Système éducatif au Japon

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Système éducatif au Japon

Histoire

Le système éducatif japonais contemporain fut créé ex nihilo dès le début de l'ère Meiji en s'inspirant du modèle anglo-saxon. Dès cette époque, il est déconnecté des instances aristocratiques et religieuses pour être considéré comme un instrument au service de l'État; le nouveau régime a en effet besoin à la fois de main-d'œuvre qualifiée, d'un vaste corps de techniciens et d'une élite dirigeante issue des universités impériales. En moins de deux générations, l'ancienne stratification sociale fondée sur l'hérédité des statuts individuels, fit place à une stratification largement commandée par le niveau d'éducation. Mais entre éducation et endoctrinement, la frontière est souvent ténue, nous pouvons le constater également pour ce qui est de l'histoire du système éducatif français patriotisme, révisionnisme). Au lieu d'apprendre à penser, l'école indiquait aux jeunes ce qu'il fallait penser. Elle formait des sujets dociles acquis à l'orthodoxie officielle. L'effort machinal de mémorisation nécessaire pour maîtriser le système d'écriture, contribuait en outre à développer la passivité d'esprit. Le Japon a le triste privilège d'avoir été le premier pays au monde à utiliser les techniques totalitaires de conditionnement mental et à transformer l'école en instrument du Pouvoir.
- Histoire du Japon et des Japonais - Tome 1 : Des origines à 1945, Edwin O. Reischauer, Editions du Seuil, Collection Points Histoire, 251 p. (1973) ISBN 2-02-000675-8

Études primaires et secondaires

L'âge de l'élève, déterminant l'année de début de scolarisation, est déterminé par rapport à la date du 1 avril. Les élèves suivent successivement trois cours: l'école primaire ou shōgakkō (小学校) qui dure 6 ans (élèves de 6 à 12 ans), le collège ou chūgakkō (中学校) qui dure 3 ans (12-15 ans) et le lycée ou kōtōgakkō (高等学校) qui dure également 3 ans (15-18 ans). Presque toutes les écoles publiques sont mixtes. Le port de l'uniforme est encore obligatoire dans une bonne partie des lycées et dans certaines écoles, mais cette pratique tend à diminuer, surtout dans les établissements publics. Uniforme scolaire japonais L'uniforme des lycéennes (Sailor fuku) a d'ailleurs été rendu célèbre hors du Japon dans certains mangas puisqu'il est un objet de fantasme sexuel largement exploité. L'année scolaire comprend 210 jours d'éducation, auxquels nombre d'écoles ajoutent une trentaine de jours d'activité sportive, de festival ou d'éducation hors cursus (voyage scolaire...). Il y a 5 jours et demi de classe par semaine. Il n'y a pas d'orientation avant l'entrée en université. Le système universitaire étant très élitiste, les écoliers travaillent dur depuis l'école maternelle jusqu'à l'entrée en université. Beaucoup d'écoles maternelles recrutent même sur concours, les questions étant bien sûr adaptées à l'âge des enfants (concernant les formes, les couleurs et des connaissances simples sur la nature). De plus, les cours du soir (juku, 塾) sont presque une règle pour les lycéens. Le lycée se termine non pas par un examen mais par les concours d'entrée en université. Une année est découpée en 3 parties, en accord avec les saisons. De durées variables à travers le Japon, la décomposition classique est à peu près : du à mi-juillet, de début septembre à fin décembre et de début janvier à début mars. Les écoliers japonais choisissent de faire les concours de tel ou tel lycée ou université selon leur souhait et leur niveau. Juste avant l'entrée en université, c’est-à-dire lors des 11 et 12 années d'étude (tranche d'âge: 16-18), les lycéens de filière générale choisissent d'orienter leur cursus vers les sciences humaines (littérature, histoire...) ou les sciences (physique, mathématiques). A Tōkyō, une directive d'octobre 2003 oblige les enseignants et leurs élèves à chanter le Kimigayo (hymne national) debout face au drapeau (Hinomaru). Par ailleurs le système de notation au Japon est surtout axé sur les questionnaires à choix multiples (QCM) et beaucoup moins sur les contrôles.

Études supérieures

Il y a deux types d'écoles d'enseignement supérieur : les écoles spécialisées ou senmongakkō (専門学校) et les universités ou daigaku (大学). Tandis que les écoles spécialisées fournissent une formation efficace en deux ans, les universités ont une vocation plus généraliste, et le premier diplôme ne s'obtient qu'au bout de quatre ans. La grande majorité des étudiants choisissent l'université. Pour presque tous les étudiants, il est nécessaire de passer un an, voire deux, en classe préparatoire privée avant de réussir le concours d'entrée en université. Cependant, ce n'est pas obligatoire, et certains étudiants parviennent à entrer en université dès la sortie du lycée. Il est souvent dit des universités japonaises qu'il est difficile d'y entrer, mais facile d'en sortir diplômé. Après avoir réussi le concours, le rythme est nettement moins soutenu qu'au lycée ou qu'en classe préparatoire. Il existe trois niveaux à l'université :
- la licence (anglais: bachelor, japonais: gakubu ) (4 ans) ;
- le master (anciennement maîtrise) (anglais: master, japonais: shūshi ) (2 ans) ;
- le doctorat (anglais: doctor's degree/PhD, japonais: hakase/hakushi )(3 ans). Il existe trois types d'universités : les universités nationales ou kokuritsu (国立), les universités privées ou shiritsu (私立) et les universités publiques ou kōritsu (公立).

Les universités nationales

Ce sont généralement les universités les plus prestigieuses. À un haut niveau, l'accent y est mis sur les connaissances fondamentales. Les plus célèbres sont :
- l'Université de Tōkyō, Tōkyō Daigaku (東京大学) ou sa contraction Tōdai (東大) ;
- l'Université de Kyōto, Kyōto Daigaku (京都大学) ou sa contraction Kyōdai (京大). Université Keiō

Les universités privées

Ce sont les plus nombreuses, et il en existe de tous les niveaux. Cependant, les plus prestigieuses rivalisent avec les plus grandes universités nationales. La majorité des politiciens japonais sont issus des plus grandes universités privées, au rang desquelles :
- l'Université Keiō, Keiō Gijuku Daigaku (慶應義塾大学) dans le sud de Tōkyō. Jun'ichirō Koizumi est diplômé de cette université ;
- l'Université Waseda, Waseda Daigaku (早稲田大学), au centre de Tōkyō. Yoshirō Mori est diplômé de Waseda.
- l'Université de Seijo, Seijo Daigaku (成城大学), dans le quartier de Setagaya. Tsutomu Hata est diplômé de cette université.

Les universités publiques

Bien que les universités nationales soient bien entendu publiques, lorsqu'on parle d'universités publiques elles sont généralement exclues. Elles ont une réputation supérieure à la moyenne des universités privées. Il s'agit d'universités gérées par une instance locale. Deux d'entre elles sont :
- l'Université Métropolitaine de Tōkyō, Tōkyō Toritsu Daigaku (東京都立大学) ou simplement Toritsu, célèbre en particulier pour sa faculté d'architecture ;
- l'Université de la Ville de Yokohama, Yokohama Shiritsu Daigaku (横浜市立大学), référence nationale en matière de médecine.

Élitisme

Comme exprimé précédemment, le système japonais est plutôt élitiste. Il faut toujours tenter d'aller dans la meilleure école, pour avoir le maximum de chances d'entrer dans le meilleur collège, puis lycée, puis université et entrer dans la meilleure société. Cela a deux conséquences principales. La première est la prolifération des cours du soir, qui ont la double fonction de tenter d'augmenter le niveau scolaire et de rassurer les parents sur le fait qu'ils font ce qu'il faut pour leurs enfants. Ces classes sont très répandues dans les grandes villes. La seconde est d'ordre financière. Les parents doivent en effet choisir une école pour leurs enfants. Ils vont généralement viser 2 ou 3 écoles, une qu'ils souhaiteraient obtenir mais pour laquelle l'enfant n'est pas sûr d'obtenir le concours, une de niveau plus faible et finalement, optionnellement, une faible. Mais nombre d'écoles moyennes voyant tous leurs meilleurs éléments potentiels partir avant la rentrée car ayant réussit à intégrer une école plus prestigieuse ont adopté un principe simple : elles choisissent des dates de confirmation d'inscription situées avant la publication des résultats des écoles prestigieuses. Ainsi, les parents sont obligés d'inscrire leurs enfants dans cette école, même s'ils espèrent ne pas avoir à les y envoyer. Si l'enfant réussit à intégrer mieux, il pourra se désinscrire de cette école, mais tout ou partie des frais engagés (assez élevés) resteront acquis par cette école, qui bénéficie donc de moyens substantiels comparativement à ses effectifs. Cela représente un sacrifice financier important pour les familles qui, tous les 3-4 ans, doivent donc payer deux années scolaires pour assurer le meilleur avenir possible à leur enfant.

Notes et références

Catégorie:Éducation au Japon Japon de:Bildungssystem in Japan en:Education in Japan es:Educación en Japón it:Sistema scolastico giapponese ja:学校制度 th:การศึกษาของญี่ปุ่น zh:日本教育
Sujets connexes
Architecture   Conditionnement mental   Edwin O. Reischauer   Endoctrinement   Japon   Japonais   Jun'ichirō Koizumi   Manga   Médecine   Questionnaire à choix multiples   Sailor fuku   Setagaya   Tsutomu Hata   Université Keiō   Université Waseda   Université de Kyōto   Université de Seijo   Université de Tōkyō   Yoshirō Mori  
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