Killing Joke

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Killing Joke est un groupe britannique rock, new wave et metal industriel créé en 1978. Il est reconnu comme un des groupes les plus importants de la période post-punk/new wave de la fin des années 70 et du début des années 80. Il a fortement influencé des groupes comme Nirvana, Metallica, Ministry, Soundgarden, KoЯn, ou encore Fear Factory, qui ont tous mentionné être redevables à ce groupe Voir, au sujet des groupes influencés par Killing Joke, cette courte sur Gu
Killing Joke

Killing Joke est un groupe britannique rock, new wave et metal industriel créé en 1978. Il est reconnu comme un des groupes les plus importants de la période post-punk/new wave de la fin des années 70 et du début des années 80. Il a fortement influencé des groupes comme Nirvana, Metallica, Ministry, Soundgarden, KoЯn, ou encore Fear Factory, qui ont tous mentionné être redevables à ce groupe Voir, au sujet des groupes influencés par Killing Joke, cette courte sur Guido.be/ Burton C. Bell, chanteur de Fear Factory, avoue être un grand admirateur de Killing Joke dans un entretien tiré du DVD Transgression.. Jeremy “Jaz” Coleman, le chanteur et leader historique du groupe, joue des claviers et synthétiseurs, compose, et dirige cordes et orchestres. Avec ce dernier, le guitariste Geordie Walker est le seul autre membre permanent du groupe. En 1994, Killing Joke sort l’album Pandemonium qui marquera et influencera profondément la scène du metal industriel. L’album est encore actuellement une référence dans ce style musical. Leurs sons de guitare et de basse jouent beaucoup sur la distorsion, accompagnés selon l'époque par une batterie tantôt tribale et puissante, tantôt funky et par des synthétiseurs typiques de la new wave. Le chant joue sur des plages allant d’une douceur très mélodieuse au hurlement tribal. Coleman partage son temps entre la composition d’œuvres symphoniques et le travail en studio et sur scène pour Killing Joke. Il a étudié de nombreuses cultures, vit actuellement entre Prague et la Nouvelle-Zélande et a développé une passion pour le folklore tchèque et la musique maori.

Historique

1978 : Les origines

Jaz Coleman, chanteur et leader de Killing Joke, avant un concert en 1991. La légende veut que Killing Joke soit né d’une rencontre dans une file d’attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi, le British Unemployment Office, à la toute fin de l’année 1978. Ce jour-là, Jeremy "Jaz" Coleman rencontre un ami et lui parle de ses aspirations musicales. En entendant le discours de Coleman, son ami lui glisse qu’il a quelqu’un à lui présenter, puis l’emmène à son appartement londonien où les attend le batteur Paul Ferguson Cette anecdote correspond en fait à la naissance du Matt Stagger Band, groupe au sein duquel se sont rencontrés Ferguson et Coleman avant de créer Killing Joke la même année. Voir sur music.yahoo.com. Selon Coleman, sans échanger un seul mot, ces deux-là réalisent qu’ils sont destinés à jouer ensemble une musique que Ferguson décrira plus tard comme « the sound of the Earth vomiting » — le son que ferait la Terre en vomissant. Pour donner corps à leurs idées, Coleman et Ferguson font passer une annonce dans le journal musical Melody Maker, disant en substance : « Want to be part of the Killing Joke? Total Publicity - Total Anonymity - Total Exploitation » Article de du 14 juin 1980., soit à peu près : « Vous souhaitez faire partie de la Blague qui Tue ? Publicité Totale - Anonymat Total - Exploitation Totale ». Peu de temps après, le guitariste Kenneth "Geordie" Walker et Martin "Youth" Glover les rejoignent et le groupe prend vie. Le nom provient d’une expression britannique faisant référence à une situation ou un événement paradoxal, ironique. Ils commencent alors à écrire et se produire en concert et gagnent rapidement une assez bonne réputation à travers Londres avec des morceaux comme Malicious Boogie, Wardance, Pssyche, Turn to Red, Nuclear Boy, et une reprise des Sex Pistols, Bodies. Selon Coleman, Killing Joke s’est formé autour d’intentions bien particulières : « définir l’exquise beauté de l’ère atomique en termes de style, de son, et de forme. » Le groupe déménage et s’installe dans le quartier de Notting Hill Gate, pour y enregistrer le premier single du groupe, Almost Red, avec de l’argent emprunté à la petite amie de l’époque de Coleman. John Peel Voir cette critique d'époque parue dans le magazine ., impressionné par l’enregistrement, propose au groupe un passage dans son émission. Killing Joke devient l’un des groupes les plus populaires parmi ceux diffusés par ce biais, à la fin des années 1970. À la fin de l’année 1979, les membres du groupe signent avec Island Records, qui leur permet de créer leur propre label, Malicious Damage Voir également pour plus d’informations sur cette période..

1979-1982 : Les années Malicious Damage

Après la sortie du 4 titres Nervous System / Turn to Red sur Malicious Damage par le biais d’E’G Records, Killing Joke sort son premier album, Killing Joke en 1979 On peut lire quelques mots sur ce premier album et sur les performances scéniques du groupe dans le magazine du 9 août 1980.. La couverture est en noir et blanc, et il n’y a aucune mention des noms des membres du groupe. Saturé de nombreuses sonorités électroniques, de batterie tribale, de basse syncopée et d’un son de guitare rythmique unique à l’époque, l’album inclut le titre Change qui devient un standard des clubs des deux côtés de l’Atlantique. Ferguson dira à ce moment : « C’est de la musique agressive, ce n’est pas de l’amusement poli. Nous avons des titres dans les chartsclassement des meilleures ventes de singles. ici et c’est un plaisir. Ça ne m’embête pas du tout d’entrer dans les meilleures ventes disco. Je pense que ça porte beaucoup d’espoir pour le monde. » Les membres de Killing Joke écrivent tous les morceaux de leur album suivant, What's THIS for....! alors qu’ils sont déjà en studio. Selon Geordie, ce procédé s’est révélé difficile, puisque pour le premier album ils disposaient d’un an de travail d’avance avant l’enregistrement. Sorti fin 1981, l’album révèle un groupe focalisé sur le développement de son propre son. Depuis Madness, long de 7 minutes, jusqu’à Tension et Fall of Because, l’album continue dans le sillon tracé par le groupe, basé sur leur prédiction d’une fin prochaine de la raison et d’un retour à un type d’homme plus primitif. C’est aussi un bon indicateur de l’humour pervers qui se cache derrière Killing Joke. La couverture montre une mère de famille / touriste contemplant un champignon atomique, en contrepoint de paroles comme « I wonder who chose the color scheme? It’s very nice! » (« Je me demande qui a choisi les couleurs ? C’est très joli ! »).

1982 : Pressions et dépression

Geordie Walker, guitariste du groupe depuis sa création (en tournée en Australie en 2005). À l’issue d’une tournée mondiale, Killing Joke s’aventure en Allemagne avec le producteur vétéran Conny Plank. Cette première collaboration avec un producteur extérieur au groupe donne Revelations, sorti en 1982. Nouveau travail anonyme, l’album comprend le hit Empire Song. Tout au long de cet album sont évoquées les pressions auxquelles le groupe est soumis, aussi bien dans un registre personnel et relationnel que de la part de l’industrie musicale. Land of Milk and Honey y fait directement référence ainsi : « Land of - better change your tune now, Milk and - oh so negative, Honey - and we’re so content now, Land of Milk and Honey ». (« Pays de - vous devriez changer de tonalité, Lait et - oh, c’est si négatif, de Miel - voilà, on est bien contents, Pays de Lait et de Miel. ») Incertain quant à la direction musicale à suivre, et confronté à la perspective d’une nouvelle tournée mondiale, le groupe craque et se sépare Article de du 13 mars 1980.. Jaz, au bord de la dépression nerveuse, quitte le groupe pour se réfugier en Islande à la fin d’un concert, le soir de son anniversaire Mensuel d’avril 1982.. Il choisit cette destination suite à la vision d’une imminente fin du monde, (a priori suite à un conflit nucléaire, ) ses interlocuteurs mystiques souhaitant ainsi le mettre en sûreté. Geordie Walker le rejoint et ils enregistrent sur une brève période avec le groupe local Peyr tandis que Youth et Big Paul forment leur propre groupe, Brilliant, apparemment nommé ainsi à cause de la face B du single Empire Song. Cependant, avant que Brilliant ait eu le temps de sortir un album, Paul Ferguson quitte le groupe. Les critiques britanniques s’expriment assez vertement sur ces déboires, et Youth accompagné de divers collaborateurs sort finalement un single appelé That’s What Good Friends Are For (littéralement « C’est pour ça que les amis existent »), appel du pied assez évident envers ses anciens camarades. Depuis sa retraite islandaise, Coleman rejette l’offre.

Le délicat tournant des années 80

Peut-être finalement motivé par le succès de Brilliant, Coleman rejoint Walker et Ferguson. Ils recrutent un bassiste alors inconnu, Paul Raven. Ils tournent en Europe et aux États-Unis au cours de l’année 1982, permettant ainsi à Raven de découvrir le monde de la scène. Plusieurs concerts à Toronto sont enregistrés pendant la tournée, donnant naissance au maxi "HA" - Killing Joke Live. Killing Joke signe ensuite chez Polydor et amorce un virage sujet à controverse, la recherche d’un nouveau public pour leurs albums. Cette même demande de la part de Youth, quelque temps plus tôt, avait pourtant été ignorée. Le résultat, sorti en 1983, est l’album Fire Dances. C’est alors la première fois qu’apparaissent, dans un livret, les photos des membres du groupe. Présentant des styles musicaux plus variés, Coleman dira de cet album qu’il est « leur meilleur à ce jour » (comme il semble l’avoir dit de chaque nouvel opus) et Let’s All Go (to the Fire Dances) est choisi comme single de lancement. L’album contient quelques bons morceaux devenus des classiques du groupe, comme Frenzy et Harlequin. Le groupe semble à nouveau connaître une baisse de qualité cette même année avec la sortie du 45 tours Me or You. Après un moment de silence, Killing Joke revient en 1984 avec une nouvelle paire de 45 tours, A New Day et Eighties, qui sont plus diffusés à la radio qu’aucun de leurs singles précédents. Jouant devant d’immenses drapeaux états-uniens et soviétiques, le groupe reprend les tournées et semble vouloir donner une image plus homogène, coordonnant les costumes noirs, avec pour Walker et Raven de grandes bottes en caoutchouc et métal à la Kiss. Profitant du succès d'Eighties, le groupe sort l’album Night Time, enregistré à Berlin et comprenant la chanson Love Like Blood qui jette à nouveau du Killing Joke sur les pistes de danse des États-Unis et de l’Europe. Comprenant huit titres, dont Eighties, l’album permet d’entendre de très bons sons de claviers mélodiques, accompagnés d’un excellent travail de Walker à la guitare sur des morceaux comme Kings and Queens et Europe. Sur leur sixième album, Brighter than a Thousand Suns (« plus brillant qu’un millier de soleils », trouvant son nom dans une description japonaise de l’explosion nucléaire d’HiroshimaCette citation célèbre a également donné son titre à Brighter than a Thousand Suns: A Personal History of the Atomic Scientists, livre de Robert Jungk), le groupe s’offre un succès modeste. Le format des photos du groupe, pour sa part, s’agrandit. Coleman apparaît en couverture, les autres membres dans le livret. Les hits comme Adorations et Sanity sont peu diffusés, tandis que des morceaux tels que Chessboards et Rubicon gardent éveillé l’intérêt des puristes. Nous sommes alors en 1986.

1988 : problèmes artistiques et juridiques

Pendant l’enregistrement de ce qui devait être un album solo de Coleman, Virgin Records et E’G font main basse sur des démos enregistrées par Walker et Coleman seuls et projetent d’en faire un album de Killing Joke. Cela ressemble alors fortement à une tentative de priver les membres du groupe des revenus issus de leurs droits d’auteurs. En toute hâte, Coleman finalise les morceaux, et Outside the Gate sort en 1988. Qualitativement inégal, l’album reçoit un accueil très froid. Y figure America, trait sarcastique à destination d’un pays et d’une culture que Killing Joke avait semblé courtiser sur les deux albums précédents. Outside the Gate reste un intéressant témoignage de l’époque, avec par exemple Stay One Jump Ahead et son chant scandé façon rap. Peu de temps après la sortie de l’album, le groupe se sépare à nouveau Voir cette chronologie sur .. S’ensuit un procès contre la maison de disques, qui ruine Killing Joke tant moralement que financièrement.

1989 : nouveau retour, nouveaux revers

Killing Joke revient toutefois sur le devant de la scène musicale en 1989. Afin de trouver une nouvelle maison de disques et de payer des frais de justice plutôt élevés, le groupe s’embarque pour une tournée états-unienne qui les mène de petit club en petit club. Ils effectuent une sélection de nouveaux morceaux avec un nouveau batteur (Martin Atkins, un ancien de PIL et de Brian Brain) et un bassiste de scène, Dave Ball, plus connu sous le nom de Taif. La presse spécialisée britannique annonce originellement que le bassiste de la tournée sera Andy Rourke, ancien bassiste des Smiths. Celui-ci commence effectivement la tournée, mais est vite écarté pour d’obscures raisons. Dotée de moyens financiers très faibles, la tournée permet au groupe de retrouver leur technicien et ami de longue date, Fil, et le claviériste John Bechdel. Malgré des conditions difficiles, le groupe joue des sets intenses au cours desquels défilent presque tous les nouveaux morceaux. Dans la région de New York, ils jouent trois fois de suite et tiennent conférence dans le quartier de Greenwich Village. Jaz profite de cette occasion pour pester contre l’industrie du disque, qui selon lui a « avalé, broyé et recraché » le groupe. Les fans sont invités à assister à ce discours, qui est filmé pour l’émission de MTV, 120 minutes. Coleman parle alors de racheter les droits sur le nom Killing Joke, qu’il partage alors avec Big Paul Ferguson, et s’exprime sur les difficultés que le groupe a traversées. Il semble qu’en effet bien peu de directeurs artistiques se soient déplacés pour les voir sur scène lors de cette tournée.

1990-1991 : L’héritage d’Extremities

Jazz Coleman sur la scène du Metro, Chicago, Illinois (USA) en 1991.À partir de là, Killing Joke tente une approche de la popularité par la base. Ils créent l’ - groupe de fans basé dans la ville de résidence d’Atkins, Chicago, et qui se charge de vendre des T-shirts, badges et autres autocollants à l’effigie du groupe. Ils proposent également la cassette vidéo d’un concert à Miami et sortent sur vinyle l’album The Courtauld Talks, conférence sur fond musical ayant pour thème central l’occultisme. Finalement, le groupe signe pour un seul album avec le label Noise Entertainment, filiale du conglomérat allemand BMG, qui pense que Killing Joke cherche à se faire une place sur le marché de la musique alternative. S’ensuit la sortie de l’album, Extremities, Dirt & Various Repressed Emotions. Reflet d’un état d’esprit désespéré, Extremities ... est une avalanche de dégoût pour la société, de colère et de sarcasmes sur pop-rock.com.. Le groupe a, depuis, renoué avec succès avec cette formule. S’ensuit une brève série de concerts en Europe et aux États-Unis avec Raven à la basse, puis le calme plat.

1992 : Rupture et projets personnels

La présence de deux fortes personnalités au sein du groupe entraîne de fréquentes tensions, jusqu’à une nouvelle dispersion des membres. Dans ce qui a été considéré comme une tentative de la part d’Atkins de débarrasser Killing Joke de Coleman, le batteur invite Raven, Walker, Ferguson, le claviériste Bechdel et le chanteur Chris Connelly à le rejoindre sur son label Invisible Records pour enregistrer sous le nom de Murder, Inc. Enregistré au Minnesota, l’album est enrichi du son inimitable de Geordie Walker, avec Atkins et Ferguson en guise de contrepoids. Le groupe se sépare sans jamais avoir tourné pour promouvoir le travail en studio. Au cours des quelques années suivantes, les membres de Killing Joke se recentrent sur d’autres activités artistiques. Coleman, de son côté, sort un album teinté de musique populaire d’inspiration égyptienne, en collaboration avec Anne Dudley d’Art of Noise : Songs from the Victorious City Copie du kit de presse d’époque sur . Mettant à profit sa formation en direction d’orchestre symphonique, il travaille à ses propres compositions dans ce style et s’installe en Nouvelle-Zélande. Walker se marie et s’installe dans la ville de son épouse, Detroit. Après une audition réussie visant à remplacer le guitariste fraîchement expulsé de Faith No More, Jim Martin, il décide d’abandonner cette opportunité. Paul Raven fonde The Hellfire club, puis rejoint les rangs du groupe de metal new-yorkais Prong. Martin Atkins, pendant ce temps, tourne et enregistre avec son nouveau groupe, Pigface. La dispersion du groupe semble définitive.

1992-1996 : à nouveau sur le devant de la scène

Youth et Jaz Coleman, en concert à Nottingham en 1994. Cependant, en 1992 démarre une nouvelle phase pour Killing Joke. Cette année-là, Virgin Records finance la compilation Laugh? I Nearly Bought One! et Geordie Walker est contacté afin de vérifier qu’y sont inclus les morceaux les plus représentatifs du groupe. Il fait alors appel au producteur Youth pour savoir si ce dernier dispose encore de vieilles photos du groupe afin d’illustrer le livret de l’album. Depuis les incidents l’ayant opposé à Coleman, Youth a enregistré quelques albums avec Brilliant et est devenu un producteur renommé. Les deux ex-collègues retrouvent une certaine complicité, et finalement, Youth propose de reformer Killing Joke. En utilisant à bon escient les nombreux contacts de Youth, Killing Joke est rapidement signé sur Zoo Entertainment, une division de BMG. Pandemonium est enregistré aux printemps, été et automne 1994 aux studios York en Nouvelle-Zélande, dont Coleman est copropriétaire, et aux studios Butterfly de Youth à Brixton. L’album est co-produit par Youth, on trouve un certain Geoff Dugmore à la batterie, et certaines parties vocales sont enregistrées (sans autorisation) dans la chambre du Roi de la grande pyramide de Gizeh en Égypte. Faisant fusionner leur « vieux » son avec des influences plus métalliques, le groupe renoue avec le succès commercial puisque le single Millenium est diffusé très régulièrement sur les stations de radios états-uniennes. Ils reprennent la route pendant une bonne partie de l’année 1994 et au cours des premiers mois de 1995, jouant devant un public mélangeant vieux fidèles et jeunes - qui prennent Killing Joke pour un groupe tout récemment formé. Jaz Coleman sur scène, lors d’un concert de Killing Joke à Manchester en 1994. On distingue Geordie Walker en arrière-plan. Suit, en 1996, l’album Democracy. Ajoutant, sur nombre de morceaux, une rythmique lancinante jouée à la guitare acoustique à l’habituel son électrique de Walker, l’album marque un nouveau changement dans le style du groupe. Toutefois, sont abordés des thèmes devenus récurrents chez Killing Joke. Les « leaders » du monde occidental sont la cible de critiques violentes, de même que le système démocratique en général. En annexe on retrouve la violence et l’inégalité, rejetées avec force par le chant de Coleman, qui passe du murmure léger, dans des morceaux comme Pilgrimage, aux hurlements de rage du dernier titre, Another Bloody Election. L’album, après le très métallique Pandemonium, aura du mal à conserver au groupe les fans récemment acquis. S’ensuit une tournée étalée sur les années 1996 et 1997, puis une nouvelle période de silence qui dure 6 années et laisse les « gatherers »lit. « ceux qui se rassemblent », c’est le nom du fan club officiel du groupe et, par extension, de son public le plus fidèle. dans l’expectative.

1996-2003 : une longue parenthèse

Durant cette parenthèse, bien peu nombreux sont ceux qui auraient parié sur un futur album. Jaz Coleman se recentre sur sa seconde passion, l’écriture pour orchestre symphonique. À cette fin, il vit de plus en plus souvent à Prague, en République tchèque. Il connaît un bon succès en arrangeant les œuvres de groupes comme les Doors, faisant interpréter ses versions par l’Orchestre national de Prague avec, comme soliste, le célèbre violoniste Nigel Kennedy. L’ère Killing Joke semble bel et bien terminée. Coleman fait cependant des rencontres fort intéressantes sur le plan musical, qui sont évoquées dans le film tchèque Rok Ďábla Article du du 20 mars 2002.. Les membres du groupe se font discrets, évitant en entretien de s’exprimer sur la possibilité d’une reformation. Killing Joke acquiert ce statut légendaire qui, souvent, n’échoit qu’aux groupes définitivement disparus.

2003 : retour en grâce

Mais Coleman, Walker et Youth se reforment en trio et en 2003, créent la surprise en sortant un second album nommé Killing Joke, comme l’était le tout premier. La machine est extrêmement bien huilée, tout est fait pour que l’album soit un succès. Les morceaux sont préparés en studio, et la batterie est confiée à Dave Grohl, ancien batteur de Nirvana et chanteur-guitariste des Foo Fighters. Ce dernier suit les rythmiques lourdes, quasi-tribales, préparées en studio sur séquenceur et leur donne vie avec talent. Grohl parle à cette occasion de l’admiration sans borne que les membres de Nirvana vouaient à Killing Joke. Le teaser de l’album (morceau destiné à appâter l’acheteur) se retrouve sur le CD mensuel de nombreux magasines musicaux à travers le monde. Killing Joke retrouve un public perdu depuis Pandemonium, celui des fans de metal et de musique industrielle. Les critiques sont globalement excellentes, l’album est souvent cité comme l’un des meilleurs de l’année, voire le meilleur album rock, tous styles confondus. En France, voir les magazines D-Side et les Inrockuptibles de mars 2003. Le groupe n’avait pas réussi à fédérer autant de monde autour de sa musique depuis bien des années. Killing Joke au London Astoria, le 14 octobre 2005. Le thème principal de cet opus est l’opposition farouche de Coleman à la guerre en Irak initiée par George W. Bush. À noter aussi, sur des morceaux comme Asteroid, une tendance assumée au millénarisme. Les compositions sont signées Coleman/Glover/Walker, mais Raven apparaît tout de même dans les crédits de l’album. Personne ne sait avec certitude qui tient la basse sur l’album, cependant Raven est bien le bassiste de la tournée qui s’ensuit. Cette tournée couvre l’Europe, les États-Unis et l’Australie en 2003 et 2004, avec, derrière la batterie, Ted Parsons, un ancien de Prong. L’année 2005 est celle de la consécration avec deux soirées anniversaire pour célébrer les 25 ans du groupe. Le Shepherds Bush Empire, beau petit théâtre à l’italienne de Londres, est rempli pour l’événement. S’ensuivent un DVD d’excellente facture et un album live sur CD et vinyle. Ben Calvert, jeune et talentueux batteur, se joint au groupe en compagnie d’un nouveau claviériste, Reza Udhin. Dans la foulée, Killing Joke assure la première partie (été 2005) du groupe Mötley Crüe, nouvellement reformé. Au vu des performances comparées des deux groupes sur scène, un critique sort cette pique : « à la place des Mötley Crüe, je ferais dans mon pantalon » Selon de mai 2005.. Pour sa part, Coleman dit du célèbre groupe que leurs QI additionnés sont à peine aussi élevés que la température ambiante (« their collective IQ barely touches room temperature ») Entretien dans du 6 juin 2006..

2006 : sortie de Hosannas from the Basements of Hell

Commence alors le travail de création et d’enregistrement de leur nouvel album. La ville de Prague étant devenue le point de chute du groupe, c’est là que naît Hosannas from the Basements of Hell. Petr Zelenka, qui a dirigé Coleman dans le film Rok Ďábla, réalise le clip du titre phare de l’album. Sorti en avril 2006, cet opus délivre une énergie brute qui remonte loin dans l’histoire du groupe. Le son rappelle le côté cru, brutal et sans artifice entendu sur Extremities.... Une nouvelle fois, l’accueil est excellent et les ventes suivent le même mouvement. Immédiatement après la sortie de Hosannas ..., Killing Joke entame une tournée européenne .. Paul Raven quitte cependant assez vite la scène pour aller tourner avec son autre formation, Ministry. Il est remplacé par Kneill Brown. Le 10 juin 2006, le groupe occupe la scène MySpace du Download Festival, recevant pour l’occasion une excellente critique de la part du magasine Kerrang Voir cette sur rockdetector.com.. La partie automnale de la tournée est annulée pour raisons de santé et le groupe ne s’est pas encore exprimé sur un éventuel redémarrage. En octobre 2006, Jaz Coleman est nommé compositeur résident pour l’Union européenne et est donc appelé à composer et jouer ses musiques pour toute occasion spéciale au sein de l’Union. Il est également compositeur résident en République tchèque, son pays d’adoption depuis 7 ans, ainsi qu’en Nouvelle-Zélande.

Killing Joke, Coleman et le monde de l’occulte

Jaz Coleman, occultiste érudit, est également connu pour sa propension à ajouter de très nombreuses références à ses croyances mystiques et philosophiques dans ses textes et compositions musicales. L'univers visuel de Killing Joke est lui aussi fortement teinté de symboles. Pour plus d'information sur les occurrences mystiques dans les albums de Killing Joke, voir également les articles de la section discographie, ci-dessous.

Discographie & filmographie

Les dates de sorties indiquées sont celles correspondant aux éditions originales, au Royaume-Uni. Les plus anciens albums de Killing Joke ont été récemment remasterisés et réédités chez Virgin Music. Cependant, il n’est pas fait mention de l’année de première publication sur ces albums, mais uniquement de l’année de réédition. Ainsi, certains CD de Revelations portent un copyright en date de © 2005 au lieu de © 1982. On peut distinguer ces rééditions des originaux grâce à la mention « KILLING JOKE: remastered with bonus track(s) » figurant en couverture, sur le côté gauche. Les charnières de boîtier des albums remasterisés sont en plastique transparent, tandis que celles des originaux sont en plastique gris opaque.

Anecdotes

- Au début des années 1980, une des affiches du groupe destinée à annoncer une série de concerts à Londres leur vaut d’être frappés par la censure : elle représenterait le pape Pie XI bénissant une haie d’honneur de soldats nazis peu de temps avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit en fait d’une photo prise en 1934 et montrant l’abbé catholique allemand Albanus Schachleiter au congrès de Nuremberg. Peut-être par provocation, cette même image est reprise sur la couverture de la compilation Laugh? I Nearly Bought One! sortie en 1992. Les croix gammées des brassards sont cependant remplacées par les symboles monétaires de la livre sterling et du dollar américain Voir encadré vers le milieu de la page, sur ..
- Les paroles de la chanson Turn to Red seraient dues aux sentiments anti-communistes de Coleman à l’époque. Il est à noter que les symboles d’oppression, comme la croix gammée nazie (voir ci-dessus), la faucille et le marteau communistes et les symboles de l’impérialisme américain sont souvent entremêlés dans la communication visuelle du groupe. Le logotype actuel du groupe entrecroise le K et le J pour les faire ressembler, à distance, à la faucille et au marteau.
- La couverture de l’album Revelations montre deux des emblèmes les plus connus de la franc-maçonnerie, le compas et l’équerre. Le choix de ce symbole peut résulter soit de l’aversion de Coleman pour les sociétés secrètes ayant pour but d’acquérir le pouvoir, soit encore de ses inspirations occultes personnelles.
- À la sortie du morceau Come as You Are du groupe Nirvana, les membres de Killing Joke crient au plagiat, le thème de guitare reprenant précisément celui de leur vieux succès, Eighties. Une controverse oppose encore aujourd'hui plusieurs protagonistes et journalistes musicaux quant aux suites données à cette affaire : le magazine Rolling Stone explique qu'aucun procès pour violation des droits d’auteurs ne s’en est suivi, parce que les plaignants n’avaient pas, à ce moment, les moyens financiers nécessaires à ce type d’action en justice. Selon Coleman, Kurt Cobain « plaide coupable » au cours d'une conversation privée, avouant que Come as You Are est bien inspirée par Eighties et l'affaire en reste là. D'autres sources font bien état d'un procès, au cours duquel la demande des plaignants aurait été rejetée. On parle également d'un arrêt des poursuites après le décès de Cobain. À ce sujet, on peut trouver plus de références externes dans concernant le morceau Come as you Are. En tout état de cause, les relations entre les deux groupes restent bonnes, les parties en présence ayant apparemment choisi de laisser leurs avocats respectifs faire leur travail.

Composition chronologique du groupe

Présentée ci-dessous dans l'ordre alphabétique, cette liste non-exhaustive prend en considération les éléments du groupe dont la participation a été suffisamment longue et/ou notable pour diverses raisons (influence musicale au sein de Killing Joke, autres collaborations dans des groupes majeurs, etc.). Se reporter au tableau ci-contre à droite pour la chronologie.
- Bassistes : Kneill Brown, Martin "Youth" Glover, Paul Raven, Andy Rourke, Taif
- Batteurs : Martin Atkins, Ben Calvert, Geoff Dugmore, "Big" Paul Ferguson, Dave Grohl, Ted Parsons
- Chanteur, claviériste : Jeremy "Jaz" Coleman
- Claviéristes additionnels : John Bechdel, Reza Udhin, Nick Walker
- Guitariste : Kevin "Geordie" Walker

Notes et sources

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