Les affaires sont les affaires

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Les affaires sont les affaires est une comédie en trois actes et en prose de l’écrivain français Octave Mirbeau (1903). Les affaires sont les affaires, acte I, à la Comédie-Française, avril 1903 Représenté avec un énorme succès à la Comédie-Française le 20 avril 1903, au terme d’une bataille qui a abouti à la suppression du comité de lecture de la Maison de Molière en octobre 1901, Les affaires sont les affaires a triomphé sur toutes l
Les affaires sont les affaires

Les affaires sont les affaires est une comédie en trois actes et en prose de l’écrivain français Octave Mirbeau (1903). Les affaires sont les affaires, acte I, à la Comédie-Française, avril 1903 Représenté avec un énorme succès à la Comédie-Française le 20 avril 1903, au terme d’une bataille qui a abouti à la suppression du comité de lecture de la Maison de Molière en octobre 1901, Les affaires sont les affaires a triomphé sur toutes les scènes du monde, notamment en Allemagne et en Russie, a été traduit dans toutes les langues et a été très souvent repris depuis un siècle, sans que son succès se soit jamais démenti (quatorze troupes francophones ont monté la pièce entre 1994 et 2006).

La pièce

Une comédie classique

Il s’agit d’une grande comédie classique, dans la continuité de Molière, où la peinture de caractères vivants, fortement théâtralisés, se combine à celle des mœurs édifiantes de la prétendue « Belle époque ». Les trois unités - unité de temps (moins de 24 heures, sur deux jours consécutifs), unité de lieu (le château de Vauperdu) et unité d’action - y sont respectées. Au cours d’une fin de semaine passée dans son château du Perche, le richissime parvenu Isidore Lechat, qui dispose d'un grand quotidien indispensable à ses affaires, en traite deux qui sont susceptibles de renforcer encore sa puissance financière et sa surface sociale : d’un côté, il reçoit, de deux ingénieurs, Gruggh et Phinck, qui ont besoin d’un financeur, des propositions d’exploitation d’une chute d’eau riche de potentialités de profits, et il parvient à leur imposer sa loi ; de l’autre, il envisage de marier sa fille Germaine au fils d’un noble décavé, le marquis de Porcellet, son voisin, qu'il tient à sa merci, mais ce projet se heurte à la résistance de la jeune femme : intellectuellement et sexuellement émancipée, elle se révolte contre son père, choisit la liberté et part avec son amant, le chimiste Lucien Garraud, employé de son père, qu'elle se vante d'avoir choisi, ce qui a profondément choqué les critiques de l’époque : à leurs yeux, elle n’était qu’une fille dénaturée !

La puissance de l’argent

Le personnage central, Isidore Lechat, au patronyme symptomatique, est un brasseur d’affaires et un prédateur sans scrupules, produit d’une époque de bouleversements économiques et d’expansion mondiale du capital. Il fait argent de tout et constitue une puissance économique et médiatique annonçant les Berlusconi de l’avenir : il tient la dragée haute aux gouvernements eu au haut ÉtatèMajor, et il peut même s'acheter à bon compte la complicité de l'Église catholique. Comme le signifie le titre, devenu proverbial, l’argent exclut la pitié, le sentiment et la morale, et se suffit à lui-même. Dans un monde où triomphe le mercantilisme et où tout est à vendre et a une valeur marchande, sa puissance dévastatrice contribue à tout corrompre : les intelligences aussi bien que les cœurs et les institutions. Les affaires, qui permettent à des aventuriers sans foi ni loi, tel Isidore Lechat, d’accumuler, en toute impunité, des millions volés sur le dos des plus faibles et des plus pauvres, ne sont jamais que du gangstérisme légalisé. La démystification n’a rien perdu de sa force ni de son actualité, comme l'ont révélé les 400 représentations lors de la reprise de la pièce en 1994-1995 : nombre de spectateurs croyaient y voir des allusions à l'actualité immédiate !

L’amour et la mort

Mais la libido dominandi d’Isidore Lechat se révèle impuissante face à la mort — son fils bien-aimé, Xavier, pourri par l’argent paternel, se tue dans un accident d’automobile — et face à l’amour, qui pousse sa fille Germaine à refuser le "beau" mariage qu’il lui a concocté. Néanmoins, au dénouement — souvent qualifié de shakespearien —, le père accablé et humilié parvient à se ressaisir pour conclure brillamment une affaire en cours et écraser les deux ingénieurs qui entendaient mettre à profit sa douleur pour l’escroquer : les affaires sont décidément les affaires...

Distribution

Adaptation

Cette pièce a été adaptée au cinéma par Jean Dréville en 1942, avec Charles Vanel, dans le rôle de Lechat, Renée Devillers, Robert Le Vigan et Aimé Clariond. Mais la plupart des audaces de la pièce ont été gommées. ==
Sujets connexes
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