Accord (musique)

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En musique, et plus précisément, en harmonie, un accord désigne une combinaison d'au moins trois notes simultanées, disposées, à l'état fondamental, sous la forme d'une superposition de tierces. On peut également définir l'accord comme la rencontre simultanée d'au moins deux intervalles harmoniques. :On veillera tout d'abord à ne pas confondre l'accord en tant que « simultanéité sonore », qui fait l'objet du présent article, avec l'accord d'un instrument de musi
Accord (musique)

En musique, et plus précisément, en harmonie, un accord désigne une combinaison d'au moins trois notes simultanées, disposées, à l'état fondamental, sous la forme d'une superposition de tierces. On peut également définir l'accord comme la rencontre simultanée d'au moins deux intervalles harmoniques. :On veillera tout d'abord à ne pas confondre l'accord en tant que « simultanéité sonore », qui fait l'objet du présent article, avec l'accord d'un instrument de musique, c'est-à-dire : soit, la liste des cordes à vide d'un instrument à cordes ; soit, la note de base d'un instrument à vent ; soit, le fait de rendre juste un instrument — accordage. :La notion d'accord fait nécessairement référence à la musique occidentale, et plus précisément, aux échelles diatonique et chromatique. Le terme ne pourra donc être utilisé pour désigner une simultanéité sonore étrangère à ces échelles — dans ce cas, et en fonction du contexte musical, il sera possible de parler de cluster, « d'hétérophonie », de « nébuleuse sonore », etc.

Généralités

Jusqu'à la Renaissance, l'accord n'existe pas en tant que tel, mais s'obtient de manière empirique par la superposition des lignes mélodiques, conformément au procédé d'écriture alors en usage, appelé contrepoint. L'accord en tant qu'entité particulière, ne sera véritablement employé qu'à partir du , et ne fera l'objet d'une théorisation qu'au cours du siècle suivant, au moment où se met en place l'harmonie classique — ou harmonie tonale.
- L'harmonie est la partie de la théorie musicale qui étudie les accords et en définit l'emploi dans la composition. Cette discipline apparaît au moment où la tierce s'impose dans la musique occidentale comme un intervalle consonant. Les possibilités de combinaison des sons sont en nombre infini : l'harmonie classique ne les analyse donc pas toutes, et se limite à un certain nombre — appelés accords classés — que l'usage a maintenues à cause de leurs qualités auditives ou de leur fonction tonale.
- D'après le « principe de l'équivalence des octaves », on considère qu'un accord ne change pas de nature si l'on redouble la note la plus basse (la plus grave) à une, ou plusieurs octaves inférieures, ou bien, si l'on redouble une note quelconque, à une ou plusieurs octaves supérieures. C'est la raison pour laquelle un accord exige bien « trois notes » différentes, et pas simplement « trois sons » différents. :Par exemple, les trois simultanéités suivantes, « do, mi, sol », « do, mi, la » et « do, fa, la », sont bien des accords, puisqu'elles contiennent chacune trois notes différentes. En revanche, la simultanéité « do, mi, do » ne constitue pas un accord parce que celle-ci ne contient que deux notes différentes, do et mi — dans ce cas, on pourra parler « d'accord incomplet ».

Préliminaire d'ordre acoustique

L'acoustique nous apprend qu'un son génère dans l'aigu un certain nombre de sons secondaires, appelés sons harmoniques, dont la fréquence est un multiple de celle du son générateur, ou son fondamental. Chaque son harmonique est désigné par un numéro, indiquant à la fois, l'ordre de génération — par exemple, le 2 harmonique est produit après le premier, mais avant le 3, etc. — et la multiplication de la fréquence du son générateur — par exemple, le 2 harmonique vibre « deux fois plus vite » que le 1, le 3, « trois fois plus vite », etc.
- Ainsi, pour le do N°1 : :Les dix premiers harmoniques d'un son
- Cette particularité acoustique peut être considérée comme un archétype — au moins en ce qui concerne les premiers harmoniques — dont de nombreux accords de l'harmonie classique sont dérivés. Les scientifiques ont constaté et mesuré ce phénomène bien après que les musiciens l'ont découvert de manière intuitive. Par exemple, dans son Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels, Jean-Philippe Rameau identifie déjà ces sons partiels résultant d'une basse fondamentale. Cette découverte va finalement permettre d'aboutir à une conception classique de la tonalité.

Superposition de tierces

Le principe de « superposition de tierces » a permis aux théoriciens des XVII et XVIII siècles — Rameau, entre autres — de justifier la construction des accords en ajoutant des tierces harmoniques les unes au-dessus des autres. La théorie de l’harmonie de Rameau (à la fois purement ma­thématique et prétendument naturaliste), servira à l’époque classique à Rameau qui tentait ainsi de coupler “harmonie universelle” et “harmonie de l’écriture”. Sa théorie reste numérique dans ses fonde­ments quand il restitue (concepts remis en cause depuis) l’harmonicité de l’accord en fonction des harmoniques inférieures et supérieures d’un fondamental. Elle lui permettait de rapporter l’ensemble des ac­cords potentiels à quelques uns possédant une structure commune et ainsi définis par leurs fonctions. Il redéfinissait par là même les cri­tères universels de toute la musique occidentale. Dans cet esprit, en 1722 Jean-Philippe Rameau par son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels et Johann Sebastian Bach dans le clavier bien tempéré don­neront l’un la méthode, l’autre la mise en pratique du système tempéré qui permettait d' installer la tonalité, nouvelle logique dans la construction musi­cale. :On notera que ce postulat ne correspond qu'approximativement aux réalités acoustiques des harmoniques d'un son — cf. ci-dessus. Ce caractère “naturel” des propositions de Rameau sur la ca­tégorisation des structures harmoniques sera remis en cause, mais bien plus tard, par les théories physiologistes du XXe siècle qui mettaient en avant les composantes inharmoniques d’un son plus aptes à en expliquer la richesse.
- Nous avons vu que pour être exacte, la définition traditionnelle « Un accord est une superposition d'au moins deux tierces » a été complétée ainsi « lorsque l'accord est à l'état fondamental» ; ce à quoi on pourrait rajouter : « en position serrée, sans doublure, ni suppression ».
- On peut dire également qu'un accord est « un ensemble d'au moins deux intervalles harmoniques depuis un son générateur, produisant une superposition de notes séparées par des tierces — toujours, sous réserve que cet accord soit sous sa forme élémentaire ».
- Les différentes notes appartenant à la superposition de tierces sont appelées notes réelles. La note réelle à partir de laquelle est construite cette superposition est appelée « fondamentale ». On nomme ensuite les autres notes réelles au moyen du nom de l'intervalle ascendant qui sépare cette note de la fondamentale, et ceci, même si cette fondamentale ne se trouve pas à la basse. :Par exemple, dans les accords « do, mi, sol », « do, mi, sol, do », « mi, sol, do », « mi, sol, do, sol », « sol, do, mi », « sol, do, mi, sol », etc., do est la fondamentale, mi, la tierce, et sol, la quinte. ::Nom des notes de l'accord

Basse

La basse d'un accord est sa note la plus grave. Ce peut être une note réelle, mais également, une note étrangère.
- Le rôle de la basse est de toute première importance en harmonie classique. C'est en effet le choix de cette note qui détermine l'état de l'accord.

Différentes familles d'accord

Chaque famille d'accord — ou classe d'accord — est identifiée, soit au moyen du nombre de notes contenues dans l'accord — « accord de trois notes », « accord de quatre notes », etc. —, soit au moyen du nom de la note — « quinte », « septième », etc. — correspondant au plus grand intervalle entre celle-ci et la fondamentale — « accord de quinte », « accord de septième », etc. —, lorsque l'accord est sous la forme d'une superposition de tierces.
- L'harmonie classique étudie essentiellement les trois grandes familles suivantes. :- Famille des accords de trois notes — ou accords de trois sons, accords de quinte, accords de puissance ou encore en anglais power chords —, dont les notes réelles — ou notes constitutives — sont la fondamentale, la tierce et la quinte (exemple, « do, mi, sol »). :- Famille des accords de quatre notes — ou accords de quatre sons, ou accords de septième —, dont les notes réelles sont celles d'un accord de trois notes, plus une septième (exemple, « do, mi, sol, sib »). :- Famille des accords de cinq notes — ou accords de cinq sons, ou accords de neuvième — dont les notes réelles sont celles d'un accord de quatre notes, plus une neuvième (exemple, « do, mi, sol, sib, ré »).
- Chaque famille se divise à son tour en plusieurs espèces, compte tenu de la valeur relative des intervalles superposés. Par exemple, selon l'étendue des intervalles considérés, on dénombre quatre espèces d'accord de trois notes, sept espèces d'accord de quatre notes, etc.
- Les accords de trois notes dont la quinte est juste — accords dits « parfaits » — sont habituellement considérés comme les seuls accords consonants, les autres formant ce qu'on appelle « l'harmonie dissonante naturelle ».
- Lorsqu'un ensemble de sons simultanés ne peut être analysé comme un accord classé — avec ou sans notes étrangères —, il convient de désigner celui-ci sous le vocable d'agrégat. L'étude des agrégats sort bien évidemment du cadre de l'harmonie tonale classique.
- L'harmonie classique ignore les familles d'accords de plus de cinq notes. Les accords dits de onzième tonique et de treizième tonique dont les appellations semblent suggérer des accords de six et sept notes sont respectivement des accord de quatre et cinq notes placés sur la tonique.

Notes étrangères aux accords

En harmonie classique, certaines notes, dites notes étrangères, peuvent s'ajouter ou se substituer aux notes réelles des accords classés. Celles-ci modifient la couleur de l'accord primitif en ajoutant des dissonances.
- Les principaux types de notes étrangères sont : le retard, l'appoggiature, la broderie, la note de passage, l'anticipation, l'échappée, la note altérée, la pédale et la note ajoutée.
- L'étude des notes étrangères est habituellement dénommée harmonie dissonante artificielle. Les trois grandes familles d'accords classés, lorsque ceux-ci sont employés sans notes étrangères, forment l'harmonie naturelle.

Accord au repos

Un accord au repos est un accord considéré comme une entité isolée, indépendamment de l'accord qui le précède et de celui qui lui succède.
- Un accord au repos est caractérisé par son état et par la disposition générale de ses notes. Il peut par ailleurs être chiffré.
- L'état d'un accord, qui est déterminé par la note placée à la basse, est sans doute l'aspect le plus important d'un accord au repos. On distingue principalement l'accord fondamental et l'accord renversé.
- Pour plus d'informations sur ces différentes notions, consulter les articles Disposition de l'accord, État de l'accord et Chiffrage des accords.

Accord enchaîné

Mais l'étude de l'harmonie ne se résume pas à un simple travail de classification, de nomenclature et de description des différentes espèces d'accords au repos. Elle consiste également à mettre ceux-ci en mouvement, c'est-à-dire, à les enchaîner les uns aux autres, conformément aux règles mélodiques et harmoniques. Un accord est donc dit en mouvement, ou encore enchaîné, lorsqu'il est considéré par rapport à l'accord précédent et à l'accord suivant.
- Pour plus d'information sur les usages en matière de progressions harmoniques, consulter les articles : Accord en mouvement, Modulation (musique), Cadence (musique), Fausse relation, Accord d'emprunt et Marche harmonique.

La notion d'accord depuis le vingtième siècle

Tout comme les autres arts, la musique du connaît un grand nombre de bouleversements et une remise en question des systèmes qui l'ont précédée. C'est ainsi que l'environnement tonal et les accords sont abandonnés par certains musiciens. Cependant, la musique tonale subsiste dans la musique savante, ainsi que dans la musique populaire.

Musique savante

Les compositeurs de musique savante qui utilisent encore le système tonal ne manquent pas d'ajouter de nouveaux accords à l'harmonie classique. On peut par exemple, citer :
- « l'accord de onzième », accord de six notes, équivalant à un accord de cinq notes plus une onzièmedo, mi, sol, si \flat, ré, fa \sharp ;
- « l'accord de douzième », accord de sept notes, équivalant à un accord de six notes plus une douzième ascendante qui sonne simultanément avec la quinte juste : cet accord préfigure la « gamme par tons entiers » — do, sol, si \flat, ré, mi, fa \sharp, sol \sharp ;
- « l'accord de treizième », accord de sept notes, équivalant à un accord de six notes plus une treizième ;
- ainsi que de nombreuses simultanéités sonores qui ne sont plus analysables selon les règles de l'harmonie classique — dans ce cas, on parle d'agrégat, plutôt que d'accord.

Musique populaire

Mais l'harmonie classique et le système tonal sont également maintenus dans le blues, le jazz, les genres musicaux dérivés ou apparentés, et surtout, dans les chansons et la musique populaire, qui bénéficient d'une très grande diffusion à travers le monde.
- Les accords ne sont plus considérés comme le « tissu harmonique » de l'architecture musicale, ainsi que c'était le cas au cours des siècles précédents, mais comme une simple partie d'accompagnement, attribuée à un instrument spécifique — piano, guitare, accordéon, orgue, etc. —, au même titre que les autres parties, à savoir : la mélodie — voix ou instrument soliste (guitare, saxophone, clarinette, etc.) —, la basse — fréquemment confiée à une guitare basse ou encore, à une contrebasse —, enfin, la dimension rythmique, domaine privilégié des percussions — réalisée par une batterie, le plus souvent.
- Sur les partitions, l'accord est fréquemment indiqué par le nom de sa fondamentale, et sous la forme d'une codification simplifiée. :Exemples : « DO » = do, mi, sol ; « DOm » = do, mi \flat, sol ; « DOm7 » = do, mi \flat, sol, si \flat ; « DO7 » = do, mi, sol, si \flat ; « DO9 » = do, mi, sol, si \flat, ré ; etc.
- De plus en plus fréquemment, les lettres anglo-saxonnes se substituent aux noms des notes latines. Ainsi do majeur s'écrit C ; fa septième de dominante, F7 ; ré mineur, Dm ; mi majeur septième majeure, EMaj7, etc. Cela permet notamment d'alléger la notation des accords au-dessus de la ligne de chant. C'est Lee Berk et différents musiciens, enseignants fondateurs de la berklee, célèbre école de jazz de Boston, qui ont mis en place ce système.

Voir aussi

- I-vi-IV-V
- Acoustique musicale
- Arpège
- Chiffrage des accords
- Consonance
- Disposition de l'accord
- Dissonance
- État de l'accord
- Glossaire théorique et technique de la musique occidentale
- Harmonique
- Harmonisation
- Harmonie
- Harmonie tonale élémentaire
- Liste des accords de guitare
- Liste de chansons construites sur la progression I-IV-V
- Liste de chansons construites sur la progression I-vi-IV-V
- Mélodie
- Note réelle
- Solfège Catégorie:Harmonie tonale az:Akkord bg:Акорд ca:Acord (música) cs:Akord da:Akkord (musik) de:Akkord en:Chord (music) eo:Akordo (muziko) es:Acorde et:Akord fi:Sointu ga:Corda (ceol) gl:Acorde he:אקורד hr:Akord hu:Akkord id:Akord it:Accordo (musica) ja:和音 ko:화음 lv:Akords nl:Akkoord (muziek) no:Akkord (musikk) pl:Akord pt:Acorde ru:Аккорд simple:Chord sk:Akord (hudba) sl:Akord sv:Ackord tr:Akor uk:Акорд zh:和弦
Sujets connexes
Accord (organologie)   Accord altéré   Accord avec note ajoutée   Accord d'emprunt   Accord de cinq notes   Accord de onzième et treizième tonique   Accord de quatre notes   Accord de trois notes   Accord en mouvement   Accord parfait   Accordage   Accordéon   Acoustique   Acoustique musicale   Agrégat   Aigu (musique)   Anticipation (musique)   Appoggiature (note étrangère)   Arpège (musique)   Art   Basse   Basse (chant)   Basse fondamentale   Batterie (musique)   Blues   Broderie (musique)   Cadence (musique)   Chanson   Chiffrage des accords   Clarinette   Cluster   Compositeur   Consonance   Consonance (harmonie tonale)   Contrebasse   Contrepoint rigoureux   Corde (musique)   Disposition de l'accord   Dissonance   Fausse relation   Fondamentale   Fréquence   Genre musical   Glossaire théorique et technique de la musique occidentale   Grave (musique)   Guitare   Guitare basse   Harmonie   Harmonique   Harmonisation   I-vi-IV-V   Instrument de percussion   Instrument à cordes   Instrument à vent   Intervalle (musique)   Jazz   Jean-Philippe Rameau   Johann Sebastian Bach   Justesse   Liste de chansons construites sur la progression I-IV-V   Liste de chansons construites sur la progression I-vi-IV-V   Liste des accords de guitare   Marche harmonique   Modulation (musique)   Mouvement harmonique   Mouvement mélodique   Musicien   Musique   Musique classique   Musique occidentale   Musique populaire   Mélodie (succession de hauteurs)   Note de musique   Note de passage   Note réelle   Note étrangère   Orgue   Partie (musique)   Partition de musique   Physiologie   Piano   Pédale (musique)   Quinte   Retard (musique)   Rythme (solfège)   Saxophone   Solfège   Soliste   Son (physique)   Son musical   Système tonal   Tempérament   Tierce (musique)   Tonalité   Tonique (musique)   Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels   Voix (instrument)   XVIIIe siècle   XVIIe siècle  
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