Tachypsychie

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La tachypsychie (du grec tachy = rapide et psyche = âme) est un symptôme psychopathologique caractérisé par une accélération anormale du rythme de la pensée créant un état de surexcitation.
Tachypsychie

La tachypsychie (du grec tachy = rapide et psyche = âme) est un symptôme psychopathologique caractérisé par une accélération anormale du rythme de la pensée créant un état de surexcitation.

Sémiologie, nosologie et nosographie psychiatrique

La tachypsychie est, d'un point de vue sémiologique (l'étude des symptômes), un symptôme psychiatrique manifestant une véritable "fuite des idées", une extrême rapidité du "cours de la pensée", entraînant dans la plus part des cas le sujet dans un discours très rapide et souvent incohérent, se mêlant au paralogisme, c’est-à-dire aux argumentations qui, si elles sont de bonne foi, restent souvent fausses ou inapropriées voire confuses, ou alors logiques mais participant au rationalisme morbide de la personnalité psychasthénique et obsessionnelle. La tachypsychie est d'un point de vue nosologique (discours médical sur la maladie) une manifestation très importante car elle permet de repérer la défense maniaque, c'est-à-dire l'intense activité mentale par la production de représentations substitutives permettant au sujet de se protéger contre l'angoisse de la dépression. C'est pourquoi, d'un point de vue nosographique (classement des maladies), la tachypsychie appartient à la psychopathologie de l'accès maniaque des dysthymies de la psychose maniaco-dépressive, c'est-à-dire aux troubles de l'humeur qui caractérisent l'excitation excessive et compulsive du pôle maniaque de la pathologie psychiatrique bipolaire qu'est la maniaco-dépression.

Etiopathogénie psychodynamique

(Hypothèse explicative des mécanismes et de l'étiologie de la pathologie d'après une étude d'orientation psychanalytique ) Le patient "tachypsychique" ne prend aucun temps pour s'interroger sur ce qu'il vient d'affirmer et parle à une rapidité assez impressionnante (selon les cas) en associant non ce qu'il pourrait relier à son conflit intrapsychique latent, mais ce que son "désir de maîtrise" et de "toute-puissance symbolique" substitue aux représentations inconciliables pour le sujet. Le moi, face aux grand nombre d'affects de type dépressif mis en branle, trouve un moyen de défense qu'est justement la production de très nombreuses représentations conciliables et plus rationnelles mais néanmoins étrangement intriquées par le fait qu'elles ne sont qu'une parade à l'extrême "bouillonnement" des affects.

Etiopathogénie Cognitive

(Hypothèse sur les mécanismes et l'étiologie de la maladie d'après les études sur la cognition) Pour la psychologie cognitive, qui étudie l'ensemble des élaborations et les traitement de l'information par le système nerveux et l'activité mentale, la tachypsychie appartient avant tout à un "frayage" inadéquat d'éléments cognitifs "rectilignisés", c'est-à-dire d'informations qui ont vocation à être directement transmises. Le sujet, au lieu justement de transmettre l'information, s'attache à lui fournir une dynamique propre. Or cette autonomie n'est pas sans impliquer l'ensemble de l'élaboration cognitive à la recherche de la transmission de ce qui a été autonomisé. Cette recherche introduit le sujet dans une "quête" incessante de qu'il aurait du transmettre, c'est à ce moment que l'activité mentale devient trop intense et donc tachypsychique.

La tachypsychie, interrogation clinique

Comment le clinicien peut-il réagir face à ce débordement et cette accélération des processus psychiques ? La tachypsychie entraîne le sujet dans une logorrhée (un flux incoercible de paroles inutiles) épuisante ou une tachyphémie (accélération du discours) et n'est autre qu'un mode de défense paroxystique, un dernier recours pour la psyché de se protéger d'affects peu nombreux mais puissants, protection qui amène l'individu à prendre en charge la tension ressentie par ces affects par une substition incessante de représentations sans fondements. La véritable représentation étant refoulée. Cette explication nous montre le cerle vicieux de la tachypsychie car l'écoute attentive du psychologue devient alors un moyen pour le patient de renforcer ses résistances par le mécanisme étiopathogénique central: "la substitution massive et directe". Le travail de" perlaboration", de traversée et dépassement des résistances psychiques, est alors inaccessible par l'écoute d'un espace subjectif singulier. Le praticien (psychologue, psychiatre, psychanalyste) ne peut dans ce cas privilégier l'écoute mais tenter des actions plus stratégiques, une rupture, une intervention plus directe dans le discours du patient, proposer d'utiliser "une symbolique forte" dans les actes du patient et du clinicien et mettre ainsi l'accent sur des éléments sans demander pour autant que le patient les développe. La thérapeutique consiste donc à attirer l'attention sur l'actuel et poser des questions très précises. Le patient doit dès l'abord renouer avec l'évidence, pour ensuite réfléchir véritablement, et tenter une percée plus profonde dans les modalités de la défense maniaque et ses relations inconscientes.

Note pour un diagnostic différentiel

Le rythme accélérée du cours de la pensée entraînant la précipitation verbale peut être dû également à certaines intoxications par des psychotropes comme certains psychotoniques: les amphétamines, la caféine, la nicotine. Il existe parfois dans certains troubles alimenatires comme la boulimie, une accélération des processus idéiques très proche de la tachypsychie et particulièrement difficile à gérer pour l'entourage.

Précision nosographique et nosologique : rapport à la névrose obsessionnelle

Si la tachypsychie se retrouve souvent dans l'accès maniaque et euphorique (au sens psychiatrique du terme) d'une psychose bipolaire (intermittence de crises d'excitation maniaque et d'abaissement du tonus psychomoteur et de l'activité mentale propre à la dépression), le symptôme semble aussi se révéler au fure et à mesure dans la névrose obsessionnelle. En effet, l'accélération anormale du rythme de la pensée est un type de défense souvent complémentaire aux troubles obsessionnels compulsifs. Le symptôme tachypsychique est toujours une voie de satisfaction indirecte de l'affect à travers des représentations de substitutions qui doivent justement être beaucoup plus nombreuses que ne sont les véritables désirs refoulés. Comme pour la compulsion, qui est une conséquence souvent de la tachypsychie, le sujet satisfait partiellement l'affect par une fausse représentation qui, par conséquent, revient sans arrêt (puisque ne satisfaisant pas totalement le sujet). L'individu se retrouve obligé continuellement de produire des idées qui entraînent le sujet vers un cercle vicieux, car le fait de parler le décharge en partie mais toujours à travers la défense substitutives de représentations reliées artificiellement à l'agent pathogène et psychogène qu'est l'affect en question. Ce processus se retrouve dans la compulsion, non par la fuite des idées, mais par le toute puissance des pensées. Cela dit, le mécanisme étiopathogénique entre affect et représentations reste le même mais le sujet, au lieu d'accélérer ses productions psychiques, les agit en se lavant par exemple 50 fois les mains par jour.

Traitement : les alternatives

De toute évidence, un patient tachypsychique a d'autres symptômes liés à sa psychopathologie dysthymique, qui plus est, si elle est bipolaire (il existe des phases maniaques et des phases dépressives). La prise d'un médicament psychotrope spécifique et une psychothérapie (couplée à la prise du médicament) est plus que nécessaire (on ne saurait envisager, surtout dans ce cas, l'un sans l'autre). Nous allons préciser quelques modalités thérapeutiques et insister sur le type de médicament privilégié pour ce type de trouble.

Modalités thérapeutiques

-La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) semble ne pas être une solution adéquate au difficultés rencontrées par le sujet. Car si cette technique obtient de très bon résultat dans le cadre des phobies par exemple, elle reste trop brutale pour les patient présentant un trouble de l'humeur. Cela dit, certains patients, plus "solides" peuvent surmonter leur fragilité thymique grâce à cette technique. Cependant, il faut rappeler que son mode d'action repose sur l'actualité du trouble et non sur la formation des symptômes au sein de la psyché. Le travail sera donc plus partiel.
-La psychanalyse comme cure-type est à exclure dans ce champs car l'abréaction et les associations ne forment pas un cercle vertueux comme dans le champ de la névrose. Le patient risque de renforcer sa résistance et surtout son mode défense : la substitution. Elle peut cependant être envisagée plus tard lorsque le patient a pris beaucoup de recul et lorsqu'il désire entreprendre un travail plus profond sur la question en donnant sens à ces symptômes.
-Néanmoins, la psychothérapie d'inspiration psychanalytique (PIP) a donné de très bon résultat car elle permet autant au sujet d'arriver à la sélection de ce qui peut être associé et abréagi et permettre l'intervention plus directe du praticien, ce qui présente une expression plus "éclaircie" du trouble. Le clinicien intervient dans le discours du patient, insiste sur ce qui présente moins de confusion pour amener le patient au dépassement de sa défense substitutive et pouvoir verbaliser véritablement les représentations latentes. L'inconscient est sollicité mais pas trop activement.
-Cette PIP associée à une démarche guestaltiste ou humaniste peut porter ses fruits surtout si un psychotrope régule l'humeur du patient pour qu'il rende enfin "le mot apte à l'affect".
-L'hypnothérapie n'est que très rarement envisagée pour une psychose maniaco-dépressive.
-La psychothérapie de soutien, dite motivationnelle, peut porter ses fruits surtout au début du trouble et d'autant plus lorsqu'il est intense. Elle permettera de stabiliser le patient et pointer du doigt les éléments importants.
-Les techniques de relaxation peuvent être envisagées comme soins complémentaires.
-La psychothérapie systémique sera utile si l'entourage souffre des difficultés rencontrées par le patient, mais elle ne sera pas très adaptée aux questions de la tachypsychie et de la maniaco-dépression.
-De toute évidence, une psychothérapie est du ressort des tendances du patient, et la personnalité joue un rôle majeur dans le type de soin choisi. Rappelons qu'une démarche complémentaire de la part du psychologue est toujours préférable (il devra jongler avec ses outils théorico-cliniques, qu'ils soient comportementaux ou psychanalytiques).

La chimiothérapie (le traitement par l'intervention de molécules chimiques : les médicaments)

La question pour le psychiatre dans sa prescription lorsqu'il diagnostique un patient tachypsychique est de comprendre si cette tachypsychie est propre à une bipoloraté dysthymique (maniaco-dépression). Si c'est le cas (et c'est la plus part du temps le cas), il ne peut envisager de prescire un psychotrope psycholeptique qui risquerait dans l'abaissement de l'activité mentale qu'il produit, d'enclencher une dépression. Par conséquent, il n'est pas conseillé de donner des neuropletiques, ni des anxiolytiques. Pareillement, un psychoanaleptique comme un antidépresseur qui augmenterait l'activité mentale produirait un tropisme psychologique favorisant une tachypsychie encore plus importante et puissante. L'alternative consiste donc à privilégier un thymorégulateur comme le Lithium (nom du médicament : Téralithe) qui stabilisera l'humeur et fera en sorte d'empêcher la crise maniaque et donc tachypsychique, tout en préservant le sujet de la phase dépressive et bradypsychique. Il est possible d'agir moins conventionnellement mais cela relève bien entendu de l'autorité médicale. Catégorie:symptôme catégorie:Sémiologie psychiatrique en:Tachypsychia
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