Allobroges

Infos
Peuple gaulois, les Allobroges étaient des Celtes et parlaient originellement la langue celte dont le patois a gardé quelques mots. C'était un peuple de fiers et rudes guerriers, regroupant de nombreuses tribus, qui devinrent sédentaires et s'adonnèrent à l'agriculture. Le nom Allobroge viendrait des racines allo (autre) et brog (pays), soit le peuple venu d'autres pays. Courageux combattants, ces peuples celtes se seraient installés dans les
Allobroges

Peuple gaulois, les Allobroges étaient des Celtes et parlaient originellement la langue celte dont le patois a gardé quelques mots. C'était un peuple de fiers et rudes guerriers, regroupant de nombreuses tribus, qui devinrent sédentaires et s'adonnèrent à l'agriculture. Le nom Allobroge viendrait des racines allo (autre) et brog (pays), soit le peuple venu d'autres pays. Courageux combattants, ces peuples celtes se seraient installés dans les Alpes du Nord au début du . Les Grecs les appelleront "Allobriges".

Allobroges et Allobrogie

Le territoire des Allobroges s'étendait sur la plus grande partie des pays de Savoie (la "Sapaudia" ou "pays des sapins") et au nord de l'Isère. Mais, à l'est, dans les montagnes, des peuples indépendants, les Ceutrons, occupaient la Tarentaise (vallée de l'Isère) et la haute vallée de l'Arve et les Médulles occupaient la vallée de l'Arc. L' habituellement considérée par les historiens comme habitée par un peuple homogène est, en réalité constituée de nombreux territoires séparés par des frontières indiquées par des toponymes gaulois qui existent encore aujourd'hui. Les Allobroges, comme bien d'autres peuples gaulois, sont, eux aussi, une "confédération". De fait, les Romains donnèrent, par commodité ou ignorance, le nom d' Allobroges à l'ensemble des peuples gaulois vivant dans la civitate (cité) de Vienne, à l'ouest et au sud de la Sapaudia. Ces peuplades étaient en fait un mélange de diverses tribus dont les plus importantes étaient les Ambarres cousins des Éduens, les Cavares et les Voconces cousins des Allobroges. Ces pseudo-Allobroges adoptèrent Vienne comme capitale et se fédérèrent. L'ensemble de l'Allobrogie est donc usuellement définie comme le territoire correspondant en grande partie aux actuels départements des deux Savoie, de l'Isère et du canton de Genève. Les Allobroges étaient réputés être de bons guerriers, dont certains furent des mercenaires pendant des siècles — les Gésates, bien connus en Gaule cisalpine où ils vinrent aider les Gaulois à résister aux Romains. Ils combattirent nus (Polybe, II, 6) à la bataille de Télamon qui marqua la fin de la Gaule cisalpine. Après la conquête de l'Allobrogie par les Romains en 121 av. J.-C., les Allobroges n'acceptèrent pas la présence de l'envahisseur romain et surtout leurs impôts ; ils menèrent plusieurs révoltes (-77, -61, -43).

Les Allobroges vus par les Romains

Tite-Live rapporte que les habitations, dans les montagnes, étaient informes, placées sur les rochers - La tour du châtelard au dessus de Bourg-Saint-Maurice sur la route du col du Petit-Saint-Bernard Divers témoignages décrivent les Allobroges comme un des peuples parmi les plus riches et les plus puissants de la Gaule, avec une population nombreuse. Ils labouraient avec une charrue grossière et cultivaient un froment réputé, mais aussi le seigle et la vigne. Ils pratiquaient l'élevage et fabriquaient du fromage, exploitaient leurs vastes forêts, et extrayaient des minerais. Ils contrôlaient une partie de la vallée du Rhône (Viennois) et se trouvaient au débouché de toutes les voies qui traversaient les Alpes, dont des voies internationales, sur lesquelles ils pratiquaient le péage. Vers l'an -150 ou -130, l'historien grec Polybe évoque le premier les Allobroges, à l'occasion du récit du passage des Alpes par l'armée du général Hannibal en -218, lorsqu'ils tentèrent en vain de lui barrer le passage. Tite-Live rapporte que les habitations, dans les montagnes, étaient informes, placées sur les rochers, que les mulets et le bétail étaient engourdis par le froid et que les hommes étaient velus et sans soin. Il fait, peut être là, référence à la haute vallée de la Maurienne ou de la Tarentaise. Pline et Strabon évoquent les marmottes, lièvres, chevreuils, cerfs, chamois, bouquetins et chevaux sauvages. Pline rapporte aussi que le blé de trois mois est connu dans toutes les Alpes, et que le fromage « vatusique » des Ceutrons est célèbre à Rome, que les vaches, malgré leur petite taille, donnent beaucoup de lait et que les bœufs sont attelés par la tête et non par le cou. (Aimé Bocquet, La Savoie des origines à l'an mil).

La conquête romaine

Les Allobroges furent longtemps des rebelles à l'autorité romaine et la conquête du territoire des Allobroges par les Romains se fit en plusieurs étapes entre -122 et -60 avant J.-C. :
- Au , les Romains ayant conquis une partie de la Gaule, au nord de Marseille, commencèrent à remonter le long de la vallée de Rhône, pour y étendre leur conquête. Les Allobroges se sentant menacés s'allièrent aux Arvernes (Gaulois de l'Auvergne) et à d'autres tribus gauloises pour arrêter les Romains. Mais les troupes gauloises furent battus à Vindalium, près de la Durance, où le général romain Gnaeus Domitius Ahenobarbus les effraya avec une troupe d'éléphants chargés d'hommes armés et les mit en déroute en l'an -122 avant J.-C.)
- En -121, les Allobroges se levèrent de nouveau en masse et livrèrent au confluent du Rhône et de l'Isère, une rude bataille contre le consul Fabius Maximus, qui prendra le surnom de « l'Allobrogique » : près de cent vingt mille combattants (?) Allobroges restèrent sur le terrain. Cette victoire ouvrit aux Romains la conquête du pays des Allobroges, et son incorporation à la province romaine de la Narbonnaise.
- Mais les Romains écrasent le pays de lourds impôts. En -69, une délégation des Allobroges se rend à Rome pour se plaindre du gouverneur Fonteius, défendu par Cicéron. En -63, une délégation va de nouveau se plaindre à Rome. Elle manque d'être impliquée dans la conjuration de Catilina, mais dénonce les conjurés au Sénat romain.
- En -62, les Allobroges se révoltent dans l'avant-pays viennois et avec à leur tête le chef Catugnatos (du gaulois catu, combat) reprennent les armes. Il mena ses troupes contre Narbo et Massalia (Narbonne et Marseille) dans le but de les piller. S'opposant aux légions de Manlius Lentinus, il leur tendit un piège sur l'Isère et les écrasa, mais il fut à son tour battu en -60 en un lieu nommé "Solo" proche de Ventia. Il faudrait probablement interpréter ces lieux comme étant l'oppidum du Malpas à Soyons (07) situé en face Valence (Ventia/Valentia). L'Allobrogie fut donc conquise longtemps avant le reste de la Gaule qui ne devint romaine qu'en -50 avant J.-C. Devenus Viennois à l'époque romaine, les Allobroges se dotèrent d'une capitale, Vienne, qui fut une des villes les plus fastueuses de l'Occident romain, dont le territoire était émaillé de grands domaines ruraux où purent prospérer des agglomérations commerçantes et industrieuses comme Boutae (Annecy), Aoste ou Genua (Genève). Sous l'influence de la civilisation romaine, la langue celtique disparut peu à peu et fut remplacée par le latin populaire que parlaient les marchands et les soldats romains. C'est de là qu'est venu le patois savoyard comme le provençal auquel il se rattache linguistiquement. Cependant, les peuples indépendants des montagnes, restèrent longtemps des rebelles permanents à l'autorité romaine, Atrox coelum, perinde ingenium, leur caractère est aussi terrible que leur climat. Lorsque en -58 le général Romain Jules César passa les Alpes par le col du Petit Saint-Bernard pour aller refouler dans leurs montagnes les Helvètes, peuple celte habitant alors une partie de la Suisse romande actuelle, qui menaçait la Gaule romaine d'une invasion, les Allobroges lui laissèrent traverser leur pays, mais ils aidèrent le peuple des Helvètes et les ravitaillèrent lorsque Jules César les affama pour les conquérir. Ils furent conquis seulement par une campagne difficile d'Auguste (16 à 12 av. J.-C.)qui inscrivit les noms de ces peuples alpins sur le Trophée de la Turbie et l'arc de Suse.

L'Allobrogie romaine

La Gaule après la conquête de Jules César prit le nom de Gaule transalpine et l'Allobrogie devint une partie de la province romaine de Vienne. De riches familles patriciennes romaines vinrent s'établir dans ce nouveau territoire romain et le pays se couvrit de villas couvertes en tuiles, de camps romains, de temples aux colonnes de marbre, de routes pavées sillonnées par les chars, de ponts de pierre, de monuments. De nouvelles villes prirent leur essor comme Boutae (Annecy), et Aquae grationae (Aix-les-Bains) ou Romilia (Rumilly). Vers la fin de l'empire romain, au , le vieux pays des Allobroges, commença à s'appeler Sapaudia (pays des sapins), d'où ont dérivé les noms de Sabaudia, puis Savogia, Savoye, puis enfin Savoie. Au , la province de Vienne et la Sapaudia subit, comme le reste de la Gaule, la pression puis l'invasion des grandes tribus Barbares, en commençant par les Burgondes.

La culture des Allobroges

La redécouverte de la culture des Allobroges remonte en 1818 lors de la première fouille d'une tombe gauloise trouvée en Savoie. Même après la conquête romaine, les Allobroges ont continué à cultiver leur particularités - modes de vie adaptés à la montagne, croyances, cérémonials religieux, organisation sociale hiérarchisée, artisanat — tout en s'adaptant aux coutumes des conquérants romains, montrant une intelligence et des talents artistiques affirmés, que l'on retrouve dans les divers objets découverts : statues et statuettes, maquettes, outils et bijoux. Parmi les pièces et constructions remarquables :
- des statuettes de type "étrusques" (second âge du fer) trouvées à Menthon-Saint-Bernard ;
- une statue en bois d'un guerrier "héroïsé" (100-50 av. J.-C.) trouvée sur les bords du lac Léman ;
- des bijoux (bracelets, fibules et colliers) trouvés dans une tombe à Corsier (Suisse) ;
- un vase en céramique en forme de lapin (I siècle) trouvé dans une tombe à Voiron ;
- l'aqueduc d'Albens (I siècle) ;
- les thermes de Boutae (Annecy) (I siècle) et ses entrepôts dont un de 2 000 m² ;
- le sanctuaire de Châteauneuf-les-Boissons (I siècle).
- En 2005, lors des travaux préparatoires au chantier de la future autoroute A 41, a été découvert au pied du Mont Sion un site gallo-romain composé de dix temples et d'une enceinte sacrée.

Voir aussi

- Les Allobroges , chant de liberté, est l'hymne de la Savoie.
- La Voix des Allobroges, journal savoyard fondé en 2005. Catégorie:Peuple gaulois Catégorie:Histoire de la Haute-Savoie Catégorie:Histoire de Savoie als:Allobroger ca:Al·lòbriges de:Allobroger en:Allobroges fi:Allobrogit hu:Allobroxok it:Allobrogi lad:Allobroges nl:Allobroges ru:Аллоброги
Sujets connexes
Aix-les-Bains   Albens   Allobroges   Alpes   Ambarres   Annecy   Arvernes   Bouquetin   Bourg-Saint-Maurice   Burgondes   Cavares   Celtes   Cerf élaphe   Ceutrons   Chamois   Chevreuil   Cicéron   Col du Petit-Saint-Bernard   Conjuration de Catilina   Consul   Corsier   Duché de Savoie   Durance   Fibule   Gaule   Hannibal Barca   Helvètes   Isère (rivière)   Jules César   La Voix des Allobroges   Lac Léman   Les Allobroges   Lièvre   Marmotte   Marseille   Maurienne   Menthon-Saint-Bernard   Médulles   Narbonne   Oryctolagus cuniculus   Peuples gaulois   Pline l'Ancien   Polybe (historien)   Rhône   Rome   Rumilly (Haute-Savoie)   Strabon   Suisse   Sénat romain   Tite-Live   Vache   Vallée de l'Arve   Vallée de la Tarentaise   Vallée du Rhône   Vienne (Isère)   Voconces   Voiron  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^