Sacha Guitry

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Sacha Guitry, de son nom complet Alexandre Georges-Pierre Guitry, comédien, auteur de pièces de théâtre, metteur en scène, dialoguiste, scénariste et réalisateur de cinéma français, né le 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg, décédé le 24 juillet 1957 à Paris. Il est le fils de Lucien Guitry (1860 - 1925), grand comédien très célèbre à son époque, et de Renée de Pont-Jest. Sacha Guitry (à gauche), sa deuxième épouse Yvonne Printemps et le Général Ferr
Sacha Guitry

Sacha Guitry, de son nom complet Alexandre Georges-Pierre Guitry, comédien, auteur de pièces de théâtre, metteur en scène, dialoguiste, scénariste et réalisateur de cinéma français, né le 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg, décédé le 24 juillet 1957 à Paris. Il est le fils de Lucien Guitry (1860 - 1925), grand comédien très célèbre à son époque, et de Renée de Pont-Jest. Sacha Guitry (à gauche), sa deuxième épouse Yvonne Printemps et le Général Ferrié

Biographie

Du théâtre au cinéma

Élève médiocre, Sacha Guitry se révèle très tôt brillant comédien, et bien vite un auteur et metteur en scène excellent. Il écrit lui-même ses propres pièces, parfois en moins de trois jours, et en assure la mise en scène et l'interprétation. Nono (1905) remporte un vif succès. Mais l'échec de La Clef, en 1907, décourage un temps Sacha Guitry, et c'est le soutien indéfectible de son grand aîné Octave Mirbeau qui lui donne le courage de continuer : admiratif et reconnaissant, Sacha Guitry sollicitera une préface de lui pour sa Petite Hollande, en 1908, et lui consacrera une pièce, Un sujet de roman, qui sera créée, le 4 janvier 1924, par son père Lucien Guitry, dans le rôle du grand écrivain, et devait l'être aussi par Sarah Bernhardt, dans le rôle d'Alice Regnault - mais la Divine est décédée avant la première. Homme d'esprit à l'humour caustique, c'est Sacha Guitry qui découvre et lance Raimu dans Faisons un rêve. Il fait les délices du public mais s'attire également la jalousie des critiques. Il est un peu l'opposé du théâtre du Cartel des quatre créé entre autre par Louis Jouvet et Charles Dullin. Sacha Guitry utilise au théâtre les techniques qu'il va utiliser au cinéma: s'approprier les règles, les codes d'un genre pour mieux les faire siennes. Mais avec le cinéma, les rapports vont d'abord être très tendus. Il fait une première tentative en 1915, en réalisant Ceux de chez nous, en réaction à un manifeste allemand exaltant la culture germanique. Il filme certains amis de son père, Rodin et Renoir père et fils entre autres. Il note leurs paroles et les répète durant les diffusions publiques. Ce faisant, Guitry venait tout simplement d'inventer ce qui allait devenir la post-synchronisation et le doublage. Mais il n'est pas convaincu. Comme Jouvet, il reproche au cinéma de ne pas avoir la même puissance que le théâtre, et ne s'y met qu'en 1935. Comprenant que le cinéma permet une survie, en fixant les images sur la pellicule, il se décide à mettre en boîte certaines de ses pièces de théâtre. D'abord Pasteur, écrite par Sacha pour son père Lucien Guitry, et interprété par ce dernier, donnant libre cours à sa passion pour l'Histoire et les personnages historiques. Œuvre prophétique car dans une scène, Louis Pasteur, joué par Sacha Guitry, déclare à ses confrères : « Messieurs, je sais que je n'utilise pas le style conventionnel auquel vous êtes habitués ». Phrase lourde de sens qui semble destinée aux critiques qui le dénigrent depuis qu'il fait du théâtre. La même année, il réalise Bonne chance et donne le premier rôle féminin à son épouse Jacqueline Delubac. Le style de Guitry s'y affirme un peu plus. En 1936, il réalise à partir de la pièce qu'il a écrite Le nouveau testament. Si dans Pasteur, il y avait suffisamment de scènes en extérieurs pour faire oublier l'adaptation théâtrale, ce n'est pas le cas ici. Le sentiment de huis-clos que procure chacune de ses propres adaptations théâtrales ira en s'accentuant avec le temps. Puis, toujours en 1936, il réalise Le roman d'un tricheur, pour beaucoup son chef-d'œuvre. Dans ce film, réalisé en muet, à l'exception de quelques scènes de dialogues, Guitry met en scène l'unique roman qu'il a écrit, Mémoires d'un tricheur. Il est le narrateur du film, et déjà son goût pour les histoires contées apparait. Si l'histoire peut sembler banale, elle est en fait un redoutable éloge du cinéma, art de l'illusion. Tout Guitry est contenu dans ses quatre premiers films: jeu avec les procédés filmiques, reconstitution d'évènements ou biographie de personnages historiques, adaptations théâtrales. Dans les années 1930, tout va pour le mieux dans la vie de Guitry. Le seul point noir est son divorce avec Jacqueline Delubac, mais il se console rapidement et épouse Geneviève de Séréville qui sera la seule de ses cinq épouses à porter le nom de Guitry. À propos des femmes, Guitry a déclaré : « les femmes, je suis contre…tout contre ». En 1939, il est élu à l'Académie Goncourt, et réalise Ils étaient neuf célibataires, avec de nombreuses vedettes dont Elvire Popesco. Guitry y traite du mariage blanc, thème éternel. Mais le film est en prise presque directe avec l'actualité car l'histoire part d'un décret qui oblige les étrangers à quitter la France. Pour couronner le tout, le lendemain de la première de son film, la guerre éclate.

Les années noires

La situation se complique pour le parisien Guitry qui ne veut pas quitter la capitale. Il joue de son influence pour obtenir la libération de personnalités, notamment l'écrivain Tristan Bernard et son épouse, et parvient à mettre en scène Le Destin fabuleux de Désirée Clary, œuvre cocardière sur la célèbre fiancée de Napoléon, et Donne-moi tes yeux. À la Libération, il est victime d'une chasse aux sorcières, comme Henri-Georges Clouzot pour Le corbeau. Son attitude avec l'occupant allemand est jugée complaisante et il est incarcéré 60 jours sans motif. Il est alors dénoncé — sur des rumeurs infondées —par des écrivains comme Pierre Descaves, l'actrice Hélène Perdrière ou certains journalistes du Figaro (dirigé alors par Pierre Brisson, dont il s'était fait un ennemi). Il n'obtiendra, en 1947, un non-lieu aussi ambigu que tardif (il avouera plus tard qu'il aurait préféré un procès). Ses détracteurs oublient qu'il s'est toujours opposé à ce que ses pièces soient jouées en Allemagne. Il s'en souviendra et lorsqu'il déclare à Pauline Carton, dans le générique de La Poison, que le décor de la cellule a été réalisé à partir de ses souvenirs, on sent poindre l'amertume dans sa voix. Tentant de prendre la chose avec humour, il déclare: « La Libération ? Je peux dire que j'en ai été le premier prévenu ». Il publiera ses souvenirs sous forme de deux récits : Quatre ans d'occupation pour la période de 1940 à août 1944 et 60 jours de prison pour les deux mois pénibles et humiliants qui suivirent. Il explique son comportement dans Le Diable boiteux, biographie de Talleyrand qui soutient plusieurs régimes dans l'unique but de servir la grandeur de la France. Les années 30 ont été des années de rêves et les années 40 des années noires ; les années 50 vont être une synthèse des deux décennies écoulées. Il rédige le scénario dAdhémar ou le jouet de la fatalité, mais en confie la réalisation à Fernandel, qui a déjà réalisé un film, car il est malade. Devant le résultat, Guitry s'estime trahi et intente un procès à Fernandel. Procès qu'il perd. Ce film annonce la suite de l'œuvre du cinéaste. Le ton est plus mélancolique (Le comédien, Deburau, Le Trésor de Cantenac), parfois caustique (Je l'ai été trois fois, La Poison, La vie d'un honnête homme), mais toujours comique (Toâ, Aux deux colombes, Tu m'as sauvé la vie). Ses amis le soutiennent et la reconnaissance vient avec la commande de grosses productions historiques : Si Versailles m'était conté, Napoléon, Si Paris nous était conté. Mots d'esprits et distribution prestigieuse font le charme de ces fresques. Il n'oublie pas son arrestation et réalise le très caustique Assassins et voleurs, emmené par le duo Jean Poiret-Michel Serrault, et Darry Cowl y fait ses débuts dans une scène pratiquement improvisée mais hilarante. Les trois font la paire est le dernier film qu'il réalise avec l'aide de l'acteur-producteur-réalisateur Clément Duhour, car la maladie l'a beaucoup affaibli. Film-somme sur le cinéma de Guitry où l'on retrouve tout ce qui fait le sel de son œuvre : jeu avec les procédés filmiques, fidélité avec certains acteurs, humour caustique. Son testament artistique est le scénario de La Vie à deux qu'il rédige et où il refond plusieurs de ses pièces ; c'est Clément Duhour qui le réalisera après la mort du cinéaste, avec une pléiade de vedettes venues rendre hommage au maître.

Sacha Guitry et les acteurs

Portrait de Sacha Guitry dans son bureau de l'avenue Elisée-Reclus en 1942, par Léon Gard (coll. André Bernard) Sacha Guitry tient le rôle principal de presque tous ses films. Mais il sait parfois s'effacer lorsque cela est nécessaire, comme dans le film à sketch Ils étaient neuf célibataires, avec de grands noms au générique: Saturnin Fabre, Elvire Popesco, Gaston Dubosc. L'homme est un ami fidèle, et Pauline Carton sera de pratiquement tous ses films, Guitry lui inventant parfois des rôles. Il confie le rôle principal de La poison et de La Vie d'un honnête homme à Michel Simon, ainsi que celui de son dernier film Les trois font la paire que Simon n'aimait pas mais qu'il accepta de jouer par amitié pour Guitry alors mourant. Acteur mais également metteur en scène, il sait détecter les nouveaux talents : Louis de Funès, Darry Cowl, Michel Serrault, Jacqueline Delubac pour ne citer que ceux-là, sont lancés par Guitry. Raimu, reconnaissant envers celui qui l'a lancé, accepte de jouer gratuitement dans Les Perles de la couronne, et Guitry écrit sur mesure, pour Fernandel, le scénario d
Adhémar. Il sollicite souvent Gaby Morlay pour jouer des pièces de théâtre, et deux de ses films. Parmi les grands noms déjà cités, signalons également Erich Von Stroheim, Orson Welles, Jean Cocteau, Jean Gabin, Gérard Philipe, Jean Marais, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Pierre Larquey, Jean-Louis Barrault, Arletty, Édith Piaf, Robert Lamoureux, Yves Montand, Jean-Pierre Aumont, Luis Mariano, Jacques Varennes, Suzanne Dantès, Saturnin Fabre, Brigitte Bardot… Tout au long de son œuvre, Guitry va se faire le chantre du comédien, de son père en particulier. Il réalise une biographie Le comédien, et une adaptation théâtrale, Mon père avait raison. Pour lui, Lucien Guitry et Sarah Bernhardt sont les deux plus grands acteurs du monde, et il ne manque pas de le rappeler dans les nombreux articles qu'il a signés. Du reste, certains de ses films semblent être conçus pour les acteurs : Les Perles de la couronne, Ils étaient neuf célibataires, Le Trésor de Cantenac, ou encore sa trilogie historique.

Sacha Guitry et la critique

Avec la critique, Sacha Guitry a toujours entretenu des relations conflictuelles, et ce dès son travail au théâtre. Guitry invente un style qui lui est propre, basé sur des dialogues incisifs et percutants, souvent déclamés par lui. C'est son statut d'auteur complet, et du succès qu'il a obtenu, qui l'a rendu imbuvable aux yeux des critiques. Du reste, Guitry se vengera tout au long de son œuvre et ne cessera de railler cette profession qui n'a jamais voulu faire l'effort de le comprendre. On reproche à ses films de n'être que du « théâtre filmé ». Mais Guitry, comme le provençal Marcel Pagnol, autre auteur dramatique de théâtre et de cinéma, impose son style, se construit un univers à part entière. Souvent, les critiques reprochèrent à Guitry de dévoiler les artefacts du tournage. Le cinéaste, en montrant son style, appose sa griffe et empêche quiconque de le copier. Le summum est atteint avec Ils étaient neuf célibataires : à la fin du film, Guitry mélange réalité et fiction en faisant croire à « l’amant sérieux » d’Elvire Popesco que tous deux sont en train de tourner un film. La réalité va plus vite que la fiction. Et le film s'est fait descendre par la critique, malgré des réactions positives. Parmi les critiques les plus virulentes, on retrouve régulièrement l'accusation de mégalomanie, de prétention. Lorsque Guitry met en scène Si Versailles m'était conté, film montrant le château de Versailles de sa naissance à nos jours, on lui reproche d'être passé à coté de son sujet et d'avoir réalisé une visite au musée Grévin. La critique démolit le film et oublie que Guitry est réalisateur avec toutes les responsabilités que cela implique, mais également scénariste, dialoguiste et acteur. Peu de cinéastes assument autant de charges. Précisons qu'Orson Welles, qui a joué dans Si Versailles m'était conté et Napoléon, considérait Guitry comme son maître. Du reste, il existe plusieurs points communs entre les deux artistes : tous deux hommes de théâtre, de radio, férus de littérature, ayant le même sens de l'humour. Une autre hypothèse peut être envisagée pour expliquer ses rapports tendus avec la critique : la virtuosité et l'évidente facilité avec laquelle le maître se meut dans l'univers filmique. Lorsqu'il réalise Le Destin fabuleux de Désirée Clary, il place le générique en plein milieu du film et s'offre le luxe de changer plusieurs interprètes avec une finesse rare. Du cinéma, Guitry a déclaré : « C’est une lanterne magique. L'ironie et la grâce ne devraient pas en être exclues ». Une autre anecdote résume le personnage: lors du tournage de Si Versailles m'était conté, un technicien, en visionnant les rushes, fait remarquer à Guitry que l'on voit une caméra dans le champ. Le cinéaste lui répond : « Mon ami, le public se doute bien que nous avons utilisés des caméras pour réaliser ce film. » Désinvolture, élégance, finesse et humour alliés à une solide maîtrise technique. Cela avait de quoi attirer les médisances et les jalousies. Il fut réhabilité par la Nouvelle Vague et François Truffaut en particulier, qui voyait en lui l'auteur complet, comme Charlie Chaplin. Il écrira sur mesure pour sa deuxième épouse Yvonne Printemps, plusieurs comédies musicales à très grand succès (Mozart, L’amour masqué…) et également sept revues avec son ami Albert Willemetz.

Œuvre théâtrale

- Le K.W.T.Z. (1905).
- Nono (1906).
- Chez les Zoaques (1906).
- La Clef (1907), qui connut un four.
- Petite Hollande (1908, préface d'Octave Mirbeau).
- Le Veilleur de nuit (1911).
- La Prise de Berg-Op-Zoom (1912).
- La Pèlerine écossaise (1914).
- Deux couverts (1914).
- Une paire de gifles
- Une lettre bien tapée
- Deburau
- La jalousie (1915 )
- Faisons un rêve (1916)
- Jean de La Fontaine (1916)
- Un soir quand on est seul (1917 )
-
Le mari, la femme est l'amant ( 1919 )
-
Mon père avait raison (1919)
- Le comédien ( 1921 )
- Un sujet de roman (1924), pièce inspirée par le couple d'Octave Mirbeau et Alice Regnault.
- Désiré (1927 )
- Le nouveau testament ( 1934 )
-
Le Mot de Cambronne (1936)
-
Quadrille (1937)
-
Le Bien-Aimé (1940)
-
N'écoutez pas, mesdames (1942)
- Mozart, comédie en trois actes (liste non exhaustive)

Filmographie

Tous les films (sauf exception) en tant que : réalisateur, scénariste, dialoguiste, acteur. Les mentions d'adaptation de ses propres pièces, et leurs dates de première représentation, restent à relever.
-1935 : Pasteur
-1935 : Bonne Chance
-1936 : Le nouveau testament
-1936 : Le Roman d'un tricheur
-1936 : Mon père avait raison
-1936 : Faisons un rêve
-1937 : Le Mot de Cambronne
-1937 : Désiré
-1937 : Les Perles de la Couronne
-1937 : Quadrille
-1937 : Remontons les Champs-Élysées
-1939 : Ils étaient neuf célibataires
-1941 : Le Destin fabuleux de Désirée Clary
-1942 : La loi du 21 juin 1907 (court-métrage)
-1943 : De Jeanne d'Arc à Philippe Pétain
-1943 : Donne-moi tes yeux
-1943 : La Malibran
-1947 : Le Comédien
-1948 : Le Diable boiteux
-1949 : Aux deux colombes
-1949 : Toâ
-1950 : Tu m'as sauvé la vie
-1950 : Le Trésor de Cantenac
-1951 : Deburau
-1951 : La Poison
-1952 : Je l'ai été trois fois
-1953 : La Vie d'un honnête homme (narrateur)
-1953 : Si Versailles m'était conté...
-1955 : Napoléon
-1955 : Si Paris nous était conté...
-1957 : Assassins et voleurs (n'apparaît pas dans le film)
-1957 : Les Trois font la paire ( Sacha Guitry apparaît, pour la dernière fois, seulement au générique)

Oeuvre écrite

- Les mémoires d'un tricheur
- 1947 Quatre ans d'occupation.
- 1949 60 jours de prison (fac-similé du manuscrit, illustré par des dessins de l'auteur).
- 1979 Le petit carnet rouge et autres souvenirs inédits

Documentaires

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Ceux de chez nous (1915-1952)Crédité comme réalisateur, scénariste, dialoguiste et narrateur.La première version de 1915, muette, durait 22 minutes. La première sonorisation date de 1939, et la version finale remaniée de 1952, qui dure 44 minutes, crédite Frédéric Rossif comme collaborateur.

Filmographie (scénariste)

(liste non exhaustive)
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Le Blanc et le Noir (1930), de Robert Florey et Marc Allégret
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L'Accroche-cœur (1938), de Pierre Caron
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Adhémar ou le jouet de la fatalité (1951), réalisé par Fernandel - Sacha Guitry (malade n'a pas pu superviser l'œuvre selon ses souhaits) scénariste et dialoguiste seulement

Adaptations de son œuvre

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La Vie à deux (1958), de Clément Duhour, adapté de cinq pièces de Sacha Guitry ("Désiré", "L'Illusionniste", "Une paire de gifles", "Le Blanc et le Noir" et "Françoise") reliées entre elles par un scénario-prétexte. On ne sait quelle fut la part exacte de Guitry dans l'écriture des séquences de liaison (probablement le fait de son secrétaire Stéphane Prince, lequel se cacherait derrière le mystérieux "Jean Martin" crédité par le générique comme coscénariste). Les affiches du film présentent "La Vie à deux" comme le dernier film de Sacha Guitry... lequel mourut près de un an avant le début du tournage (!).
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Au voleur ! (1960), de Ralph Habib, d'après un scénario original inédit, remanié et adapté par Jean-Bernard Luc
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Beaumarchais l'insolent (1995), d'Édouard Molinaro, adapté de la pièce inédite "Beaumarchais" et du scénario inédit lui aussi "Franklin et Beaumarchais"
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Désiré (1996), de Bernard Murat, d'après la pièce et le film éponymes
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Quadrille (1996), de Valérie Lemercier, d'après la pièce et le film éponymes
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Le Comédien (1996), de Christian de Chalonge, d'après la pièce et (toutes proportions gardées) le film éponymes
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Un crime au paradis (2000), de Jean Becker, remake du film "La Poison", avec Josiane Balasko, Jacques Villeret et André Dussolier. L'action a été librement transposée du début des années 50 à l'aube des années 80. (liste non exhaustive)

Autres participations

Sacha Guitry apparaît également en tant qu'acteur au générique de deux films muets de 1917 ("Un roman d'amour et d'aventures", dont il a également écrit le scénario) et 1922 (épilogue filmée de sa pièce "Une petite main qui se place"), mais encore, si l'on s'en réfère à 1°) un article paru dans la presse télé au début des années 80 2°) la filmographie établie par Claude Gauteur et André Bernard dans la réédition 1984 de l'ouvrage "Sacha Guitry, le Cinéma et Moi", dans :
-
La Huitième Femme de Barbe-Bleue (Blue Beard's Eighth Wife'') (1938), d'Ernst Lubitsch. Ces deux sources mentionnent également Geneviève de Séréville comme figurant aux côtés de son futur mari durant ce caméo furtif. Néanmoins, le film revu sur copie de la version américaine sous-titrée, le couple n'apparaît absolument pas à l'image (séquence coupée au montage ?).

Un misogyne marié cinq fois

Malgré sa posture de misogyne, Sacha Guitry a été marié cinq fois, et uniquement avec des actrices (encore que les trois dernières n'aient jamais eu à proprement parler la "vocation"). On lui reconnaît en outre de nombreuses liaisons avec des comédiennes et artistes, parmi lesquelles la danseuse "Belle Époque" Jane Avril, les actrices de cinéma Simone Paris (qui consacrera plusieurs chapitres de ses Mémoires au récit circonstancié de leur romance) et Yvette Lebon, etc.
- Charlotte Lysès (1877-1956) et Sacha Guitry se marient le 14 août 1907 à Honfleur, au grand dam de Lucien Guitry, ex-amant de Charlotte... Elle crée 19 pièces de son mari et reprend "Nono" en 1910. Séparés en avril 1917, leur divorce sera prononcé le 17 juillet 1918.
- Il épouse Yvonne Printemps (1894-1977) à Paris le 10 avril 1919, avec comme témoins Sarah Bernhardt, Georges Feydeau, Lucien Guitry (avec qui il vient juste de se réconcilier) et Tristan Bernard. Yvonne Printemps crée 34 pièces de Sacha Guitry, en reprend 6 autres et interprète un de ses films, "Un roman d'amour et d'aventures" (1918). Séparés le 15 juillet 1932 (Yvonne Printemps le quitte pour Pierre Fresnay, qu'elle n'épousera jamais, qui de son côté quitte pour elle la comédienne Berthe Bovy), leur divorce sera prononcé le 7 novembre 1934.
- Il se marie avec la jeune Jacqueline Delubac (1907-1997) à Paris le 21 février 1935, de 28 ans sa cadette. Comme il en a 50, il lui demande si elle accepterait d'être sa moitié... (et dès lors, pour la beauté du mot et l'exactitude des comptes, Jacqueline prétendra être née en 1910 et non en 1907). Elle jouera 23 pièces de son mari, dont 10 créations et 13 reprises à Paris et en tournée, et interprètera 11 de ses films. Séparés le 15 décembre 1938, leur divorce sera prononcé le 5 avril 1939.
- Son mariage avec Geneviève de Séréville (1914-1963) est célébré les 4 et 5 juillet 1939 à Fontenay-le-Fleury. Elle crée 5 pièces de son mari à Paris, en reprend 4 autres à Paris ou en tournée et interprète 5 de ses films. Séparés en avril 1944, leur divorce est prononcé le 25 juillet 1949.
- Il épouse enfin Lana Marconi (1917-1990) le 25 novembre 1949 à Paris. Elle crée 7 pièces de son mari, en reprend 2 autres et interprète 13 de ses films.

Anecdotes

- Sacha est le diminutif russe d'Alexandre. Le tsar Alexandre III était en effet son parrain.
- Comme il l'explique dans son discours de cent lignes, prononcé lors du banquet du centenaire de Janson-de-Sailly, il fut expulsé de 11 lycées différents. Il explique dans un de ses ouvrages que c'est suite aux déplacements de son père qu'il a redoublé sa sixième 10 fois. En effet, à l'époque, on recommençait l'année si l'on changeait d'établissement, ce qui était périodiquement son cas. Il fêta ses 18 ans en sixième et arrêta là ses brillantes études.
- Durant l'hiver 1889, à 4 ans, son père, Lucien Guitry, en pleine séparation d'avec sa femme, sort avec Sacha pour chercher des gâteaux au coin de la rue, et de coin de rue en coin de rue (car la pâtisserie la meilleure était plus loin) il l'enlève aussitôt jusqu'en Russie, lieu de ses futures représentations. Sacha y jouera enfant devant le Tsar et la famille impériale. Ce sera là-bas qu'il entendra que son père "va jouer tous les soirs pour travailler".
- Malgré le vif soutien de Tristan Bernard et de nombreuses personnalités de la résistance, Sacha Guitry fut injustement soupçonné de collaboration à la Libération, et incarcéré pendant 60 jours (d'où son livre "60 jours de prison"). Un non-lieu complet fut prononcé. « Il n'y avait donc pas lieu ! », commenta ironiquement Sacha Guitry, qui déclara par ailleurs : « La Libération ? Je peux dire que j'en ai été le premier prévenu ». Pour la petite histoire, ce fut Alain Decaux qui évita le pillage de sa maison car il était à l'époque mobilisé et qu'il avait, connaissant Guitry, demandé à surveiller sa maison. En souvenir de ce beau geste, Lana Guitry lui offrit l'émeraude que Sacha portait et qui trône désormais sur la poignée de son épée d'académicien. De son arrestation, il dira : « ils m'emmenèrent menotté à la Mairie. J'ai cru qu'on allait me marier de force ! »
- Le divorce par consentement mutuel n'étant pas reconnu à une époque, des lettres d'injures mutuelles étaient exigées de la part des deux parties pour en obtenir le prononcé. Dans les divorces concernant Sacha Guitry, notamment celui soldant son mariage avec Yvonne Printemps, on reconnaît nettement sa patte d'humoriste dans les lettres fournies par les "deux" parties.

Citations

- Je me souviens que c'est Sacha Guitry qui trouva le slogan « Eleska c'est exquis »., Georges Perec, Je me souviens, 56.
- Si le plus grand plaisir des hommes c'est de se payer le corps des femmes, je comprends que le plus grand plaisir des femmes soit de se payer la tête des hommes!
- La raison et la logique ne peuvent rien contre l'entêtement et la sottise.

Bibliographie

- René Benjamin. Sacha Guitry, roi du théâtre
- André Bernard : Sacha Guitry, une vie de merveille, éd. Omnibus, 240 pages.
- Stéphane Prince. Sacha Guitry hors la Légende. 1959.
- Geneviève de Séréville. Sacha Guitry mon mari. 1959.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry, Paris, La Table Ronde, 1971. 368 pages.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry par les témoins de sa vie. (Ses interprètes : Pauline Carton, Jeanne Fusier-Gir, Maurice Escande, André Luguet, Jean-Louis Barrault, Robert Favart, Maurice Teynac, Geori Boué, Pascali, José Noguero, Noël Roquevert, Fernandel, Michel François, Alain Feydeau, Jacques Morel, Raymond Pellegrin, Robert Lamoureux, Jean Poiret, Michel Simon ; son directeur : Denis Maurey ; son producteur : Clément Dubour ; son metteur en ondes : Pierre Lhoste ; sa secrétaire : Fernande Choisel et Lucienne Briard-Choisel ; son chauffeur : René Chalifour ; son valet de chambre : Ambroise Ménard ; son avocat : Paul Delzons ; ses amis : François Benjamin, Alain Decaux, André Berheim, Juliette et Marcel Achard, Georges Foussier, Étienne Ader, Jacques Tréfouël et Madame, Claude Willemetz). Paris, France-Empire, 1976. 400 pages.
- Dominique Desanti. Sacha Guitry. 50 ans de spectacle. 1982.
- Henri Jadoux. Sacha Guitry. 1982.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry, l'homme et l'œuvre, Paris, PAC, 1982. 832 pages.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry, 100 ans de théâtre et d'esprit, Paris, PAC, 1985. 800 pages.
- Henri Jadoux. Le théâtre et l’amour. Sacha Guitry (1885-1985). 1985.
- Jacques Lorcey. L'Esprit de Sacha Guitry, Biarritz, Atlantica, 2000. 580 pages.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry et son monde : Coffret 3 tomes, Éditions Séguier, coll. « Empreinte », 12 mars 2001 (réédition augmentée de l'ouvrage de 1976). ISBN 2-84049-312-8. À la différence des coffrets suivants (Rostand, Feydeau), le coffret précède les publications individuelles des trois tomes.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry et son monde – Tome I : Son père, ses femmes, son personnel, Éditions Séguier, coll. « Empreinte », 16 novembre 2001. 276 pages. ISBN 2-84049-241-5.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry et son monde – Tome II : Ses interprètes..., Éditions Séguier, coll. « Empreinte », 21 février 2002. 328 pages. ISBN 2-84049-305-5.
- Jacques Lorcey. Sacha Guitry et son monde – Tome III : Ses amis..., Éditions Séguier, coll. « Empreinte », 12 mars 2002. 320 pages. ISBN 2-84049-308-X.
- Jean Piat. Je vous aime bien, monsieur Guitry ! 2002.
- Jean-Pierre Danel. Le destin fabuleux de Sacha Guitry, Edition Marque-Pages, coll. BEAUX-LIVRES, 21 juin 2007. 269 pages. ISBN 978-2915397147 (ISBN-13). ==
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