Bible

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La Bible est le nom courant du regroupement des textes sacrés, dans le judaïsme et le christianisme, bien que chacune de ces religions, voire chaque courant en son sein, ait un rapport différent à ces textes. Le mot « bible » vient du grec ancien (biblía), qui signifie « livres » au pluriel neutre, par l’intermédiaire du latin (bíblia). Le sens était : « Les Livres (saints) »la traduction grecque lse limite à "les livres. "saint" est une adjoncti
Bible

La Bible est le nom courant du regroupement des textes sacrés, dans le judaïsme et le christianisme, bien que chacune de ces religions, voire chaque courant en son sein, ait un rapport différent à ces textes. Le mot « bible » vient du grec ancien (biblía), qui signifie « livres » au pluriel neutre, par l’intermédiaire du latin (bíblia). Le sens était : « Les Livres (saints) »la traduction grecque lse limite à "les livres. "saint" est une adjonction du rédacteur de l'article ou « la bibliothèque (sacrée) » en désignant l’ensemble du corpus religieux. Il s’agit en effet, sous l’apparence d’un ouvrage unique, d’une collection d’écrits très variés (récits des origines, textes législatifs, récits historiques, textes sapientaux, prophétiques, poétiques, hagiographies, lettres) dont la rédaction s’est échelonnée pendant plus d’un millénaire. La Bible chrétienne est divisée en Ancien Testament, comprenant les livres hérités du judaïsme, et Nouveau Testament, écrits témoignant de Jésus-Christ. Le mot « Testament » vient du latin testamentum, traduction du grec qui signifie « disposition écrite », d'où « testament », « convention », et dans ce contexte « pacte », « alliance ». Dans l'Église, la Bible est appelée la parole de Dieu.

Présentation

Un recueil d'Écritures saintes

La Bible traite, du point de vue de la foi, de l'histoire du peuple d'Israël et de ses rapports avec Dieu, YHWH/Elohim, l'Alliance, et de la façon dont le peuple d'Israël ressent sa présence dans l'Histoire Il faut donc comprendre le mot histoire dans un sens différent de la science historique. Au fil des textes, le Dieu proclamé devient unique (hénothéisme), puis universel (monothéisme), depuis la création du monde jusqu'à la domination grecque. Le moyen de l'Alliance, pour le judaïsme, c'est la Torah, enseignée de génération en génération, relatée dans l'Ancien Testament. Pour le christianisme, c'est d'une part le double commandement donné par Jésus dans le Nouveau Testament: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », qui constitue un tout indissociable, d'autre part la foi en la Résurrection de Jésus-Christ et, plus généralement, l'adhésion à des confessions de foi. On fera la distinction entre Ancien Testament/Ancienne Alliance et Nouveau Testament/Nouvelle Alliance afin de bien appréhender le contenu de ces deux parties.

Le livre le plus diffusé dans le monde

Structure des textes

Le canon biblique

Le corpus biblique réunit plusieurs livres d'origines diverses, d'où l'étymologie du mot Bible. La liste actuelle de ces livres, appelée canon (mot grec κανων signifiant règle), ne varie que sur quelques livres du judaïsme tardif se trouvant initialement présent dans les versions en langue grecque de l'ancien testament (la partie hébraïque) comme la Septante (voir la liste des livres de la Bible). Leur nombre varie de 22 à 73 livres (la différence est aussi due à des regroupements). Pour la liste des livres retenus dans le judaïsme, voir Tanakh (On remarquera que le nom des livres est différent ; la plupart du temps, il reprend le premier mot du livre). L'histoire de la fixation du canon est complexe, d'autant que cela concerne les deux religions, elles-mêmes diverses, et qui se sont séparées à cette époque-là. Ainsi, par exemple, le Talmud garde trace des discussions pour savoir s'il fallait admettre dans le canon juif le Cantique des Cantiques et le livre d'Esther, qui ont été acceptés, ou la Sagesse de Ben Sira (Siracide ou Ecclésiastique), qui ne l'a pas été. La version hébraïque canonique est dite "massorétique", du nom de ses derniers éditeurs. La Biblia hebraica stuttgartensia en est la principale édition critique publiée pour la première fois en 1936. Elle est basée sur le codex de Léningrad (Manuscrit de Saint Petersbourg), un manuscrit du X siècle dont on dit qu'il fut mis au point par la famille d'éminents massorètes Ben Asher.

Chapitres et versets

Chaque livre biblique est divisé d'abord en chapîtres, qui sont eux-mêmes divisés en versets. Ces divisions n'existaient pas dans les textes originaux. La King James Version (en anglais) comprend 1 189 chapitres et 61 171 versets. Les Massorètes ont divisé les Écritures hébraïques en versets. En 1227, Stephen Langton, professeur à l'Université de Paris, puis archevêque de Canterbury, divise la Bible en chapitres; auparavant, la taille du parchemin commandait la division. En 1250 le Cardinal Hugues de Saint-Cher reprend cette division. Les versets furent créés par Robert Estienne en 1539 à l'occasion de l'impression de la Bible d'Olivétan, 2 édition. En 1555 fut publiée l'édition de la Vulgate latine par Robert Estienne; c'était la première Bible complète avec la numérotation actuelle des chapitres et des versets. Ce système permet de faire correspondre commodément les versions hébraïque, grecque, latine, et autres (pour peu qu'elles aient le même texte). La Bible hébraïque connaît un autre type de division, celui des parashiot (singulier : parasha) (marquées par un phé dans le texte) qui représente la répartition des lectures hebdomadaires de la Torah. Gutenberg, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.

La Bible hébraïque

La Bible hébraïque est écrite en hébreu (comme le nom l'indique) avec quelques passages en araméen. La tradition juive la divise en trois grandes parties, résumées par le terme de TaNaKh, initiales de leurs titres hébreux, la Torah, les Neviim, les Ketouvim :
- la Loi, dont le nom hébreu est la Torah, constituée des cinq livres attribués à Moïse, et dont la narration couvre la période allant de la création du monde à la mort de Moïse, qui a amené le peuple d'Israël hors d'Égypte jusqu'aux portes de la Terre promise, en passant par le mont Sinaï où il a reçu les commandements de Dieu ;
- les Prophètes, en hébreu Neviim, qui narrent l'installation d'Israël en Canaan jusqu'à l'Exil à Babylone, et relatent la prédication des prophètes envoyés par Dieu parler en son nom ;
- les Autres Écrits, en hébreu Ketouvim, qui s'ouvrent par les Psaumes et des écrits de Sagesse, et complètent l'historiographie avec le retour de l'Exil. Les Juifs considèrent traditionnellement que la Torah fut promulguée au temps d'Esdras. À l'époque romaine, les Prophètes ne sont pas reçus par la totalité du judaïsme, et la liste des Autres Écrits était encore ouverte. Avant même la traduction grecque ont existé en araméen, langue officielle de l'empire perse à l'ouest de l'Euphrate, des traductions commentées, appelées "Targoum", qui attestent une lecture publique des livres bibliques. Les origines du TaNaKh ne font pas consensus ; La tradition attribue sa composition actuelle aux Pères de Yabné sans doute au début du de l'ère chrétienne. C'est la Bible selon le judaïsme. C'est ce texte-ci qui sera retenu en 1530 comme Ancien Testament par les protestants, qui l'éditeront pourtant dans l'ordre des livres de la Bible grecque.

La version grecque des Septante

Selon une légende rapportée par la Lettre du pseudo-Aristée (
Sources chrétiennes n°89, Paris, Le Cerf, 1962) et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah, dite des Septante ou alexandrine, est l'œuvre de soixante-douze savants juifs, six par tribu, qui, à la demande des autorités grecques d'Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun. Il s'agit là, vraisemblablement, d'un midrash fondé sur le chapitre 24 de l'Exode, qui voit Moïse monter au Sinaï pour recevoir la Loi, accompagné d'Aaron, de ses deux fils et de "soixante-dix des Anciens d'Israël". La traduction s'adresse aux Juifs parlant le grec. La version grecque devait être reçue comme ayant autant de valeur que le mot original (malgré certaines critiques). La Bible est alors conservée à la bibliothèque d'Alexandrie avec les "Lois": elle ne relève pas alors de la religion, mais du code coutumier du peuple Juif. Toujours est-il que le nom de Septante est resté à cette traduction du IVe ou du IIIe siècle av. J.-C. et à toute la Bible grecque par extrapolation. Les autres livres ont été traduits, voire écrits directement, en grec, au fil des siècles suivants. Ce corpus sera adopté tel quel par les premiers chrétiens« La plupart des textes de l'Ancien Testament cités dans le Nouveau Testament le sont dans la version grecque, laquelle s'écarte parfois sensiblement de l'original hébreu. » (Pierre Gibert, Comment la Bible fut écrite, Centurion-Bayard, 1995, p. 18). Marcel Simon précise que Paul lisait la Bible dans la version des Septante (Les premiers chrétiens, PUF, 1967, p. 56) ; voir l'extrait de texte dans l'article Paul de Tarse., et constitue l'Ancien Testament. Lors de sa traduction latine, la Vulgate, Jérôme choisira la version hébraïque lorsqu'elle existe, et mettra en annexe les livres pour lesquelles elle n'existe pas ou plus. Mais les Églises catholique et, orthodoxe garderont l'ordre des livres de la Septante, à savoir :
- le Pentateuque (= les cinq livres de la Loi, les cinq "étuis"),
- les livres historiques (regroupant les premiers Prophètes et certains des autres écrits,
- les livres poétiques et de sagesse,
- les écrits des prophètes.

Les livres deutérocanoniques (apocryphes pour les protestants)

Ce sont des livres présents dans la Septante, que catholiques et orthodoxes considèrent comme faisant partie de l'Ancien Testament, mais qui ont été rejetés du canon par Luther parce qu'ils n'appartiennent pas à la Bible hébraïque. Luther les considérait néanmoins comme utiles. Les protestants les nomment apocryphes (du grec αποκρυφος, caché) ; les catholiques les nomment deutérocanoniques, c’est-à-dire entrés secondairement dans le canon (du grec δευτερος, deuxième), ce qui a été définitivement confirmé au concile de Trente en 1546. Il faut noter que certains des livres de la Septante n'ont pas été reçus même comme deutérocanoniques. Ils ne sont reconnus par aucune Église et sont appelés apocryphes ou pseudépigraphes (= écrits sous une fausse signature). Ils forment avec d'autres de la même époque ce qu'on appelle aujourd'hui les écrits intertestamentaires.

Le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament, ou Nouvelle Alliance, est l'ensemble des vingt-sept livres canoniques pour le christianisme, qui témoignent de la personne de Jésus de Nazareth que les chrétiens déclarent être le Christ, le Messie, de sa prédication, de sa Résurrection, et de son annonce par les Apôtres de l'Église primitive. Il est rédigé, comme la Septante, en grec commun, κοινή (
koinè), au avec de nombreuses formes syntaxiques "calques" de l'hébreu formant un judéo-grec. Comme pour l'Ancien Testament, la canonicité de plusieurs livres du Nouveau Testament a longtemps été débattue. Il s'agit de l'Épître aux Hébreux, des Épîtres de Jacques, de la Deuxième épître de Pierre, des Deuxième et Troisième de Jean, de celle de Jude et de l'Apocalypse (celle-ci a fait l'objet de discussions jusqu'au Ve siècle). Plusieurs autres livres, les écrits des Pères apostoliques et les apocryphes du Nouveau Testament, pour la plupart du , n'ont pas été inclus dans le canon biblique.

L'exégèse biblique

Le Livre d'Isaïe dans une Bible anglaise

Bible hébraïque et Ancien Testament

L'exégèse biblique fut une activité majeure tant de la littérature rabbinique que des églises chrétiennes. Cependant, un champ de recherches bibliques fondé non plus sur l'appartenance confessionnelle mais sur la critique textuelle vit le jour à partir du seizième siècle, et est actuellement la plus répandue. Après avoir été répandue pendant le , l'hypothèse documentaire, partie de l'idée que les différents noms donnés à Dieu reflétaient des sources différentes, est aujourd'hui largement abandonnée. La recherche actuelle penche aujourd'hui en faveur d'une datation plutôt « basse » de la mise au point finale des différents corpus. Deux consensus s'organisent : L'un allant une rédaction s'étendant du ou à l'époque perse, l'autre (l'école de Göttingen) reportant la rédaction finale à la période hellénistique.

Nouveau Testament

La théorie dominante aujourd'hui sur la composition des Évangiles est celle dite « des deux sources » : Matthieu et Luc auraient été écrits à partir de Marc et d'une source de paroles de Jésus (dite « Q », de l'allemand Quelle, source) ; Jean viendrait d'une tradition indépendante, qui aurait aussi produit les épîtres et Apocalypse placées sous le même patronage. Les
Actes sont incontestablement la suite de Luc. Les épîtres reconnues par tous comme étant de Paul sont celles aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, et la première aux Thessaloniciens (peut-être le plus ancien écrit du Nouveau Testament). La période de rédaction est donc très brève : trois générations au maximum, au plus tard au début du . Certains chercheurs (le théologien John A. T. Robinson, Jean Carmignac et Claude Tresmontant sur le plan de l'origine linguistique, le papyrologue Carsten Peter Thiede ou encore Jacqueline Genot-Bismuth en ce qui concerne l'archéologie) tendent à ramener la date de rédaction de tous les livres du Nouveau Testament à une date antérieure à 70 ap. JC.Ce débat sur l'origine linguistique et la datation précoce des évangiles situe le courant théologique de ces derniers chercheurs plus dans l'apologétique que dans le travail exégétique. L'original hébreu ne peut plus tenir après l'approfondissement historique des guerres macchabéennes. Voir Etienne Nodet, la Guerre des Macchabées

Lectures de la Bible

Les lectures de la Bible peuvent être différentes entre le judaïsme et le christianisme, et entre les différentes branches du christianisme. C'est la raison pour laquelle, outre l'exégèse biblique, les études bibliques comportent une branche, l'herméneutique, qui s'attache à l'interprétation des Saintes Écritures pour trouver le sens des textes sacrés.

Judaïsme

Pour le judaïsme, la question de la composition de la Torah ne se pose pas. Maïmonide, pourtant suspect de rationalisme, pose en article de foi que la Torah a été donnée à Moïse, comme il est décrit dans l'Exode. Et comme la lecture littérale n'est que le premier niveau de la compréhension du texte, libre à chacun d'imaginer, sous la conduite des Sages, comment les choses se sont "réellement" passées. La lecture de la Torah est au centre du culte synagogal : à l'office du matin du Chabbat et des Fêtes, on lit une section d'un des cinq livres de Moïse, nommée parasha, la même dans toutes les synagogues du monde, manifestation fondamentale de l'unité du peuple juif. Les fidèles se disputent l'honneur de la lire eux-mêmes, ou, s'ils ne savent pas lire l'hébreu, de suivre la lecture de l'officiant. Auquel cas, ils récitent la bénédiction qui précède et suit la lecture. La bar-mitsva, cérémonie d'accueil dans la communauté du garçon de 13 ans, consiste à vérifier sa capacité de lecture de la section biblique du jour. La lecture d'un passage de la Torah est complétée par celle d'un autre passage d'un livre des Prophètes (Haftarah). De même, les commentaires de la Bible sont au centre de la littérature talmudique.

Christianisme

La doctrine chrétienne, pour les catholiques et les orthodoxes, provient d'une seule source : L'Évangile proclamé par le Christ connu par la Tradition apostolique. Celui-ci leur parvient par deux canaux qui se rattachent au témoignage apostolique : les Écritures et les Traditions non-écrites transmises de main en main, traditions pratiques conservées dans la continuité de la vie de l'Église. Le rôle du Magistère est de conserver cette tradition. Le Concile de Trente insiste sur cette unique source de la foi. Les Protestants s'en tiennent à la sola scriptura, l'Écriture seule. Les saints des derniers jours se réfèrent aux Saintes Écritures et à la révélation moderne.

Catholicisme romain

La Bible a toujours été lue et étudiée par les religieux et les intellectuels dans le monde catholique, mais, jusqu'au Concile Vatican II, la grande masse des fidèles la connaissaient surtout à travers le lectionnaire dominical. Dans l'Église catholique, l'importance a souvent été accordée à l'Eucharistie au-delà des diverses lectures bibliques. La connaissance de la Bible s'est accrue chez les fidèles par la diffusion de la traduction, menée par l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, appelée Bible de Jérusalem (première édition en 1961). En outre certains diocèses proposent une formation aux langues de la Bible (grec de la koinè, hébreu biblique, occasionnellement araméen). Les lectures se font généralement en langue vernaculaire (français en France, etc.). Lors du concile Vatican II, la constitution conciliaire Dei Verbum (1964) a réaffirmé l'importance de la lecture de la Parole de Dieu. Dans certaines cérémonies particulières, telle la liturgie de la messe tridentine, la lecture de l'évangile peut être en latin ; dans cette liturgie, est aussi lu un dernier évangile en fin d'office qui est un passage de Jean. Le pape Pie XII a affirmé que l'exègèse, l'histoire permettait souvent de dépasser les interprétations des pères de l'Église et permettait une meilleure lecture de la bible.L'encyclique Divino afflante spiritu 1943 "Combien certaines questions sont demeurées aux Pères même difficiles et quasi inaccessibles, on s'en rend compte par les efforts répétés de beaucoup d'entre eux pour interpréter les premiers chapitres de la Genèse "... " C'est donc une erreur...qui fait dire à certains que l'exégète catholique n'a plus rien à ajouter à la contribution de l'Antiquité chrétienne" Le pape Benoît XVI a réaffirmé le 2 mai 2007 l'attachement de l'Église à la lecture des Saintes Ecritures, telle qu'elle est pratiquée dans la tradition chrétienne depuis Origène , à savoir la Lectio divina

Protestantisme luthéro-réformé

La lecture et le commentaire de la Bible, qui sont le cœur du culte protestant, font aussi partie de la piété familiale et personnelle dans le protestantisme historique. Le texte biblique lui-même (Ancien et Nouveau Testaments), dans la mesure où il est prêché / actualisé, est porteur de la Parole de Dieu adressée par le Saint Esprit à chaque auditeur / lecteur. C'est cette rencontre occasionnée par la Bible qui fait naître et qui entretient tant l'Église que la foi personnelle. La Bible est donc aussi l'autorité dernière pour la foi comme pour la vie, étant entendu que personne ne détient de magistère pour imposer une interprétation plutôt qu'une autre. Certains comprendront littéralement les textes quand d'autres auront une interprétation plus symbolique ou spirituelle, certains considèreront chaque extrait comme portant toute la vérité biblique quand d'autres liront chaque passage pour lui-même, etc. Un rapport aussi direct et fondamental au texte biblique suppose et entraîne des études bibliques poussées pour les futurs pasteurs, des études bibliques en paroisse, une catéchèse d'enfants elle aussi centrée sur la Bible, le recours aux langues d'origine, l'utilisation d'une multiplicité de traductions, des listes quotidiennes de lectures commentées, etc.

Protestantisme évangélique

La Bible est la Parole de Dieu. Les fidèles de ces églises évangéliques la lisent en principe le plus souvent possible « pour écouter ce que Dieu veut leur dire ». Un extrait d'un cours biblique décrit cette tendance à une lecture normative de la Bible : « Au delà de la création qui témoigne d'une façon extraordinaire de sa puissance et de sa sagesse, la Bible est la révélation de Dieu à l'homme. Elle est une "lettre" du Créateur à sa créature, une lettre où toutes les questions fondamentales quant à l'origine, la destinée et le sens de la vie trouvent des réponses convaincantes. Le problème de la relation de l'homme avec Dieu y est traité et résolu, de façon définitive, à la pleine satisfaction de Dieu et des hommes qui acceptent son message. » (Site Info-Bible, P. Oddon).

Mormonisme

L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours compte la Bible dans son canon des Écritures (voir : ). Les saints des derniers jours lisent, étudient, citent et révèrent la Bible tout en croyant que le Seigneur continue à donner, dans les derniers jours, par l'intermédiaire de ses prophètes, de nouvelles révélations que sont : le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances, la Perle de Grand Prix. Les saints des derniers jours croient aussi en d'autres Écritures ainsi qu'en la révélation moderne, ce qui les distingue des chrétiens qui considèrent que le canon se termine avec la Bible.

Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah considèrent la Bible comme la Parole de Dieu. Ils sont en totale harmonie avec les Églises protestantes historiques sur la forme et la taille du canon biblique. Comme eux, ils rejettent les écrits deutérocanoniques qu'on trouve dans les Bibles catholiques, qu'ils jugent apocryphes
Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, p. 172. Le mouvement religieux édite sa propre version de la Bible, la Traduction du Monde Nouveau des Saintes Écritures dans laquelle ils ont rendu le tétragramme du nom divin sous sa forme en alphabet latin, Jéhovah, qui est utilisée depuis le Moyen-Âge par les chrétiens. À ce niveau, ils se sont démarqués de façon nette de la plupart des autres éditions qui rendent les quatre lettres hébraïques par des titres tels que Seigneur, Éternel, etc. Ils affirment qu'il n'est pas possible de comprendre la Bible individuellement et qu'il faut pour cela recevoir l'aide de l'esprit saint de Dieu qui est accordé à l' « esclave fidèle et avisé » mentionné en Matthieu 24:45-47La Tour de Garde, 1 septembre 1954, p. 529 ; 1 octobre 1967, p. 587 ; 1 décembre 1981, p. 27 ; 15 février 1981, p. 19 (c'est-à-dire concrètement la Société Watchtower et notamment le Collège Central) et qui est censé fournir un enseignement affiné en son temps. De plus, les fidèles doivent utiliser les publications éditées par la Société Watchtower, celles-ci étant jugées indispensables pour comprendre la Bible. Chaque Témoin est encouragé à prendre du temps quotidiennement pour lire la Bible.

Œcuménisme

À l'occasion des rapprochements interconfessionnels, on a vu se créer des groupes œcuméniques d'étude biblique rassemblant des chrétiens catholiques et protestants. Des expositions et conférences bibliques réunissent de plus en plus toutes les dénominations chrétiennes des villes concernées, ainsi qu'assez souvent les juifs et les organismes culturels laïques.

Écrits mentionnés dans la Bible qui n'existent plus aujourd'hui

- le Livre de l'alliance (Ex 24:7)
- les Guerres de l'Éternel (No 21:14)
- le Livre du Juste (Jos 10:13 ; 2 S 1:18)
- le Livre des actes de Salomon (1 R 11:41)
- le Livre de Samuel le voyant (1 Ch 29:29)
- le Livre de Nathan le prophète (1 Ch 29:29 ; 2 Ch 9:29)
- le Livre de Gad le prophète (1 Ch 29:29)
- la Prophétie d'Achija de Silo (2 Ch 9:29)
- les Révélations de Jéedo le prophète (2 Ch 9:29)
- le Livre de Schemaeja le prophète (2 Ch 12:15)
- le Livre d'Iddo le prophète (2 Ch 12:15 ; 13:22)
- les Mémoires de Jéhu (2 Ch: 20:34)
- le Livre de Hozaï (2 Ch 33:19)
- les prophéties d'Hénoch/Hénoc (Jud v. 14)
- une épître aux Corinthiens (1 Co 5:9)
- une épître aux Éphésiens (Ép 3:3, 4)
- une épître aux Laodicéens (Col 4:16)

Recherches archéologiques et historiques

D'après des théories récentes, aussi bien linguistiques qu’archéologiques, la structure globale des textes de la Bible hébraïque auraient été compilée au temps du roi Josias au VIIe siècle av. J.-C. bien que la matière première soit issue d'écrits plus anciens; la mise en forme définitive s'étendrait du 1 siècle avant l'ère commune au IVe siècle. Pour ce qui concerne l'Exode et le séjour au Désert pendant quarante ans, les fouilles des lieux qui pourrait correspondre à ceux qui sont cités n'ont pas encore abouti. En revanche, après la séparation du Royaume d’Israël en deux, dans la seconde moitié du IXe s, les résultats archéologiques correspondent bien à la chronologie biblique.

Théorie nomadiste

Les ancêtres des Hébreux et des Juifs seraient soit des nomades sédentarisés, soit des populations des plaines cananéennes, "retirées" sur les hautes terres, pour échapper au contrôle des cités. Ces positions sont défendues par Israël Finkelstein et Neil Silbermann, dans La Bible dévoilée, l'archéologue américain William Dever, dans Aux origines d'Israël, et Jean-Marie Husser, professeur à l'Université Marc Bloch de Strasbourg.

Éditions en français de la Bible

S'il y eut sept traductions en français au , il n'y en eut qu'une au , sous la direction de Lemaître de Sacy, janséniste, entre 1657 et 1696, selon des principes de logique issus de Port-Royal (voir logique de Port-Royal et Histoire du français), mais il ne semble pas y avoir eu de traduction en anglais entre 1611 et 1800). Il y en eu deux au , dix-neuf au , et vingt-deux au .

Notes et références

Bibliographie

- La Bible, Écrits intertestamentaires, coll. La Pléiade, Gallimard. Écrits apocryphes chrétiens, 2 vol., coll. La Pléiade, Gallimard.
- Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Brépols, 3e éd. 2002.
- Texte intégral, Cerf, 2001.
- Le monde de la Bible, Aux origines du christianisme, Les premiers temps de l'Église, Folio histoire, Gallimard .
- Marie-Françoise Baslez, Bible et histoire, Folio histoire, Gallimard, 2003.
- Pierre Bordreuil, Françoise Briquel Chatonnet, Le temps de la Bible, Folio histoire, Gallimard, 2003.
- Marcel De Grève,
- Gilles Dorival, Marguerite Harl, Olivier Munnich, Éd. du Cerf, 1988
-Jean-Michel Maldamé, .
- Jaroslav Pelikan : A qui appartient la Bible ?, La Table ronde, 2005.
- Éditions du Cerf 2005
- James E. Talmage, Articles de Foi, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 1890.
- M. Russel Ballard, (Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 2007)
- : un rapport ambigu ==
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