Canne à sucre

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La canne à sucre (Saccharum) est un genre de plante de la famille des Poacées. Elle est cultivée pour ses tiges, dont on extrait du sucre. Avec un volume annuel de production supérieur à 1, 3 milliards de tonnesFAO, 2002., c'est la première plante cultivée au plan mondial. Elle fut jusqu'au début du la seule source importante de sucre. Nom scientifique : Saccharum officinarum L., famille des Poacées, sous-famille des Panicoideae, tribu des
Canne à sucre

La canne à sucre (Saccharum) est un genre de plante de la famille des Poacées. Elle est cultivée pour ses tiges, dont on extrait du sucre. Avec un volume annuel de production supérieur à 1, 3 milliards de tonnesFAO, 2002., c'est la première plante cultivée au plan mondial. Elle fut jusqu'au début du la seule source importante de sucre. Nom scientifique : Saccharum officinarum L., famille des Poacées, sous-famille des Panicoideae, tribu des Andropogoneae.

Description

La canne à sucre dans une serre du Kew Gardens La canne à sucre est une grande graminée tropicale herbacée à port de roseau, d'une hauteur allant de 2, 5 à 6 mètres. Les tiges, d'un diamètre de 1, 5 à 6 cm, sont pleines (contrairement à la plupart des autres Graminées, la moelle ne se résorbe pas). Les feuilles, alternes, sont réparties en deux files opposées, ont un limbe de 1 m de long environ sur 2 à 10 cm de large. Elles sont au nombre de dix sur les plantes en pleine croissance, la partie inférieure de la tige se dénudant au fur et à mesure que les feuilles basses se dessèchent. L'inflorescence est une panicule terminale de cinquante centimètres à un mètre de long. En culture la canne est généralement coupée avant floraison. C'est une plante vivace par sa souche rhizomateuse.

Origine et distribution

La plante n'existe plus à l'état sauvage. Sa contrée d'origine serait l'archipel de la Nouvelle-Guinée, d'où elle aurait été répandue par l'homme d'abord dans toutes les îles du Pacifique et dans l'océan Indien jusqu'en Malaisie, ou bien dans la péninsule indochinoise. Sa diffusion pourrait être liée à l'expansion des Austronésiens à travers l'Asie du Sud-Est insulaire et le Pacifique. Des différentes espèces présentes dans ces régions, Saccharum officinarum est celle qui a été domestiquée. Elle a ensuite été croisée avec les espèces sauvages (Saccharum robustum, Saccharum barberi, Saccharum spontaneum et Saccharum sinense) pour améliorer son rendement en sucre et sa résistance aux différents climatsCIRAD, Analyse cytogénétique de la canne à sucre . Aujourd'hui, elle est cultivée dans tous les pays tropicaux ou tempérés chauds de l'Ancien et du Nouveau Monde.

Culture

L'aire de culture de la canne à sucre s'étend de 35° de latitude nord à 30° de latitude sud. La multiplication se fait par boutures. Ces boutures sont des morceaux de cannes de 30 centimètres de long environ portant plusieurs nœuds avec des bourgeons bien constitués. La récolte intervient au bout de onze mois après la plantation, avant la floraison. Les cannes sont coupées au ras du sol, la concentration en sucre étant maximale dans la partie basse de la tige. La partie supérieure est éliminée sur le champ (on peut y tailler des boutures), ainsi que les feuilles. Les souches émettant de nouvelles tiges, une seconde récolte est possible au bout d'un an, voire une troisième, mais la teneur en sucre a tendance à diminuer.

Traitement

Canne à sucre coupée et prête à être transformée La canne récoltée, sous forme de tronçons de tiges, est transportée dans une sucrerie pour être traitée. Les tiges sont broyées dans un moulin et produisent un liquide sucré, le vesou, et un résidu fibreux, la bagasse. Cette dernière est utilisée pour faire du papier, du carburant et de la nourriture pour le bétail, voire brûlée pour la production de chaleur et d'électricité, comme à la Réunion et à Maurice « », L'Express.. Le vesou est clarifié puis concentré pour extraire le sucre cristallisé brut, la cassonade. Ce sucre sera ensuite transformé en sucre blanc dans une raffinerie. Le résidu liquide, encore très sucré, noirâtre et visqueux, est la mélasse. Cette dernière peut être utilisée pour l'alimentation du bétail ou, après fermentation qui transformera le sucre en éthanol (alcool), distillée pour produire une eau de vie, le rhum (plus exactement le tafia) ou un Biocarburant. Le vesou est également distillé après fermentation pour obtenir le rhum agricole, ou de l’alcool pur servant de carburant aux véhicules (de façon de plus en plus importante au Brésil).

Fabrication du sucre de canne

Fibres de canne à sucre Broyage Fabrication du sucre Le sucre que renferment les tiges de canne est du saccharose. Ce saccharose est l'un des produits de la photosynthèse (transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique). La canne accumule ce sucre dans ses tiges comme réserve énergétique. La quantité de saccharose contenue dans la canne est en moyenne de 12 à 15 %. Pour extraire et concentrer ce sucre, la canne doit être soumise à un traitement qui s'est complexifié avec les années. Aujourd'hui, le processus s'est grandement mécanisé et permet d'obtenir un produit d'une grande pureté. Voici les principales opérations pour extraire le sucre de la canne :
- Préparation : d'abord, les cannes sont déchiquetées mécaniquement afin de faciliter le broyage.
- Extraction : les cannes sont broyées dans des moulins pour en extraire le jus (vesou). On obtient aussi la bagasse qui est le résidu fibreux.
- Clarification : le vesou qui contient un grand nombre d'impuretés est épuré par tamisage, par chauffage et par ajout de chaux (chaulage).
- Évaporation : le jus clair est chauffé à différentes températures dans des évaporateurs à pression réduite. L'eau s'élimine sous forme de vapeur et on obtient le sirop.
- Cristallisation : dans des chaudières, le sirop est chauffé à 55 °C et à pression réduite. Il se transforme en masse pâteuse, la masse cuite qui renferme des cristaux de sucre et un liquide visqueux appelé liqueur-mère.
- Malaxage-Turbinage : la masse cuite est malaxée et turbinée dans une centrifugeuse afin de séparer les cristaux de sucre et le sirop d'égout. On obtient le sucre de premier jet.
- Première reprise des égouts : les sirops d'égout sont malaxés et turbinés à nouveau pour obtenir le sucre de deuxième jet.
- Deuxième reprise des égouts : les sirops d'égout sont malaxés et turbinés une seconde fois. On obtient le sucre de troisième jet et la mélasse. Le sucre de troisième jet peut être refondu pour être mélangé en premier jet.
- Séchage : les cristaux de sucre sont séchés.
- Emballage : les cristaux de sucre sont finalement mis dans des sacs. Dans les pays producteurs, le sucre roux obtenu est souvent vendu et consommé tel quel. Pour obtenir le sucre blanc, le sucre roux doit subir une série d'opérations de raffinage en usine.

La méthode traditionnelle, dite du père Labat

Introduite en 1654 par les exilés hollandais en provenance du Brésil, la méthode traditionnelle de fabrication du sucre dans les habitations antillaises ne sera pratiquement pas modifiée pendant près de deux siècles. Cette méthode a été décrite avec beaucoup de précision par un moine dominicain, le père Jean-Baptiste Labat, au point qu'elle porte aujourd'hui son nom. Dans la méthode traditionnelle, la chaîne des opérations passe par une succession de six chaudières d'un mètre de diamètre environ, chacune possédant un nom et une fonction spécifiques : le jus de canne était d'abord recueilli dans la Grande, puis il passait dans la Propre où il était clarifié, dans le Flambeau où il était réduit une première fois, ensuite dans le Sirop et, enfin, le sirop obtenu terminait sa cuisson dans la Batterie. Une fois la cuisson terminée, on verse le sucre liquide dans de grands bacs en bois, les « rafraîchissoirs », où il se refroidit et se cristallise. Le sucre refroidi - ou masse cuite - est déposé dans des récipients percés de trous pour laisser couler le sirop. Au bout de quatre semaines, le sucre est purgé de tout son sirop et prêt pour être exporté. Le sirop est recueilli pour être distillé et produire du rhum.

Aspects économiques

Plus de cent pays sur 130 000 km en font pousser. Les vingt premiers ont récolté 1 218 millions de tonnes en 2003, soit 91% du total. Les plus gros producteurs sont le Brésil, l'Inde et la Chine. Récolte de la canne à sucre à Cuba NB : les États-Unis et la Chine sont aussi d'importants producteurs de betteraves à sucre. La concurrence du sucre de betterave est très forte. Sans soutien du pouvoir par des subventions, la récolte va décroire fortement dans les années prochaines. Le plus important producteur de sucre de canne européen est le groupe Quartier Français, dont le siège social se trouve à Sainte-Suzanne, à La Réunion.

Histoire

La canne à sucre est connue depuis la préhistoire (néolithique), et serait originaire de Nouvelle-Guinée ou d'Indochine. Sa culture s'est progressivement étendue aux îles avoisinantes, puis a gagné l'Inde et la Chine. L'extraction de sucre de canne est attestée en Chine environ six siècles avant Jésus-Christ. C'est l'expédition d'Alexandre le Grand jusqu'à l'Indus aux alentours de -325 qui la fit connaître la première fois aux Européens, on en retrouve la trace dans les écrits de Néarque. Elle fut importée en Perse vers le . À partir du , les Arabes l'introduisirent depuis la Perse dans l'ensemble des territoires qu'ils occupèrent, notamment à Chypre, en Crète, et jusqu'en Espagne au cours du . L'exploitation de ces grandes plantations est réalisée par des esclaves, mode de production qui persistera jusqu'à l'abolition de l'esclavage. L'occident va redécouvrir le sucre avec les croisades : la première apparition du mot en français date du , chez Chrétien de Troyes et il est emprunté à l'arabe. Ce produit reste dans un premier temps en Europe vendu par les apothicaires (d'où il tire son nom latin Saccharum officinarum). À partir du l'intensification du commerce, le goût du luxe et l'ascension de la nouvelle classe bourgeoise dans les villes répand son usage. Ce sont les villes marchandes italiennes, Venise et Gênes en premier, qui se livrent à ce fructueux commerce avec l'Orient. Le sucre y est acheté dans les comptoirs du Levant mais les commerçants italiens implantent aussi des colonies de plantation sur les bord de la mer noire et dans les îles méditerranéennes. La prise de Constantinople par les turcs donne un coup d'arrêt au commerce avec la Mer Noire et les villes italiennes se tournent alors vers d'autres centres de production et d'approvisionnement : la canne déjà cultivée dans les possessions méditerranéennes, Îles Baléares, Sud de l'Espagne et du Portugal est introduite dans les Nouvelles Îles atlantiques récemment découvertes (Îles Canaries) puis dans les conquêtes des Indes occidentales. La canne à sucre fut introduite dans les Antilles par Christophe Colomb lors de son second voyage en 1493, où grâce au climat favorable sa culture a rapidement prospéré. Cette culture qui nécessite une abondante main d'œuvre a alimenté le trafic des esclaves en provenance d'Afrique puis, une fois l'abolition de l'esclavage prononcée, le recours à l'engagisme. La propagation de la canne, qui se fait très facilement par boutures, atteint rapidement toute l'Amérique centrale, notamment Saint-Domingue, Cuba, le Mexique et la Louisiane. Tous les clones intialement introduit provenaient du bassin méditerranéen, mais au cours du XIXe siècle de nouvelles introductions ont été faites depuis Tahiti et Java. La fameuse expédition du Bounty commandée par le capitaine Bligh en 1787-1789 avait pour objectif de rapporter de Tahiti jusqu'à la Jamaïque des bouture de canne à sucre et d'arbre à pain. Au , la culture de la canne est généralisée dans les colonies françaises. Montesquieu, dans De l'esprit des lois, justifie avec sarcasme l'utilisation des esclaves par : « Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait cultiver la plante par des esclaves. » La révolution française perturba le transport maritime du sucre issu de la canne avec les colonies. Puis au début du , le Blocus continental instauré par l'empire napoléonien contre l'Angleterre provoqua une flambée des prix. Le sucre de betterave fut alors développé et concurrence depuis la canne à sucre.

Les métiers liés à la canne à sucre (dans une habitation sucrière)

La culture de la canne à sucre demandait beaucoup de main-d'œuvre, de travailleurs agricoles. Voici quelques-uns des métiers recensés : ; Les sarcleurs, coupeurs et amarreuses : Comme les noms l'évoquent sarclaient les champs de canne, coupaient les cannes au moment de la récolte et les amarraient par tas pour faciliter le transport jusqu'à l'usine. ; Les ti-band' (petites bandes) : Ils étaient constituées par les enfants qui mettaient du fumier, enlevaient les feuilles sèches des cannes, marchaient devant les bœufs pour les guider, etc. ; Le commandeur : Il distribue les tâches, dirige, surveille et vérifie le travail dans les champs (c'était souvent un mulâtre). ; Le géreur (souvent un béké) : C'est lui qui faisait la gestion des propriétés agricoles et qui prenait les décisions. ; Le béké : Blanc créole descendant des familles venues des provinces de France s'installer aux Antilles aux XVIIe et XVIIIe siècle. ; L'économe : Il tient les finances, contrôle et gère le budget. C'est le bras droit du géreur. Pour conduire les cabrouets ou charrues à bœufs, il y avait : ; Le guide : Un enfant (le plus souvent) qui marchait devant les bœufs pour les diriger. ; Le conducteur : Il tenait et appuyait sur les bras de la charrue lors du labourage des champs. ; L'aiguillonneur : Il marchait à côté des bœufs armé d'un fouet ou d'une gaule munie d'un aiguillon d'acier et qui fouettait ou piquait les bêtes pour les faire avancer. Selon la taille de l'attelage, il pouvait y avoir deux aiguillonneurs.

Bibliographie

- , H. et D. Parisis, et B. Genet, préface d'Alain Buffon, Ed.Parisis, 2005, (220 pages), ISBN 2-9526427.

Références


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Voir aussi

- Usine de Beaufonds ===
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