Klezmer

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Le klezmer est une tradition musicale des Juifs ashkénazes (d’Europe centrale et de l'Est). Elle s’est développée à partir du , ses origines – discutées et dépourvues de sources documentaires d’époque mais vraisemblables – seraient les musiques du Moyen-Orient et de Turquie (héritage originel des Ashkénazes descendants des Hébreux en royaume d’Israël), ainsi que les musiques d’Europe centrale et d’Europe de l'Est (Slaves et Tziganes)S.-S. Roy, Musiq
Klezmer

Le klezmer est une tradition musicale des Juifs ashkénazes (d’Europe centrale et de l'Est). Elle s’est développée à partir du , ses origines – discutées et dépourvues de sources documentaires d’époque mais vraisemblables – seraient les musiques du Moyen-Orient et de Turquie (héritage originel des Ashkénazes descendants des Hébreux en royaume d’Israël), ainsi que les musiques d’Europe centrale et d’Europe de l'Est (Slaves et Tziganes)S.-S. Roy, Musiques et traditions ashkénazes. Le mot klezmer vient de l'association des mots klei et zemer, instrument de chant. À l’origine le mot klezmer (pluriel : klezmorim) désignait donc les instruments. Le sens a glissé et on a également appelé les interprètes les klezmorim ; du fait des conditions de vie précaires de ces musiciens itinérants, ce mot pouvait avoir un aspect péjoratif. En raison de ses origines, la langue de prédilection de la chanson klezmer est le yiddish, mais les langues locales étaient aussi utilisées.

Aspects culturels

Quand ils n’avaient pas une autre activité principale et ne jouaient qu’occasionnellement, les klezmorim étaient principalement des musiciens itinérants, d’autre part la musique klezmer a accompagné les mouvements de population des juifs d’Europe – ainsi, à l’instar de la langue yiddish, elle s'est nourrie des musiques des pays qu’elle a traversés, dans lesquels elle a aussi sans doute laissé des influences. Les conditions de vie précaires de ces musiciens qui jouaient principalement dans les fêtes et cérémonies populaires ont contribué à donner à leur nom klezmorim une connotation péjorative. Dans le domaine musical, les bourgeois juifs, souvent proches du mouvement Haskala, préféraient orienter l'éducation de leurs enfants vers la musique classique. Ce sera par exemple le cas pour les violonistes Joseph Joachim, Jascha Heifetz, David Oïstrakh, Nathan Milstein et Yehudi Menuhin. C'est en partie grâce au Hassidisme, plus populaire, mouvement qui exprime par chants et danses joie de vivre et amour de Dieu, que la musique klezmer sera plus fermement soutenue. Les klezmorims ne jouaient pas que de la musique klezmer, ils pouvaient également animer des cérémonies chrétiennes.

Thématiques

Les thèmes des chansons font référence à la vie communautaire juive, le Shabbat est souvent évoqué ainsi que les fêtes religieuses, les rabbins sont des personnages récurrents ; mais les autres éléments de la vie quotidiennes sont aussi très présents (berceuses, évocation des métiers) et des évènements peuvent être mis en chanson : tragiques comme l’incendie d'un shtetl (village), historiques comme l’émigration vers les États-Unis (par exemple dans la chanson Di Grine Kuzine). La mère étant un acteur primordial de la transmission du savoir dans la culture ashkenaze, elle joue un rôle prépondérant dans les chansons (cf. la chanson Yiddishe Mamma pour la plus emblématique).

Renouveau

L’immigration aux États-Unis a permis de préserver la tradition klezmer, mais elle est progressivement passée de mode. Parallèlement la Shoah a détruit une grande partie de la tradition musicale klezmer en Europe. Cependant, à partir des années 1970, des artistes se sont à nouveau impliqués dans la musique klezmer, tels que Giora Feidman, le Klezmer Conservatory Band, The Klezmatics avec David Krakauer, et ont permis de remettre cette musique au goût du jour, voire de la faire évoluer dans des directions nouvelles (cf. John Zorn, Koby Israelite). En Pologne également, des musiciens juifs, tels Leopold Kozłowski ou Lesław Lic, continue et renouvelle la tradition klezmer, tandis qu'une partie de musiciens de la jeune génération, tels André Ochodlo, renoue avec un héritage culturel hiddish considéré comme partie intégrante des racines culturelles polonaises. En France Klezmer nova, anciennement Orient express moving shnorers, est devenu une référence tant par son exactitude dans l’interprétation des chants traditionnels que par la qualité de ses productions aux orientations jazz.

Aspects musicaux

Aspects exogènes

On retrouve dans la musique klezmer l'influences des musiques d'orient, tzigane et des musiques folkloriques d’Europe de l'Est. Comme dans les autres musiques de la région, dans la fin du , on voit aussi , car en Russie, étaient forcés par la conscription de servir dans l’armée du Tsar, parfois même pour 25 ans ! Aux États-Unis la musique klezmer a intégré les influences du jazz.

Aspects ashkénazes et religieux

Si les klezmorim se produisaient pour toutes les communautés, leurs musiques sont empreintes de culture juive ashkenaze. Ainsi son aspect mélancolique et les complaintes des clarinettes imitent le son du shofar (instruments utilisé lors des offices de Rosh Hashana et Yom Kippour à la synagogue), et son aspect répétitif rappelle le chant du Hazzan (chantre de la synagogue).

Modes musicaux

La musique klezmer semble avoir des origines très anciennes et repose sur certains modes musicaux désignés par des noms de prières juives :
- Ahavah Rabbah : (abondant amour) correspond au mode Phrygien avec la tierce augmentée, ou le mode majeur avec la seconde, la sixième et la septième diminuées.
- Mi Chébérakh : (celui qui a béni) mode Dorien altéré, la quatrième est augmentée.
- Adnaï Malakh : (l'Eternel roi) similaire au mode Myxolidien.
- Magen Avot : (le bouclier de nos pères) similaire au mode mineur.
- Yishtabach : similaire à Magen Avot.

Rythmique

La musique Klezmer était à l’origine utilisée pour animer les danses, et les performances pouvaient durer très longtemps. Ainsi le tempo n'était pas régulier mais s’adaptait à la fatigue des danseurs, et bien sûr des musiciens. Cette irrégularité de tempo s'est inscrite dans la tradition. La rythmique est marquée par les instruments de percussion mais aussi par des instruments qui jouent aussi un rôle d’accompagnement comme le cymbalum.

Instruments

Musiciens pauvres et itinérants allant de village en village, les klezmorim n'utilisaient pas d'instruments chers et lourds comme le piano, introduit plus tardivement aux Etats-Unis dans les clubs et sous l'influence du jazz, comme le saxophone. Les lois interdisaient souvent aux klezmorim les instruments forts tels les cuivres et les percussions pour ne pas incommoder leurs voisins chrétiens. Pour cette même raison, le nombre de musiciens dans l'orchestre était limité ainsi que la durée de leurs performances.
- Le violon, fidl en yiddish, instrument facilement transportable et qui se prête à la modulation et au glissando, est le plus symbolique des instruments klezmer.
- La flûte, à partir du , avec le piccolo de fabrication souvent artisanale.
- Le tsimbl, ou cymbalum, instrument très ancien, aux possibilités rythmiques, harmoniques et mélodiques.
- Un tambour simple (tshekal) était souvent utilisé en guise de percussion. Le baraban, ou poikhttp://www.veretskipass.com/ qui est une grosse caisse de petit format sur laquelle pouvait être disposée une petite cymbale. Un seul klezmorim peut ainsi reproduire un soutien rythmique efficace.
- La clarinette est devenu un instrument essentiel du klezmer à la fin du . Elle permet d’imiter le son du Shofar et faire chanter les lamentations typiques du klezmer.
- L’accordéon, à boutons d'abord, à claviers ensuite, comme dans la musique tzigane, apparait à la même époque que la clarinette.
- La trompette, d'abord à pistons rotatifs dans la tradition musicale ashkénaze du XIXe siècle, et le cornet à pistons. La trompette moderne (pistons de type Périnethttp://jeanluc.matte.free.fr/articles/typologie/piston.htm) est plus commune aujourd'hui.
- Violoncelle, le tshelo, et contrebasse sont devenus instruments klezmer. Certains orchestres utilisent le basy, une petite basse jouée dans les Tatras en Pologne, fabriqué aujourd'hui à partir d'un violoncelle standard. Le basy est à trois cordes; Ré aigu et deux cordes de La en octave, que l'on joue simultanément.http://www.veretskipass.com/ La balalaïka a pu aussi être utilisée.
- Le saxophone dans le klezmer contemporain, accompagne à merveille et se complète avec la clarinette, (à la tierce par exemple).

Références

Sources et bibliographie complémentaire

-
- Stella-Sarah Roy, Musiques et traditions ashkénazes, Paris, L'Harmattan, Univers musical, 2002
- Hervé Roten, Musiques liturgiques juives : parcours et escales, Arles, Actes Sud, Musiques du monde, 1999

Fictions

- Sfar, Joann, Klezmer, tome 1, Conquête de l'Est, Gallimard, 17 novembre 2005 (Bayou)
- Sfar, Joann, Klezmer, tome 1, Conquête de l'Est (Broché), Gallimard, 1 avril 2006 (Bayou)
- Sfar, Joann, Klezmer, tome 2, Bon Anniversaire Scylla, Gallimard, 18 mai 2006 (Bayou)
- Sfar, Joann, Klezmer, tome 3, Tous des voleurs, Gallimard, aout 2007 (Bayou)

Quelques interprètes

- Naftule Brandwein
- Giora Feidman
- The Klezmatics
- David Krakauer
- Koby Israelite

Voir aussi

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