l'on nomme induction. Mais il est difficile de répondre à la question de savoir si ces philosophes avaient consciemment élaboré une telle méthode, car nos sources sur ce sujet sont peu crédibles.

La Grèce antique

Parménide : étude de l'être en tant qu'être

Le philosophe Parménide (fin du VIe siècle au milieu du Ve siècle avant J.-C.) : on peut expliquer la naissance de la dialectique par la pensée de l'être de Parménide, exprimée dans les fragments du poème De la Nature (Peri phusis). La thèse soutenue par Parménide est que l'être est, que le non-être n'est pas, ce qui peut être considéré comme une formulation métaphysique du principe de contradiction, établissant la possibilité d'une discussion logique ou d'un raisonnement de forme discursive (voyez l'interprétation d'Aristote au livre gamma de la Métaphysique (Aristote)). Son élève Zénon d'Élée est pour nous, autant que nous pouvons le savoir, le véritable fondateur de la dialectique, qui est une forme de dialogue par questions et réponses. En tant que recherche de la vérité, ces méthodes sont ontologiquement dirigées. La thèse de Parménide a pour conséquence que l'on ne saurait rien affirmer du devenir. En termes de logique (formulation développée plus tard par les philosophes Mégariques), on ne peut prédiquer d'un sujet que ce qu'il est, ce qui entraîne l'impossibilité d'énoncer autre chose que des tautologies. Ce piège logique de la dialectique sera un vrai dilemme pour les philosophes ultérieurs qui auront bien du mal à le résoudre (voir plus loin, Platon).

Zénon : développement de la dialectique

Zénon d'Élée, d'après certains dialogues de Platon (voir le Parménide), se serait attaché à défendre la thèse de son maître en développant, à l'intérieur des règles dialectiques, une méthode de réfutation par examen de toutes les hypothèses qui découlent d'un énoncé.

Platon

Pensant que le monde est connaissable et que la connaissance ne saurait n'aboutir qu'à des tautologies, comme le pense Zénon d'Élée, Platon affirme que les idées des choses sont liées les unes aux autres. La dialectique consiste alors à connaître ces liens. Tout idée pouvant être divisée en deux sans perdre de son exhaustivité (parmi les animaux, certains sont raisonnables, d'autres non ; parmi ces premiers, certains sont masculins, d'autres féminins ; etc.), la pensée doit organiser ses idées par dichotomie.

Apogée de la philosophie grecque : Aristote

Aristote était disciple de Platon. Ses apports conceptuels furent considérables dans tous les domaines de la philosophie. En éthique : Dans l'éthique à Nicomaque, Aristote introduit la notion de cause, au sens de raison pour exécuter une action. Aristote est l'auteur de quatorze livres intitulés ultérieurement métaphysique (Aristote), c'est-à-dire après la physique (ie après les livres sur la physique). Cette appellation ne fut introduite qu'au par l'école dite scolastique. Les apports d'Aristote sont également considérables dans d'autres domaines : la politique, les traités sur la nature.

La méthode expérimentale dans l'Antiquité grecque

- Epicure
- Le scepticisme

La période médiévale

Période carolingienne

Platon était connu des lettrés de cette époque. Voir : Charlemagne, Alcuin. Cette époque vit la naissance des arts libéraux, constitués de trois disciplines littéraires, le trivium, et de quatre disciplines scientifiques, le quadrivium. Le trivium était composé de la grammaire, de la rhétorique, et de la dialectique.

IXe au XIIe siècle

Contrairement à une idée répandue, le tournant de l'An mil ne fut pas nul sur le plan de la méthode. Il faut noter que le développement de la pensée en occident fut sévèrement compromis par les invasions viking, sarrazine, et hongroise, qui désorganisèrent les monastères où étaient enseignés à cette époque les arts libéraux jusque vers 920-950 environ. Le moine Gerbert d'Aurillac introduisit depuis le monde arabo-musulman qui s'étendait juqu'en Espagne, les premiers éléments de la philosophie d'Aristote, encore inconnus à cette époque en occident. Il restaura la dialectique, une des trois sciences du trivium, et le quadrivium (algèbre, géométrie, astronomie, musique). Ce fut à cette époque que les chiffres arabes furent introduits en occident. Gerbert d'Aurillac fut appelé dans l'école de Reims pour diffuser ces connaissances. Trop en avance sur son temps, il ne fut pas toujours compris : malgré son excommunication, il devint pape sous le nom de Sylvestre II (le pape de l'An mil) ! Gerbert d'Aurillac avait une vision très claire, pour son époque, de la classification de la philosophie. Le moine Birthferth développa les sciences du comput. Ainsi la dialectique, méthode par questions réponses, fut réintroduite à cette époque en occident. Elle fut très largement utilisée dans les siècles suivants dans les écoles urbaines, puis dans les universités.

XIIIe siècle

L'assimilation des concepts de la philosophie d'Aristote arriva à maturité à cette époque. La philosophie fut structurée par l'école scolastique en plusieurs branches : la logique, la métaphysique, et l'éthique. La métaphysique était divisée en deux branches : La métaphysique générale, étude des transcendentiae (qui deviendra ultérieurement l'ontologie), La métaphysique spéciale, ou théologie. Thomas d'Aquin Roger Bacon (vers 1260) fut cependant assez critique sur les aspects purements scientifiques et sur la méthode expérimentale. John Duns Scot (vers 1266 - 1308) John Duns Scot, théologien et philosophe écossais, fut le fondateur de l'école scolastique.

La période moderne

Le XVIIe siècle

Ce siècle fut un siècle d'intense spéculation philosophique, donc très riche sur la plan de la méthode. Les développements méthodologiques s'appliquèrent plus particulièrement dans le domaine scientifique, en raison des découvertes dans les sciences physiques et en médecine. Ils eurent des répercussions considérables en philosophie.
-
Francis Bacon (1561-1626).
-
Galilée''' ne fut pas à proprement parler l'inventeur d'une méthode. Cependant, ses apports scientifiques ont bouleversé la représentation du monde à son époque : la fameuse théorie de l'héliocentrisme.
- Descartes, philosophe du scepticisme, décida, après sa carrière de scientifique, de mettre en forme des méthodes, d'abord sur le plan strictement scientifique, dans le fameux Discours de la méthode (1637), premier livre scientifique écrit en français. Ce livre eut une large diffusion. Dans les méditations métaphysiques (1641), Descartes alla plus loin que le simple doute scientifique : il introduisit un doute général, que l'on peut qualifier d'hyperbolique, qui s'étendit à la philosophie. Le cogito, être pensant, est une sorte de principe premier, qui remplace la cause première de la philosophie classique de son époque. Dans les principes de la philosophie (1644), Descartes bouleverse la classification antérieure de la philosophie : il affirme que la philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc la physique, et les branches, la mécanique, la médecine et la morale. Cette classification mélange en fait des branches de la philosophie, et des branches des sciences. Descartes n'a pas fait l'unanimité à son époque, chez les philosophes comme chez les scientifiques :
- Blaise Pascal récusait la vision très analytique de Descartes.
- Spinoza formula des thèses dans le domaine de l'éthique, mais aussi sur la perception, non seulement par la raison, mais aussi par l'expérience et l'intuition. Il s'est distingué de Descartes sur ce point.
- Thomas Hobbes, philosophe de l'empirisme, voyait la méthode sur le plan de l'expérience. Il n'était pas en phase avec Descartes sur sa conception du
- John Locke (1632-1704) créa les principes de la philosophie politique moderne, avec la division des pouvoirs entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Il fondait sa philosophie sur la loi de nature : law of nature fut son premier ouvrage philosophique.
- Isaac Newton - difficile de terminer ce panorama du 17° siècle sans citer le fondateur de père de la mécanique moderne, qui fait, comme chacun sait, une large part à la méthode

Le XVIIIe siècle

Hume (1711-1776), philosophe de l'empirisme, développa les idées et les méthodes de Thomas Hobbes. Kant développa la méthode transcendentale.

La période contemporaine

Le XIXe siècle

Au se développèrent les idéologies matérialistes. Ces idéologies eurent toutes pour caractéristique d'ignorer la métaphysique. Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon voyait les échanges entre êtres humains à travers des réseaux physiques : d'où la philosophie des réseaux, adoptée, selon Pierre Musso, par de nombreux polytechniciens de l'école saint-simonienne. Cette philosophie ne permet pas d'imaginer comment des relations peuvent s'établir entre êtres humains par des échanges verbaux ou écrits, qui impliquent la conscience. Auguste Comte considérait que la connaissance découlait de l'étude expérimentale des phénomènes et de leur formulation par des règles mathématiques. Dans sa loi des trois états, il voyait le monde évoluer vers un état positif où tout était régi par de telles règles. La division des connaissances imaginée par Auguste Comte plaçait la sociologie, science nouvelle, à la base de toutes les connaissances. Cette philosophie ne permet pas d'imaginer des relations de cause à effet dans un sens historique. La causalité devient un simple déclencheur de phénomènes physiques, sans qu'il y ait d'éthique ni de conscience sous-jacente. D'autre part, Auguste Comte n'avait aucune référence dans la philosophie antique. Sa référence la plus ancienne était Roger Bacon, qu'il voyait surtout comme celui qui critiquait les méthodes de la scolastique en France, sur ses manques par rapport à l'expérimentation. Cette position très contingente l'a peut-être empêché de voir qu'en Écosse, il y avait des gens qui avaient travaillé les questions de méthode en rapport avec l'expérimentation, comme John Duns Scot (franciscain), dans le cadre de la scolastique dite scotiste, peu de temps après Thomas d'Aquin, et presque simultanément à Roger Bacon (également franciscain). Ce parti pris antiscolastique de Comte apparaîtrait sans doute encore plus contingent si l'on regardait l'ensemble des philosophes du Moyen Age. Les philosophes anglais ont aussi critiqué les manques de Descartes sur la méthode expérimentale... Les fondements philosophiques d'Auguste Comte ne paraîssent pas très assurés. D'autre part, il faut voir ce qu'écrit Raquel Capurro sur la vie d'Auguste Comte et les développements de sa philosophie à la fin de sa vie pour s'en faire une idée complète. Cette philosophie paraît dépassée par rapport aux enjeux actuels.

Le XXe siècle

Sartre développa la méthode progressive-régressive (dialectique). A partir des années 1970 apparaissent de nouvelles préoccupations sur les sciences du vivant : biologie, écologie... Ces développements ont des implications dans tous les domaines de la philosophie, non seulement la théorie de la connaissance, mais aussi la métaphysique et l'éthique. Le philosophe métaphysicien Peter Strawson, professeur à Oxford, est le fondateur de la métaphysique descriptive, qui cherche à étudier les conséquences de la métaphysique moderne sur le comportement au quotidien : langage, sémantique, ... La métaphysique descriptive est à l'origine du développement des sciences cognitives.

Objections sur la méthode cartésienne

- Elle conduit à rejeter toute proposition qui n'est pas certaine, donc à rejeter le probable,
- Elle conduit à ne pas tenir compte des points de vue d'autrui,
- Peut-on se fier à une philosophie qui a été établie parce qu'à cette époque la science contredisait la représentation du monde communément adoptée, et que cette représentation a changé depuis ? La psychanalyse moderne nous enseigne que cette philosophie place l'individu dans une position de sujet à objet, alors que nous aurions besoin de relations de sujet à sujet pour débattre des questions contemporaines.

Prosélytisme cartésien

Bien que les discussions relatives à l'attrait ou bien au rejet de l'esprit de méthode me paraient également hors sujet dans une chronologie sur l'histroie de la méthode, la neutralité de point de vue la plus élémentaire appelait une symétrie en réponse aux critiques dua pragraphe "objections" sur la méthode cartésienne ==
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