Gilles Lipovetsky

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Gilles Lipovetsky, né en 1944, est professeur agrégé de philosophie à l'université de Grenoble. Il est également membre du Conseil d'analyse de la société et consultant de l’Association Progrès du Management.
Gilles Lipovetsky

Gilles Lipovetsky, né en 1944, est professeur agrégé de philosophie à l'université de Grenoble. Il est également membre du Conseil d'analyse de la société et consultant de l’Association Progrès du Management.

Thèses et thématiques

Dans l'un de ses principaux ouvrages ( L'ère du vide), Gilles Lipovetsky analyse une société « post-moderne » marquée, selon lui, par un désinvestissement de la sphère publique, une perte de sens des grandes institutions collectives sociales et politiques, et une culture « ouverte » à base de régulation « cool » des rapports humains (tolérance, hédonisme, personnalisation des processus de socialisation, éducation permissive, libération sexuelle, humour). Vision de la société qui met en avant un néo-individualisme de type narcissique et plus exactement ce que Lipovetsky appelle « la seconde révolution individualiste ». Pour Gilles Lipovetsky cette seconde révolution individualiste s'exprime dans les moeurs (L'Ere du vide), dans la mode (L'empire de l'éphémère) mais aussi dans la sphère éthique (Le crépuscule du devoir) marquée par l'effondrement des idéaux sacrificiels et la montée d'une éthique indolore et circonstancielle, plurielle et émotionnelle. Il refuse toutefois d'assimiler cette individualisation à la « fin de la morale » et à la déchéance de toutes les valeurs. Dans ses derniers travaux, Lipovetsky remet en cause le concept de post-modernité considéré comme ambiguë et même inadéquat: c'est une hyper-modernité, une "modernité superlative" (Les Temps hypermodernes ) et effrénée qui caractérise, à ses yeux, le nouveau moment historique des sociétés libérales. Tous les anciens freins à la modernisation sont tombés et il n'existe plus de système alternatif crédible et légitime à la modernité démocratique et marchande: c'est le temps de la modernité achevée, sans contraire, dérèglementée et globalisée. La seconde révolution moderne est celle qui , réconciliée avec ses principes de base (la techno-science, la démocratie, les droits de l'homme, le marché) est emportée par un processus hyperbolique de modernisation de la modernité elle même. Ce qui veut dire toujours plus de concurrence, toujours plus de compétition, de marchandisation, de mobilité et de flexibilité. Au coeur de l'« hypermodernité », il analyse les métamorphoses du capitalisme de consommation, dénommé dans son ultime phase « société d'hyperconsommation » et se caractérisant par la colonisation de plus en plus manifeste de la vie quotidienne par les marques et l'échange payant. Dans cet âge hypermarchand, s'impose un néo-consommateur émancipé des anciennes régulations de classe, de plus en plus imprévisible, décoordonné, mobile dans ses goûts et ses achats: un hyperconsommateur moins obsédé de standing que de changements permanents et d'expériences émotionnelles, de qualité de vie, de santé et de communication virtuelle.Pour lui, cette société d'hyperconsommation est celle du « bonheur paradoxal » car le plus grand nombre se déclare plutôt heureux alors qu'il n'y a jamais eu autant de dépressions, de mal de vivre, d'inquiétudes, d'anxiétés. La société d'hyperconsommation multiplierait les jouissances privées mais se montrerait incapable de faire progresser la joie de vivre. Explorant les différentes faces de l'hypermodernité, G.L. analyse également avec Jean Serroy le devenir de la culture à l'heure de la prolifération des écrans . Devenue écranique l'hypermodernité semble signer la mort du cinéma qui en a été la première incarnation. Pourtant , cette thèse est rejetée , l'époque du tout-écran enregistrant la plus grande mutation jamais connue du cinéma qui s'est métamorphosé en hypercinéma. L'âge hypermoderne est celui où tous les écrans sont reprofilés par la logique même du cinéma, c'est à dire la starification, l'hyperspectacularisation, le divertissement. Désormais le cinéma est partout , y compris là où il n'est pas, dans la mode, le luxe, le sport, la téléréalité, la publicité, l'architecture, les looks, les arts visuels.Et chacun dans ce contexte tend à devenir objet à filmer et sujet qui filme. Ici comme dans ses autres livres , Lipovetsky pointe les dangers de l'hyperindividualisme, de l'hypermodernité marchande et culturelle mais sans sombrer dans le catastrophisme et le pessimisme radical. Le monde de l'hyperconsommation, de la "mode totale", de l'"écran global", de l"individualisme extrême" est bien " le pire des scénarios, à l'exception de tous les autres".

Œuvres

-
L'ère du vide : Essais sur l'individualisme contemporain
, Gallimard, 1983 (rééd.poche)
- L'Empire de l'éphémère : la mode et son destin dans les sociétés modernes. Gallimard, 1987 (rééd.poche)
- Le Crépuscule du devoir, Gallimard, 1992 (rééd.poche)
- La Troisième femme, édition Gallimard, 1997 (rééd.poche)
- Métamorphoses de la culture libérale – Éthique, médias, entreprise, Montréal, Édition Liber, 2002.
- Le luxe éternel, (avec Elyette Roux)éditions Gallimard, 2003
- Les temps hypermodernes, éditions Grasset, 2004 (réed poche)
- Le bonheur paradoxal.Essai sur la société d'hyperconsommation, éditions Gallimard, 2006
- La société de déception , éditions Textuel, 2006
- L'écran global. Culture-médias et cinéma à l'âge hypermoderne (avec Jean Serroy), Seuil, 2007

Distinctions

- Chevalier de la Légion d'Honneur
- Docteur Honoris Causa de l'Université de Sherbrooke (Canada)
- Docteur Honoris Causa de la nouvelle Université Bulgare (Sofia) ==
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