Académie des Jeux floraux

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Dame Clémence Isaure par Jules Joseph Lefebvre L'Académie des Jeux floraux est une société littéraire fondée à Toulouse au Moyen Âge, sans doute la plus ancienne du monde occidental. Elle doit son nom aux jeux floraux, fêtes célébrées à Rome en l'honneur de la déesse Flore. Lors de concours qui ont lieu chaque année, les membres de l'Académie, appelés « mainteneurs », récompensent les auteurs des meilleures poésies. Ces récompenses revêtent la forme de cin
Académie des Jeux floraux

Dame Clémence Isaure par Jules Joseph Lefebvre L'Académie des Jeux floraux est une société littéraire fondée à Toulouse au Moyen Âge, sans doute la plus ancienne du monde occidental. Elle doit son nom aux jeux floraux, fêtes célébrées à Rome en l'honneur de la déesse Flore. Lors de concours qui ont lieu chaque année, les membres de l'Académie, appelés « mainteneurs », récompensent les auteurs des meilleures poésies. Ces récompenses revêtent la forme de cinq fleurs d'or ou d'argent : la violette, l'églantine, le souci, l'amarante et le lys. Celle ou celui qui reçoit trois de ces fleurs porte le titre de « maître ès jeux ».

Historique

Origine

L'institution fut fondée en 1323 par plusieurs poètes qui se réunirent pour former ce qu'on appela le Collège de la Gaie Science. Soucieux de rétablir un certain lyrisme après la croisade contre les albigeois au , de riches bourgeois toulousains organisèrent un concours littéraire en langue d'oc, récompensant chaque année un troubadour d'une violette dorée à l'or fin. Le premier concours de poésie eut lieu le . Se déroulant tout d'abord au Verger des Augustines, cette compétition devînt peu après une fête locale financée par les Capitouls. Statue au Jardin du Luxembourg
En 1515, des différends éclatent entre le Consistoire du Gai Savoir et les Capitouls. Les membres du Consistoire décidèrent alors de prendre leur indépendance : ils changèrent le nom de la société en Compagnie des Jeux floraux et réclamèrent à la municipalité le financement de leur manifestation. Pour appuyer leur demande, ils créèrent le personnage de Clémence Isaure, dont ils racontèrent qu'elle avait légué tous ses biens à la ville à condition que les Jeux floraux y soient organisés chaque année. Afin de convaincre les magistrats, ils utilisèrent la sépulture de Bertrande Ysalguier, dont la statue expose dans ses mains jointes un iris symbolisant les fleurs de la Gaie Science. Parallèlement, ils lui inventèrent un passé, créant des archives de toute pièce. Cette statue sera modifiée un siècle plus tard afin de coller à la légende : la tête est remplacée, des fleurs sont substituées au chapelet dans la main droite, la charte des Jeux floraux est placée dans la main gauche, et le lion est supprimé.
En 1694, sous l'impulsion de Simon de La Loubère, la Compagnie des Jeux floraux devînt l'Académie des Jeux floraux, nom qu'elle a gardé jusqu'à aujourd'hui. Louis XIV édicta les statuts de l'Académie, qui seront modifiés plusieurs fois par la suite. La langue des poèmes soumis à concours devient le français.
Par lettres patentes du mois de mai 1725, le nombre des mainteneurs est porté de trente-six à quarante. De nouvelles lettres patentes datées du 28 septembre 1743 permettent la délivrance de lettres de maîtrise aux religieux qui obtiennent trois prix lors des quatre concours annuels. Cette organisation est en partie remaniée par un édit de 1773. Le , Monsieur, frère du roi Louis XVI et futur roi Louis XVIII, assiste à une séance de l'Académie et entend la lecture de trois odes de Géraud Valet de Réganhac, maître ès jeux depuis 1759. Peu après, la période révolutionnaire entraîna la dispersion des membres de l'Académie et la suspension de ses activités.
Rétablie officiellement en 1806, l'Académie des Jeux floraux continua tout au long du à être régie, malgré quelques changements mineurs à son règlement, par les statuts de 1694. Depuis 1894, elle se réunit à l'hôtel d'Assézat, où se trouve la fameuse statue de Clémence Isaure, et elle continue d'attribuer des prix littéraires. Chaque 3 mai, on fait l'éloge de l'inspiratrice et bienfaitrice des poètes dans la basilique de la Daurade, et on y bénit les fleurs du concours.

Mainteneurs et maîtres ès jeux

:Voir la liste des mainteneurs depuis 1694. Les mainteneurs de l'Académie sont choisis exclusivement parmi des personnes domiciliées à Toulouse ou dans ses environs immédiats. La première femme mainteneur, Lise Enjalbert, n'a été élue qu'en 2005. Les maîtres ès jeux, dont le lieu de résidence est libre et le nombre n'est pas limité, peuvent être aussi bien des femmes ou des hommes. On compte parmi eux Ronsard, Marmontel, Chateaubriand, Voltaire, Fabre d'Églantine, Alfred de Vigny, Victor Hugo, Frédéric Mistral, Carmen Sylva, Stéphen Liégeard.

Bibliographie

-Axel Duboul, Les Deux Siècles de l'Académie des Jeux floraux (2 volumes, 1901)
-François de Gélis, Histoire critique des Jeux floraux depuis leur origine jusqu'à leur transformation en académie (1323-1694) (1912). Réédition : Slatkine, 1981. ==
Sujets connexes
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