Juifs comtadins

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Limites du Comtat Venaissin Les Juifs comtadins, aussi appelés Juifs du Pape, étaient les Juifs habitant dans le Comtat Venaissin. Au Moyen Âge, alors que les Juifs étaient persécutés ou expulsés en France, notamment sous le règne de Philippe le Bel, les États pontificaux étaient tolérants à leur égard. Le Comtat Venaissin, correspondant à peu près à l'ouest du Vaucluse, était une possession papale depuis 1274. Une communauté juive importante
Juifs comtadins

Limites du Comtat Venaissin Les Juifs comtadins, aussi appelés Juifs du Pape, étaient les Juifs habitant dans le Comtat Venaissin. Au Moyen Âge, alors que les Juifs étaient persécutés ou expulsés en France, notamment sous le règne de Philippe le Bel, les États pontificaux étaient tolérants à leur égard. Le Comtat Venaissin, correspondant à peu près à l'ouest du Vaucluse, était une possession papale depuis 1274. Une communauté juive importante a pu ainsi se développer dans les villes locales (Avignon, Orange, Carpentras, etc.), faisant d'elle l'un des foyers de population juive les plus denses et les plus anciens de France.

Histoire

Origine

La présence juive est attestée à Marseille et dans la Vallée du Rhône depuis l'Antiquité. A l'époque romaine, des communautés actives existent. Il est donc probable qu'elles se composent non seulement de juifs exilés mais aussi de gallo-romains convertis. La synagogue de Carpentras, construite en 1367, atteste toujours de leur présence. 1394, expulsion des juifs du Royaume de France. Dans le Comtat Venaissain qui dépend non du roi de France mais du Pape, les communautés d'Avignon, Carpentras, Cavaillon et L'Isle-sur-la-Sorgue subsistent moyennant une série de conditions : port d'un chapeau de couleur jaune, résidence obligatoire dans une carrière ("carriero" en provençal), c'est à dire un quartier de quelques rues bien délimitées fermées chaque soir, paiement de taxes supplémentaires, obligation d'assister périodiquement à des prêches les appelant à la conversion, etc. La répétition au cours des âges de mesures restrictives est toutefois l'indice qu'elles étaient en réalité peu appliquées. Les juifs du Pape, comme ils seront appelés, semblent avoir en fait eu de bonnes relations avec leurs concitoyens chrétiens. Un judaïsme comtadin original se développe. Il ne se rattache ni au courant séfarade (d'origine espagnole, qui se rencontre dans les régions du bassin méditerranéen et en France dans le Sud-Ouest ) ni au courant ashkénaze (de l'Alsace-Lorraine et de l'Europe centrale et orientale). Il se caractérise par une organisation très structurée des communautés, une totale endogamie, un rituel propre. Les juifs parlent un dialecte judéo-provençal.

L'essor

Au cours du siècle, la situation économique des juifs s'améliore. Les comtadins voyagent beaucoup dans tout le Midi de la France, certains s'installent de façon semi-permanente à Nîmes, Montpellier, etc. L'usage du français se répand. Témoin de cette prospérité nouvelle, la construction de la salle de prière de la synagogue de Carpentras. Par contre, la vie quotidienne ne peut guère refléter l'enrichissement des juifs du Pape, qui ne peuvent s'établir hors des "carrières" surpeuplées où les maisons de six ou sept étages apparaissent aux yeux des voyageurs qui arrivent à Carpentras comme de véritables gratte-ciels.

De la révolution à nos jours

La Révolution française, avec le rattachement à la France d'Avignon et du Comtat Venaissin, marque pour les juifs une véritable libération. Malgré une opposition (peu virulente, d'ailleurs) de certains, les juifs du Pape deviennent citoyens français. En quelques années, les carrières se vident. Les juifs prennent une part active aux événements révolutionnaires, en particulier à Nîmes, et se dispersent dans toutes les grandes villes du Midi, et jusqu'à Paris. En sommeil pendant un siècle et demi, les communautés d'Avignon et de Carpentras retrouvent une nouvelle vigueur après 1962, avec l'arrivée de juifs rapatriés d'Algérie.

Les juifs comtadins célèbres

Alors que les juifs comtadins n'ont pas joué un grand rôle dans l'histoire du judaïsme, leurs descendants donneront à la France entre autres Alfred Naquet (membre du gouvernement de la révolution de 1848), Adolphe Crémieux (homme politique, à qui on doit le décret Crémieux qui octroya la nationalité française aux juifs d'Algérie), l'écrivain Armand Lunel, Jules-Philémon Crépin et leur ami le compositeur Darius Milhaud, le chef d'orchestre Pierre Monteux ou l'historien Pierre Vidal-Naquet.

Notes

Voir aussi

- Histoire de Vaucluse
- Histoire des Juifs en France ===
Sujets connexes
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