Paul Reynaud

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Paul Reynaud, né le 15 octobre 1878 à Barcelonnette, décédé le 21 septembre 1966 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français.
Paul Reynaud

Paul Reynaud, né le 15 octobre 1878 à Barcelonnette, décédé le 21 septembre 1966 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français.

Un homme politique isolé dans la Troisième République

Diplômé de l'école des hautes études commerciales, avocat, Paul Reynaud épouse la fille de l'avocat Henri Robert puis se tourne assez vite vers le monde de la politique. Conseiller général Élu des Basses-Alpes à la Chambre des députés avec le Bloc national d'abord en 1919, il est battu par un communiste en 1924 puis est réélu de 1928 à 1940 comme député de Paris. Membre d'un parti de droite modérée, l'Alliance démocratique, il est plusieurs fois ministre sous la Troisième République et est en charge des portefeuilles des Finances, des Colonies et de la Justice. Il se spécialise vers deux domaines très différents, l'économie et la défense, pour lesquels il adopte tout de suite des positions hétérodoxes. Ainsi, il préconise une dévaluation du franc pour affronter la Crise de 1929, qui atteint la France en 1931 alors que l'opinion reste très attachée au mythe du franc-Poincaré depuis 1926. D'autre part, il est l'un des rares hommes politiques à se rallier à la stratégie des divisions blindées préconisée par le colonel de Gaulle dans son livre Vers l'Armée de métier. L'originalité de sa réflexion le marginalise au parlement. En 1938, même s'il vote la confiance au Parlement pour ratifier les accords de Munich, il est en rupture avec la ligne directrice de son parti et celle du Parti radical-socialiste d' Édouard Daladier sur ce sujet . Nommé ministre des finances en novembre 1938, il prend les mesures nécessaires pour permettre à la France d'affronter la guerre qui vient : dévaluation du franc, hausse des impôts, réarmement, économies drastiques sur d'autres postes. Un important redressement est ainsi acquis.

La Seconde Guerre mondiale

En septembre 1939, il déclare : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Interrogé après la fin de la guerre sur cette phrase, Paul Reynaud affirma avoir toujours eu en tête qu'il s'agirait d'une guerre mondiale, continuation de la première. Paul Reynaud est nommé, le 22 mars 1940, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères par Albert Lebrun. Il lance aussitôt l'expédition militaire en Norvège, après l'invasion du Danemark par le Reich; le but est d'interrompre l'approvisonnement de minerai de fer suédois vers l'Allemagne. Au parlement, Reynaud proclame : "la route du fer est coupée ! ". Le 9 mai 1940, devant la tournure que prennnent les événements, Paul Reynaud remet sa démission mais se rétracte devant l'insistance du Président Lebrun... et le début de l'offensive allemande aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, le 10 mai. Après le percée de Sedan, le 15 mai, qui voit les Panzerdivisionnen prendre à revers les armées franco-britanniques en Belgique, il prend tout de suite conscience de la gravité de la situation et téléphone à Chuchill pour lui dire que l'armée française est battue. Il reprend le portefeuille de la Guerre à Édouard Daladier et s'adjoint le maréchal Pétain le 18 mai comme vice-président, Georges Mandel, l'ancien chef de cabinet de Clemenceau, comme ministre de l'Intérieur, et le général Charles de Gaulle, pour lequel il a une grande estime, le 6 juin comme Sous-secrétaire d'État à la Guerre. Le 10 juin, en prévision de l'entrée des Allemands à Paris, les pouvoirs publics se réfugient à Tours puis à Bordeaux. L'affrontement entre les partisans de la continuation des combats (Mandel, De Gaulle) et les tenants d'un armistice (Pétain, Maxime Weygand), tourne à l'avantage des derniers.

La conférence de Briare

Après l’évacuation de franco-britanniques à Dunkerque (31 mai — 3 juin 1940), la Wehrmacht lance une offensive le 5 juin contre une armée française considérablement affaiblie, car tout le matériel a été perdu en Belgique et dans les Flandres. Le 10 juin, le gouvernement français abandonne la capitale, déclarée ville ouverte. Churchill et Eden débarquent impromptus à Briare pour conforter Paul Reynaud, le Maréchal Pétain et le général Weygand, ces deux derniers partisans d’un armistice rapide pour éviter l’anéantissement. Churchill remarque immédiatement le seul membre gouvernement français à ne pas sombrer dans le pessimisme total, le tout récent général de Gaulle, sous-secrétaire d’État à la Guerre. Comme Churchill, celui-ci raisonne en terme planétaire et ne limite pas ce conflit, désormais mondial, à un simple enjeu franco-allemand. D’emblée, le général Weygand exige l’intervention massive de la RAF seule susceptible de changer le cours de la bataille. Devant le refus de Churchill qui a un besoin absolu de ces 25 escadrilles de chasse pour la défense du Royaume-Uni, l’alliance franco-anglaise se brise. En effet, au nom de la parole donnée, Churchill exigeait de Paul Raynaud le maintien de la France dans la guerre, mais au nom de l’intérêt suprême de l’Angleterre, refusait de mettre tous ses moyens militaires dans la bataille.

L'Armistice

Paul Reynaud tente alors de persuader Weygand de faire capituler ce qui reste de l'armée en métropole et de transférer la flotte et l'aviation en Afrique du Nord pour continuer la guerre. Weygand s'y oppose absolument au nom de "l' honneur de l'armée" et avance un argument militaire, il n'existe aucune installation industrielle quelconque en Afrique du Nord pour continuer la guerre et un argument politique, c'est le gouvernement qui a pris da décision de la guerre, c'est lui qui va prendre la décision de l'arrêter ; comme argument surabondant, Weygand rajoute que tout le monde aura oublié Paul Reynaud dans les six mois à venir s'il quitte la France, à cause de l'instabilité ministérielle qui caractérise le régime. Paul Reynaud n'est pas soutenu par le conseil des ministres et n'a pas voulu trancher dans le vif ce débat en révoquant Weygand. La démission de Paul Reynaud et son remplacement par le Maréchal Pétain, pour demander un armistice au Reich devint donc inévitable (16/17 juin). Jean Monnet, depuis Londres où le tout récent général de Gaulle s'est rendu, imagine et propose à Reynaud le projet d'Union Franco-Britannique, qui fusionnerait les nations et institutions françaises et britanniques pour continuer la guerre. Alors, après l'échec le 16 juin 1940 de ce projet défendu par Winston Churchill et Charles de Gaulle, et face au progressif ralliement des membres de son gouvernement à la demande du Maréchal Pétain de demander les conditions d'armistice, Paul Reynaud présente sa démission au Président Lebrun qui l'accepte. Le Maréchal Pétain, nommé chef du gouvernement, propose à Reynaud le poste d'ambassadeur auprès des États-Unis que celui-ci refuse. Finalement, le 5 septembre 1940, il est interné sur ordre de Pétain au château de Chazeron, comme étant l'un des responsables de la défaite, il est ensuite pris par les Allemands. Emprisonné au camp d'Oranienburg, il est dans un second temps (de 1943 à 1945) gardé prisonnier dans le Tyrol.

anecdote

Paul Reynaud avait pour maîtresse Hélène des Portes, femme d'influence. Quand celle-ci apprit le projet d'Union Franco-Britannique, elle écrivit aussitôt à son amant un mot qui lui disait, à ce propos : " j'espère que vous n'allez pas jouer les Isabeau de Bavière ! ". En effet, Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, favorisa en 1420, la signature du traité de Troyes, pour mettre le Roi d'Angleterre Henry V sur le trône de France.

L'après guerre

De 1946 à 1958, Paul Reynaud est réélu député du Nord. Il devient ministre de l'Économie nationale et des Finances en 1948. Resté veuf en juin 1940 après le décès de sa femme suite à un accident de voiture, il se remarie à 71 ans en 1959 et aura 3 autres enfants. Rallié aux conceptions institutionnelles du Général Charles de Gaulle en 1958, il préside le comité consultatif constitutionnel. Il rompt avec De Gaulle en 1962 et est battu par Jules Houcke (UNR) en novembre 1962 après s'être opposé à l'élection du président de la République au suffrage universel (référendum du 28 octobre 1962). Puis, il soutient Jean Lecanuet lors de l'élection présidentielle de 1965. Il meurt le 21 septembre 1966 à Neuilly sur Seine en nous laissant ses mémoires. Très rancunier, le général de Gaulle ne lui accorde pas d'obsèques nationales et interdit à ses ministres d'y assister. Paul Reynaud l'auteur de différents essais, dont
Le problème militaire français
, la France a sauvé l'Europe ou encore Au cœur de la mêlée.

Bibliographie

- Paul Reynaud : 1878-1966 : un indépendant en politique / Thibault Tellier. - Paris : Fayard, 2005. - 887 p. ; 24 cm. - (Pour une histoire du XXe siècle). - ISBN 2-213-62314-7 Catégorie:Ministre français de l'Outre-mer Catégorie:Personnalité de la Troisième République Catégorie:Personnalité de l'Alliance démocratique Catégorie:Personnalité du Centre national des indépendants et paysans Catégorie:Chef d'État ou de gouvernement de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Président du Conseil de la Troisième République Catégorie:Député de la Troisième République française Catégorie:Député de la Quatrième République française Catégorie:Ancien député de la Cinquième République Catégorie:Ancien élève des Hautes études commerciales (Paris) Catégorie:Vallée de l'Ubaye Catégorie:Naissance en 1878 Catégorie:Décès en 1966 bg:Пол Рейнод de:Paul Reynaud en:Paul Reynaud es:Paul Reynaud he:פול ריינו it:Paul Reynaud ja:ポール・レイノー la:Paulus Reynaud mr:पॉल रेनॉ nl:Paul Reynaud pl:Paul Reynaud pt:Paul Reynaud ro:Paul Reynaud sv:Paul Reynaud zh:保罗·雷诺
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