Internationale situationniste

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L'Internationale situationniste (IS) était une organisation révolutionnaire désireuse d'en finir avec le malheur historique, avec la société de classes et la dictature de la marchandise, se situant dans la filiation de différents courants apparus au début du , notamment de la pensée marxiste d'Anton Pannekoek et de Rosa Luxemburg, du communisme de conseils, ainsi que du groupe Socialisme ou barbarie (Claude Lefort, Cornelius Castoriadis notamment) dans les
Internationale situationniste

L'Internationale situationniste (IS) était une organisation révolutionnaire désireuse d'en finir avec le malheur historique, avec la société de classes et la dictature de la marchandise, se situant dans la filiation de différents courants apparus au début du , notamment de la pensée marxiste d'Anton Pannekoek et de Rosa Luxemburg, du communisme de conseils, ainsi que du groupe Socialisme ou barbarie (Claude Lefort, Cornelius Castoriadis notamment) dans les années 1950. En ce sens, elle pourrait être apparentée à un groupe d'ultra-gauche. Mais elle représentait à ses débuts l'expression d'une volonté de dépassement des tentatives révolutionnaires des avant-gardes artistiques de la première moitié du , le dadaïsme, le surréalismeRapport sur la construction de situations et sur les conditions de l'organisation et de l'action de la tendance situationniste internationale et le lettrismele film Critique de la séparation. Formellement créée en juillet 1957 à la Conférence de Cosio di Arroscia, l'internationale situationniste est née du rapprochement d'un ensemble international de mouvements d'avant-garde, dont l'Internationale lettriste (elle même issue d'une rupture avec le Lettrisme de Isidore Isou), le Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste, le Comité psychogéographique de Londres et un groupe de peintres italiens. Son document fondateur, Rapport sur la construction de situations..., a été rédigé par Guy Debord en 1957. Dans ce texte programmatique, Debord pose l'exigence de "changer le monde" et envisage le dépassement de toutes les formes artistiques par "un emploi unitaire de tous les moyens de bouleversement de la vie quotidienne". L'un des principaux objectifs de l'Internationale situationniste était l'accomplissement des promesses contenues dans le développement de l'appareil de production contemporain et la libération des conditions historiques, par une réappropriation du réel, et ce dans tous les domaines de la vie. Si le dépassement de l'art fut son projet originel, elle s'est rapidement orientée vers une critique de la société du spectacle, ou société « spectaculaire-marchande », corroborée d'un désir de révolution sociale. L'année 1962 voit la scission entre "artistes" et "révolutionnaires" et l'exclusion des premiers. D'un point de vue organisationnel, l'IS conserve la position très marxiste d'un parti théorique représentant le plus haut niveau de conscience révolutionnaire. La théorisation de cette position ne se fera qu'assez tardivement dans la Définition Minimum des Organisations révolutionnaires (IS n°11), adoptée par la 7°Conférence de l'IS en 1967, qui sera en France l'une des références du conseillisme d'après mai 1968, et en 1969 dans les Préliminaires sur les conseils et l'organisation conseilliste (IS n°12).

Théorie(s) situationniste(s)

Le projet situationniste repose sur :
- le communisme de conseils : lutte révolutionnaire pour l'abolition des États et du capitalisme et l'instauration de l'autogestion généralisée par le pouvoir des conseils ouvriers (démocratie directe). Les situationnistes luttent avant tout pour une société égalitaire débarrassée des rapports marchands, c'est-à-dire pour le communisme.
- la révolution de la vie quotidienne, projet libertaire et hédoniste que l'on pourrait résumer par ce slogan : « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave ». La révolution de la vie quotidienne ne peut se faire que dans le cadre de l'autogestion généralisée, sur des bases égalitaires, et en supprimant les rapports marchands. Elle s'appuie sur plusieurs idées :
- l'abolition du spectacle en tant que rapport social ;
- la participation des individus (refus des représentations immuables) ;
- la communication (refus des médiations en tant que séparéesTout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. Thèse une de la SdS) ;
- la réalisation et l'épanouissement de l'individu (opposés à son aliénation) : le libertinage (c’est-à-dire : le libre usage de soi-même) est un des aspects de cet épanouissement, mais globalement, la subjectivité radicale de chacun-e est censée se développer dans le refus des contraintes de la rentabilité, et ce dans tous les domaines, tout en gardant la responsabilité de ses actes ;
- l'abolition du travail en tant qu'aliénation et activité séparée de la vie qui va, résumée par un slogan, que Guy Debord s'attribue, écrit à la craie sur un mur du quai aboutissant sur la Seine de la rue de Seine en 1952 (à Paris) : « Ne travaillez jamais » ;
- le refus de toute activité séparée du reste de la vie quotidienne : les situationnistes luttent pour l'abolition de l'art contemplatif, des loisirs en tant que séparés de la vie de tous les jours, de l'Université et pour la réunification de toutes les activités humaines : la fin de la division du travail et des séparations entre les différentes sciences. Ils ne font ainsi que reprendre le projet communiste de Marx : l'autogestion communiste permet à l'activité de production de ne plus être un travailcf Karl Marx et Friedrich Engels L'idéologie allemande (1845) : « En effet, dès l'instant où le travail commence à être réparti, chacun a une sphère d'activité exclusive et déterminée qui lui est imposée et dont il ne peut sortir; il est chasseur, pêcheur ou berger ou critique critique , et il doit le demeurer s'il ne veut pas perdre ses moyens d'existence; tandis que dans la société communiste, où chacun n'a pas une sphère d'activité exclusive, mais peut se perfectionner dans la branche qui lui plaît, la société réglemente la production générale ce qui crée pour moi la possibilité de faire aujourd'hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l'après-midi, de pratiquer l'élevage le soir, de faire de la critique après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur ou critique. » et de fusionner avec toutes les autres activités humaines sous une forme artistique et poétique. Ainsi, l'activité de production n'est plus séparée de la réalisation individuelle, des loisirs et de la sexualité. De manière plus générale, le projet situationniste aspire à ce que toutes les activités humaines prennent une forme poétique : celle de la libre création de situations par les individus. Pour décrire le stade moderne du capitalisme, Guy Debord réutilise le concept de « spectacle » évoqué par Marx. Ce concept a plusieurs significations. Le spectacle est avant tout l'appareil de propagande du pouvoir capitaliste, mais c'est aussi « un rapport social entre des personnes médiatisé par des images ». :« Le spectacle est la religion de la marchandise » Il apparait avec la société de consommation, dans les années 1930. Guy Debord distingue trois formes de spectacle, donc la dernière succède aux deux autres :
- le spectaculaire concentré des sociétés totalitaires (capitalisme d'État) ;
- le spectaculaire diffus des sociétés libérales ;
- le spectaculaire intégré, qui est la fusion des deux premiers dans le cours de l'histoire. Anticipant ainsi la chute des démocraties socialistes et leur intégration dans le système capitaliste global il offre une première définition de la post-politique. Alors qu'en Union soviétique et dans les pays de l'est le spectacle se concentre sur la personne du dictateur (Staline puis Khrouchtchev puis Brejnev), le spectacle se présente dans les sociétés libérales occidentales de manière diffuse, sous la forme de marchandises qui contiennent en elles-mêmes toute la propagande de l'idéologie capitaliste. Guy Debord observe que dans les années 1980 les deux formes de spectacle ont fusionné sous la forme du « spectaculaire intégré » : désormais, le spectacle n'est plus seulement dans la marchandise, les rapports sociaux auxquels elle prédispose ou dans la simple propagande du pouvoir, « désormais, le spectacle est présent partout. » Il régit tout dans les relations entre les personnes, puisque désormais tous les rapports sociaux tendent à devenir des rapports marchands : les rapports sociaux ne sont plus que des rapports de seuls signifiants, autrement dit de simulacres. Ils sont eux-mêmes des simulacres. Au-delà même des rapports sociaux, le spectaculaire intégré est présent dans les choix de l'architecture, la géographie, le modelage des paysages, des consciences, la falsification de la nourriture et même la dégradation de la nature (pollutions diverses, radioactivité, réchauffement climatique, organismes génétiquement modifiés). De nos jours, plusieurs organisations du mouvement altermondialiste puisent une partie de leurs idées dans la philosophie situationniste. Des groupes comme Antipub ou des écrivains comme Naomi Klein affirment s'inspirer des écrivains situationnistes.

La revue

L'Internationale situationniste produit ses travaux théoriques dans sa revue "Internationale situationniste" et surtout dans deux livres : "Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations" (1967), de Raoul Vaneigem et "La société du spectacle" (1967), de Guy Debord. La revue Internationale situationniste fut également rédigée par Guy Debord, Mohamed Dahou, Giuseppe Pinot-Gallizio, Maurice Wyckaert, Constant, Asger Jorn, Helmut Sturm, Attila Kotanyi, Jørgen Nash, Uwe Lausen, Raoul Vaneigem, Michèle Bernstein, Jeppesen Victor Martin, Jan Stijbosch, Alexander Trocchi, Théo Frey, Mustapha Khayati, Donald Nicholson-Smith, René Riesel, René Viénet, etc. 12 numéros furent publiés entre 1958 et 1969. Cette revue était un terrain d'expérimentation discursif et également un moyen de propagande. Tout en étant surtout un groupe de théoriciens, l'Internationale situationniste s'est illustrée par sa pratique dans deux occasions :
- À Strasbourg, en 1967, un an avant la grève généralisée en France, en "prenant le pouvoir" dans la section locale de l'UNEF, et en utilisant celle-ci pour éditer De la Misère en Milieu Etudiant qui allait connaître par la suite de multiples rééditions.
- À Paris lors de la grève générale de mai 1968, notamment par son appel à la grève générale du 16 mai"CAMARADES, L’usine Sud-Aviation de Nantes étant occupée depuis deux jours par les ouvriers et les étudiants de cette ville, le mouvement s’étendant aujourd’hui à plusieurs usines (N.M.P.P.-Paris, Renault-Cléon et autres), LE COMITÉ D’OCCUPATION DE LA SORBONNE appelle à l’occupation immédiate de toutes les usines en France et à la formation de Conseils ouvriers
-. Camarades, diffusez et reproduisez au plus vite cet appel. Sorbonne, 16 mai , 15 heures 30"'', lancé de la Sorbonne. En mai 68, l'Internationale situationniste s'élargit à travers le Comité Enragés-Situationnistes et surtout ensuite dans le Conseil pour le Maintien des Occupations (CMDO), qui donnera naissance à différents groupes "pro-situs". Lorsque le CMDO se dissout - les usines n'étant pas occupées - l'Internationale situationniste se reconstitue en tant que telle (groupe de théoriciens), avant de s'auto-dissoudre en pleine crise interne, après une série d'exclusion qui la ramenaient à sa plus simple expression. Plusieurs de ses ex-membres à commencer par Guy Debord auront un rôle majeur dans l'apparition des Editions Champ Libre. Les positions fondamentales développées dans l'Internationale situationniste peuvent se résumer par cet extrait de la Définition Minimum des Organisations Révolutionnaires, adoptée par la 7 conférence de l'Internationale situationniste et reproduite dans le n°11 de la revue : : Bien qu'auto-dissoute en 1972, l'Internationale situationniste reste aujourd'hui un mouvement peu ou mal étudié, notamment en raison de sa place significative dans l'histoire de la pensée de la politique et dans l'histoire des théories artistiques ainsi que par l'actualité de son discours critique. Les situationnistes ne reconnaissent pas non plus la propriété intellectuelle. Dans ce sens, n'importe qui pourra toujours se dire situationniste (ou disons, s'approprier et user théoriquement et pratiquement, ou idéologiquement, des idées situationnistes), à condition bien sûr de critiquer l'Internationale situationniste. Car un situationniste qui ne critiquerait pas les situationnistes n'en serait pas un : là réside la différence entre les situationnistes et ceux qu'ils dénonçaient eux-mêmes sous le terme de « pro-situs » (les adeptes de l'idéologie figés dans le « situationnisme »). En effet, le concept de « situationnisme » a toujours été dénoncé par les situationnistes, en tant qu'il sous-entendrait l'existence d'une idéologie situationniste avec ses dogmes et sa doctrine, ce qui est le contraire de la théorie situationniste, qui repose sur la critique permanente et le dépassement. En 1972, l'Internationale situationniste était devenue une forme d'organisation dépassée mais surtout à dépasser car, selon elle, elle avait achevé son rôle historique. Les membres de l'IS ont donc décidé de dissoudre leur organisation cette année-là. En 1974 et ensuite, des anciens membres exclus de l'Internationale situationniste ont alors créé l'Antinationale situationniste, les nexialistes, etc.

L'internationale situationniste (complément)

Dès le début des années 50, les situationnistes avaient entrepris la critique de la société marchande dans sa modernité même. Mais à l’encontre de certains penseurs tiers-mondistes de cette époque, ils plaçaient la lutte de classes au centre d'un mouvement subversif dont l'épicentre se situait dans les pays développés. En élaborant le programme d'une insurrection qui cherche ses causes et son point d'application au cœur même de la vie vécue par leurs contemporains, ils se proposaient d'actualiser le programme énoncé par le Manifeste du parti communiste (1848) de Karl Marx et Friedrich Engels, compris comme l'effacement du travail au profit d'un nouveau type d'activité libre, la fin du malheur historique, l'autogestion généralisée, l'avènement de la société des maitres sans esclaves, la réalisation de l'art. L'Internationale Situationniste se proclamait anti-hiérarchique et se présentait comme un exemple de communauté critique dont les membres étaient censés s'approprier égalitairement la critique unitaire de tous les aspects de la vie. En posant cette exigence de cohérence entre la vie réellement vécue et les idées proclamées, elle prétendait ramener le dessein subversif des artistes novateurs au cœur du projet révolutionnaire. Critiquant la nouvelle pauvreté dissimulée sous l'abondance de marchandises, elle prônait la décolonisation de la vie quotidienne dont elle pensait avoir identifié la misère présente comme le principal résultat du pauvre emploi des moyens techniques accumulés par le capitalisme moderne. Contre l'économie des besoins, elle revendiquait une économie du désir : « la société technicienne avec l'imagination de ce qu'on peut en faire ». S'attaquant également à l'idéologie, à la politique spécialisée et aux spécialistes en général, dénonçant le militantisme comme activité aliénée, se réjouissant de la dislocation des familles et de « la disparition du minimum de conventions communes entre les gens, et à plus forte raison entre les générations », s'identifiant « au désir le plus profond qui existe chez tous, en lui donnant toute licence (...) le seul désir de briser toutes les entraves de la vie », soucieux enfin de « fai(re) passer l'agressivité des blousons noirs sur le plan des idées », les situationnistes prétendaient inaugurer un style de vie, condition de participation à l'avant-garde. En développant leur programme de repassionnement de la vie, ils avaient conscience d'avancer sur le terrain de leurs ennemis, gestionnaires, modernisateurs et publicitaires de la société marchande. Mais ils espéraient les prendre de vitesse et voir venir à eux les forces pratiques de la nouvelle insurrection. Pour l'Internationale Situationniste, qui avait prévu le retour de la subversion dans les métropoles du capitalisme développé et annonçait en 1966 le déclin et la chute de l'économie spectaculaire-marchande, le mouvement de Mai 68 était le prélude à l'assaut décisif du prolétariat. Ne prétendant rien de moins qu'à représenter l'expression théorique générale d'un mouvement historique, mais visant explicitement dans sa victoire sa propre fin en tant qu'organisation séparée, elle s'est finalement dissoute au moment même où ses idées rencontraient le plus de succès.

Critique(s) (des) situationnistes

Partisans radicaux contre le travail aliéné (et aliénant) et le spectacle en tant que rapport social entre des personnes, médiatisé par des images, l’IS se refusa à toute aliénation de l’individu et étant un groupe prônant la libération de celui-ci, ils se refusèrent à toutes propositions formelles pouvant le diriger, ce qui fût vivement critiqué par d’autres mouvements de l’ultra-gauche (le maoïsme ou le structuralisme) Leurs critiques tant sur cette société que sur ceux qui la combattent furent cinglantes et « avant-gardistes » (à cette époque, les critiques marxistes et anarchistes étaient totalement décalées car elles puisaient leurs sources de dogmes datant de plus de 100 ans), poussant au radicalisme la critique et l’action. Aujourd’hui certaines personnes venant de tous milieux récupèrent Debord mettant en avant sa personnalité et son style d’écriture, annihilant sa pensée. On a ainsi vu expositions et ouvrages littéraires dans certains lieux comme le Centre Pompidou (type d’institution ultra critiqué par les situationnistes). De plus, de nombreux conseillistes continuent à se dire situationnistes. Certains pensent cependant qu'il est abusif de se déclarer comme tel aujourd'hui et que cela revient à une récupération du mouvement, dénoncée dès l'origine (l’IS voulait un dépassement de leur pensée et non la dogmatiser). Depuis les années 1970, les thèses situationnistes ont été critiquées par le reste de l'ultra-gauche. Cette critique dénonce plusieurs aspects du discours et des pratiques des situationnistes, notamment leurs origines bourgeoises, leur intellectualisme, leur ésotérisme, leur élitisme et leur moralisme supposés.

Citations situationnistes

- « Nous pensons d'abord qu'il faut changer le monde. Nous voulons le changement le plus libérateur de la société et de la vie où nous nous trouvons enfermés. » (Guy Debord)
- « Ne travaillez jamais. » (Guy Debord)
- « La bureaucratie révolutionnaire qui dirigeait le prolétariat, en s'emparant de l'État, donna à la société une nouvelle domination de classe. » (Guy Debord, 1967)
- « La révolution cesse dès l'instant où il faut se sacrifier pour elle. » (Raoul Vaneigem, 1967).
- « Il n’est pas une arme de ta volonté individuelle qui, maniée par d’autres, ne se retourne aussitôt contre toi. » (Raoul Vaneigem, Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations, 1967)
À côté des masturbations collectives : idéologie, illusion d’être ensemble, éthique du troupeau, opium du peuple, il y a toute la gamme des produits marginaux, à la frontière du licite et de l’illicite : idéologie individuelle, obsession, monomanie, passion unique, donc aliénante, drogue et ses substituts (alcool, illusion de la vitesse et du changement rapide, sensation rare…) » (Raoul Vaneigem, Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations, 1967)
Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu'il y a de subversif dans l'amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.»(Raoul Vaneigem, Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations, 1967)
L'égalité révolutionnaire sera indissolublement individuelle et collective. » (Raoul Vaneigem)
- « Le travail est ce que l'homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa vie. » (Raoul Vaneigem)
Le vieux schéma de la contradiction entre forces productives et rapports de production ne doit certes plus se comprendre comme une condamnation automatique à court terme de la production capitaliste qui stagnerait et deviendrait incapable de continuer son développement. Mais cette contradiction doit se lire comme la condamnation (dont il reste à tenter l'exécution avec les armes qu'il faudra) du développement à la fois mesquin et dangereux que se ménage l'auto-régulation de cette production, en regard du grandiose développement possible qui s'appuierait sur la présente infrastructure économique.» (Internationale Situationniste, 1963)
...le seul but d'une organisation révolutionnaire est l'abolition des classes existantes par une voie qui n'entraîne pas une nouvelle division de la société, nous qualifions de révolutionnaire toute organisation qui poursuit avec conséquence la réalisation internationale du pouvoir absolu des Conseils Ouvriers tel qu'il a été esquissé par l'expérience des révolutions prolétariennes de ce siècle.» (René Riesel,

La « mouvance » situationniste

Membres de l'Internationale situationniste

- Guy Debord
- Raoul Vaneigem
- René Riesel
- Voir la liste complète des membres de l'Internationale situationniste

Compagnons de route

Le nom du sinologue Simon Leys est souvent associé au mouvement situationniste, deux de ses livres étant venus confirmer l'analyse de ce mouvement envers le système politique chinois : Les Habits neufs du président Mao et Ombres chinoises. Le style même de ces titres se situe d'ailleurs en ligne avec l'esprit de ce mouvement.

Les « situationnistes » après l'IS

Un certain nombre de groupes et de publications plus ou moins situs ou post-situs sont apparus après l'autodissolution de l'IS :
- Institut de préhistoire contemporaine : fondé par Jean-Pierre Voyer
- L'Assommoir, revue fondée par Roger Langlais et Bernard Pécheur (7 numéros, 1978-1985) Roger Langlais avait fait paraitre à Charenton, en 1970, Fin de l'ère chrétienne (aCCFR ; aIIHS ; IFHS ; B.N., 8° R. Pièce 28130). Cf. Pascal Dumontier, Les Situationnistes et mai 68. Théorie et pratique de la révolution (1966-1972), Editions Gérard Lebovici, 1990, 227 ; Pascal Dumontier fait figurer Fin de l'ère chrétienne, avec un lieu d’édition erroné, dans les «Sources écrites du mouvement situationniste» ; cf. aussi, parmi d'autres publications, le Bulletin du Centre international de recherches sur l’anarchisme, n°21, Genève, C.I.R.A., automne 1970, 12 ; et Laurent Chollet, L’Insurrection situationniste, Dagorno, 2000, 39.
- Les Fossoyeurs du Vieux Monde (1981) : squat et actions émeutières, occupations d'usines
- L'Encyclopédie Des Nuisances (1984) : courant anti-industriel
- La Bibliothèque des Emeutes (1990-1995)
- Le Jeu Révolutionnaire (1996)
- L'Achèvement (1996)
- Tiqqun (1998) : projet communautaire autonome

Annexes

Bibliographie

Textes situationnistes

- Un recueil de la revue Potlatch (Internationale lettriste) a été publié par les éditions Gérard Lebovici en 1985. 2 édition par Gallimard en 1996.
- Le recueil des douze numéros de la revue Internationale situationniste a été republié chez Van Gennep, Amsterdam, dans les années 1970 et en 1975 chez Champ libre (en 1997, Artheme Fayard réédite le même recueil).
- Les éditions Denoël publient depuis 2000 la revue Archives et documents situationnistes.
- Internazionale Situazionista, Ecrits complets de la Section italienne de l'internationale situationniste, traduits de l'italien par Joël Gayraud et Luc Mercier, Contre-Moule, Paris, 1988.
- Archives situationnistes, Contre-Moule Parallèles, 1997.
- Textes et documents situationnistes, Allia, 2003.
- 1948-1957 : Documents relatifs à la fondation de l'internationale situationniste, Allia.
- , Champ Libre. 1 édition en 1966, A.F.G.E.S.
- Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations, Gallimard, coll. « Témoins » 1968 (réed. 1998).
- La véritable scission dans l'Internationale, circulaire publique de Internationale Situationniste , Champ libre, 1972 (réed. Fayard 1998)
- Guy Debord, La société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967 (réed. Champ Libre 1971, Gallimard 1992).
- Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, Gérard Lebovici, 1988 (réed. Gallimard 1992).
- Guy Debord, Panégyrique :
-Tome premier, Gérard Lebovici, 1989 (réed. Gallimard 1993)
-Tome second, Fayard, 1997. Achevé en 1990.
- Guy Debord, Considérations sur l'assassinat de Gérard Lebovici, Gérard Lebovici, 1985 (réed. Gallimard 1993).
- Guy Debord, Cette mauvaise réputation…, Gallimard, 1993.
- Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, Gallimard, 1967.
- Raoul Vaneigem (alias Ratgeb), , 10/18, 1974.

Sur les situationnistes

- Laurent Chollet, Les situationnistes, l'utopie incarnée, Découvertes Gallimard, 2004.
- Pascal Dumontier, Les situationnistes et mai 1968: théorie et pratique de la révolution, Gérard Lebovici, 1990.
- Thomas Genty, , Zanzara athée, 1998.
- Sergio Ghirardi, Nous n'avons pas peur des ruines : les situationnistes et notre temps, L'insomniaque, 2004.
- Jean-Jacques Raspaud et Jean-Pierre Voyer, L'Internationale situationniste : protagonistes, chronologie, bibliographie, index des noms insultés, Champ libre, 1972.
- Jean-François Martos, Histoire de l'Internationale situationniste, Gérard Lebovici, 1989 (réed. Ivrea 1995).
- Gianfranco Sanguinetti, Du terrorisme et de l'État, Le fin mot de l'histoire, 1980.
- Gianfranco Marelli, L'amère victoire du situationnisme Sulliver, 1998.
- Patrick Cardon: « Histoire d'une revue: Le Fléau Social (France, 1972-74), Le mariage des situs et des pédés », un texte qui analyse la lutte du Groupe 5 du Front Homosexuel Révolutionnaire (F.H.A.R) au regard de la philosophie de l'IS.
- T. J. Clark et Donald Nicholson-smith, Pourquoi l'art ne peut pas tuer l'Internationale situationniste, Egrégores éditions, 2006.
- Fabien Danesi, Le mythe brisé de l'Internationale situationniste, Les presses du réel, 2007.
- Antoine Sausverd, « Trop feignants pour faire des dessins ? le détournement de bande dessinée par les situationnistes », dans L'Éprouvette n°3, L'Association, 2007, pp. 128-179.
- Yves Tenret, "Comment j'ai tué la troisième Internationale situationniste", Editions de la Différence, 2004.
- Marc Vachon, L'arpenteur de la ville : l'utopie urbaine situationniste et Patrick Straram, Triptyque éditions, 2003.
- Jean-Louis Violeau, Situations construites : « était situationniste celui qui s'employait à construire des situations » : 1952-1968, Sens & Tonka, 1998.
- Isidore Isou, « Contre l'Internationale situationniste », HC-D'ARTS, 2001. ===
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