L'École d'Athènes

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L'École d'Athènes est une fresque du peintre italien Raphaël (il a signé dans le cou d'un des personnages, Euclide). Réalisée en 1511, elle possède des dimensions impressionnantes : 770 sur 440 cm, dont une partie arrondie de 770 sur 250 cm. Elle est exposée à la chambre de la Signature des musées du Vatican. Les couleurs dominantes sont l'ocre, le beige et le pastel. L'orange et le bleu sont complémentaires dans cette peinture. L'utilisation de la
L'École d'Athènes

L'École d'Athènes est une fresque du peintre italien Raphaël (il a signé dans le cou d'un des personnages, Euclide). Réalisée en 1511, elle possède des dimensions impressionnantes : 770 sur 440 cm, dont une partie arrondie de 770 sur 250 cm. Elle est exposée à la chambre de la Signature des musées du Vatican. Les couleurs dominantes sont l'ocre, le beige et le pastel. L'orange et le bleu sont complémentaires dans cette peinture. L'utilisation de la lumière et de l'ombre sont, à l'époque, une particularité. Le nom original est aujourd'hui inconnu et ce n'est qu'au que les spécialistes lui ont donné le nom actuel.

Place dans la chambre de la Signature

La "Stanza" était l'endroit, au début du siècle, où le pape signait ses brèves et ses bulles d'où le nom de " Chambre de la Signature". Puis, toujours dans les premières années du siècle, était, selon Cuzin et de nombreux historiens de l'art, la bibliothèque privée du pape. D'ailleurs, la construction et la distribution de la chambre s'inscrit parfaitement dans la tradition des bibliothèque de l'époque. La tradition voulait que sur chaque mur de la pièce soit représenté les idées platoniciennes. L'ambition de Raphaël était de composer une vaste synthèse sur l'idéologie antique et profane, et la pensée chrétienne de la Renaissance. L'École d'Athènes, qui symbolise la philosophie et la recherche du Vrai, est en opposition avec la fresque La Dispute du Saint-Sacrement, elle aussi peinte par Raphaël et qui représente la victoire de la théologie sur la pensée antique. Le troisième mur est consacré à la Justice tandis que la dernière paroi symbolise la poésie. Jules II se pensait en effet investi des missions temporelles et spirituelles et il voulait ainsi célébrer l'accord entre la Foi et la Raison, voire la victoire de la première sur la seconde.

Description

Détail des personnages : 1 : Zénon de Citium ou Zénon d'Élée – 2 : Épicure – 3 : Frédéric II de Mantoue – 4 : Boèce ou Anaximandre ou Empédocle – 5 : Averroès – 6 : Pythagore – 7 : Alcibiade ou Alexandre le Grand – 8 : Antisthène ou Xénophon – 9 : Hypatie ou Francesco Maria I della Rovere – 10 : Eschine ou Xénophon – 11 : Parménide – 12 : Socrate – 13 : Héraclite (sous les traits de Michel-Ange) – 14 : Platon tenant le Timée (sous les traits de Léonard de Vinci) – 15 : Aristote tenant l’Éthique – 16 : Diogène de Sinope – 17 : Plotin – 18 : Euclide ou Archimède entouré d'étudiants (sous les traits de Bramante) ? – 19 : Strabon ou Zoroastre – 20 : Ptolémée – R : Raphaël en Apelle – 21 : Le Sodoma Quentin Augustine (Le Protogène) Cette illustration de la Philosophie permet à Raphaël de rassembler les figures majeures de la pensée antique à l'intérieur d'un temple idéal, inspiré du projet de Bramante pour la réalisation de la basilique paléochrétienne de Saint-Pierre à Rome. Il les incarne par les illustres artistes de son temps (et de lui-même) faisant ainsi de la Rome moderne l'équivalent de la Grèce antique. La peinture compte cinquante-huit personnages qui se regroupent aux premier et deuxième plans. On peut diviser cette fresque en six grandes parties : trois niveaux horizontaux et deux verticaux.

Au premier plan

Héraclite d'Éphèse, philosophe pessimiste Au premier plan, du centre de la fresque vers l’extrémité gauche, se trouve le groupe des « Théoriciens » : Héraclite , le philosophe pessimiste, est isolé des autres (à cause de son mauvais caractère) et s’appuie sur un bloc de marbre, pour écrire son nouveau traité. Il est ici représenté sous les traits de Michel-Ange (qui travaille à l’époque à la chapelle Sixtine), lui aussi connu pour son caractère brutal et changeant. Parménide, lui, se dresse derrière Héraclite et semble contester la démonstration de Pythagore. Ce dernier, assis avec un livre, un encrier et un crayon, est en train d’annoter ses impressions sur la figure représentée sur l'ardoise noire à ses pieds. Ce diagramme montre les rapports mathématiques qu’il y a entre l’harmonie de la musique et les lois mathématiques (epogdoon). Dans le dos de Parménide, le jeune homme vêtu d'une toge blanche est François Marie Della Rovere, futur duc d'Urbin. Pythagore annote ses impressions Épicure, couronné de pampres Pythagore est entouré de trois disciples, dont Averroès, reconnaissable à son turban blanc, connu pour avoir ouvert le monde chrétien aux connaissances orientales et musulmanes. Plus à gauche, Épicure, couronné de pampres, écrit sur un livre, et est appuyé sur un petit chapiteau. Selon certains, ce personnage serait Bacchus enlacé par Morphée, endormie derrière lui. Dans le dos d'Épicure, l'enfant aux cheveux bouclés est Frédéric de Mantoue alors en otage à la cour de Jules II. Enfin, à l’extrême gauche, se trouvent un vieillard barbu (Zénon) et un nouveau-né. Ils symbolisent la naissance de la vérité (l’enfant) et la sagesse et l’expérience du vieil homme. Tous ces personnages se trouvent à la diagonale de la déesse Minerve, la déesse de l’intelligence et du savoir. Diogène de Sinope, philosophe cynique Au centre, légèrement à droite, le personnage allongé sur les marches est le philosophe cynique Diogène de Sinope. Il a devant lui une feuille vierge et tient dans sa main droite une écuelle, symbole que la faim intellectuelle est moins importante dans la vie que la faim physique. Il est isolé des autres personnages, car dans sa vie, il s’est isolé des hommes et a toujours refusé les hommages et les honneurs que ses contemporains lui offraient. En bas à droite, il s’agit du groupe des « Empiriques » : Euclide (ou Archimède), sous les traits de Bramante, se tient penché en train de démontrer avec un compas son nouveau théorème, tandis que les quatre garçons qui l’entourent se montrent intéressés voire enthousiastes. Raphaël profite de la position de cette personne pour signer dans le galon du cou son œuvre. Ptolémée d’Alexandrie, vêtu d’un manteau orange sombre et de dos, soutient le globe terrestre (la géographie) tandis que son interlocuteur, Zoroastre soutient une sphère céleste (astronomie). Raphaël réalise son autoportrait à droite de Ptolémée et regarde fixement le spectateur. Pérugin, son maître, (ou le Sodoma, son ami) écoute attentivement les explications de Ptolémée.

Au deuxième plan

sensible et immanent : rationalisme et empirisme Platon et son Timée désigne le Ciel, arrière-monde des Idées (idéal platonicien transcendant le réel) Au deuxième plan, au centre et au point de fuite de la peinture, sont représentés les philosophes Platon et Aristote. Ceux-ci portent la toge romaine et ont une attitude majestueuse. Platon tient dans sa main l'un de ses dialoguesSocrate et son disciple Platon avaient l'habitude d'enseigner leur philosophie en marchant dans un jardin en conversant avec leurs élèves., qui s'appelle le Timée tandis qu'Aristote a son Éthique à la main. Les gestes des deux philosophes - le premier tend sa main vers le ciel tandis que le second désigne la terre - offrent une représentation symbolique de leurs conceptions philosophiques. Raphaël marque ici clairement l'opposition entre la théorie platonicienne des idées (qui explique les origines du monde) et le rationalisme et l'empirisme prônés par Aristote. Platon est représenté sous les traits de Léonard de Vinci, ce dernier étant venu au Vatican à la recherche d'un travail. Dans l'attroupement à gauche de Platon, se trouve Socrate, le maître de Platon. Le chef athénien Alcibiade ou Alexandre le Grand (qui fut lui-même élève d'Aristote), en soldat romain, ainsi que le poète Xénophon (en bleu), discutent avec Socrate, qui semble compter sur ses doigts des arguments de sa dialectique, procédé caractéristique de sa philosophie. Derrière Alexandre, un personnage (peut-être un bibliothécaire) arrête un autre personnage en train de courir, pour éviter de déranger les philosophes et les scientifiques. Au dernier plan, on trouve la statue d'Apollon, le dieu des arts, du soleil et de l'harmonie, à gauche, tandis que Minerve se trouve à droite, tous deux protecteurs des arts et de la philosophie. La voûte abrite plusieurs médaillons dont l'un représentant une femme semblable à l'Artémis d'Éphèse - allégorie de la Philosophie - et deux petits anges sans aile (alors que les anges dans "la dispute du Saint Sacrement" ont des ailes immenses). Le médaillon abrite aussi la formule latine Causarum cognitio (« la connaissance des causes ») qui évoque la citation de Virgile, Felix qui potuit rerum cognoscere causas (« Heureux est celui qui peut connaître la causes des phénomènes » Georgiques, 2, 490).

Notes

Bibliographie

- George L. Hersey, High Renaissance Art in St. Peter's and the Vatican- An Interpretive Guide, 1993, University of Chicago Press.
- , Marcia B. Hall (sous la direction de), The Cambridge Companion to Raphael, Cambridge University Press.

Voir aussi

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Sujets connexes
Alcibiade   Alexandre le Grand   Anaximandre   Antisthène   Apelle   Apollon   Archimède   Aristote   Artémis   Averroès   Bacchus   Boèce   Bramante   Ciel   Cynisme   Dialectique   Diogène de Sinope   Empirisme   Empédocle   Eschine   Euclide   Foi   François Marie Ier della Rovere   Fresque   Frédéric II de Mantoue   Héraclite d'Éphèse   Idée   Immanence   Italie   Justice   La Dispute du Saint-Sacrement   Le Sodoma   Les Géorgiques   Liste alphabétique des philosophes antiques   Léonard de Vinci   Michel-Ange   Minerve   Musées du Vatican   Parménide   Peinture   Pessimisme   Philosophie   Platon   Plotin   Poésie   Ptolémée   Pythagore   Raison   Raphaël (peintre)   Rationalisme   Renaissance (période historique)   Sensible (philosophie)   Socrate   Strabon   Théologie   Timée (Platon)   Transcendance   Vatican   Virgile   Xénophon   Zoroastre   Zénon   Zénon d'Élée   Zénon de Citium  
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