Symphonie concertante

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La symphonie concertante, ou en italien sinfonia concertante, est une forme musicale née à l’époque classique au croisement de la symphonie et du concerto :
- C'est une forme concertante car elle est écrite pour un ou plusieurs solistes et un orchestre.
- C'est une forme symphonique car les parties du ou des solistes ne sont pas en opposition ou en conflit avec l'orchestre, de sorte que l’œuvre « sonne » comme une symphonie avec des
Symphonie concertante

La symphonie concertante, ou en italien sinfonia concertante, est une forme musicale née à l’époque classique au croisement de la symphonie et du concerto :
- C'est une forme concertante car elle est écrite pour un ou plusieurs solistes et un orchestre.
- C'est une forme symphonique car les parties du ou des solistes ne sont pas en opposition ou en conflit avec l'orchestre, de sorte que l’œuvre « sonne » comme une symphonie avec des passages solo.

Histoire

Période classique

Jusqu'à la période baroque, la différence entre un « concerto » et une « symphonie » ou « sinfonia » n’était pas nette ; une sinfonia pouvait être l’ouverture d’une œuvre scénique, et Vivaldi a composé des concertos sans solistes et semblables à des symphonies. La forme la plus proche d’une symphonie concertante était alors le concerto grosso. La période classique vit, outre la disparition du concerto grosso, le formation définitive de la symphonie et du concerto. Dans les dernières décennies du , des compositeurs constituèrent avec la un genre intermédiaire, comme par exemple ceux de l’école de Mannheim. Johann Christian Bach (le « Bach de Londres »), publia à Paris des (sous ce nom en français) à partir des années 1770. Wolfgang Amadeus Mozart, influencé par l'école de Mannheim à partir de 1777 et probablement par le travail de Johann Christian Bach, s’attacha à illustrer le genre et est l’auteur de trois « symphonies concertantes », la première étant la plus connue :
- La Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, K. 364 (1779), la seule achevée et authentifiée.
- La Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor, basson et orchestre en mi bémol majeur, K. 297b, connue par un arrangement, d’authenticité douteuse.
- La Symphonie concertante pour violon, alto, violoncelle et orchestre en la majeur, Anh. 104, fragment en un mouvement. Joseph Haydn, bien qu’auteur de plus de cent symphonies et de concertos pour de nombreux instruments, ne composa qu’une symphonie concertante, la Symphonie concertante pour violon, violoncelle, hautbois, basson et orchestre en si bémol majeur (1792), aujourd'hui classée comme sa Symphonie nº 105 (Hob. I:105). Elle tire cependant plus sa forme du concerto grosso, en ce qu’elle oppose un groupe de solistes à un orchestre, que du traitement du genre par Mozart, plus marqué par la symphonie. Ludwig van Beethoven semble avoir évité le genre, bien que son « Triple Concerto », le Concerto pour piano, violon, violoncelle et orchestre en ut majeur, puisse en être rapproché.

Période romantique

Peu de « symphonies concertantes » furent composées après la période classique. Cependant, certaines œuvres romantiques se trouvent au croisement des formes symphonique et concertante, dans des dimensions évidemment plus larges que les œuvres classiques :
- Harold en Italie (1834), une symphonie pour alto et orchestre d’Hector Berlioz.
- La Symphonie espagnole (1874) d'Édouard Lalo, avec un violon.
- La Danse macabre, op. 40 (1874), de Camille Saint-Saëns, avec un violon.
- Les Djinns (1884) de César Franck avec un piano.
- La Symphonie nº 3 avec orgue en ut mineur, op. 78 (1886), de Saint-Saëns ; elle utilise un orgue dont le son est en partie intégré dans celui de l’orchestre, mais qui joue plusieurs fois en solo. De plus, un piano à quatre mains est utilisé dans la deuxième partie du deuxième mouvement.
- De Max Bruch, la Fantaisie écossaise, op. 46 (1880) avec violon solo, Kol Nidrei, op. 47 (1880–1881), avec violoncelle, et la Serenade pour violon et orchestre en la majeur, op. 75, 1899–1900.
- La Symphonie sur un chant montagnard français dite « Cévenole », op. 25 (1886), de Vincent d'Indy, avec un piano.
- Shéhérazade (1888) de Nikolaï Rimski-Korsakov, avec violon.

Au , certains compositeurs se réapproprièrent le genre, par exemple :
- Joseph Jongen et sa Symphonie concertante pour orgue et orchestre, op. 81 (1926).
- Karol Szymanowski et sa Symphonie concertante pour piano et orchestre, op. 60 (1932).
- Frank Martin et sa Petite Symphonie concertante pour harpe, clavecin, piano et deux orchestres à cordes, op. 54 (1944–1945).
- Sergueï Prokofiev et sa Symphonie-Concerto pour violoncelle et orchestre en mi mineur, op. 125 (1950–1952).
- Peter Maxwell Davies et sa Symphonie concertante pour quintette à vents, timbales et orchestre à cordes (1982). Peter Schickele, sous son pseudonyme de P. D. Q. Bach, composa également une Symphonie concertante de nature satirique.

Genres proches

- La symphonie et le concerto.
- Le concerto pour orchestre, dans lequel le ou les solistes changent tout au long de l’œuvre.

Références et sources

Source

Catégorie:Forme musicale
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-Symphonie concertante Catégorie:Genre musical classique de:Sinfonia Concertante en:Sinfonia concertante fi:Sinfonia concertante it:Sinfonia concertante ja:協奏交響曲 ko:신포니아 콘체르탄테 pt:Sinfonia concertante sv:Sinfonia concertante
Sujets connexes
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