Libéralisme politique

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Le libéralisme politique désigne l'ensemble des thèses libérales portant sur le domaine de la politique, qui ont en commun de fixer des limites à l'action de l'État. Elles se différencient par leurs positions relatives à ses finalités, à l'étendue des prérogatives qu'il doit posséder et à son organisation. Pour le libéralisme classique ou minarchisme, le seul rôle légitime de l'État est la protection des libertés individuelles. L'État doit donc être réduit
Libéralisme politique

Le libéralisme politique désigne l'ensemble des thèses libérales portant sur le domaine de la politique, qui ont en commun de fixer des limites à l'action de l'État. Elles se différencient par leurs positions relatives à ses finalités, à l'étendue des prérogatives qu'il doit posséder et à son organisation. Pour le libéralisme classique ou minarchisme, le seul rôle légitime de l'État est la protection des libertés individuelles. L'État doit donc être réduit aux fonctions dites "régaliennes" de police, de justice et de défense. La variante extrême est le libertarianisme ou anarcho-capitalisme, qui affirme l'illégitimité de l'État et prône sa disparition complète. L'usage n'est pas bien fixé. Certains utilisent au contraire le terme libertarianisme pour désigner à la fois le minarchisme et l'anarcho-capitalisme. Aux États-Unis, le mot « libéralisme » fait référence aux thèses défendues notamment par le parti démocrate à partir des années 1930, à l'époque du New Deal. Les libertés individuelles sont défendues, mais cela va de pair avec une intervention de l'État dans la vie économique et sociale, dans une logique keynésienne. Le libéralisme contemporain aux États-Unis représente avant tout l'adhésion à des principes et des idées proches de ceux des sociaux-démocrates, avec un interventionnisme limité mais nécessaire pour soutenir des valeurs d'égalité et de prospérité sociale. Depuis la fin du , le terme de liberal aux États-Unis a été utilisé par certains conservateurs souvent de façon péjorative pour désigner leurs adversaires socialement plus progressistes, assimilant cette étiquette à plus d'impôts, moins de libertés individuelles et un interventionnisme synonyme de bureaucratie. Contrairement aux idées reçues, le libéralisme ne doit pas être assimilé au conservatisme. Donc les libéraux ne se réclament pas forcément de droite. Certains se réclament de gauche (par exemple : Jean-Marie Bockel) ou bien ni de droite ni de gauche, mais formant un troisième axe politique. Plan possible (à compléter car absolument pas exhaustif) :
- Aristote - « Qui doit exercer la souveraineté ? »
- XVIIIe siècle : Thomas Hobbes, John Locke et Montesquieu : la démocratie libérale, l'opposition entre pouvoir politique et liberté, la séparation des pouvoirs.
- Révolutions américaine et française ; Déclaration des Droits de l'Homme
- XIXe siècle : Benjamin Constant ; Alexis de Tocqueville « De la Démocratie en Amérique » ; crainte de la démocratie; l'égalité de tous menace la liberté de chacun.
- XXe siècle : séparation des religions et de l'État

Critiques

La liberté individuelle

Certains penseurs contestent la primauté de la liberté comme valeur devant organiser la société, en opposant qu'il existe des situations où la liberté n'est pas le point le plus fondamental et où d'autres valeurs seront prédominantes (égalité, dignité humaine, lutte contre l'exclusion, promotion sociale...). Pour eux, la liberté totale des individus conduirait à la loi du plus fort : «Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le Maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » (Henri Lacordaire). La réponse libérale est que c’est justement le rôle de l’État de protéger les faibles contre les forts, et qu’il ne peut le faire qu’en se consacrant exclusivement à cette tâche. « N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième » (Frédéric Bastiat). À noter aussi que le libéralisme n'exclut en rien, et au contraire rend possibles, les libres initiatives reposant sur la coopération et la promotion sociale (coopératives, microcrédit, organisations humanitaires...)

La démocratie et le marché

La controverse concernant la démocratie part de l'idée que la volonté collective, quand elle est exprimée démocratiquement, doit s’imposer aux individus et peut limiter leur liberté : l’économique doit être subordonné au politique. La démocratie, qui repose sur le principe « un homme, une voix », doit primer sur le marché, qui repose sur le principe « un dollar (ou un euro), une voix ». Pour les libéraux, ni le gouvernement ni les lois, même démocratiques, ne peuvent être l’instrument de l’oppression des minorités et des individus. Le gouvernement doit être soumis aux mêmes limitations de ses pouvoirs quel que soit son mode de désignation. Le soutien d’une majorité ne donne pas tous les droits. Ils rappellent que Hitler a été démocratiquement élu (ce qui constitue une critique de la démocratie représentative, et non de la démocratie en soi). Par ailleurs, ils considèrent que le mécanisme de décision doit dépendre de la nature de la décision à prendre. Il existe selon eux des décisions, par exemple le choix d’un président, où la règle de la majorité peut s’imposer. Au contraire, en matière économique, les mécanismes du marché permettent selon eux un ajustement beaucoup plus fin et rapide des actions de tous aux désirs de chacun que ceux de la décision politique.

Voir aussi

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Sujets connexes
Adolf Hitler   Alexis de Tocqueville   Anarcho-capitalisme   Années 1930   Aristote   Benjamin Constant   Conservatisme   Coopérative   Défense et sécurité   Démocratie   Démocratie libérale   Exclusion sociale   Frédéric Bastiat   Gouvernement   Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique   Habitus   Henri Lacordaire   Jean-Marie Bockel   John Locke   Justice   Keynésianisme   Libertarianisme   Liberté   Libéralisme   Libéralisme contemporain aux États-Unis   Libéralisme économique   Microcrédit   Minarchisme   New Deal   Parti démocrate (États-Unis)   Pierre Bourdieu   Police (institution)   Politique   Pouvoir politique   Religion   Revenu citoyen   Révolution française   Social-démocratie   Séparation des pouvoirs   Thomas Hobbes  
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