Avion ravitailleur

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KC-135 Stratotanker ravitaillant un F-16 à l'aide d'une perche rigide Un avion ravitailleur est un avion utilisé pour le réapprovisionnement en vol en carburant d'autres avions ou d'hélicoptères.
Avion ravitailleur

KC-135 Stratotanker ravitaillant un F-16 à l'aide d'une perche rigide Un avion ravitailleur est un avion utilisé pour le réapprovisionnement en vol en carburant d'autres avions ou d'hélicoptères.

Origine

1923, premiers essais Le ravitaillement permet d'augmenter l'autonomie des avions, et est particulièrement utile pour les petits avions comme les chasseurs : en effet, pour de simple raisons géométriques, un petit avion est plus pénalisé par le poids de sa structure et par l'aérodynamique, et ne peut donc pas avoir la même autonomie qu'un avion de grande taille.

Historique

Le premier ravitaillement en vol de l'Histoire à commancé par la témérité de quelques cascadeurs lorsque le 21 novembre 1921, au-dessus des côtes de la Californie, un homme passe d'un biplan à un autre avec un bidon de 20 litres de carburant et va verser son contenu dans le réservoir de l'avion qui l'acceuille. Dans les années 1920, les premiers essais de ravitaillement d'avion à avion ont lieu, cependant il s'agissait plus d'un exercice "sportif" destiné à établir des records que d'une procédure opérationnelle. L'exercice consistait à lancer un tuyau que le pilote de l'avion à ravitailler introduisait lui même dans l'ouverture de ravitaillement normale de son avion. Il s'agissait donc d'une manœuvre relativement dangereuse. En 1923, un biplan DH-4B britannique vola pendant 37 heures d'affilée grâce à plusieurs répétitions de cette opération. En 1935, les frères Key inventent un procédé plus sûr, ancêtre des systèmes actuel. Le ravitaillement au vol était au point en 1940, mais curieusement, aucun des belligérants ne s'en est servi. Pourtant, il aurait permis de résoudre l'un des plus gros problèmes des forces alliées : l'absence de chasseurs disposant d'une allonge suffisante pour escorter les bombardiers stratégiques dans leurs missions. Une autre solution à ce problème fut envisagée à la fin de la guerre, sous la forme de chasseurs "parasite", comme le XF-85 Goblin emportés par un bombardier B-36 qui fut testé en vol en 1948. Mais à ce moment, les décideurs militaires songèrent enfin au ravitaillement en vol comme solution beaucoup plus sûre. Ravitaillement d'un Fairchild A-10 Thunderbolt II par un KC-135 de l'US Air Force

Exemples historiques

En 1949, plusieurs ravitaillements en vols permirent à un Boeing B-50 Superfortress d'effectuer le premier tour du monde en vol continu d'un avion. À cette époque, le ravitaillement en vol est accepté par les États-Majors comme une solution vitale, dans le contexte de la guerre froide, pour les bombardiers stratégiques. En juin 1967, deux hélicoptères HH-3E Jolly Green Giant de l'US Air Force ont traversé l'Altantique de New York à Paris sans escale. Pour celà, 9 ravitaillements en vol à partir de C-130 Hercules ont eu lieu a des altitudes comprises entre 500 et 3000 pieds. Le voyage a tout de même duré plus de 30 heures. Le plus impressionnant scénario de ravitaillement en vol fut sans doute celui des chasseurs-bombardiers anglais pendant le conflit des Malouines. Ne disposant pas de base entre l'Angleterre et les îles Malouines, ils franchissaient la totalité de la distance en se ravitalliant deux fois en cours auprès de ravitailleurs qui tournaient sur les zones de ravitaillement au milieu de l'Océan Atlantique.

Le ravitaillement aujourd'hui

Le ravitaillement en vol est une nécessité pour les vols très longs liés à certaines missions :
- l'augmentation du rayon d'action, par exemple pour permettre :
- à des avions de chasse de rejoindre un théâtre d'opération à grande distance
- à des bombardiers stratégiques d'atteindre leur cible.
- le maintien en vol de certains avions au dessus de territoires hostiles (patrouille ou missions d'intelligence électronique par exemple).
- le convoyage d'un continent à l'autre.

Techniques du ravitaillement

Deux systèmes concurrents existent pour l'avion ravitailleur, qui possède :
- une perche rigide rétractable commandée par un opérateur (boom and receptacle) venant s'encastrer dans un raccord femelle de l'appareil ravitaillé. Ce système est en vigueur dans l'armée de l'air américaine.
- un ou plusieurs tuyaux souples (enroulés dans une nacelle au repos) terminés par une sorte d'entonnoir stabilisé aérodynamiquement dans lequel l'avion ravitaillé vient placer sa propre perche de ravitaillement escamotable. Ce système (appelé tuyau et panier ou probe and drogue) est utilisé entre autres par l'Armée de l'Air française. Les hélicoptères peuvent également être ravitaillés en vol, certains modèles disposent à cet effet d'une longue perche située au bas du fuselage et allant suffisamment loin devant l'appareil pour éviter que les pales du rotor principal n'interfèrent avec la tuyauterie du ravitailleur. A-6 Intruder ravitaillant 2 Super Etendard à l'aide d'un tuyau souple

Taille et type d'avions ravitailleurs

Le ravitailleur reste un avion des "arrières", auquel on ne demande pas de savoir opérer sur des terrains rustiques. Ils peuvent donc être dérivés d'avions de lignes civils, c'est la grande majorité des ravitailleurs moyens ou lourds. Les avions ravitailleurs peuvent être de taille très différentes :
- gros-porteurs, cas le plus courant, puisqu'ils doivent pouvoir emporter un grand volume de carburant sur une grande distance, et dérivés :
- d'avions civils (Boeing 707 ou 767 ou Airbus A310 ou A330-200)
- de bombardiers ou d'avions de transport militaires.
- avions plus légers, de type chasseur-bombardier en général, équipés de réservoirs supplémentaires et d'un système de ravitaillement. Cette dernière possibilité est en fait la seule solution pour les avions embarqués à bord de porte-avions et opérant en pleine mer, hors de portés des ravitailleurs basés à terre. Des exemples de ce type sont le Grumman A-6 Intruder (dont une version spécialisée dans ce rôle a été construite, mais dont la version de base est déjà capable) ou le F-18 Super Hornet. On parle de buddy refuelling quand l'avion ravitailleur et l'avion ravitaillé sont de même type.

Exemples

Avions ravitailleurs répartis par types

Avions ravitailleurs répartis par pays utilisateur

Voici quelques appareils utilisés ou en projet : Aux États-Unis :
-KC-135 Stratotanker, un avion ancien de taille moyenne proche du Boeing 707 civil.
-KC-10A, dérivé du Douglas DC-10 civil, de très grandes capacités.
-KC-17, aussi gros que le KC-10 et possédant la capacité d'opérer sur terrain rustique.
-Certaines versions du C-130 Hercules ont une capacité limitée de ravitaillement.
-Le KA-6D, version spécialisée du A-6 Intruder, est un ravitailleur léger embarqué sur les porte-avions de l'US Navy En France :
- 12 KC-135 achetés aux États-Unis
- Les C-160 Transall peuvent ravitailler, mais avec une capacité très limitée
- À terme un nouveau ravitailleur sur base d'Airbus A330, le A330 MRTT
- L'A400M aura une certaine capacité de ravitaillement En Russie
- Iliouchine 78 (dérivé de l'Iliouchine Il-76)
- Tupolev 16 En Allemagne
- Airbus A310 MRTT
- C-160 Transall Au Royaume-Uni
- Tristar
- VC-10
- L'Airbus A330 MRTT remplacera ces deux modèles Dans les autres pays :
- Nombre d'États utilisent des Boeing 707 d'origine civile, reconvertis pour ce rôle : Brésil, Iran, Israël, Venezuela, Australie, Afrique du Sud...
- Le Japon et l'Italie ont commandé des Boeing 767 spécialisés.
- L'Iran utilise des Boeing 747, achetés avant la révolution islamique. Ce sont les plus gros ravitailleurs du monde. Le 747 avait été envisagé comme ravitailleurs par les Américains, mais jugé trop gros.
- Les Pays-Bas disposent de deux DC-10 modifiés en ravitailleurs.

Le marché actuel

Boeing

Boeing s'appuie sur son importante expérience dans le domaine (le KC-135 est généralement considéré comme le ravitailleur le plus réussi jamais produit).
- Son principal produit actuel est une version du 767. Il s'agit d'un remplaçant honnête pour les KC-135 (qui ont plus de 40 ans) et, même si le contrat connait de nombreuses péripéties (annulé par le Congrès, car jugé bien trop favorable au constructeur), il finira sans doute par être adopté par l'US Air Force. Il a déjà été vendu au Japon et à l'Italie.
- Un ravitailleur basé sur 777 est envisagé comme solution alternative, beaucoup plus lourde.

Airbus

Airbus est parvenu récemment à s'imposer comme une alternative crédible. Son produit phare s'appelle le MRTT : MultiRole Tanker Transporter. Il s'agit d'une modification d'Airbus à large fuselage (A310 ou A330). L'avion se veut polyvalent : plutôt que d'acheter des ravitailleurs purs, qui servent très peu lorsqu'aucune opération militaire n'est en cours, la plupart des armées de l'air préfèrent des avions pouvant aussi servir au transport stratégique, aux voyages officiels, à l'évacuation sanitaire (rapatrier des blessés après un accident ou un attentat à l'étranger), etc. Le 767 possède une telle polyvalence, mais les Airbus ont l'avantage d'un fuselage plus large.
- L'Airbus A310 MRTT, réalisé à partir de cellules d'occasion, offre une solution bon marché, bien dimensionnée pour remplacer les 707 servant dans nombre de pays. Il a été vendu au Canada et à l'Allemagne.
- L'Airbus A330 MRTT est un avion plus grand, avec une capacité supérieure, mais beaucoup plus coûteux. Le Royaume-Uni, l'Arabie saoudite et l'Australie l'ont choisi. À terme, la France devrait en avoir une quinzaine.

Iliouchine

Iliouchine produit une version ravitailleurs de l'Il-76, le Il-78. Bien que la conception de la cellule soit ancienne, cet avion est maintenant disponible avec des moteurs modernes et a des performances honorables. L'Inde et la Chine en utilisent et ont récemment acquis de nouveaux exemplaires.

Une alternative : recycler et convertir des avions civils

Des pays pourraient choisir de ne s'adresser à aucun de ces constructeurs, et plutôt de faire transformer des avions de lignes d'occasion par de tierces compagnies. Bien des gros porteurs de première génération (Tristar, DC-10, A300, voire 747-100) sont maintenant retirés des lignes aériennes et disponibles sur le marché de l'occasion à bon prix. Des compagnies de sous-traitances aéronautiques peuvent les convertir en ravitailleurs. Les inconvénients de cette solution sont que les avions ont déjà beaucoup d'heures de vol, et ne serviront donc pas aussi longtemps, et qu'ils consomment plus de carburant que les nouveaux appareils. ==
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