Parti socialiste unifié

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Le Parti socialiste unifié (PSU) était un parti politique français fondé le 3 avril 1960. De 1967 à 1973, Michel Rocard dirigea ce parti. Le PSU s'est auto-dissous en 1989.
Parti socialiste unifié

Le Parti socialiste unifié (PSU) était un parti politique français fondé le 3 avril 1960. De 1967 à 1973, Michel Rocard dirigea ce parti. Le PSU s'est auto-dissous en 1989.

Histoire

Origines

Le PSU était né en avril 1960 d'un double mouvement d'opposition : à la guerre d'Algérie et au soutien de la SFIO au « coup d'État » gaulliste de 1958. Il résultait de la fusion de trois formations politiques :
- du Parti socialiste autonome (PSA, dissidence SFIO), auquel appartenaient des leaders « historiques » de la SFIO, comme Daniel Mayer, ancien secrétaire général de la SFIO à la Libération, ou Édouard Depreux, ancien ministre de l'Intérieur en 1946-1947 ;
- de l'Union de la gauche socialiste (UGS), issue de la fusion en 1957 de la Nouvelle gauche, du Mouvement de libération du peuple (MLP) et de la Jeune République (JR)) ;
- d'un groupe de dissidents du PCF formé autour d'un journal (Tribune du communisme, dirigé par Jean Poperen). Le bureau national constitué en avril 1960 respectait la parité des fondateurs :
- 5 anciens PSA : Édouard Depreux, le secrétaire général, Charles Hernu, Maurice Klein, trésorier national, Alain Savary, Robert Verdier.
- 5 anciens UGS : Jean Arthuys, Claude Bourdet, Henri Longeot, Gilles Martinet, Jean Verlhac.
- 1 ancien « tribune du communisme » : Jean Poperen. Ce parti tenta tout d'abord d'occuper l'espace politique entre la SFIO et le PCF. Il était composé majoritairement de socialistes anti-colonialistes, qu'ils soient « révolutionnaires » ou « réformistes », partisans de l'Union de la gauche. Au fil des crises que le PSU traversait dès sa première année d'existence, il enregistrait le départ de nombre de ses fondateurs : Pierre Beregovoy, Charles Hernu, Alain Savary, Robert Verdier. Le PSU, qui comprenait dès son origine des minorités se revendiquant d'un marxisme révolutionnaire, du luxembourgisme ou du trotskisme évoluait en s'amoindrissant, surtout après mai 1968, vers un parti contestataire et auto gestionnaire, se situant hors du champ parlementaire. Lors de son congrès de fondation, le PSU aurait rassemblé adhérents : issus du PSA, de l'UGS. Quelques centaines de militants provenaient de Tribune du communisme. Mais selon Marc Heurgon, historien du parti après en avoir été un des dirigeants, il semblerait que le nombre de membres au total, soit plus proche de la réalité. Le PSU se dotait d'une publication hebdomadaire :Tribune socialiste. Mais à cet organe officiel, s'ajoutait de fait durant quelques années, un autre hebdomadaire, France observateur, dont direction et rédaction comprenaient plusieurs membres du PSU, et non des moindres : Gilles Martinet, Claude Bourdet, etc..

Une histoire chaotique

En 1960, Pierre Mendès France adhérait au PSU en dépit des réticences des anciens adhérents de l'UGS, qui refusaient l'entrée au PSU des militants mendèsistes du Centre d'action démocratique, estimant que ceux-ci étaient plus libéraux que réellement socialistes. Dès son premier congrès le PSU était le théatre de jeux de tendances. Une forte minorité apparaissait, animé par Pierre Beregovoy. Les Congrès suivants étaient si disputés qu'aucune direction stable, par exemple, ne sortait du Congrès d'Alfortville ( janvier 1963). En 1965, le PSU ne présentait aucun candidat à l'élection présidentielle et soutenait celle de François Mitterrand (qui avait également le soutien de la SFIO et du PCF). Mais la question centrale du PSU demeurait : comment se positionner entre le PCF et la FGDS, Fédération de la gauche démocrate et socialiste, où la SFIO achevait son parcours. Plusieurs scissions survinrent qui aboutirent à la création de l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche (Alain Savary) puis de l'Union des groupes et clubs socialistes (Jean Poperen). En 1967, la première mue du PSU portait Michel Rocard à la direction d'un parti, d'où les anciens socialistes « réformistes » étaient en voie de disparition. L'orientation nouvelle se trouvait confortée par la prise de contrôle de l'UNEF. En effet en juillet 1967, les Etudiants Socialistes Unifiés (ESU, organisation étudiante du PSU) prenaient la direction de l'UNEF lors de son Congrès à Lyon, au détriment des étudiants communistes. Ils portaient à la présidence du Syndicat étudiant Jacques Sauvageot, qui eut un rôle de premier plan lors des énénements de mai 1968. Ils étaient mis en minorité au Congrès d'Orléans (avril 1970) mais gardaient la présidence en faisant alliance avec les trotskistes de l'A.J.S. Les ESU, devenus groupusculaires, perdaient finalement le contrôle de l'organisation syndicale étudiante en 1971, mis hors-jeu lors de la scission entre UNEF-US et UNEF-Renouveau. En mai 1968, le PSU soutenait les étudiants et prônait l'autogestion. Cette implication dans le mouvement de Mai expliquait le score que réalisait Michel Rocard lors de l’élection présidentielle de l'année suivante : le 1969, Michel Rocard obtenait 3, 61% des voix au premier tour de ces élections, score qui constitue le plus haut niveau d'influence du PSU au cours de son existence.. En 1972, le PSU ne signait pas le programme commun de la gauche. Avec l'argument que ce programme n'était pas assez autogestionnaire, le PSU s'éloignait paradoxalement d'un de ses combats originels : l'union de la gauche. En 1973, une fraction, derrière Jacques Kergoat, alors secrétaire général du PSU parisien, rejoignait la LCR. En octobre 1974, une fraction importante du PSU participait à une opération politique menée par le Parti socialiste, « les Assises du socialisme ». Avec Michel Rocard et Robert Chapuis, elle ralliait le Parti socialiste. Une autre fraction, la Gauche révolutionnaire (marxiste-léniniste), rejoignait le Parti communiste marxiste-léniniste de France. Le 26 avril 1981, Huguette Bouchardeau obtenait 1, 11% des voix au premier tour de l’élection présidentielle. Le 24 mars 1983, elle entrait dans le gouvernement socialiste dirigé par Pierre Mauroy. Cette participation fut vivement combattue à l'intérieur de son parti et ses adversaires devenaient majoritaire en décembre 1984 au Congrès de Bourges. Lors de l’élection présidentielle du 25 avril 1988, le PSU soutenait la candidature communiste dissidente de Pierre Juquin. Celui-ci obtenait 2, 09 % des voix au premier tour. Le PSU est dissout en novembre 1989, une partie de ses membres fusionne avec la Nouvelle gauche issue des comités Juquin pour fonder l'Alternative rouge et verte (AREV), qui fusionne une nouvelle fois en 1998 avec une minorité de la Convention pour une alternative progressiste (CAP) pour devenir les Alternatifs. Ces mouvements n'atteignaient jamais la taille critique nécessaire pour peser sur le débat à gauche comme avait pu le faire le PSU entre 1960 et 1969. Les Jeunesses Socialistes Unifiées (JSU) constituaient le mouvement de jeunesse du PSU.

Les congrès nationaux du PSU

- 3 avril 1960 . Issy-les-Moulineaux : Congrès de fondation du PSU
- 24 - 26 mars 1961 . Clichy : 1 Congrès
- 28 - 30 janvier 1963 . Alfortville : 2 Congrès
- 9 - 11 décembre 1963 . Paris ( Salle de la Grange aux belles ) : 3 Congrès
- 5 - 7 juin 1965 . Gennevilliers : 4 Congrès
- 22 - 24 juin 1967 . Paris ( Maison des métallurgistes ) : 5 Congrès
- 14 - 16 mars 1969 . Dijon : 6 Congrès
- 28 - 28 juin 1971 . Lille : 7 Congrès
- 9 - 11 décembre 1972 . Toulouse : 8 Congrès
- 14 - 16 décembre 1974 . Amiens : 9 Congrès
- 28 - 30 janvier 1977 . La Courneuve : 10 Congrès
- 12 - 14 janvier 1979 . Saint-Étienne : 11 Congrès
- 7 - 8 février 1981 . Colombes : 12 congrès
- 18 20 décembre 1981 . Nantes : 13 congrès
- 14 - 16 décembre 1984 . Bourges : 15 Congrès
- 13 - 14 décembre 1986 . Bourg-en-Bresse : 16 Congrès
- 16 - 18 décembre 1988 . Angers : 17 Congrès
- 24 novembre 1989 . Paris : Congrès de dissolution du PSU

Secrétaires nationaux du PSU

- 1960 - 1967 : Édouard Depreux (Gilles Martinet secrétaire général adjoint)
- 1967 - 1973 : Michel Rocard
- 1973 - 1974 : Robert Chapuis
- 1974 - 1979 : Michel Mousel
- 1979 - 1983 : Huguette Bouchardeauhttp://www.quid.fr/2007/Institutions_Francaises/Quelques_Partis_Disparus/1?refnum=6890900
-6890900
- 1983 - 1984 : Serge Depaquit
- 1984 - 1989 : Jean-Claude Le Scornet

Le tournant de 1967

- bureau national élu en 1965: (18 membres)
- Édouard Depreux, Pierre Beregovoy, Claude Bourdet, Richard Dartigues, Victor Fay, Henri Longeot, Serge Mallet, Gilles Martinet, Jean Poperen, Harris Puisais, Jean Arthuys, Georges Gontcharoff, Marc Heurgon, Michel Rocard (Georges Servet), Jean-Marie Vincent, Maïté Mathieu, Pierre Rungis, David Weill
- bureau national élu en 1967: 17 membres dont 12 nouveaux
- Michel Rocard, Jean Arthuys, Georges Gontcharoff, Marc Heurgon, Jean-Marie Vincent, André Barthélémy, Manuel Bridier, Gérard Carles, Robert Chapuis, Claude Dubois, Michel Fontès, Daniel Frachon, Christian Guerche, Hubert Prévot (Jacques Malterre), Pierre Marchi, Jean-François Perthus (ESU), Pierre Ringuet

Le poids électoral du PSU

Le PSU qui comptait dans ses rangs en 1960 un certain nombre d'anciens députés, s'inserrait dans le jeu électoral aux élections législatives de novembre 1962, non sans réussite.
- 1962 - 427 400 voix ; 2, 33 % des suffrages ; 120 candidats ; 2 députés : François Tanguy-Prigent, dans le Finistère, circonscription de Morlaix. Raoul Bleuse, dans le département de la Seine, circonscription d'Alfortville. Ce dernier quittait le PSU l'année suivante.
- 1967 - 506 600 voix ; 2, 26 % des suffrages ; 103 candidats ; 4 députés : Guy Desson, dans les Ardennes, circonscription de Sedan. Yves Le Foll, dans les Côtes-du-Nord, circonscription de Saint-Brieuc. Roger Prat, à Morlaix (Finistère) où il succédait à Tanguy-Prigent. Pierre Mendès France, à Grenoble (Isère).
- 1968 - 874 200 voix ; 3, 94 % des suffrages . aucun élu
- 1969 - 816 470 voix ; 3, 61 % des suffrages pour le candidat Michel Rocard à l’élection présidentielle.
- 1973 - 810 640 voix ; 3, 3 % des suffrages. 215 candidats ; 1 député : Yves Le Foll, élu dans la circonscription de Saint-Brieuc. Le décompte officiel des voix aux élections législatives mêle en 1978 et 1981 le PSU avec l'extrème gauche. Seule l'élection présidentielle de 1981 permet une approche séparée.
- 1981 - 321 340 voix ; 1, 10 % des suffrages pour la candidate Huguette Bouchardeau.

Anciens adhérents

- Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts de janvier 2003 à janvier 2005.
- Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière.
- Alain Geismar, aujourd'hui inspecteur général de l'Éducation nationale
- Alain Guillerm, essayiste et sociologue.
- Guy Caro, médecin, psychiatre
- Yves Le Foll, ancien député, conseiller général, maire de Saint-Brieuc.
- François Lamy, Député-maire de Palaiseau, secrétaire national du Parti socialiste
- Marylise Lebranchu, ancienne ministre, conseillère régionale de Bretagne
- Michel Vergnier, député-maire de Guéret (Creuse), membre du bureau national du Parti socialiste
- Jack Lang, député, ancien ministre de l'éducation et de la Culture
- Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France
- Jean-Claude Izzo
- Pierre Vidal-Naquet, historien
- Jacques Bugnicourt
- Emmanuel Le Roy Ladurie, historien
- Hubert Prévot
- Charles Piaget

Bibliographie

- Edouard Depreux, Souvenirs d'un militant : cinquante ans de lutte, de la social-démocratie au socialisme (1918-1968), Paris, Fayard, 1972.
- Edouard Depreux, Servitude et grandeur du PSU, Paris, Syros, 1974.
- Jean-François Kesler, De la gauche dissidente au nouveau Parti socialiste, les minorités qui ont rénové le PS Privat, 1990, Toulouse.
- Marc Heurgon, Histoire du PSU, tome 1: La Fondation et la guerre d'Algérie (1958 - 1962), Paris, La découverte, Paris, 1994.

Production militante

- Michel Rocard, Le PSU et l'avenir socialiste de la France, Paris, Seuil, 1969.
- PSU, Des militants du PSU, Paris, Epi, 1971.
- PSU, Contrôler aujourd'hui pour décider demain. Manifeste adopté par le 8 congrès national du PSU (9-11 décembre 1972), préface de Michel Rocard, Paris, Tema-éditions, 1973.
- PSU, Vivre, produire et travailler autrement : éléments de programme autogestionnaire, Paris, Syros, 1978.
- PSU, Archives d'espoir : 20 ans de PSU, Paris, Syros 1980.

Travaux universitaires

- Soïg Malfroy, La fédération du PSU des Côtes-du-Nord face au Programme commun, IEP Rennes 2003-2004.

Archives

- Les Archives départementales d'Ille-et-Vilaine conservent les archives de la section d'Ille-et-Vilaine de 1976 à 1990. sous-série 69 J, soit 3, 70 ml. ==
Sujets connexes
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