Thomisme

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Le thomisme est un courant philosophique ouvert sur une théologie faisant référence à Saint Thomas d'Aquin. Une certaine forme de néo-thomisme s'est également développée au courant du XXème siècle. Saint Thomas d'Aquin, docteur de l'église catholique, (1225-1274)
Thomisme

Le thomisme est un courant philosophique ouvert sur une théologie faisant référence à Saint Thomas d'Aquin. Une certaine forme de néo-thomisme s'est également développée au courant du XXème siècle. Saint Thomas d'Aquin, docteur de l'église catholique, (1225-1274)

Histoire du thomisme

L'histoire du thomisme pose de difficiles problèmes de définition. Certains nient en effet l'unité de cette histoire, car il n'y aurait pas de critères certains pour distinguer ce qu'est un thomiste au sens strict : toutes les thèses fondamentales de Thomas furent à un moment soutenues ou rejetées par les thomistes. En outre, il est incontestable que de nombreux thomistes furent influencés par des courants philosophiques apparemment fort peu thomistes dans leurs fondements (par exemple par le criticisme). Le thomisme prend de nombreuses formes philosophiques et méthodologiques selon les périodes. Il reste toutefois le critère de base qui prend les bases et les axiomes de la philosophie de saint Thomas, car sa philosophie est considérée comme un réalisme extrêmement ouvert sur les avancées scientifiques et philosophiques qui ont pu survenir. Le dominicain Romanus Cessario propose les critères suivants (voir bibliographie) qui, s'ils sont contestables ou non exhaustifs, auront au moins le mérite de nous éclairer un peu sur le sujet :

Thèses philosophiques défendues par les thomistes

Dieu :
-Dieu est acte pur ;
-l'homme peut saisir l'existence de Dieu à partir des choses visibles ;
-cependant il est impossible pour un homme de saisir ce qu'est Dieu en lui même ; En philosophie de matière et de forme ;
-une seule forme substantielle actualise chaque corps physique ;
-l'individualisation d'un corps est réalisée par une matière déterminée ;
-les substances séparées sont dépourvues de tout principe d'individuation ;
-chaque créature est divisée en existence et essence ; Conception de l'homme :
-distinction dans les substances crées entre nature essentielle et activités de l'étant ;
-l'âme rationnelle est l'unique forme substantielle de l'être humain individuel. Ces thèses forment un réalisme métaphysique qui s'oppose nettement à l'idéalisme et au positivisme.

Périodes du thomisme

Attaque et défense du thomisme (-s)

Certaines thèses de la doctrine de Thomas sont condamnées trois ans après sa mort, en 1277, condamnations confirmées en 1284. Le franciscain Guillaume de La Mare rédige un Correctoire de Frère Thomas (1279), pour rectifier les thèses de Thomas en désaccord avec les thèses franciscaines. À partir de 1282, il sera permis de lire les œuvres de Thomas accompagnées de ces corrections. Procès de canonisation en 1319 et 1321 ; canonisation en 1323 ; en 1325, révocation des condamnations. Les écrits de Thomas devront être défendus contre l'augustinisme.

Les commentateurs (-)

Après la contre-réforme catholique du Concile de Trente, la scolastique connait un renouveau marqué par le retour aux grandes synthèses du XIIIe siècle, le thomisme en premier lieu. Ce retour au thomisme se marque par l'adoption définitive de la Somme théologique qui remplace le Livre des Sentences de Pierre Lombard comme manuel de théologie. Les centres de ce renouveau sont en Espagne ou au Portugal les universités de Salamanque, Alcala, Coïmbre. Le renouveau thomiste s'affirme d'abord chez les dominicains.
-Francisco de Vitoria et ses disciples:
-Domingo de Soto
-Melchor Cano
-Jean Ginès Sepulveda, adversaire de Vittoria. Chez les Jésuites :
-Ignace de Loyola choisit Thomas d'Aquin comme docteur officiel de son Ordre avec l'obligation de le suivre sur toutes les questions théologiques.
-Luis de Molina
-Pedro da Fonseca
-Gabriel Vasquès, auteur d'un commentaire sur la Somme théologique de Thomas d'Aquin. Dans ses Disputationes metaphysicae, il abandonne la distinction réelle entre essence et existence.
-Rodrigues Arriagi, auteur d'un volumineux Cours de théologie resté inachevé et d'un Cursus philosophicus où il se montre éclectique.
-Francisco Suarez, qui a "systématisé" en manuel la philosophie de Saint Thomas. Notons encore:
-Le Ferrarais
-Cajetan
-Antonius Trombeta, qui réfute Cajetan
-Jean de Saint-Thomas
-Goudin

Le thomisme à partir du milieu du XIXe siècle : le néothomisme

St Thomas d'Aquin (1225-1274) On peut schématiquement distinguer deux aspects du néothomisme au : d'une part la recherche historique thomiste, qui vise à établir la pensée authentique de Thomas ; d'autre part, l'instrumentalisation de certaines thèses thomistes contre la philosophie moderne (positivisme et matérialisme). En France, le néothomisme fut surtout représenté par Jacques Maritain L'enseignement catholique est alors fort peu thomiste et s'inspire de Descartes, de son doute et de ses preuves de l'existence de Dieu. Les manuels de philosophie sont des manuels de philosophie cartésienne. Le néothomisme est considéré comme une réponse à ce danger. À travers l'Europe s'effectue un retour au thomisme : retour à la scolastique en Allemagne, à la fin du , en réaction contre les doctrines postkantiennes ; en philosophie, on voit un renouveau de l'histoire de la philosophie médiévale ; en Italie, retour à la philosophie aristotélicothomiste. Mais on date le renaissance du thomisme à partir de l'encyclique Æterni Patris (« Sur la restauration dans les écoles catholiques de la philosophie chrétienne selon l'esprit du docteur angélique ») de Léon XIII en 1879, car le pape conseilla de suivre Thomas pour lutter contre les dangers de certains systèmes philosophiques, en pensant que la raison pouvait atteindre une vérité philosophique qui ne mettrait pas en danger la foi (voir article crise moderniste). Le 4 août 1880 Léon XIII déclare saint Thomas le patron des études dans les écoles catholiques (Cum hoc sit). Le 29 juin 1914, dans son motu proprio, le pape Pie X demande aux professeurs de philosophie catholique d'enseigner les principes du thomisme dans les universités et les collèges. Et cette même année, la Congrégation romaine des Séminaires et Universités promulgua une liste de 24 thèses thomistes considérées comme normæ directivæ tutæ. Après la mort de Pie X, Benoît XV fit réviser le Code de droit canonique, recommandant la doctrine de Thomas et approuvant les 24 thèses (1917). (Voir aussi : Les thèses de 1914 (texte en latin)) Thèses ontologiques :
-1. La puissance et l'acte divisent l'être de telle sorte que tout ce qui est est ou bien acte pur, ou bien composé nécessairement de puissance et d'acte comme principes premiers et intrinsèques.
-2. L'acte, parce qu'il est perfection, n'est limité que par la puissance, qui est une capacité de perfection. Par conséquent, dans l'ordre où l'acte est pur, il ne peut être qu'illimité et unique ; là où il est fini et multiple, il entre en véritable composition avec la puissance.
-3. C'est pourquoi dans la raison absolue de l'être même, Dieu seul subsiste, seul entièrement simple ; toutes les autres choses qui participent à l'être ont une nature qui restreint l'être, et sont constituées d'essence et d'existence, comme principes réellement distincts.
-4. L'être se dit de Dieu et des créatures, non pas d'une manière univoque ni d'une manière purement équivoque, mais d'une manière analogue, d'une analogie à la fois d'attribution et de proportionnalité.
-5. Il y a, en outre, dans toute créature, composition réelle du sujet subsistant avec les formes qui lui sont ajoutées secondairement, i.e. les accidents ; et cette composition ne se comprendrait pas si l'être n'était point reçu réellement dans une essence distincte de lui.
-6. Outre les accidents absolus, il y a aussi le relatif, qui est un rapport vers quelque chose. Bien que ce rapport vers un autre ne signifie pas selon sa raison propre quelque chose d'inhérent à un sujet, il a souvent sa cause dans les choses et par suite une entité réelle distincte du sujet.
-7. La créature spirituelle est tout à fait simple dans son essence.

Bibliographie

Etienne Gilson, Le Thomisme. Introduction à la philosophie de Saint Thomas d'Aquin, Coll. Etudes de philosophie médiévale, 1, paris, Librairie J. Vrin, 1948.

Voir aussi

- Projet Docteur Angélique, traduction et édition, téléchargement gratuit
- Thomas d'Aquin et thomisme
- Thomas d'Aquin
- Scolastique
- Métaphysique
- Histoire de la métaphysique
- Les thèses de 1914
- Encyclique Fides et ratio de Jean-Paul II Catégorie:Philosophie médiévale Catégorie:Courant religieux catholique Catégorie:Courant philosophique cs:Tomismus a novotomismus de:Thomismus en:Thomism et:Tomism fi:Tomismi ia:Thomismo lt:Tomizmas nl:Thomisme no:Thomisme pl:Tomizm pt:Tomismo ru:Неотомизм sk:Tomizmus sv:Thomism
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